‹ Ubaldo et IrèneChapitre 76 sur 94 · II · texte numérisé non relu

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dans les guerres, d'autre avantage qu'une augmentation démesurée d'impôts et de taxes de toutes les natures, en lui faisant payer jusqu'à l'air qu'elle respire, et la pauvre terre esclave qu'elle foule sous ses pieds!

— Oh ! dit le jeune officier en souriant, les moines ne s'attendaient certainement pas avoir aujourd'hui deux cuirasses faire le panégyrique de la cagoule et du capuchon! — Colonel, il faut que j'aille au quartier pour la soupe de l'escadron.

D'Almavilla donna le signal de la retraite et ils rentrèrent en ville. Le lendemain on se mit en route pour la promenade du Niémen avec la grande armée que Napoléon menait à la conquête de la Russie.

Depuis les temps de Darius, peut-être, le monde n'avait pas vu une armée de près de cinq cent mille soldats aussi bien équipés que ceux qui traversèrent toute l'Europe, pour qu'elle pût les passer en revue !

Nous qui écrivons ceci, nous les avons vus marcher vers l'Allemagne. Le spectacle grandiose qui s'offrit alors à notre jeune imagination ne s'effacera jamais de notre mémoire. Pendant plus de deux mois nous les vîmes défiler sous nos yeux , une division après une division : d'abord l'infanterie ; chaque régiment, sapeurs, tambours, musique, état-major en tète; puis les grenadiers, puis les fusiliers, puis les chasseurs et les voltigeurs : venaient ensuite les régiments de cavalerie; d'abord les lanciers, puis les chasseurs, puis les hussards, puis les dragons, enfin les cuirassiers : chaque brigade avait à sa suite une batterie de campagne avec ses artilleurs à pied, ses canonniers à cheval, des forges, des enclumes, des instruments de maréchal-ferrant; venait le train avec les munitions de guerre; le charroi des bagages, les fourgons de victuaiiles, la pharmacie, les prolonges d'ambulance; les tentes, les effets de casernement, le matériel des hôpitaux de campement. Tout cela était si bien organisé, si splendidement habillé, armé, équipé et monté, que l'Europe admirait et trc-mblait. Tout cela paraissait neuf; les uniformes des soldats, les fourniments des chevaux, l'équipement des cavaliers en shapska, en kolback, en shako, en casque, en ourson ; armés de lances, de guidons, de bancals, de lattes, d'espadons, portant des fourragères, des ceintures, des sabretaches, des dolmans, des pelis-

scs, dos cuirassés, des gants à manchettes; ayant des selles et des housses en peau hlanche ou noire, en drap cramoisi, hrodées, galonnées, garnies, chamarrées. — En voyant ces troupes si belles, si Gères, si pimpantes, si gaies ,on pouvait se dire :

— Ce sont là des champions qui vont rompre des lances et donner de prodigieux tendants dans des carrousels, des joutes et des tournois il)!

Ajoutez à tout cela l'armée d'Italie, si bien aguerrie, dont la moitié combattait, en Espagne, les terribles bandes des guérilleros castillans, andalous , navarrais et biscaïens ; dont l'autre moitié marchait, fière, intrépide, ardente et courageuse, à la conquête de la Russie, faisant partie de l'armée impériale avec ses Romains, ses Toscans, ses Piémontais et formant un corps séparé composé des légions du royaume d'Italie. — Depuis l'époque de la puissance romaine, l'Euroi e n'avait jamais vu soi tir de l'Italie une aussi belle, aussi nombreuse jeunesse guerrière que celle qui apparut dans les guerres de Napoléon; et nous qui l'avons vue et avons été élevé au milieu de ce spectacle ; nous avons dû être compris par les vrais Italiens, toutes les fois que nous avons eu envie de rire en décrivant les hordes, les cohues, les troupeaux qui sortaient de dessous chaque motte de terre, comme les taupes, en 1848. Les chefs des légions italiennes de 1810 et de 1812, ne sortaient pas des études d'huissiers, des infirmeries, des hospices, des pharmacies et des magasins d'épiciers et de charcutiers. Mais c'étaient les mêmes grands et vaillants capitaines, qui s'étaient tant signalés sur les champs de bataille de iMarengo, d'Austerlitz, de Wagram, d'Ulm, d'iéna et de Friedland.

Quelques mois après l'entretien d'Ubaldo, colonel d'Almavilla, et du jeune lieutenant de cuirassiers, Fiancesco Rovereto, que d'événements s'étaient passés dans le nord de l'Europe ! que de sang répandu; que de vaillance étouffée

(t) Toujours émerveillé de la prodigieuse érudition militaire du père Bresciani, à peine si nous avons osé, homme de la partie, ajouter quelque détail, quelque mot technique à la description qu'il nous donne des corps en marche qui formaient la grande armée de Russie eu 1SI2... Hélas, pauvre grande armée! [Le traducteur.)

sous les neiges, les glaces, dans les brouillards et les eaux de la Duna, du Niémen, du Dnieper, de la Vistule et de la Bérésina! L'Allemagne, l'Italie et la France cherchaient de l'œil leurs guerriers, les appelaient à grands cris; elles demandaient des nouvelles de la grande armée qui avait marché à la conquête de Moscou ; et l'œil effrayé ne voyait qu'un désert; l'oreille n'entendait que le silence... Puis le regard aperçut avec une terreur indicible, à la place de la grande armée... la mort, qui étendait partout un grand linceul de glace qui se déployait morne, épais, grisâtre depuis les murs de Moscou jusqu'au delà du Borysthène et qui recouvrait, sévère et inexorable, hommes et chevaux, généraux et soldats!... La mort avait remplacé sa faulx par le souffle des aquilons qui lançaient sur ces héros, au lieu de projectiles brûlants, une neige glacée qui roidissait leurs membres, faisait tomber les armes de leurs mains, et leurs corps sur leurs armes, pour ne plus se relever ! ! !...

Par une soirée de neige, sous un ciel couleur de cendres, un guerrier pâle, hâve, décharné ; les lèvres blanches et tremblantes, les yeux caves et enfoncés; enveloppé dans une vieille peau d'ours, se traînait seul, égaré de la grande route militaire, au milieu d'immenses landes gelées, à travers lesquelles il avait heureusement échappé à la poursuite d'une bande de cosaques. Il n'avait pour tout réconfortant qu'une petite gourde contenant un faible reste de rhum, qu'il avait prise sur le corps d'un capitaine d'artillerie qu'il avait trouvé gelé sur le bord d'un fossé : quelques gorgées de cette liqueur l'avaient, jusque-là, empêché de mourir ; mais la nuit qui arrivait et qui allait le surprendre, sous ce ciel d'acier, sans un abri, sans feu et, depuis plus de vingt heures, privé de nourriture, ne lui laissait pas l'espoir de survivre au delà de quelques instants encore. Poussé par l'amour de l'existence, il tenta un dernier effort pour chercher à atteindre le sommet d'un petit monticule. Arrivé ià, il jeta autour de lui un trisle regard circulaire, ne sachant pas s'il espérait découviir une cabane, une hutte, un lieu habité, quel qu'il fût. — 0 surprise ! il voit dans le petit vallon opposé, un château seigneurial entouré de maisons; il fallait l'atteindre avant la nuit; mais le grésil coupant qui le trappait au visage, et les

chemins rendus presque inaccessibles par la neige épaissequi tombait depuis si longtemps, ne lui permirent d'arriver au but qu'à la nuit close.

Ce malheureux voyageur égaré était Ubaldo, le brillant colonel de cuirassiers, qui ressemblait maintenant à un mendiant vagabond et suspect. Ses chevaux étaient morts de froid et de faim ; il avait jeté sa cuirasse dans un fossé, pour échapper à une nuée de baskirs qui le pourchassaient la pique en arrêt : son casque d'argent bruni était remplacé par un vieux bonnet en martre entouré d'un châle de Perse très-fin, qu'on avait enlevé d'un magasin de Moscou et qui lui enveloppait les oreilles, le cou et le menton ; ses grosses épaulettes n'avaient plus la frange à graine d'épinai ds qui désignait son grade supérieur : il ne reslaitque la contre-épaulelte à écailles sur un unifoime éraillé, décoloré et déchiré; il n'avait plus de bottes; ses pieds nageaient dans une vieille paire de souliers à gros clous, dépouille d'un grenadier mort sur la route ; sa fine pelisse de fourrure aux poils en dedans, tombait en lambeaux : tous ces chiffons précieux étaient cachés sous une épaisse peau d'ours toute tachée, couverte de boue et imprégnée de neige, qui s'était durcie et pétrifiée entre chacun de ses poils (I).

Arrivé au château, il frappa : après mille et mille questions qu'on lui adressa par un petit guichet pratiqué dans l'une des encoignures de la grande porte, il fut introduit par une espèce de géant, porteur de deux moustaches d'un pied de long, embéguiné dans une énorme fourrure de bison et qui tenait à la main un sabre dégainé. La vue de cet agréable concierge n'était pas rassurante : néanmoins Ubaldo, ouvrant sa peau d'ours, lui montra sa croix, son hausse-col, son sabre ; cet homme, le reconnaissant pour un officier français, le fit entrer dans une chambre basse bien chauffée. Une femme était là, couverte d'une fourrure en peau d'agneau : elle lui présenta une tasse de lait bouillant, en lui jetant un regard de compassion. Ce lait le ranima et Ubaldo remercia cette

(1) Ce n'est là qu'une pâle esquisse des pauvres débris de cette florissante armée; nous avons vu des officiers, des colonels, des généraux bien plus mal accoutrés qu'Ubaldo; plusieurs d'entre eux, tous couverts de fourrures, sont morts de froid faute d'aliments! [L'auteur.)

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fi'mme de la manière la plus aimable et la plus courtoise : olle ne comprit pas un mot de son compliment ; c'était une Polonaise, qui n'entendait que le slave. L'énorme portier, rentrant avec une lumière, fit signe au colonel de le suivre.

A peine avait-il fuit un pas dans un noir corridor, que des aboiements féroces, venant du haut d'un escalier, frappèrent son oreille : son guide ciia aussitôt en livonien :

— A la niche, Lion !

Le gros chien se mit à grogner et à gronder tout bas, d'un ton courroucé, comme quelqu'un qui dit :

— Toujours de nouveaux visages dans cette maudite maison !

Sur le palier de l'escalier Ubaldo aperçut, tapi dans tin coin, un grand dogue gris de fer, aux poils hérissés, qui dardait sur lui deux prunelles de flamme, montrant des crocs blancs et pointus qui faisaient vraiment peur à voir. On fit entrer notre colonel dans une antichambre tendue de cuir de Bulgarie, à larges rosaces rouge et or, sur un fond d'azur ; mais cette tenture était tellement usée sur les bords et si arrachée par endroits, qu'elle paraissait être, — et était peut-être bien,

— du temps du roi Etienne Batory : il y avait là, pour tout mobilier, une grande vilaine table vermoulue et de vieux sièges à dossier, en cordouan terni, décloué et roulé aux encoignures Le concierge, tourier, portier, gardien ou geôlier,

— choisissez ! — fit signe à Ubaldo d'attendre dans cette pièce, sans lui interdire de s'asseoir, pensons-nous, et passa dans une autre chambre.

Le seigneur de ce château était un Polonais d'une des plus anciennes familles nobles et qui avait été très-riche, à l'époque où sa patrie était un État; mais depuis qu'elle était tombée sous le joug de la Russie, l'aïeul de ce seigneur, ayant eu le malheur de déplaire à Catherine II, se vit confisquer par elle presque tout ce qu'il possédait en Lithuanie, en Courlande et dans la Russie-Blanche ; pourtant son fils était resté encore assez riche du côté de sa mère ; mais s'étant mêlé à 'a rébellion de Varsovie, excitée par la Prusse, il fut presque entièrement dépouillé par l'empereur Paul Ier et envoyé en Sibérie où il mourut de peine et de misère. Le fils de ce dernier vivait pauvrement dans ce château qui appartenait à sa femme,

très-belle et très-sage nolile dame, morte de chagrin en lui laissant une petite tille, qui était devenue une charmante jeune personne de dix-sept ans.

Le géant qui rentrait introduisit enfin le colonel auprès de son maître, qui le salua gracieusement en français, le priant de s'asseoir. Le gentilhomme était revêtu d'une ample robe de chambre polonaise en laine rouge-corail, chaudement ouatée, piquée, serrée à la taille par une cordelière verte, à glands mêlés de fils d'or et de soie vermeille : il portait sur la tète un bonnet grec en velours et était chaussé de babouches de maroquin rouge ; il fumait dans une grande pipe en porcelaine. Dès qu'Ubaldo se fut assis, après s'être annoncé en sa qualité de colonel des cuirassieis de Napoléon, le Polonais lui dit :

— Eh bien, chevalier, avez-vous vu notre Ponia owsky ?

— Oui, répondit-il : et l'armée de Napoléon doit à son intrépidité et à la vaillance de ses braves Polonais de ne pas avoir été entièrement détruite dans la retraite de Smolensk et dans les autres mauvais pas que nous avons rencontrés avant de rentrer en Pologne. Rien n'égale l'acharnement des cosaques et l'impétuosité avec laquelle nous chargent les Russes de Kutusow, de Wittgenstein et de l'infatigable Tchitchakof qui nous enveloppent de toutes parts et que nous rencontrons à tous les détours , sur toutes les collines, au bord de tous les fleuves. Au moment où nous étions le plus acculés, le prince Poniatowsky prend à l'improviste les Russes en flanc, les disperse, les écrase, protégeant ainsi la retraite des Français, principalement au passage des marais glacés qui nous coupent le chemin à chaque pas.

— Je m'en félicite, monsieur, comme Polonais et comme parent de Poniatowsky ; mais la défaite de Napoléon courbe la Pologne à tout jamais ! Si l'empereur avait écouté le conseil des vieux Polonais, il aurait hiverné son armée dans nos places et, le printemps venu, la Russie était à lui ! Oui, je l'affirme avec nos sages; il eût été le maître de Moscou et même de Saint-Pétersbourg : en juin, Ro^opchin eût-il mis le feu à la ville, vos chevaux n'eussent pas manqué de fourrage, ni vos hommes de nourriture. Lorsque Alexai die vit arriver les Fiançais en automne, il dit à ses généraux con&terués, api es la fameuse bataille de la Mo:cowa :

— Consolez-vous : vous êtes braves ; mais dos généraux plus formidables que vous vont vous succéder ; et ceux-là, N.ipoléon ne pourra les battre, ni avec la cavalerie de Murât, ni avec l'artillerie de Davoust, ni avec l'infanterie de Ney : ces générauxlà l'écraseront et le mettront à néant.

— Et ces généraux, qui sont-ils ? lui demanda son frère, le grand-duc Constantin.

— Ce sont, répondit Alexandre, les mois de novembre, décembre, janvier, février et mars; cinq grands généraux qui, en Russie, battront toujours toutes les forces humaines.

— Il n'a dit que trop vrai ! s'écria Ubaldo : nos chevaux sont morts de froid et de faim; l'artillerie, sans chevaux, a été abandonnée dans ses parcs, engloutie dans les boues et les neiges, étouffée et noyée dans les fleuves.

Cinq cent mille soldats ont vu tomber leurs armes de leurs mains engourdies : combien parmi eux sont morts debout, gelés, en faction, dans les rondes, aux postes avancés, dans les explorations ï combien d'autres, campant sans feu, sans aliments, sans abri, se sont couchés pour ne plus se relever ! En marchant on frappait des pieds pour ne pas qu'ils gelassent; mais l'estomac vide glaçait le reste du corps : on vacillait en route, on tremblait, on trébuchait; puis on tombait la face dans la neige, et tout était fini ! Les camarades encore debout fouillaient les hommes tombés, les déshabillaient, ne trouvaient rien dans leurs poches et allaient tomber quelques pas plus loin. Si le cheval d'un colonel ou d'un général s'abattait sous son cavalier, aussitôt une foule de soldats tombaient dessus comme une bande de corbeaux pour l'écorcher, le dépecer et le faire rissoler sur un peu de feu qu'ils excitaient à grand'peine; et souvent, au moment où les morceaux commençaient à grésiller, les cosaques survenaient en criant hourra h : et en brandissant leurs longues piques : les soldats fuyaient eu emportant les morceaux du cheval, charbonnésd'un côté, crus et sanglants de l'autre; y mordaient en courant, comme les chiens affamés qu'on poursuit et qui se sauvent en grognant, sans lâcher leur os. — Plus d'une fois des soldats, voyant un officier rongeant un pauvre morceau de biscuit tout moisi, le lui arrachaient de la bouche et se jetaient au milieu des broussailles pour le dévorer en sûreté ! Il arrivait alors que ces

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malheureux prenaient des chemins de traverse pour rejoindre leujs camarades et tombaient dans un parti de cosaques qui les tuaient ou les déshabillaient jusqu'à la chemise pour les laisser expirer de froid danfck s fusses ou dans les ravins comme des animaux sauvages.

— Vous me faites horreur et pitié ! s'écria le Polonais. 0 mon Dieu ! où en est donc réduite la plus belle année que l'histoire ait jamais pu mentionner !

— El je ne vous ai pas énuméré, à beaucoup près, toutes les extrémités auxquelles cette pauvre armée a été réduite. Qui pourrait les dire, qui pourrait les imaginer jamais? Songez que le froid est descendu à 28 degrés Réaumur : voyez une armée si nombreuse dans une ville brûlée et détruite; forcée de sortir du milieu des ruines pour entrer en campagne, voyager et bivouaquer sous le ciel glacé, dans un désert, sans bois, sans pain, sans vin ; avec plus de quatre-vingt mille hommes de cavalei ie sans une seule botte de foin, sans un fil d'herbe, dans des landes immenses, couvertes de six, de huit, de dix pieds de neige brillante et dure comme du cristal, sur laquelle des hommes et des chevaux mouillés, couverts de petits glaçons, les vêtements roidis doivent se coucher, recevant pour couverture d'autre neige glacée qu'un air d'acier laisse tomber sans cesse et sous laquelle ils sont presque ensevelis pendant des nuits interminables ! Le lendemain matin... ceux qui ont encore un lendemain, se remettent en marche, tourmentés , harcelés par les chevau-légers, les tirailleurs circassiens, les baskirsel les cosaques; fuir d'un côté, perdre ses rangs, escalader des hauteurs, s'engloutir dans les vallées, guéer les étangs, courir, revenir, se croiser en désordre : une division prend son avant-garde; une brigade est coupée par l'artillerie qui se jette dans l'infanterie pour éviter d'être cernée par les Russes. Lorsqu'une armée n'a plus de marche régulière ; lorsque les hommes d'un guidon se trouvent sous un autre; lorsque les grenadiers marchent confusément avec les \olligeurs et ceux-ci avec les vélites; lorsque la voix d'un général, celle d'un maréchal ne sont plus entendues, qu'un ennemi audacieux vous presse, vous serre, vous charge de tous côiés, le désordre devient si grand, le pêle-mêle est tel, la confusion est si épouvantable, qu'un pareil camp est une

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