‹ Tyrol TrenteChapitre 8 sur 16 · IS · texte numérisé non relu

IS

HISTOIRB

que par une absence complète d’énerpe et de capacité, achevèrent ce que In victoire avait commencé. Hofer se plaignit avec amertume è la cour de Vienne : pour toute réponse, celle-ci convoqua à Brixen une assemblée des Etats. — « Croient-ils que leurs nobles, dont pas un ncs’est montré le • 10 avril , remplaceront nos paysans qui s’en vont? » disait Hofer en frémissant. • Ce sont des florins, des fusils, des vivres, des canons qu’il » nous faudrait , et ils vont nous faire des magasins de paroles I > On voit que dès ce moment le découragement avait pénétré dans son Ame; il se couchait sur son lit et pleurait comme un enfant, disent ses biographes. Etaient-ce des pleurs de faiblesse ou des pleurs de rage qu'il versait?

Ce|)cndant les Français étaient vainqueurs en Allem^ne. Leurs forces, trois fois plus considérables que celles des Tyroliens, avaient envahi Salsbourg, s’approchaient des frontières du Tyrol, et menaçaient Inspruck.

Le général Wrède et le maréchal Lefèvre n’eurent pas de peine à battre Chastcler et ses Autrichiens. Livrés à leurs seules forces, les insurgés tyroliens furent obligés de se replier sur Inspruck , et dTnspruck sur le Urenner, la citadelle naturelle de cette ville; et les troupes françaises, sous le rommandementdu duc de Dantzick, entrèrent dans la capitale du Tyrol.

La nouvelle de l’occupation de cette place, qui avait activement secondé le mouvement des canqwgncs, loin de donner le coup de giêce à l'iiisur- • reetion, comme on l’eût pu croire, ranima au contraire son énergie primitive. Les jieuples sont fds de la terre; et, comme Antée, lorsqu’on les croit abattus et soumis, ils touchent le sein de leur mère, et se relèvent plus redoutables que jamais. Hofer ne pleurait plus; secondé par son lieutenant Eisnacker, il s’était en quelque sorte emparé des troupes autrichiennes commandées par le général Buol. Ces troupes voulaient se retirer; Hofer s’y op|X>sa, et elles furent obligées de le suivre et de combattre avec lui. Specbacker, autre compagnon d'armes d'Hofer, et qui lui était |)eut-étre su|>érieur en talents militaires , le joignit près du couvent de Saint-Wilthen , aux portes d'Inspruck , entrainant à sa suite tout ce qu'il avait pu ramasser de soldats. Le capucin Uaspingher,ditBarberüUS$c, leur amena ses bandes fanatiques; et, se voyant en forces, ces trois chefs résolurent de mettre à profit le zèle de leurs soldats, d'attendre de pied ferme les Bavarois, et de leur livrer bataille dans la forte position qu’ils occupoient au pied du Brenner, position que d’ailleurs une vieille tradition recommandait aux Tyroliens. Ces grossiers généraux ne comptèrent

Ü’INSHHUCK. ^5il

{MS seulement sur le couro|;e de leurs troupes, et, dans l'iiffaire qui allait avoir lieu , ils voulurent aussi tirer parti du caractère industrieux de leurs soldats.

I.es ruses et la tactique naïve qu'ils déployèrent pour s'assurer la victoire rappellent les guerres du quinzième siècle; guerres si fertiles en incidents singuliers. On manquait d'artillerie, et ce sont les charpentiers qui se chargent d'en fournir. Pendant toute une nuit ils abattent d'énorme.s sapins, les taillent, leur donnent la forme de canons, les peignent grossièrement et les placent sur des retranchements. Ce n'est |>as tout , pour imiter les détonations de l'artillerie , les mineurs creusent les ruchers et remplissent de poudre de profondes excavations , ou bien ils attachent ensemble plusieurs carabines de fortes dimensions. Ces batteries d’un nouveau genre inquiètent l’ennemi , cl sufGsent pour le tenir à distance. Dans un autre coin de la montagne, le capucin Iluspiugher SC rend avec une partie de ses |>aysans à l’endroit où la route s'engage dans un défdé resserré. Là, gravissant les pentes élevées qui dominent ce passage , il fait abattre pur scs compagnons plusieurs inélèses gigantesques , sur lesquels ces étranges ingénieurs entassent une masse énorme de rochers et de débris de toute espèce , — « c'étaient des quartiers

• de montagne, » me disait mi guide , « qu’ils avaient roulés jusque-là , » et qui ne posaient que sur la pointe d'une épingle. • En effet , tout ce prodigieux amas n’était arrêté sur le penchant d’un précipice cl au-dessus de la route, que por quelques cordes qui le maintenaient eu équilibre. Un souffle devait suffire pour le mettre en mouvement.

Mais laissons parler un des témoins de cette scène effrayante. « Au-<lelà 1 d'Inspruck , un |>etit corps d'insurgés avait vivement contrarié notre

• entrée dans le défilé ; chassé par des forces supérieures , il se reti- » rait en combattant toujours, mais sans beaucoup d’opiniâtreté. Je » me rappelle cependant un homme âgé de quatre-vingts ans au moins. » Posté sur un des rochers escarpés qui Iwrdaient la roule , cet intrépide », vieillard, l'un des derniers tirailleurs tyroliens, faisait un feu non inler- » rompu , et chaque coup de sa carabine portait la mort dans nos rangs. » Bientùt quelques-uns de nos voltigeurs bavarois, qu'il ne voyait point, » ayant tourné le rocher, s'avancèrent rapidement vers lui, décidés à » le tuer ou à s'emparer de sa personne. Lorsqu ils ne sont plus qu’à » quelques pas , le vieillard les aper^it , pousse un grand cri , fait feu

HISTOIRE

» sur le plus rapproché de ses adversaires et l’étend raide mort ^ ses :• pieds ; puis jetant sa carabine , et s’élançant sur le soldat qui suivait » celui qu'il venait de tuer , il se cramponne à son corps , l’étreint dans » ses bras avec une vivacité inimaginable, et l’entraînant sur le bord du " rocher & pic , invoque le nom de Dieu , et se précipite avec lui dans » l’abîme !

» A quelques pas de lé (continue le narrateur) nous entendons crier. Il de derrière un rocher : — « Etienne ! Etienne 1 faut-il lécher tout? » et » d’un bois placé sur la |X)intc opposée une voix répond : — « Non, pas » encore. » On fait halte, et l’on prévient le duc de Dantzick, qui néanu moins ordonne de marcher en avant, et de [mursuivre l'ennemi sans » lui donner de rclûcbc.

• Au nombre de prés de quatre mille Bavarois nous formions l'avant- II garde. A peine engagés dans un ravin profond , dominé de tous côtés « par des rochers et les cimes de monts élevés, nous entendons de nou- » veau crier sur nos têtes : — Hans, tout est-il prêt? Un oui se fait en- » tendre ; et notre terreur est au comble lorsqu’une voix forte s’écrie avec » le ton du commandement : — Eh bien ! au nom du Père, du Fils et PI du Saint-Esprit j léchez les cordages.

» J’avais eu à peine le temps de lever les yeux vers les rocs élevés Il d’où jMrtait cette voix , qu'à mes côtés plus de mille de mes camarades Il étaient abîmés sous une masse effroyable d’arbres, de pierres et de » rochers tombés sur nous du haut de la montagne. »

Cette victoire des insurgés les rendit de nouveau maîtres du Tyrol. Les Bavarois se retirèrent en désordre, et Inspruck, secondant vivement les efforts des montagnards, liéta la fuite de l’ennemi et reprit encore une fois sa place à la tète de l'insurrection. L’Autriche se rappela que les Tyroliens combattaient |>our elle, et, rougissant du honteux abandon dans lequel elle les avait laissés , elle jura de |>érir plutôt que de consentir à un nouveau démembrement de leur pays. Et toutefois, dans un moment où ils auraient eu si grand besoin de secours, et de secours actifs, une proclamation impériale pleine d’exenses et de promesses et le retour d’Florniayer , qui venait toucher l’arriéré de l’impôt, ce fut là tout ce qu’obtinrent ces valeureux combattants.

On a prétendu que le cabinet de Vienne avait eu peur d'une rt'publique tyrolienne; mais le temps des républiques était passé: IHOilu’élait plus

D’INSPRÜCK.

i 797 , cl l'ère des constitutions n’était pas venue. D’ailleurs , les Tyroliens s’occupaient peu de politique; ils ne voulaient que SC battre et briser le joug bavarois : et certes l’espèce de culte que l’on rendait, à Inspruck. à la bannière des aigles réunies, aurait dù dissiper ces ridicules terreurs. Mais déjà ce cabinet ombrageux avait peur du mouvement qui se faisait eu sa faveur ; il eu ralentissait l’élan , au risque d’en neutraliser l’effet ; bientôt , sa prudence ne lui laissant pas voir un succès assuré , il parut décidé à un second abandon , et ne plaça plus ses espérances que dans un avenir éloigné. La défaite de Wagram et l'armistice qui suivit , le déterminèrent à ce qu’il appelait un douloureux sacriiice. La Vendée tyrolienne fut laissée à elle-même, et ces braves insurgés, déjà affaiblis et découragés par tant d’hésitations , furent abandonnés à leurs seules ressources. Cette nouvelle trahison détermina une nouvelle crise. Ilofer et ses compagnons se relevèrent encore une fois de leur abattement; et. puisant, en quelque sorte, un sublime courage dans leur isolement, tous prirent la résolution désespérée de lutter jus<|u'ù la dernière extrémité. — 0 Vous ne pouvez pas vivre Bavarois ; eh bien! soyez Tyroliens > jusqu'à la morti » disait Hofer à scs soldats. C’est alors que , délaisse par l’Autriche, le chef tyrolien se vil investi d’une singulière dictature : pendant quelques semaines , ce roi paysan trôna à Inspruck , dans le palais des empereurs. Là, comme dans son auberge, et à l'instar des rois parvenus, Hofer pense à tout et s’occupe de tout. Un jour, il règle l'heure du lever et du coucher des habitants de la ville; il leur conseille telle prière de préférence à telle autre, comme plus efficace. Le lendemain, il s’occupe avec une activité prodigieuse de rarmement des troupes et de l’approvisionnement des magasins ; il accole à une proclamation belliqueuse , un arrêté par lequel il défend aux femmes et aux filles de laisser voir leurs brat et leur gorge nus , et surtout do tromper leurs maris! Sun administration est à la fois dévote, candide et militaire; il gouverne Inspruck en maître d'auberge, en général et en capucin.

Ce singulier mélange d’exaltation guerrière et de bonhomie mystique qui préside à tous les actes d’Andréas Hofer, nous donne uuc idée juste du caractère de cette grande insurrection de ^ 809 , et nous montre à quels hommes avait affaire l'aubergiste de Passeyer-Thal. Ceux-ci, chasseurs infatigables, à défaut de chamois, prendront voloutiers |KJUr but un uniforme ennemi; ceux-là, libres coin me l’aigle de leurs montagnes,

HISTOIRE

verront un oppresseur dans chaque étranger; tons, sont mus par un des seutimeuts les j>lus généreux qui puisseut exalter l'éme humaine , sentiment qui doit être la première passion de tout peuple qui se respecte : la volonté d'être maître eoi; tous sont susceptibles de fanatisme, pareequ’ils sont crédules; tous aiment leur empereur, plutôt par habitude que par sentiment; ils l'aiment pareeque leurs pères l’ont aimé; et d’ailleurs pouvaient-ils songer à briser un joug dont ou ne leur avait jamais fait sentir la pesanteur ? Dévoués et aventureux , superstitieux et braves, tous sont prêts à se défendre , pareequ’ils se croient libres, à combattre , pareequ’ils sont courageux , à mourir , pareeque le paradis les attend I

La bizarre et naïve dictature de Hofer devait être de peu de durée. Tant que son lieutenant, Specbacker, qui combattait à la frontière , n’avait eu en présence que des corps de Bavarois peu nombreux , la lutte s’était prolongée avec avantage ; mais l'arrivée de forces plus considérables força les Tyroliens à se retirer dans l’intérieur du pays, et bientôt à évacuer Inspruck, dont les habitants, il faut le dire , soit crainte, soit fatigue, ne montraient plus la même ardeur. Sur ces entrefaites, la pix de Vienne vint de nouveau livrer le Tyrol h la Bavière. Il fallait opter entre une soumission complète ou une guerre de partisans. Dans ce dernier cas, les vaineus, les prisonniers n'étaient plus considérés comme soldats, mais comme rebelles, et comme tels, ils devaient psser devant une cour martiale. On tint conseil. Depuis l’évacuation d’inspruck, Haspingher, le capucin, avait perdu sa première confiance : il proposa de mettre bas les armes ; mais Ilofer s’opiniêtra et fut d'avis de combattre jusqu’à la dernière extrémité. Ses conseils prévalurent , et la guerre de montagnes continua avec plus de fureur que jamais. Traqué de postes en postes , de rochers en rochers ; réduit à se cacher comme une bête fauve, dans l’épisseur des forêts , au fond des crevasses , ou sur la cime des monts, Hofer se vit bientôt abandonné de tous ses partisans. Le capucin jeta le froc et l’épée , et se réfugia à Vienne , où il recueillit le prix de ses services : ou le fit curé. Comprenant alors toute l'inutilité d’une lutte aussi inégale , quel(|ue prolongée que pùt être sa durée , Hofer congédia le pu d’amis fidèles qui combattaient encore avec lui , les ajournant à une époque plus heureuse : — « Car un jour nous serons les maîtres , » leur disait-il , en les quittant. Il disprut , et sa tête fut mise à prix.

D INSPRL'CK.

Près du sommet d'uii pic élevé et presque entièrement inaccessible, s’ouvre une profonde crevasse que les neiges encombrent pendant près de neuf mois de l’année. Là , entre d'énormes blocs de rochers , Andréas Hofer construisit la hutte qui lui servit de refuge. Chaque année, les patriotes tyroliens visitent encore cet asile sacré, cet asile pour lequel ils ont la même vénération que les Suisses pour le Telicn-Plate ou Kusnack. Ce respect, cette espèce de culte ne peut que s’accroître aise le temps; et chez la |K>stérité de ces héros paysans, sans doute il apparaîtra enveloppé de ce caractère de mysticité fabuleuse , qui consacre les monuments helvétiens.

C’est dans cette grossière demeure , qui ressemble assez à la hutte d’un Lapon, qu’llofer vécut dans le plus complet isolement, recevant seulement quelques visites de sa femme , qui lui apportait secrètement des consolations, et, qui le croirait, des espérances 1... Car, du fond de son désert, ce héros ermite songeait encore à soulever sa patrie, et a cet effet il avait noué de nouvelles trames. On vient lui dire que son asile est découvert ; il s’opiniâtre à ne pas le quitter. — « Je veux voir s il y a vrai- • ment un traître dans le ïyrol, » s’écrie-t-il. On l’engage à couper du moins son énorme barl>e, qui peut le faire reconnaître. — « Couper ma a barbe I jamais I... Un soldat n’ùte pas son uniforme la veille d'une a Iwtaille; ma barbe ne tombera qu’avec moi. «

Le 8 janvier 1810, Hofer était occupé à enlever une partie des neiges sous lesquelles sa cabane était ensevelie presque en entier , lorsqu’il s’a- |H‘rçut do quelques mouvements dans lu montagne. En effet, un détachement nombreux de soldats français avait cerné son asile, et, conduit par un misérable qui avait trahi la cause du pays, il occupait tous les passages et s’avançait en bon ordre pour s’emparer de sa {versonne. V cette vue , le premier mouvement d'Hofer est de sauter sur sa carabine; mais bientôt, assuré du grand nombre de scs ennemis, il juge que toute lutte est impossible ; et , craignant qu’une résistance désespérée u’expose sa famille à la vengeance du vainqueur , il ne songe plus à combattre. Il dépose sa carabine et son sabre, ouvre la porte de sa cabane , sort sans armes, et s’avançant, la tête haute, au devant d'un peloton de grenadiers : — « Je suis Andréas Ifofer, » s’écrie-t-il, « Français, faites » feu I tuez-moi sans tarder; mais épargnez ma femme et mes enfants I » Les soldats l’entourent, se précipitent sur lui sans qu’il songe à faire In

HISTOIRE

moiiulrc résislouce ; et l'ayniit cliai't;é de fers , tant était grande la terreur qu'il inspirait , ils le conduisent sur-leH.-hamp à Bolsano. Sa femme , son fils , alors âgé de douze ans , et sa fille l'accompagnèrent dans ce pénible voyage. Hofer , qui avait pleuré aux jours de ses victoires, supporta avec un véritable héroïsme un tel revers de fortune. D'une voix ferme il soutenait sa femme et consolait ses amis; et son visage , toujours calme et serein , quoique portant l'empreinte des fatigues de sa vie aventureuse , sa longue barbe , son vêtement brun , ses discours pleins d'une sorte d’onction rustique et évangélique, et de mysticité guerrière, lui donnaient quelque chose do vénérable et de suint. On ne doit pas s'étonner si ses compatriotes en ont fait un martyr.

Sur ces entrefaites de nouveaux ordres arrivèrent , et liofer dut être transféré de Bolsano dans les prisons de Mantoue. Il fit ses adieux à sa femme et è ses enfants qui restaient pendus à son cou; et quand il les eut quittés, il cacha les yeux tous lei rebords de son chapeau, me disait naïvement un Tyrolien, sans doute parcequ'il pleurait!

Un conseil de guerre l'attendait dans la forteresse de Mantoue. Le général Bissoii le présidait. Sans doute, aux termes des lois militaires, Hofer était coupable, si toutefois on peut jamais être coupable pareequ'on défend son pays jusqu'à la dernière extrémité , et que l’on croit et que l'on espère encore en lui, quand les autres en ont désespéré. Mais son humanité, qui ne s’était jamais démentie pendant cette lutte animée et souvent terrible , niais ce respect , presque sacré , qu’il avait toujours eu pour la vie de scs prisonniers , resjiect d’autant plus méritoire que souvent ses grossiers compagnions ne le partageaient pas , tous ces motifs , auxquels il fallait joindre les sympathies des soldats français , plaidaient vivement en sa faveur. Adniirablenientdéfendu par l'avocat Bassicot, Hofer allait, dit-on , échapper au sort qui le menaçait , la majorité s’étant prononcée pour une détention limitée et deux voix ayant même voté pour la libération entière, lorsque, dans la matinée qui précéila le jugement, un ordre de Milan arriva par le télégra|>he, et décida l’arrêt fatal. Pour éviter toute mivliation de l’Autriche, et peut-être aussi pour foire un exemple terrible, Hofer devait être fusillé dans les vingt-quatre heures.

Hofer s attendaità mourir. Il écouta sa sentence sans montrer la moiii-

■ ,v • . , l^’JSSPRtCK. ■ ‘ t4.l

■ dre émotion et aveé.iine aorte d'indiHureiire liùrôique. • Juaqu'iri , dit-*

• il, j'ai pensé à D«eu , à mon paya et i ma fonme; atijanrd'hui je ne - » dois plus penser qua Dieu. »-ll demanda un oonfesseur; im lui envoya le prêtre Maliifesli , qui dès-lors ne le quitta plus. ■ ' -

Sa mort fut liérrrtque eonmie sa vie. Ijc jour fatal; arrivé, vers dix heures du nmlin, Hofer entend battre la [^■nérnle : — « V«»ici ma dernière - » marche , s’écrie-t^il , Israël à tes tentes I .» (Juaiid tes oflieieTs, qui coin- " ‘^inaodaient le détadieineiit charj'ê tl e.\écuter la senteuee, entrèrent dans la prison , ils le trouvèrenl prêt. Son visaee était oaliuc et empreint d'uw '

, fennoté douée. L’evéootion devait avoir lieu à la pofle ('«seiiu , sur l'un - • des bastions <le la citadelle. Uofei- s'y rendit d'un pas assuré. Eu passant ' (vrés do bastion de lu |Mirte Molina', quelques prisonniers Ivroliens , qui * 'avaient fait la 'guerre avee lui, le reconnurent, poussèrent de grands cris, se jetèrent à terre, et se mirent à prier avec des sanglots jusqu'à' ce qu'ils l'eussent perdu de vue. D'autres Tyroliens, que l'on avmt baissés libres dans la citadelle , l'acconipagncretit jusqu'au lieu du supplice.

• tiomme ils contenaient avec peine leur indignation et paraissaient animés ...

d’un vif désir de veugoanec qu'ilà exprimaient hautement , llofcr les en- ■ ' tendit , et leur faisant signe de la. main ; .s Sileni'cl par pituV pour vous » et jjour moi ! roccasion Viendra ; je vais mourir 1 mais je puis vous » Fannmu;er , le Tyrol ne mourra pas avec moi. » Ils lui demandent à genoux sa bénédirlioiig Uoferla leur donne et remet à Mailifcsli quelques eeiitaiiics de florins auli'ichieiis qu’il possédait , sa tabatière et un ''' iy>saire de prix, pour les leur distribuer après l'exécution.

. . Arrivés sur, le bastion de Cesena, les soldats se formèrent' en carré y allongé, ouvert sur l'un des cAtés larges. Hofer était dt4>oul au miiiéa du carré , et un caporal et douze hommes , s’ou délaclianl , sa placèrent à une vingtaine de pas de lui. Hofer se tourna une dernière fois^du cêté des montagnes jjlI^Tyrol , qu'il salua, embrassa Mauifesti^ lui donna uu . petit crucifix d^rgent et la médaille de Saiiit-Oeorge, qu'il^ portait eiuiorc; puis, eomrae un tambour s'approchait [wur lui reiiiêttrc le-..' 'mouefaoir qui (lavait lui servir de bandeau . Hofer le repoussa duu(^ - •'ment. On lui crie de mettre un genou vu terre : — « Jamais I jamais f je u nie sins toujours tenu del>oot devant Dieu , je lui rendrai debout l'àme..

» ''qu'il m'a donnée. — > Ne me* manque pas , ■> dit-il à un soldat en luijetant quelques pièces de qioimaje ; et se tournant vers le détaelieraeul -,

r'Vt:.

, ' Ciÿitizüd i^.y Googk

HISTOIRE

'qDÎ attendait eu sUoncc : — « Feul » s'écrie-t-il d'une Voix fermé. Les ooups parlent , il tombe sur le côte et feil un mouvement violent pour se relever. H n’était pas mort ; un coup île merci l'acheva. r - Ainsi mourut, de moins de quarante-trois ans , ce héros d'une autre guerre de lu liberté, car les Tyroliens donnent ce nqm à la lutte . qu’ils soutinrent eoiilrc la tyrannie bavaroise en favéur de la domination . aotridtieiine. Après tout, l'Iionime peut se dire libre lorsqu'il ne porte > que les fers qu'il a choisis.

A luspnick, et dans tout l'Imi-Thal, le Wiusebgau, le Sill-Thal , Botzen et le restedu Tyrol , le voyageur apei'çoit dans lacubane de chaque paysan , entre le cruoiflxdc bois et le simulacre du saint patron , l'image d'un boinme d’une taille herculéenne et courbée; sa figure est ensevelie sous une barbe épaisse; uii cliapeau à larges bords, décoré de l'image d'une sainte 'Vieri;e et ombragé d’un iu>ir panache, couvre sa tète; sa veste brune,, son gilet rouge et ses bretelles vertes rappellent le costume ' - des paysans tyroliens ; mais à ce costume sont joints quelques attributs . militaii-es ! un long sabre peud au côté, une pa'u'c de grands pistolets est placée h la ceinture. CelU! imagé, c’est le portrait d’Andréas llofer. Ou le révère dans ecs vallées comme un ^iiil et un raartvr. . . >

■Di^itizett byGoogIc

D’IlVSPRDCK.

Page 1