‹ Tyr et SidonChapitre 8 sur 166 · XII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XII INTRODUCTION

son terme », était déjà plus ou moins prêt avant le départ de Schelandre pour l'Angleterre. Car, si la dédicace affirme qu'il n'est pas « étranger d'origine », voici ce qu'on lit dans l'avis Au Lecteur : « Lecteur, je ne veux qu'une faveur de toy, c'est que tu ne sois tant précipité d'asseoir ton jugement sur mes essais de dévotion comme je le suis de les mettre au jour, donne patience a la lime du loisir de rendre l'ouvrage mieux elabouré, prenant cependant en paye Vexcuse de mon voyage dont Je rCay sceu différer V occasion, qui me faict résoudre a me garnir de fruits hast ifs plutost que de me présenter a l'autel de Pales avec les mains vuides. Ce ne sont icy que trois avant-coureurs equippez a la légère qui vont faire la descouverte pour esplaner les chemins à ce grand Nabucodonosor et ses suivants qui ne tarderont guère a leur faire espaule avec plus de bravade contre les critiques... »

A la fin de cette dédicace Schelandre avoue qu'il porte « dans l'âme un désir extrême d'être un jour capable d'entonner aussi la trompette héroïque à l'immortel honneur des Stuarts » et qu'il projette déjà le travail. En effet, un an après la mort de Henri IV, en 1611, il fait publier, à Paris les deux premiers chants d'une Stuartide, inaugurant ainsi la longue série des épopées si chères au xviie siècle. B. T., le seul littérateur français qui se soit occupé avec quelque détail de cet ouvrage % écrit à propos de ce poème :

« Cette épopée fort ridicule ^ fait remonter l'origine des Stuarts

1. Il n'en est point fait mention par Ducliesne, Poèmes épiques du XVII" siècle (1870)^ ni par Toinet, Quelques recherches autour des poèmes héroïques épiques français du XVII' siècle (1899); mais le second de ces auteurs a parlé de la Stuartide dans les additions à ses Recloerclies (1907) que je n'ai pu encore consuher, cf. Revue des langues romanes, L, 550.

2. Vapereau qui déclare en 1876 les Sept Tableaux « la meilleure pièce de l'auteur », nomme lui aussi la Stuartide « une ridicule épopée »j en relevant qu'elle « fait remonter à Astrée la famille de ses héros ». Est-ce que les Tableaux ne sont pas encore plus ridicules quand ils nous montrent Adam attrapant « un rheume cathereux » qui lui « fait sortir des pleurs de ses yeux vermeils et de son nez aussi », ou quand Satan, voulant l'exaspérer contre l'injustice de Dieu, s'écrie : « Dire qu'une pomme ait causé tant de poires d'angoisse ! » — La Stuartide est précédée de La vraye généalogie ou Recherche de la très-ancienne et tres-noble origine de la maison des Stuarts. Comme elle fut récitée au Roy Alexandre III par un gentilhomme [H. Boëtius en fait mention] de l'Escosse montaigneuse. »

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