HIS
HISTOIRE
séduits par l'exemple des Suisses et par l'espuir du pillage, s'étalent répandus dans les vallées voisines , nncttant tout à feu et à san|; , et jetant à bas des rochers les nids des tyrans qui les avaient si long-temps opprimés. Cette guerre, en effet, ôtait une guerre anti-féodale, une jacquerie allemande. Quelque supportable que fût le régime de leurs seigneurs, et quelque favorisés qii"ils fussent par leur constitution , les montagnards tyroliens, séduits par l'exemple de la révolte des Suisses, qui avait si bien réussi , devaient être tentés de l'imiter ; et, selon que la domination des maîtres avait été ou douce ou tyrannique , ils assistaient tranquillement ou aidaient à la destruction de leurs cliéleaux. Les fuyards arrivant de tous côtés dans la ville , annoneèrent bientôt que l'ennemi avait dépassé Brüneii et Pianz, et que ses cavaliers étaient en vue de Landeck. La terreur que les Suisses leur inspiraient, leur courage naturel et peutr être leur attachement pour leur duc , inspirèrent une généreuse résolution aux citoyens d'Inspruck, qui n’avaient |tas, contre la noblesse, les mêmes griefs que leurs compatriotes des montagnes ; ils prirent les armes , et un nouveau corps de fantassins alla rejoindre la noblesse du ]>ays, qui, à la nouvelle du danger, avait couru au pont de Landeck Ces miliciens d’Inspruck s'étalent mis sous la protection do saint Florian ; ils portaient de grandes bannières où étaient peintes les armes de la ville et les images de la Vierge et des Saints, et où étaient écrites en énormes caractères des légendes grossières qui , dans ces guerres nationales, remplaçaient les bravades des héros d'Homère; une d'elles, par exemple , portait les mots suivants : Qiu le$ emt mille démon» non» emportent ti noui ne batton» pas ces manants/ La menace était énergique, et cependant les manants ne furent pas battus. Cette fois , s'écartant de leur tactique ordinaire, les Suisses n’attendirent pas l'ennemi dans leurs retranchements; mais ils se portèrent rapidement on avant etattaquèrent brusquement l'armée tyrolienne, qui formait ses rangs en-deçù du pont de Landeck. L'affaire fut sanglante et le passage vivement disputé; mais les Suisses durent encore la victoire à cette bravoure opiniâtre qui les avait fait triompherdaiis tant de rencontres; ils chassèrent devant eux i«s troupes d’Inspruck , passèrent le pont et s’avancèrent tranquillement vers la ville , continuant , contre les châteaux qui s’élevaient sur les deux rives de l'inn , leur guerre de destruction. Alors l’épouvante fut au comble dans la capitale du Tyrol , où l’Inu n’arrivait plus que couvert de débris
D’INSPRl’CK.