‹ Tyr et SidonChapitre 61 sur 166 · INTRODUCTION LXIII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION LXIII

noyée sera repris un jour avec infiniment plus d'art par le poète de la. Jeune Tarentine. Schelandre n'a pas été en vain disciple de la Pléiade : les commentateurs de Chénier peuvent glaner chez lui. A propos de Cassandre on doit relever quelques expressions métaphoriques d'autant plus que, malgré des exceptions remarquables, le style de Schelandre obéit, plus ou moins consciemment, aux tendances abstraites de Malherbe, ou plutôt de l'époque, et se montre déjà un peu moins riche d'images. Les expressions métaphoriques en question se rapportent toutes à la partie la plus expressive du visage, les yeux. Ne pourrais-je pas faire la conquête de Belcar, se demande la princesse, en « rassemblant les rayons de mon œil attrayant « ? « Où se sont enfuis les éclats de votre œil ? » lui demande Eurydice. Cassandre reproche à Belcar

d'avoir

...mis en arrière De SCS regards mourants la muette prière.

Cela vaut bien la tournure chère à Montchrétien :

Parlant avec Dieu du cœur et des paupières (Aman). Et haussant vers le ciel le cœur et le sourci (Escossoise).

Cette même tournure se retrouve d'ailleurs dans Schelandre non moins hardie, voyez ces expressions faisant pendant au vers de V Escossoise : aspirer « plus haut d'un sourcil élevé » et « baisser les sourcils pour le bien d'un accord ». Et voici pour finir une description réaliste de Belcar (III, 8), exprimant l'idée par l'image :

duelle peine inconnue Vous fait pointer les os et de chair vous dénué ?

Le monde extérieur en général n'est pas négligé. Tout ce qui se rapporte à la guerre, ce poète-soldat excelle à nous le présenter avec une concision brève et saisissante. La prison de Belcar décrite par Eurydice (III, 2) donne par ses détails concrets l'impression de la réalité. La description de la flotte par Tiribaze (I, 5) est faite avec quelques traits larges, de même que le tableau de la destruction future de Sidon fait par Phulter (III, 4). Le récit du supplice de Méliane est plein de choses vues, sauf la comparaison raffinée relative aux juges marchant

Comme princes vaincus qu'un triomphe captive, Jean de Schelandre. V

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