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soin, selon la maxime île saint Paul : — Si ton ennemi a faim, donne-lui à manger; s'il a soif, donne-lui à boire : en faisant cela tu réuniras sur sa tête des charbons ardents.

— Dites ce que vous voudrez ; mais vous ne pourrez jamais empêcher que les moines ne soient méprisés par tous les hommes raisonnables, comme uue race oisive, désœuvrée, ennuyeuse, coureuse et mendiante, qui met le désordre partout où elle fourre le bout de son doigt.

— Veuillez distinguer, cher comte; il peut y avoir parmi les religieux quelque égaré qui ne su;t pas la règle de son institut et qui, pour cela, peut devenir même un méchant homme, un homme vicieux : mais tous les francs-maçons, sans exception, plus ils observent les statuts de leur secte, plus ils sont abominables : donc la règle des religieux est sainte et l'on se rend coupable en l'enfreignant; les statuts delà secte sont infâmes et l'on est infâme en les pratiquant. Du reste, admettons qu'il y ait des égarés dans les ordres religieux; tous les religieux seraient-ils pour cela méprisables? Et leurs saints canonisés, qui sont si nombreux, ne serviront-ils pas h intercéder pour les autres, eu vertu de la même loi logique, et à leur attirer un peu de respect? Que le monde est faux et menteur dans l'équilibre de ses jugements! C'est pourtant un jugement pareil que rendit le parlement de France à l'occasion du père La Valette, qui avait fait beaucoup de dettes, sans que ses supérieurs en eussent la moindre connaissance : son ordre tout entier lut condamné à payer pour lui; de façon que, pour un seul moine français, toutes lesmaisonsde l'ordre, en France, en Italie en Espagne, en Allemagne et en Hongrie, furent forcées de payer les dettes d'un hum me dont elles ignoraient jusqu'à l'existence. Voltaire, d'Alembert, Fréret, Condorcet, Marmontel et toute la phalange des philosophes de l'encyclopédie, se créant de leur plein droit aréopagites, jugèrent pro tribunal* et applaudirent à deux mains le fameux jugement de Salomondu par. ement fiançais.

Ainsi fait le monde : un moine fait une faute; tous les moines sont des coquins ; mais on ne dit pas cela des hommes du siècle. Ah, diable! non! si un juge fait une sottise, on se garde bien d'appeler injustes tous les autres juges; un marchand commet un vol ; les autres marchands ne sont pas des voleurs

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