TEL AKBKE, TEL FRUIT. '23U
tal de San-Giovanni. Mais alors, c'était alors : mon père, le marquis de San-Roberto, m'a laissé des chargea infinies : j'ai eu des procès ruineux : mes légations de Vienne et de Venise m'ont fait contracter beaucoup de dettes : les impôts forcés des républicains, après la trêve de Cberasco, m'ont abîmé : mes propriétés de Ceva ont été détruites par la guerre qui a brûlé les maisons, gâlé les récoltes, arraché la vigne et coupé les arbres à fruits. Si je puis te donner cinquante mille francs, ce sera le bout du inonde.
— Discutez tout cela entre vous : je ne m'en mêle pas : le vicomte est généreux, archiriche; c'est moi qu'il veut et non pas votre dot.
— C'est un misérable plébéien, un fourbe, un escroc, qui,se seit de toi pour attraper les doubles de Savoie et qui fait cas de toi comme d'une figue sèche.
— Ami, parlez plus respectueusement de mon mari ; je ne souffrirai pas qu'on en dise du mal : parce que vous êtes mon père, vous n'avez pas le droit de l'insulter.
— Comment oses-tu, insolente, me parler de la sorte? oui, Nardos est une véritable canaille, un imposteur, qui se fait passer pour un vicomte et qui n'est autre qu'un portefaix, débardeur à l'un des ponts de la Seine ; un sicaire de Robespierre; un sale espion du directoire, et maintenant, un voleur qui me dérobe, qui m'enlève mon argent, qui fait ma ruine et ma honte.
— Lâchez toute la bordée de vos injures, sur sa tête et sur la mienne : dans cette maudite maison il n'y a jamais eu un chien qui m'aimât. J'en sortirai enfin, j'en sortirai bientôt, et je n'y penserai plus que pour rougir d'en avoir fait partie.
— Va, misérable, puisses-tu ne jamais remettre le pied sur ce seuil et
— Non, Edouard, s'écria Virginie : ne maudissez pas voire fille ; ne prononcez point contre elle des imprécations ! elle est malheureuse; n'ajoutez pas à son malbeur par Ja malédiction paternelle !
. Laurelta sortit avec colère : d'Almavilla était profondément abattu. 11 se jeta sur un canapé, soupirant et gémissant comme sous un poids qui l'étouflait. La bonne Virginie se taisait et se recommandait à Dieu du plus profond de sou cœur.