‹ Tyr et SidonChapitre 83 sur 166 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

50 En vice, en cruuutés, en horreurs transformée ? Remets, remets tes sens en leur propre maison Escarte ces vapeurs, qui brouillent ta raison, Et pour de Meliane un sain jugement rendre, Laisse-là Tinterest que ton droit peut prétendre. )$ Par les loix de Cypris est permis de saisir,

A qui premier le peut l'object de son désir j

Sans respect d'aucun temps, de personne ou de place : 1 Donque si de ta sœur la jeunesse et la grâce Ont embrazé le sein du Prince de Sidon, »o Doit pourtant ton despit flottant à l'abandon Du vent passionné d'une injuste querelle. Machiner un eflect si funeste contre elle ? Non meurs plustost pauvrette, accusant à ta mort Les astres impiteux et le contraire Sort, S Qu'à ce traistre complot pour guarir condescendre Digne d'une Progné non pas d'une Cassandre.

Outre ces creve-cœurs un augure nouveau Un songe ceste nuit m'a troublé le cerveau. Ja les moreaux volants qui traînent la charrette ) De la fille d'Erebe esperans la retraite, I Ayants de leur travail les trois quarts mesurés ' Couroyent à chef baissé droit aux flots désirés, ; Ja d'une fresche main le vigilant Phosphore i Semoit de lis rosins tout le seuil de l'Aurore :

91 ton sens en sa maison — 92 les vapeurs qui troublent — 94 Mets Tinterest à part que tu dois y prétendre — 95 Cyprine, par ses loix, a permis — 97 Sans esgard d'aucuns — 98 Partant si — 99 Ont donné dans la veue au prince — 100 Dois-tu par un despit

10^ en imputant ta mort — 104 A la malignité des astres et du sort — 105 guairir — 107 un présage — 108 m'a brouillé — 109 Desjà les roussins noirs — 110 De l'ennuyeuse nuit esperoient la retraitte

III Et sentant de leur train — 113 -4

Desja la fraische main du vigilant Phosphore Commençoit à blanchir le portail de l'Aurore

11) Mon chef estoit à sec, et mes yeux s'ennuyans ■ De se voir despourveus de ruisseaux larmoyants S'estoient laissé ciller l'une et l'autre paupière, Non d'un ferme dormir (car des l'heure première Qu'un dard me traversa, l'image d'Atropos

120 Ne m'a point eslargi le miel de son repos)

Mais d'un léger sommeil interrompu de masques De spectres, de frayeurs et de songes fantasques : Estant, me sembloit-il, loin du bruit soucieux Sizes dessoubs un aulne en un pré spatieux

12) Seules ma sœur et moy nous cueillions des fleurettes Chantans à qui mieux mieux quelques airs d'amourettes. Un cerf à l'impourveu, d'un pas gravement doux Sortant du bois prochain s'est avancé vers nous.

Sa rameure estoit d'or, d'or la forte chausseure 150 Qjai de ses pieds venteux marquoit l'assiette seure, Sans ride estoit son col, son chef un peu longuet Sur qui deux yeux hagards sembloient faire le guet, Son poil estoit plus blanc que les floccons de laine Qui tombent en Janvier des nuaux sur la plaine, 135 Ses membres bien replets, bref il estoit si beau Que la bessonne sœur du Delphique flambeau Pour ses chastes esbats en seroit idolastre : Il aproche asseuré puis d'un geste folastre Caresse ma germaine, ores leschant son œil,

115-20 Mon front estoit à sec; mes yeux, estans marris De manquer d'exercice en leurs ruisseaux taris, Comme par nonchalance, et faute de lumière. S'estoient laissez coller l'une et l'autre paupière Non pas d'un vray dormir doux frère d'Atropos (Car mon tourment n'est point compatible au repos), 127 gayement doux — 128 d'un bois — 130 pieds légers 131 Son col hault et poli, son front large et longuet — 133 les flocquets — 136 la reyne des bois, à l'argenté flambeau — 138 II aborde sans crainte, et — 139 Fait caresse à ma sœur d'un muffle incarnatin.

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