‹ Ubaldo et IrèneChapitre 8 sur 94 · UNE JOURNÉE A SUPERGA · texte numérisé non relu

UNE JOURNÉE A SUPERGA

— Tu as mal fait, mon Baldo, et pour bien faire, tu commettais une mauvaise action.

— Pourquoi cela? je voudrais l'avoir trouvé; j'ai cherché jusque dans la paillasse, je te parie qu'elle l'a dans sa poche, où il me semblait le voir si bien que j'ai touché avec la main pour sentir si c'était dur.

— Ne fais plus cela, entends-tu, Baldo ? n'as-tu pas de honte? Elle est notre sœur; mais ce n'est pas une raison pour te permettre de fureter dans sa chambre ; la vertu doit être discrète et ne doit jamais avoir l'air de soupçonner et d'espionner. Les esprits forts ne disent déjà que trop, que nous sommes des perturbateurs de la famille, des artisans d'intrigues domestiques, ennemis de la paix entre parents et méchants délateurs.

— Bah ! n'as-tu pas peur qu'on t'appelle V Inquisitrice ? Pour peu que l'on craigne Dieu, ces gens-là disent que l'on veut établir dans la maison, à l'école et partout, le tribunal de l'inquisition et qu'on veut en être le grand inquisiteur! je suis loyal et franc. Faut-il laisser périr notre sœur, entraînée par quelque mauvais franc-maçon secret qui nous la poussera dans quelque conspiration, comme nous le disait l'autre jour, le comte Arrigo, en parlant de la petite marquise Nathalie, qui brodait les écharpes tricolores qu'on répand dans leurs réunions?

— Je te répète qu'il ne nous convient pas d'aller espionner ainsi notre sœur; il ne faut pas oublier qu'elle est notre aînée, et, quoiqu'elle se soit abaissée devant un palefrenier, nous lui devons le respect qui lui appartient. C'est à nous de chercher le moyen -qu'elle puisse reconnaître sa faute et qu'elle abandonne la vilaine habitude de lire des livres pernicieux pour son âme. Tu devrais d'abord la plaisanter en particulier avec un sentiment d'amour et de tendresse fraternelle, en lui disant que tu as vu par hasard sa nocturne équipée; que tu as eu un grand chagrin; que ton cœur te porte à lui faire observer combien elle s'est abaissée et que tu la supplies de te remettre ce livre que tu feras rendre secrètement, si elle l'a emprunté; que si, au contraire, ce rustre l'a acheté pour elle à quelque misérable colporteur, tu le brûleras sans le lire et sans que personne s'en aperçoive. Si tes douces paroles l'é-

/D lliALDO El IKF.XE.

meuvent, tu l'auras ramenée au repentir et à la vertu : si elh s'obstine, apprends tout à notre mère.

— Tu n'appelles pas cela faire l'espion ? nous y voilà, à l'inquisition!

— Non, monsieur. Ce n'est pas faire l'espion; c'est pourvoir directement au bonheur de notre soeur : car si tous les moyens en ton pouvoir n'ont pu parvenir à la ramener, il faut alors avoir recours à l'autorité des parents, sans craindre d'èire taxé d'espionnage et d'indiscrétion. Les méchants ont inventé l'épouvantail de la délation pour laisser au vice ses franches coudées; ^h crient haro sur toutes les personnes qui cherchent à mettre un frein à leurs désordres, en les appelant trompettes, gazettes, commères, rapporteurs, mouchards, quesaisje encore? tout cela nous fait peur, à nous autres jeunes gens sans expérience et nous empêche de venir au secours de nos hères et de nos amis.

— Tu veux me détourner d'aller cheicher dans la chambre de Lauretta; mais si j'en parle à maman, cela reviendra au même, puisqu'elle cherchera si bien qu'elle unira par trouver le livre.

— Elle fera ce qui lui conviendra; c'est noire mère, elle a le droit de se servir de l'autorité que Dieu lui a donnée sur nous.

— Allons, avec toi on a tort : je ferai à ta guise. Mais à propos! et la lettre qu'elle fit descendre et que Sylvestre a emportée?

— Oh! quant à la lettre, il faut, de toute façon, que tu en parles à notre mère : il y va non seulement du salut, mais aussi de l'honneur et de la paix de noire maison. Lauretta écrit, Dieu sait à qui? Baldo, as-tu remarqué ce monsieur qui se fait passer pour un émigré français, pour royaliste et qu'on appelle vicomte, qui va en soirée chez madame de San-Marsano et qui rôde autour de Lauretta? Bice San-Marsano qui, comme tu sais, est si bonne et qui est mon amie d'enfance, me l'a fait remarquer et nous nous sommes mises à l'examiner longtemps. Bice me disait qu'un jour son père, en parlant de ce monsieur, avait fait la grimace : les manières et le langage de cet étranger lui font penser que c'est un aventurier, peutêtre même un espion ; le mot me paraît ici assez à propos. Je ne voudrais pas médire, mais...

USE JOURNEE A SUl'tIU.A. //

— Écoute, Nènc ; puisque tu me parles du vicomte, je te dirai tout uniment que, lorsque maman perdit, il y a quelques soirées, sa boîte en or, je t'affirme que je venais de la voir sur la table a jeu où maman venait de prendre une prise de séville : le vicomte se tenait tout droit à côté de notre mère et regardait jouer. Lorsque nous fûmes rentrés, la boite ne se trouva plus; on chercha dans la voiture, le jour suivant on fit demander si elle n'était pas restée chez les San-Marsano; personne ne l'avait vue. Les cinq diamants, et particulièrement, le gros du milieu, brillaient trop. Je ne voudrais pas, ma petite Nène, que le vicomte eût pris la boîte comme un à-compte anticipé de la dot de Lauretta. J'ai voulu chasser ce soupçon plus d'une fois; mais que veux-tu? plus je lâchasse, plus cette mouche vient me piquer le bout du nez.

Pendant que les deux enfants échangeaient ces confidences, l'abbé Leardi appela son élève qui devait aller avec lui faiie une petite promenade d'agrément à Superga. Depuis plusieurs jours ils en avaient reçu l'invitation du supérieur d'un pensionnat nouveau, ouvert à Turin depuis deux ans, qui avait une villa sur une jolie colline près de Saint-Mo (1). Ce supérieur était un élève du fameux abbé Diesbaeh, et un digne émule de son zèle, de son stvoir et de sa charité, faisant tous les efforts possibles pour ramener doucement et saintement les âmes au Seigneur (2). Ce digne prêtre, sachant que l'âme des enfants est encore la plus belle, la plus pure et la plus aimable portion du royaume de la vertu, qui peut rendre au centuple dans ce terrain vierge, s'il e^t saintement cultivé, avait ouvert une maison pour les enfants de huit à dix ans. 11 en avait déjà un assez grand nombre et les premiers venus frappaient à la porte de la onzième et de la douzième année, gais, vivaces, pleins d'âme et de ferveur.

Ubaldo, qui était monté en voiture à la basilique de Superga, avait devancé d'un petit quart d'heure les jeunes élèves que le supérieur avait mis de la partie : il se promenait sur l'es-

(1) Abréviation de Saint-Maur, village sous Superga.

(2) L'abbé Diesbach était un Suisse converti, qui devint jésuite et fit le plu» grand bien à Turin et ailleurs vers la fin du siècle dernier. L'abbé Lauteri, fondateur des Pères Oblats de Marie, fut l'un des plus grands enfants spiritucU-'e l'abbé Diesbach. [L'auteur.)

'o L'BALDO FT IRËRB.

planade lorsqu'il vit arriver les enfants qui, plus lestes et pins agiles que leurs camarades, en étaient suivis de près. On eût dit une troupe, disons mieux, une meute de petits braques ou de lévriers en chasse; ils allaient, ils venaient, ils grimpaient, ils sautaient, ils cabriolaient, passant par les sentiers les plus roides et les plus difficiles, traversant les haies, sautant les fossés, battant des mains pour celui qui sautait le mieux, huant et sifflant le maladroit qui tombait au beau milieu. Le préfet animait les plus lents, et avait peine à modérer les plus hardis. Enfin la petite troupe finit par se réunir, et entrer en assez bon ordre à l'église, où ils chantèrent l'Ave, maris Stella, devant l'image delà Vierge; puis on les conduisit visiter les souterrains qui renferment les tombes de la famille royale de Savoie.

Les monuments des rois sont ornés de sculptures représentant des batailles et des trophées ; ceux des reines sont entourés de couronnes dorées. Les mausolées des princes de la famille régnante sont d'un côté ; de l'autre côté se dressent les sépulcres de la race royale de Carignan. En ce temps-là, ces derniers tombeaux étaient moins ornés que ceux des rois ; ils attendaient, dans leur sombre silence, que leur tour vînt d'égaler la pompe des tombes royales et de porter la couronne. Mais l'air paisible et lent qui parcourt ces galeries funèbres ne pensait pas être jamais troublé par les gémissements qui devaient s'élever lorsque la première couronne de Carignan viendrait surmonter le monument du premier roi de cette race, lorsqu'il serait descendu dans ce souterrain, seul asile de paix pour ceux qui régnent sur la terre (1)

Les jeunes gens sortirent de ces lieux un peu attristés par le silence des tombeaux ; mais l'étonnement succéda bientôt I à la tristesse lorsque, étant montés sur les terrasses très-élevées de la coupole du temple, leurs yeux furent frappés par le cer-

(1) Les circonstances et l'époque à laquelle nous traduisons ce livre, nous obligent de supprimer ici une page de notre auteur qui, s'il nous fait l'honneur de nous lire, en comprendra très-aisément les raisons. De notre temps, les événements changent et se succèdent avec tant de rapidité que l'à-propos de la veille n'est plus de saison le lendemain. C'est le sort inévitable des humaines destinées que Dieu règle dans sa divine sagesse pour le plus grand bien ou pour le châtiment de l'humanité, filai 1859.) {Le traducteur )

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cle immense des Alpes; le regard s'élend à droite sur les plaines lombardes jusqu'au delà du Tessin et, à gauche, l'étendue démesure'e des campagnes du Piémont ne s'arrête qu'aux Apennins de la Ligurie. Le Pô serpe ite majestueusement au pied de la basilique et, au levant, s'élèvent les belles collines du haut Montferrat couronné par cent châteaux, antiques séjours des guerriers des croisades et des seigneurs qui, après avoir suivi les triomphes des ducs de Savoie, venaient goûter le repos de la paix dans ces solitaires demeures.

L'heure du dîner venait de sonnera la cloihe de la villa ; les jeunes gens se débandèrent comme un régiment de voltigeurs montant à l'assaut d'une redoute ennemie ; chacun se précipita pour prendre place à tab'e selon le poste assigné à son escouade ; étant tous des nouveaux venus dans l'endroit, chacun d'eux était affairé pour trouver le numéro de son couvert., et dans la mêlée on se donnait des coups de tète, on s'entravait les jambes, on se marchait sur les talons. On parvint pourtant à se plac< r et le macaroni commença à faire le tour de la table : il fallut voir alors avec quelle ardeur les petits coquins enfourchaient ces longs fils de pâte, les entortillant sur leurs fourchettes et les avalant avec une promptitude vraiment phénoménale. Les enfants ont seuls le talent d'avaler et de parler tout à la fois ; on entendait donc au milieu du bruit sourd et confus d'une mastication précipitée, des fragnien s de conversation faits, on peut le dire, à pleine bouche.

Chacun avait de grandes aventures à raconter : tout le monde parlait; personne n'écoutait : on s'interrompait ; on se prenait la parole : Oui ; non ; ce n'est pas cela ; c'est bien cela. On riait, on se moquait, on avalait ; c'était un bruit, un brouhaha, un hourvari à ne pas s'y reconnaître. On voyait des lêti-s frisées qui secouaient leurs boucles ; des joues rouges gonflées comme des ballons, des yeux pétillants et animés ; toutes les jambes faisaient le moulinet sous la table ; audessus toutes les mains marchaient vers la bouche, y portant la timbale remplie d'abondance, ou le morceau plus grand qu'elle. Si, au milieu de cette tempête, le supérieur prononçait : Chut ! le silence devenait à l'instant profond et universel ; mais il était court. Le bruit reprenait le dessus et

bientôt éclatait une nouvelle fanfare à l'apparition de chique plat nouveau qui disparaissait plus prompt que la muscade sous les doigts du prestidigitateur.

Le supérieur jetait un œil paternel et joyeux sur cette remuante assemblée qui ne pensait à rien si ce n'est à dévorer tout ce qui était sur la table. Se tournant vers l'abbé Leardi qui avait Ubaldo à son côté, le supérieur dit :

— Mon ami. pourriez- vous me dire où ces petits coqs affamés mettent tout ce qu'ils avalent? Je ne comprends vraiment pas où peut passer une si grande quantité de nourriture!

— Ne savez-vous pas que les enfants ont des estomacs d'autruche qui, dit-on, digèrent le fer ? Ils ont, je le crois, des cavernes élastiques, des golfes, des abîmes, des baies, des rades et des ports qui contiendraient des navires chargés de victuailles. Je pense même qu'à mesure que les aliments entrent là dedans, ils rencontrent certains courants qui les triturent et les consument, quand ce seraient des pierres ou des diamants; mais toute cette substance réduite en suc va se mêler au sang et augmenter la vitalité et la force dans ces petits corps. Ces petits garçons, au sortir de la table, feront tant de sauts, donneront si bien de l'air à leurs poumons, exhaleront une si grande quantité d'esprits par les pores que vous les trouverez ce soir tout disposés à avaler le souper de Gargantua. Comptez-vous pour rien aussi cette nonchalance, celte insouciance heureuse, cet oubli de tous les chagrins, celte ignorance complète des désirs, des espérances, des doutes. dos ambitions, des envies., des haines, des passions et des remords qui assaillent, torturent et consument le cœur de l'homme? M.»n ami, ces petites âmes tranquilles et sereines ne pensent jamais au lendemain. La vie présente est pour eux comme une source limpide qui court incessamment et qui surmonte en écumant et en mugissant les obstacles qu'elle rencontre, pour aller animer la rive qui rencaisse. Pour ces âmes-là tous les repas sont exquis et les digestions toujours faciles.

— Vous avez d'un seul coup de pinceau retracé la bienheureuse innocence de cet âge ; je vous assure que leurs joies si franches et si naïves inondent mon cœur d'un bonheur bien pur et que j'envie cette sainte ignorance qui est si courte ei si passagère ! Malheureusement l'enfance ne L'apprécie que

UNE JOUItNÉK A BUPE1U2A. 11

lorsqu'elle s'est envolée sans retour! Heureux l'instituteur qui peut prolonger cette salutaire ignorance ! malheur à celui «|ui le premier la fait disparaître dans ces âmes d'enfants! C'est un meurtrier bien plus cruel que les tigres et les panthères! En voyant ces visages si gais, si colorés, où se relie te une âme vierge, je me sens ému et ne puis m'empêeher de penser : Que seront-ils dans dix, dans quinze, dans vingt ans? Combien parmi eux auront conservé la pureté de la pensée, le rayon de la piété, la flamme ardente de la foi? Lorsque je les vois à la chapelle, lorsque je donne aux plus grands la sainte Eucharistie, mes larmes s'échappent en pensant aux ravages des passions, aux séductions du monde, aux charmes de la beauté, aux faux respects humains, aux faux amis et surtout à la fausse science, vaine, trompeuse, superbe, ennemie du

Christ Que d'embûches, mon Dieu! que decueils, que de

misères!

— Consolez-vous, ajouta l'abbé Leardi, le vase neuf conserve longtemps le parfum de l'encens qu'il a contenu. Ces jeunes enfants pourront bien un peu dévier en grandissant, mais la conscience les aura bientôt ramenés.

— Ne croyez pas cela, mon ami. Lorsqu'en Italie la foi était pleine et entière, un jeune homme, entraîné par la fougue de l'âge, faisait quelques sottises, mais la première ardeur apaisée, le repentir le ramenait à la piété, comme aux temps du moyen âge. A présent, dès que la jeunesse est sortie des mains de son instituteur pieux, elle rencontre les apôtres de Satan qui lui tournent la tête avec le voltairianisme, la prenant dans les Glels de la maçonnerie et des conspirations ; si par bonheur les jeunes gens échappent à cette extrémité, il n'en est pas moins vrai que l'esprit chrétien se refroidit tellement chez eux, qu'ils se laissent gagner par une brutale indiflérence et, semblables aux animaux moins coupables qu'eux, parce qu'ils n'ont pas d'àme, ces malheureux cessent d'honorer et de craindre Dieu. De ces hommes- là, il en fourmille maintenant dans toutes les classes de citoyens; on ne distingue plus le mal du bien, Terreur et la vérité, le juste et l'injuste, l'idolâtre et le chrétien, l'hétérodoxe et le catholique ; tout est confondu. Pour ces hommes, la vie morale est morte, ils n'existent et ne végètent que pour le plaisir; le seul en-

$2 UBALDO ET IREMt.

nemi qu'ils craignent, c'est la douleur. Faites de ces gens-là des chefs de gouvernement, et le Christ et l'Église, et les lois naturelles et civiles, et les bonnes mœurs, tout ira sens dessus dessous.

Pendant qu'on parlait ainsi, le préfet donna le signal ; on dit les grâces et les enfants quittèrent la table pour aller courir sur le pré de la basilique où ils se livrèrent à toutes sortes de jeux bruyants et fatigants, se donnant tant de mouvement et avec une telle ardeur, qu'avant de rentrer à la villa, les domestiques apportèrent dans des paniers des munitions de bouche qui servirent à recharger toute la batterie vivante pour qu'elle pût, jusqu'au soir, tenir tête au seul redoutable ennemi de l'enfance, la faim. L'abbé Leardi prit avec Ubaldo le chemin de la descente qui conduit à la route du Pilone où la voiture les attendait. Ils descendaient lentement en causant de la fête qu'on avait donnée à la petite comitive, lorsque, arrivés au point où la route se croise, ils prirent le chemin à droite. A quelques pas de là ils rencontrèrent une jeune paysanne qui, en apercevant de loin l'abbé Leardi, s'avança vers lui toute rougissante et dit :

— Ministre du Seigneur, auriez-vous la charité de vous détourner un peu de votre chemin pour venir confesser mon père qui est au plus mal ?

L'abbé s'empressa d'y consentir; on se mit sur les traces de la jeune fille qui pleurait et gémissait en marchant, car elle craignait de perdre son père. Ils furent bientôt arrivés sous le porche rustique d'une demeure champêtre, tout encombré de charrues, de herses et d'autres instruments aratoires ; ils entrèrent dans la cour où étaient les étables, la grange, le parc et le poulailler. On entra dans la cuisine qui était très-propre et bien ordonnée et dont les ustensiles reluisaient comme des miroirs. Deux autres jeunes filles, à la mine bien triste, vinrent à leur rencontre avec la sœur du pauvre malade qui les accompagnait. L'abbé leur adressa des paroles de consolation en leur demandant quel était le genre de la maladie et si on avait appelé un médecin. Les femmes s'empressèrent de répondre et elles ouvrirent la porte qui conduisait dans la chambre du père alité.

Ils aperçurent en entrant le malade couché dans un bon lit

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