CHR0NIE
ment l’autorité épiscopale et le pouvoir politique dans les mêmes mains. Ainsi des hommes qui se signalaient en général par tous les vices, et dont le métier même n’élait, pour ainsi dire, que violence et perfidie, épargnèrent à l’humanité ce comble de misère intellectuelle et d’opprobre moral que lui proposaient au nom de Dieu les hommes de paix et de vérité 1
La loi ardente et fanatique régnait cependant sur les âmes de tous, et les hérétiques eux-mêmes étaient difficilement, en un pareil milieu, des gens de raison et des amis de la tolérance mutuelle. Les sciences étaient presque éteintes et les livres anéantis, en dépit de ce que l’on conservait nécessairement de communications avec les nations occidentales. La lecture même des écritures sacrées était interdite, et c’est à ce prix qu’on parvenait à empêcher les hérésies de s’étendre et d’enllammer les cœurs des hommes, comme on l’avait vu trois ou quatre siècles auparavant. Toute religion découlait désormais de la bouche du prêtre. Un seul art florissail véritablement : celui de construire les églises, parce que la nature du penchant admiratif, dans l’esprit humain, permet au faux et même au monstrueux d’atteindre à la forme du beau, sous certaines conditions d’ordre et de puissance. L’industrie et le commerce étaient dans la situation triste et abaissée que comportent seule les guerres incessantes et mal circonscrites, le mépris témoigné au travail, et le partage de la vie humaine réputée noble entre la guerre, la débauche et es exercices des cloîtres. Cet état de choses se prolongea jusqu’aux approches du x\T siècle ( I), époque où le mouvement des esprits en Germanie se trouva modifié par des événements qui restent à raconter.
(t) ix® de l'ère chrétienne.
(.Vole de l'éditeur )