‹ Ubaldo et IrèneChapitre 88 sur 94 · LE BLESSÉ DE MUENRE. 48À · texte numérisé non relu

LE BLESSÉ DE MUENRE. 48À

tête et attendit : le chien se mit à tourner autuur de lui pour arriver sournoisement à son oreille ; mais le taureau le suivait de l'œil, et le chien ne put jamais mettre la dent sur lui. Le voyant enfin à sa portée, le taureau sans bouger, lui lança dans les côtes un coup de corne qui le fit voler dans l'espace et retomber éventré. Cette première victime enlevée céda la place à une seconde victime ; le molosse ne tarda pas à suivre le sort du boule- dogue.

Napoléon impatienté s'écria:

— Lâchez-en deux.

Deux chiens sont lancés : le taureau lutte avec eux : il cloue l'un; iléventre l'autre.

— Bravo ! crie l'empereur : lâchez en quatre.

Un danois féroce, un molosse énorme, un mâtin noir et un grand chien courant sont lâchés. Us se jettent tous quatre sur !e taureau qui se raffermit sur le sol ; il souffle avec fureur et les tient en arrêt sous son regard de sang. Au premier choc, voilà quatre blessures ouvertes, et labellua frappe impitoyablement : deux chiens le mordent aux flancs; le taureau n'est pas vaincu; il recule, il se courbe, il se secoue et il frappe : mais le chien courant saute à l'oreille droite ; le danois s'élance sur l'oreille gauche : le taureau mugit horriblement... il tombe.., il est vaincu! !...

C'est ainsi que le Prussien Blucher, le Busse Wittgenstein, Wrède, le Bavarois, et l'Autrichien Sehwartzemberg ressenti rent le choc, essuyèrent les rudes atteintes de Napoléon; mais ces molosses l'avaient entouré et le harcelaient sans relâche. Napoléon ne fut jamais si grand que dans cette joute où, seul au milieu du cirque, il soutint la lutte contre l'Europe en iière. Les alliés gagnaient-ils la rive droite de la Seine, il les repoussait sur la rive gauche. — Débouchaient-ils sur le bord gauche de l'Aube, il les rejetait sur le bord droit. Tentent-ils le passage de la Marne à Soissons, Napoléon les poursuit, les ferre, les presse terrible et menaçant, tellement que Blucher manqua de lui tomber dans les mains avec tous ses Prussiens.

Au commencement de ces luttes dernières, Ubaldo voltigeait, le 30 janvier 181 i,avecses cuirassiers, sousBrienne,où Napoléon avait reçu sa première éducation militaire, motif pour lequel le héros aimait beaucoup celte ville et faisait tous ses

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