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II

410 l'BALDO ET IBÈRE.

somme on découpe chez nous!... Lida, un verre de bordeaux, s'il vous plaîl! Bien, c'est ça : toi, Julie, qu'as tu dans cetie bouteille ?

— Du vin de Champagne pour le dessert.

— Pour le dessert? allons donc ! verse-m'en une flûte écumante, que je vais boire à la santé de Bonaparte... — Fameux ! ! — Une autre à la santé de maman !... Vive maman.

— "Vivat ! cria Lida.

— Vivat, vivat! répétèrent à la ronde les femmes et les deux valets.

La comtesse prit, en pleurant, la tête d'Ubaldo entre ses deux mains et l'embrassa sur le front en lui disant :

— Quand tu auras achevé de dîner, tu nous diras comment il se fait que tu sois venu nous faire une aussi belle, aussi douce surprise.

— Maman, quatre morceaux de ce bon fromage, et je vous narre toute l'affaire : mais je vous dirai, en attendant, que je vous arrive des nuages, tombé ici, tout près, sur les bords de la Doire, d'une hauteur de dix mille et quelques pieds et sans me casser le cou dans la dégringolade, comme vous voyez. — Lida, un autre verre de votre bordeaux ; ça fait bien sur le fromage.

— Prends garde, Uhaldo, que cela ne te fasse du mal, dit la comtesse en le voyant boire si gaillardement.

— Pas de danger, n'ayez pas peur, maman. Il en faudrait bien d'autres ! Le soldai qui mange a besoin de boire : nous n'avons plus l'estomac de poulet d'autrefois, voyez-vous ! L'eau (sur les épaules, bien entendu) et le soleil nous ont donné de la vigueur et lorsqu'on porte sur le corps la petite bagatelle d'acier dont la moitié a manqué d'éreinter Julie tout à l'heure, on doit avoir une poitrine à contenir une barrique... et puis, maman, un dîner de famille, ça rend la vie ! Il y a si longtemps que je n'en ai goûté !

Dès qu'il eut fini de manger, disons mieux, de dévorer, Ubaldo dit au maître d'hôtel :

— Biaise, de bon café, nf entends-tu? et une bouteille d'anisette. Dis à Baptiste qu'il fasse attention à mon cheval. Mon ordonnance mange sans doute ?

— il a voulu d'abord s'occuper des chevaux. Quel géant ,

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