ACTE PREMIER
Belcar.
ro » Un don devient achept par une longue attente.
Meliaxe.
Cela n'est pas perdu qui n'est que différé,
Belcar.
Ce qu'on tient en la main ne peut estre esgaré.
Meliane.
Un amant doit aimer l'honneur de son aimée.
Belcar.
Cest honneur n'est qu'un vent, une vaine fumée.
Meliane.
rS L'amour après l'effect dans l'homme se tarit
Belcar.
Un faux amour s'en perd, mais le vray s'en nourrit.
Meliane.
Alenti cet ardeur qui ta raison emporte.
Belcar.
Fondez par mes raisons ceste glace trop forte.
ï Meliane.
Tu me fais rude guerre, hé penses-tu mon cœur, ■o Que je ne souffre pas une mesme langueur ? 1 Mais las ! s'il avenoit (comme on voit que Fortune
Ne laisse rien constant sous le tour de la Lune)
310 achapt
311-14 supprimés. — 314 C'est 1608 — 31$"^ placés avant 309 Plus l'amour se déborde, et plus il se tarit. Tant plus l'amour est libre, et mieux il se nourrit — 317-8 Tempérez ceste ardeur ou je quitte la place.
Pour la bien tempérer, meslez-y vostre glace. ; — 519 Eh ! — 320 par une
322 rien de ferme au-dessous de
Qu'un funeste accident, après ces voluptez Retardast nostre Hymen de ses solennitez, 325 Puis qu'on s'en apperceut, ha ! fille misérable, Où seroit mon Azyle en la terre habitable ? Je tremble en y pensant.
Belcar.
Rien ne peut désormais S'opposer à l'accord qui nous lie à jamais : Car avant qu'aujourdhuy la nuict aux moites aisles 330 Semé l'azur des ciéux de brillantes estoilles, Ambassades viendront de Sidon, qui au Roy, Demanderont la paix et sa fille pour moy : Luy s'il n'est aveuglé ne peut qu'il ne l'agrée.
Meliane.
Quand bien sa volonté contre moy conjurée,
335 En feroit un refus, ce que je t'ay promis, Te sera conservé malgré tous ennemis :
Mais comme un médecin du premier coup n'emplaye La scie et le rasoir sur la nouvelle playe, Ains esprouve à l'abord ses remèdes plus lents
540 S'il les voit inutils use des violents :
Ainsi, tout bazarder n'est rien qu'une folie A qui peut autrement. Belcar je te supplie,
325 s'en apperceust (penser espouvantable !) — 327 J'en tremble,
— Asseurez-vous, rien — 329-33
Car avant que demain la nuict, pliant ses voiles, A la face du ciel desrobe les estoiles, J'attends l'ambassadeur chargé d'offres au roy, Qu'il ne peut rejeter (telles que je les croy) Pour joindre un mariage à la paix de durée. 335 En auroit fait refus — 336 tes ennemis J — 337 Or le bon médecin dès son abord n'essaye — 338 nouuelle nouuelle playe 1608
— 339 Mais applique premiers
341 bazarder sans besoin c'est folie. — 342 Cédons au cours du temps, Belcar, je t'en supplie.