CK COMTE DALM4VILLA ET L ABBÉ TENTORI
— Si les Français passent les Alpes, je vous dis, sans être prophète, que Venise sera dévaslée, consumée et détruite ; son nom seul restera dans l'histoire. En attendant, le sénat se mire dans la lagune ; il peigne sa perruque ; il arrange les plis de sa toge, sans s'apercevoir qu'un volcan terrible frémît sous la lagune et qu'il la bouleversera de manière qu'une seule gondole ne survivra pas à la ruine générale.
— Vous exagérez la prévision du danger, mon cher Tenlori : Venise sera secouée comme le Piémont ; mais la furia frcmcese se calme et tout s'arrangera.
— Non, comte, non. Lorsque les événements politiques amènent des accidents par la guerre et par la conquête, on replâtre cela, tant bien que mal, par des traités de paix,ôtant un morceau par-ci, un petit coin par-là, que l'on abandonne à l'appétit des vainqueurs; mais lorsque les concussions, les conspirations des sectes, les machinations secrètes amènent les secousses dans les Etats, la chose n'en est point ainsi : le bouleversement ressemble aux cataclysmes volcaniques qui envoient les fondations dans les airs et les clochers dans la profondeur des abimes : aucune force politique ne saurait rétablir et réparer ces bouleversements. Vous verrez l'auguste maison de Savoie en peine ; peut-être ira-l-elle en exil et perdra-t-elle son royaume ; mais la guerre lui venant du dehors, un jour ou l'autre elle remontera sur son siège. Venise, non. Le ver des sociétés maçonniques est dans la moelle de ses os : n'étant pas tombée par une violence extérieure, elle ne se relèvera plus, car elle sera tuée par des mains parricides. La France saisira ce bon morceau, l'accommodera, le sucrera et, le posant sur un beau plateau, elle en fera don à un gros lion, qui, en échange, cédera à la république jacobine quelque bonne tranche d'un autre gâteau placée sur la frontière française.
— Vos réflexions sont cruelles, l'abbé ; mais je ne les trouve que trop justes; je voudrais pourtant bien que vous vous trompassiez et que Dieu détournât les effets de votre prophétie.
— Je le crois; pour nous délivrer d'un pareil danger, Dieu avait permis que notre cavalier François Pesaro parlât avec tant de force lorsque, montant à la tribune, il démontra au sénat jusqu'à l'évidence, et avec une éloquence de flamme,
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le danger qu'il y avait de rester ainsi désarmé et qu'il dépeignit avec énergie l'approche du tourbillon qui se précipitait sur l'Italie, que les sénateurs se sentirent pris par un frisson qui parcourut tous leurs membres. Mais que voulezvous? Les Savi Girolamo Zulian, Antonio Zen, Franeesco Battaïa, Zanantonio Ruzzini,Zaccaria Valaresso, Alessandro Marcello primo, se levèrent comme des dragons vomissant du feu et crièrent : — Non, non, il ne faut pas s'armer; la Sérénissime n'a pas d'ennemis à craindre. — Alors Pietro Pesaro, frère de François, fit tant et si bien, qu'enfin le sénat décréta l'armement de terre et de mer.
— Ah ! je respire ! s'écria le comte d'Almavilla.
— Avant de respirer, comte, écoutez la fin, qui suffirait à faire perdre haleine au roi des vents, Éole lui-même. Voyant que Pesaro l'emportait en faveur de la neutralité armée, que fit le conseil des Savi ? l'un de ses membres (c'était un francmaçon, celui-là, qui quelques soirs avant faisait la partie in Cà Vendiamin) se leva et dit :
— Seigneurs, puisque la consulta est obligée malgré e\'e de faire apprêter l'armement, on sera forcé de tromper le sénat, en faisant semblant d'agir vigoureusement sans rien faire, selon le système de Boerhaave, qui prescrivait d'envelopper les pilules amères dans du sucre en poudre pour que les malades les avalassent sans avoir mal au coeur.
Les Savi de conseil et de terre ferme applaudirent, au grand scandale des Savi aux ordini ; mais le système de Boerhaave fut adopté; on leva sept mille hommes de milices (belle armée, n'est-ce pas) ? On ne s'occupa nullement d'approvisionner les forteresses ni de renforcer la marine. Pesa:o s'émut violemment de tant d'indolence, il recommença ses péroraisons au sénat; mais les Savi surent si bien entortiller ce congrès auguste que les Pères se crurent bien servis de ce qu'on n'avait rien fait (1).
(I) Carlo Botta, dans son Histoire d'Italie, de 17^9 à 1S14, dit que Zaccaria Valaresso parla contre Pesaro; mais il se trompe, ce fut Girolamo Zulian, rendu aux Français, qui déjà avait péroré pour l'acceptation d'un ministre républicain et pour l'inauguration du drapeau tricolore sur le palais de l'ambassade de France et surtout en faveur de l'alliance de Venise avec la république de Robespierre. (L'auteur.)
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— Ah! 1rs parricides, les traîtres ! mais qui était-ce donc qui jouait avec moi chez Vend.amin ? 11 y avait deux dames,
madame Erizzo et madame Priuli; mais le gentilhomme
qui était-il? Pisani? non. Condulmer ? non plus. Ah! je me souviens : c'était Piero Doua , celte figure de fouine, ce petit museau de renard !
— Je ne sais pas, comte: je dis pourtant que chaque chose doit venir un jour à fleur d'eau et que nous verrons tant de turpitudes en plein soleil, que l'Italie en sera empestée. Plaise à Dieu qu'elle apprenne à se boucher les narines et qu'elle ne s'habitue pas à prendre l'odeur des conspirations jour de l'eau de roses ! —
Le comte et l'abbé en étaient là de leur entretien, lorsqu'ils sentirent l'éperon de la gondole qui frappait le sol en abordant, et la voix des gondoliers leur cria : — Eccellenze, semo a Muran. —
Murano est une petite île tout près de Venise, au nord, où sont placées les Verreries qui, au temps de la seigneurie, étaient si célèbres dans toute l'Italie et où l'on fabriquait ces énormes plaques de cristal si pur, dont on faisait des glaces d'un seul morceau qui couvraient la moitié d'une paroi de grand salon et allaient former, au fond d'une enfilade immense d'appartements, ces grands réflecteurs qui reproduisaient une perspective sans fin. Aujourd'hui les glaces de Bohême et spécialement de Pélersbourg sont d'une grandeur si exorbitante qu'elles dépassent de beaucoup les glaces muranaises ; mais jusqu'au commencement de notre siècle elles étaient les plus grandes et elles restent encore les plus pures et sont mieux fabriquées que celles de Bohême et de Pétersbourg.
Dès que nos navigateurs furent arrivés à Murano, ils en-"* trèrenl dans les fours où Almavilla, qui ne connaissait rien de cet art, examinait tout avec la plus grande attention. Les Vénitiens sont les gens les plus courtois du monde entier. Un beau jeune homme vint immédiatement se placer à côté du comte et lui expliqua les différentes opérations qui forment l'art de la verrerie. 11 le conduisit d'abord vers ces lacs de feu vivant et ardent, qui brille, glisse et pétille d'une lumière qui vous éblouit comme les rayons du soleil. Des
gouffres de flammes s'élancent avec bruit du milieu de la fournaise et l'on entend le mugissement du tympan où le cristal se liquéfie. On jette dans ce gouffre des morceaux de silice et de quartz qui se fondent comme la cite, à l'ardeur terrible de cet incendie alimenté par les alcalis qu'on y jette et qui le rendent irrésistible pour toute sorte de matières.
Lesfounners ajoutent incessamment des fascines, des bûches et des fagots à cette bouche de l'enfer alimentée par le bois dechène et de charme qui donne le feu le plus puissant. Les verriers se tiennent aux guichets du lac, ayant à la main de grands crochets de fer fichés au bout de longues perches avec lesquels ils remuent la pâte du cristal, la retournant et la bouleversant dans tous les sens pour forcer les pierres les plus dures à se fondie comme de l'eau. Ces pauvres ouvriers sont tout nus; leur peau est presque cuite et leurs yeux ne peuvent supporter longtemps cette ardente lumière qui les rend aveugles presque tous au bout de quelques années de cet horrible métier : si la sueur ne coulait pas avec abondance par les cheveux, par les joues et par les pores de la poitrine, ils seraient bientôt rôtis. Les crochets de fer qu'ils ont au bout de leurs perches rougissent à blanc en deux minutes au bout desquelles ils en changent en les jetant dans un immense treuil d'eau de source où ils se refroidissent en crépitant.
Lorsque la masse des quartz et des silices, aidée par les alcalis, est sur le point de se cristalliser, tout ce lac ardent se couvre d'une pellicule flamboyante d'où s'élèvent des étincelles, des jets, des éclairs, des rayons, des étoiles et des fusées si éclatants, si lumineux, que l'œil nu n'en saurait soutenir la splendeur ; un seul coup d'oeil jeté sur cette surface occasionne une douleur si aiguë que la paupière se ferme d'elle-même et que l'on voit pendant quelque temps des soleils tournants, des roues de lumière et tout le scintillement d'un ciel étoile. Lorsque toute la matière est fondue, après avoir été bien remuée par les crochets de fer, on passe sur sa surface un niveau, également en fer, qui l'ébarbe, pour ainsi dire, et lui enlève les saletés et les écumes laissées par les matières hétérogènes qui se sont délachées et surnagent au-dessusde la fusion : on prend alors cette mixture avec de larges cuillers et on la verse dans de grands creusets qui rougissent
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sur un feu do charbon alimenté par des soulflets pour maintenir en fusion la cristallisation.
Lescristalliers plongent la pointe de leurs repoussoirs dans la matière et soufflent dans la pâte déposée sur un étau d'acier ou sur une plaque plaie ou concave, selon la forme qu'ils veulent donner au cristal. Toutes ces opérations se font avec la plus grande rapidité : on souffle des bouteilles, des verres de toutes les formes, de toutes les dimensions. On voit dans cet atelier des globes, des vases, des aiguières, et mille autres variétés de récipients, depuis la cloche la plus vaste jusqu'au flacon le plus imperceptible. Tout cela sort de la fabriqu emmanché, posé sur un piédestal, entouré achevé enfin avec toute la perfection désirable.
Dans certains creusets on mêle les couleurs dans la fusion pour former des émaux, des imitations de diamant, d'éme-" raude, de topaze, de rubis, de saphir, et de cent autres pierres de toutes les nuances : on souffle aussi des tuyaux très-minces et d'une grande longueur qui, ramollis par le feu, s'entrelacent, se groupent, se tressent et produisent une grande variété de corniches, de feuillages et d'ornements de portes et de fenêtres, ainsi que toute sorte de petits paniers, de jolies corbeilles, de coffrets où l'on renferme des dragées et des fruits confi's qui vont figurer sur des tables bien servies.
On voit dans d'autres ateliers de grandes tables en acier sur lesquelles sont posées les bulles immenses que l'on soumet à la taille et ces grandes plaques que l'on polit, que l'on étame et qui forment enfin les miroirs et les glaces brillantes qui font la réputation de l'établissement. On choisit pour cette fabrication, les plaques les plus pures, sans la moindre tache ; sans la plus petite échauboulure, sans l'ombre de la plus minime lentille ou du 01 le plus délié pour que les objets puissent s'y refléterdans leur intégrité la plus parfaite. Ces glaces de Murano sont une grande source de richesse pour Venise qui les vend aux maichands de toutes les nations, lesquels en tiennent d'un prix qui dépasse souvent quatre à cinq cents sequins. (t).
(1) La Galleria et le quartier noble du palais Doria, à Ruine, ont des fenêtres garnies des pi lis belles places de Murano. Une tradition populaire dit qu'un vieux prince Doria <|ui se trouvait à Venise, se promenant un jour sous les i'rocurat c$ très-simplement et presque pauvrement vêtu, cuira dans une riche
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Le jeune homme si poli, qui accompagnait le comte d'Aï— inavilla, l'introduisit dans les officines où l'on passe le~
cristaux à la roue. Le cristal le plus dur est biseauté avec une promptitude et une dextérité merveilleuses: on le taille à facettes, à ronds, à pointes de diamants, à excavations, en reliefs, à colliers, à arabesques, en feuillages, eu chiflrus, e<
de toute aulie manière. Le comte s'amusait de tout cela avec un plaisir infini. Après avoir examiné et choisi les glaces commandées par le marquis Lascaris, qui étaient fort bel e.-, très-grandes et très-pures, il rentra dans sa gondole avec l'abbé Tentori et un l'ut de retour à Venise, peu après le coucher du suleil. L'abbé fut conduit au pont de Rialto, et le comte rentra chez lui faisant de longues réflexions sur les tristes résultats des doctrines coupables et perfides qu'il avait lui-même su.ées dans sa jeunesse a Paris, à l'école des philosophes qui, avant d'éeiaser Dieu, comme ils disaient, écrasaient la patrie et foulaientaux pieds les plus douces et les plus chères affections de la nature. Sans s'en apercevoir, l'ablé avait jeté la bonne semence dans un 'errain âpre et rebelle il estvrai, mais où peut-être quelques grains pourraient pousser en temps oproitun. Semez toujours la vérité : il en naîtra quelque chose plus tôt ou plus lard, car ne voit-on pas des semences qui geiment dans les fentes des rochers les plus abruptes où un vent providentiel les avait poussées (I) ?
boutique de miroitier où plusieurs gentilshommes se trouvaient réunis; le priuce demanda le prix des cristaux. La -vue de cet étranger de mince apparence trompant le marchand, celui-ci répondit: — Ça vaut mille sequins. — Je prends tout : je suis le prince Doria : messieurs, vous répondez pour moi. le marchand ébahi reprit : — Excellence, je plaisantais. — Il ne faut pas se moquer des étrangers. Le priuce ût un bon et tous les cristaux furent envoyés à It me. {L'an'
(I) XoiiS nous apercevons que ces discussions politiques paraîtront trop sérieuses à quelques-uns de n<" s jeunes lecteurs qui lisent pour s'amuser: mais le roman marche quelquefois dans des brousailles qui piquent les doigts quoi qu'on fasse pour les fleurir: que l'on ne s'ennuie donc pas à la lectu<e de ces histoires; le passé est souvent l'école de l'avenir. {L'auteur.)
On lit dans l'histoire des missions que les magnanimes enfants de Saint-Benoît fondèrent chez les sauvages de l'Australie, qu'un missionnaire, ayant envoyé au supérieur delà résidence de la Nouvelle-Norcie un ;-auvage fait chrétien et cinq petits animaux rares de ces contrées, il avait chargé le sauvage d'une lettre pour le supérieur. Il arriva que, voulant donner un peu de nourriture aux petits animaux, le sauvage ouvrit leur cage et deux d'entre eux s'échappèrent : malgré son extrême légèreté, l'Australien ne put pas parvenir aies rattraper. Reprenant alors sa route, le sauvage se disait :
— La robe noire ne sait pas combien d'animaux m'a contiés le père, il croira qu'ils n'étaient que trois et il s'en contentera. Arrivé à la résidence, il porta au supérieur la lettre et les trois petites bêtes. Après avoir lu, le supérieur dit au sauvage :
— Il y en avait cinq ; où sont les deux autres ?
Abasourdi par cette demande et croyant que le bénédictin avait eu une vision céleste, le sauvage se jeta la face contre terre et se mit à l'adorer comme un ange de Dieu. Le moine le releva et lui dit :
— Pourquoi te proslernes-lu ? On ne doit adorer que Dieu seul.
— Vous voyez les choses éloignées, comme les anges du Grand Esprit, répondit le sauvage.
— Non, reprit le moine; j'ai lu dans la lettre que tu m'as remise qu'il y en avait cinq.
— Comment! sur ce papier? C'étaient donc les paroles de notre père Boniface que je vous portais renfermées dans ce petit morceau de papier blanc? Oh, mon Dieu! vous autres blaîics, vous avez l'art d'envoyer les paroles à trois jours de dislance ! Vous êtes vraiment les enfants du Grand Esprit !
il. 6
S8 IIIALOU ET MENE.
Après un repos de quelques jours à la Nouvelle-Noicie, le. sauvage repartit avec une lettre du supérieur pourle missionnaire. Pendant toute la route, l'Australien, qui avait mis la lettre du supérieur dans sa chemise, marcha les bras écartés dans la crainte d'écraser les paroles que la lettre contenait. Il s'arrêtait souvent pour voir si rien ne remuait dans le papier et il approchait la lettre de ses oreilles pour écouter si les paroles ne causaient pas entre elles : lorsqu'il se couchait pour dormir, il mettait la lettre dans sa gibecière qu'il posait sous sa tête flans l'espoir de les entendre raisonner au milieu du silence de la nuit.
Lorsque le jésuite Salvatierra, qui fut le premier apôtre de la Californie, pénétra dans ces régions barbares, il se prit à jouer sur une espèce de guitare ou de mandoline de beaux airs, tantôt gais, tantôt mélancoliques, pour charmer ces sauvages féroces et cruels. Les naturels étaient étonnés et séduits par ces mélodies : ils pensaient que l'instrument était un animal chantant, et leurs regards, au lieu d'examiner les cordes, se portaient sur le trou qui est percé au milieu de la table d'harmonie et cherchaient à voir l'intérieur de l'instrument où ils pensaient que résidait la cause dessous. Pendant que le jésuite grattait les cordes, les sauvages hurlaient dclonnement, faisant des sauts, desgambadeset des grimaces incroyables; lorsqu'il s'arrêtait, ceux-ci approchaient l'oreille pour entendre si la guitare pailait en dedans et pour voir si les che-> villes n'étaient pas des langues, et ils se disaient entre eux, en regardant les cordes, que cette bêle avait les boyaux en dehors au lieu de les avoir comme eux dans le ventre.
Cette simplicité nous fait rire ; nous considérons le- idé s de ces êtres primitifs comme des enfantillages dignes de l'ignorance des sauvages; mais si nos hommes les plus savants qui vivaient il y a quarante ans tout au plus, pouvaient se relever de leur tombe et, du haut d'une tour, par exemple de la lour de Résina sur la belle plage de Naples, s'ils regardaient la mer et ce golfe tranquille rempli de plusieurs navires qui marchent rapidement sans voiles, et s'ils voyaient sortir du mât de misaine ce nuage de fumée noire et épai>se, ils frapperaient dans leurs mains en s'écriant :
— Mon Dieu ! voilà des navires qui brûlent et qui coureat