‹ Ubaldo et IrèneChapitre 89 sur 94 · II · texte numérisé non relu

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efforts pour la conserver. L'assaut des alliés fut terrible; la sortie des Français fut vigoureuse et la journée fut très-sanglante, d'abord dans la basse plaine, puis aux approches, enfin sur le bord du fossé: les batteries des alliés foudroyaient la ville : les courtines tombèrent, les bastions furent entamés; les portes furent enfoncées ; on sauta sur la brèche, on s'élança aux meurtrières, on s'accrocha au entablements; mais lout fut inutile: les cuirassiers, après avoir formé un large cercle, rabattirent sur le flanc des assaillants, les chargeant, les heurtant, les broyant si Lieu, qu'ils en firent une horrible boucherie, les poursuivant sans pause jusque sous les batteries qui tiraient sur eux à triple volée.

Napoléon dut la conservation de la place à la valeur de sa grosse cavalerie, au milieu de laquelle Ubaldofit des prouesses au-dessus de toute description. Napoléon le proclama général sur le champ de bataille; mais Ubaldo, après avoir remercié l'empereur de la pointe de son terrible espadon tout rouge du sang des ennemis de la France, continue de leur faire une chasse mortelle jusqu'au moment où il les vit en pleine déroute. Il était sous nos batteries lorsqu'un obus, éclatant à ses côtés, tua son cheval sous lui, et, en même temps, lui fracassa bi tibia. Ou le transporta à Brienne, au milieu d'atroces douleurs qui finirent par lui faire perdre toute connaissance sous le scalpel des chirurgiens qui se virent obligés de scarifier sa blessure et de rapprocher artisteînent tous les fragments de l'os brisé et presque pulvérisé : Ubaldo avait reçu déjà une première blessure causée par une balle qui lui avait elfleuré l'oreille et sillonné la nuque ; mais heureusement, le crâne n'avait pas été atteint.

A la nouvelle de la sanglante journée de Brienne, Marie- Louise, impératrice-régente, s'était empressée d'envoyer au secours des blessés, un peloton de sœurs de Charité, dirigé par la mère Irène. Les soldats étaient étendus sur la pailie dans les corridors de l'hospice; les officiers occupaient les lits des salles ; les colonels et les généraux avaient été placés dans des cabinets séparés. Les infatigables religieuses étaient partout où leurs soins étaient nécessaires: leur supérieure surveillait tous les points à la fois, avec une alacrité qui tenait presque du prodige. Cette femme extraordinaire était sur pied

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