‹ Tyr et SidonChapitre 7 sur 166 · INTRODUCTION XI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XI

théâtre du Globe qu'il vit pour la première fois des pièces anglaises, et très probablement les chefs-d'œuvre ^ de Shakespeare, qu'il a pu connaître personnellement ? Serait-il excessif de vouloir chercher une influence anglaise, sinon dans la tragédie de 1608, au moins dans la tragi-comédie^ de 1628 ? Nous ne pouvons pas répondre à ces questions ; nous ne savons rien de l'influence exercée par le séjour en Angleterre sur le théâtre de Schelandre.

D'ailleurs à Londres, Schelandre s'est adonné plutôt à la poésie épique. Il publie en 1609, à Paris, toujours sous son pseudonyme, Les trois premiers des sept tableaux de Pénitence tirés de la Sainte-Écriture, représentant Adam banni du Paradis, David après la mort d'Urie, et Ninive. Cet ouvrage est aussi dédié à Jacques 1er. Un auteur anonyme, qui signe en 1844 B. T., prétend que « dans sa dédicace le poète rappelle au roi Jacques que c'est à sa suggestion qu'il s'est mis à l'œuvre et que Sa Majesté a daigné revoir son manuscrit » : cependant il n'y a pas un mot de cela dans la dédicace?. Au contraire on peut croire que cet ouvrage que l'auteur appelle « un enfant de la Muse éclos devant

1. Voici leur ordre chronologique : Roméo et Juliette, 1592 ; Jules César, 1601 ; Hamlet, 1602 ; Othello, 1604; Macbeth, 1606; Lear, 1607 ; Antoine et Cléopâtre, 1608. Shakespeare avait donc écrit avant l'arrivée de Schelandre tous ses chefs-d'œuvre tragiques, sauf Cor/o/an qui est de 1609. Rappelons que par contre des Anglais assistaient à Paris à la représentation des tragédies françaises, témoin Kyd, l'auteur de la Spanish ^ Tragedy et l'un des traducteurs anglais de Garnier vers la fin du xvi« siècle.

2. M. Rigal remarque à propos de celle-ci : « Peut-être connaissait- il le drame anglais ; mais son page déguisé en fille de joie et ses acteurs qui interpellent le public font plutôt supposer qu'il a voulu verser dans la tragi-comédie de Hardy quelque chose de la comédie de Lanvey ou des Italiens. » Pourtant il y a bien un page déguisé en femnie dans le prologue de la Mégère apprivoisée et les Lancelot s'adressent bien parfois au public.

3. « Sire, si ces vers sont étrangers de langage, ils ne le sont pas d'origine et encore moins d'affection, leur père les a voués à Y. M. devant leur naissance mesmes, c'est pourquoy comme vassaux ils luy viennent rendre l'hommage à quoy les oblige, vers le tutelaire des Muses, la qualité de poëme, et vers un tres-pieux Prince la piété de leur subject. Donc, Sire,... qu'ils passent à la monstre devant vostre beau jugement soubs l'estendart de la bonne intention. » (D'après l'exemplaire du British Muséum). B. T. a évidemment confondu cette dédicace avec celle de la Stuartide.

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