DEUXIEME PARTIE DE L'APPENDICE
stiennent des cérémonies que la véritable religion (à savoir la mienne) défend. Il y aura peine de mort pour tous formels contrevenants, confiscations des terrains ou maisons souillés par le faux culte, et amendes pour les complices ou non- révélateurs. En conformité de cet édit fréquemment renouvelé, les temples sont détruits, les statues sont brisées, depuis l’autel de la Victoire à Home jusqu'aux provinces les plus reculées de l’Égypte, et le nouveau sacerdoce hérite partout des biens des prêtres qu’il proscrit : à quoi les hérétiques applaudissent aussi bien que les catholiques, selon le dire bien croyable d’un docteur de la nouvelle jurisprudence de la foi, lequel enseigne un peu après ce temps qu’on doit contraindre les incrédules h croire, pour leur vrai bien et éternel avantage, et que ceux d’entre eux qui ne sont pas ingrats ne tardent point à bénir leurs persécuteurs; et que c’est bien là la propre doctrine des Évangiles. Celle doctrine se tourne contre les hiriliques, qui sont naturellement ceux auxquels manque la force d’en faire application aux autres qui les nomment de la sorte pour les persécuter.
L’édit défend à ces hérétiques de s’assembler et usurper le nom sacré d’Églises, à peine d'encourir les châtiments qu’il plairait à l’empereur de leur infliger à compte sur l’éternelle damnation.
Il plut à Théodose d’interdire aux uns, qu'on appelait les cunomiens, d’hériter et de lester, ce qui, joint à diverses marques d’infamie, les frappait d’excommunication civile et les livrait à l'injustice et haine des particuliers. A d'autres, tels que les manichéens, il ordonna la mort. A d’autres, les priscillianistes, la mort encore et les tortures, les femmes n’clanl pas mémo exceptées des supplices. Les peines furent spéciales et plus dures contre les relaps, afin que si quelque hérétique se convertissait par faiblesse, la crainte lui devint une chaîne définitive et le forçftt à prendre les dehors d’un vrai fidèle. On ne vit de tous côtés qu’inquisiteurs de la foi et délateurs encouragés et récompensés. Puis venaient les expéditions de guerre pour l’établissement de la religion impériale. L’arien Constance, fils de Constantin, avait le premier envoyé une telle expédition contre les novatiens de Paphlagonie, condamné les catholiques aux sacrements forcés, que '
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distribuaient les évêques ariens à la suite des troupes, enlevé les curants pour leur adrninislrcr le baptême, et torturé la constance des femmes. Le catholique Théodosc, à son tour, suivi de l’évêque Grégoire, entre avec ses soldats dans l’arienne Constantinople comme en une ville prise, y fait régner la terreur, confisque au profit des catholiques les biens d’église des ariens, et rend par la force des armes tout l’Orient à la foi de Nicée. Au reste, celui-ci aurait pu s’intituler l’exécuteur des villes : il envoyait scs légions décimer celles qui l’avaient ofTensé, et les soldats avaient mission de lui pour massacrer des populations sans défense. C’est ains qu'il fit pour Antioche, et ainsi pour Thcssaloniquc. Ce dernier cas, les gens qu’on égorgea n’étant point des juifs ou des hérétiques, ou du moins égorgés comme tels, fut une admirable occasion à l’évéque de Milan de montrer jusqu'où pourrait aller la puissance du prêtre; car il soumit l’empereur à une pénitence publique, mitigée, très-mitigée sans doute, comme il convient toujours de la donner au chef de tant de soldats, mais humiliante pour la sacrée majesté, si l’apparat d’une humble dévotion ne l’eut su tourner à la gloire du pénitent et diriger vers l'utilité du prince.
Ainsi le fanatisme ne produisait plus seulement de ces tumultes de cités, accidents de guerres civiles, exécutions populaires, comme on en voyait depuis plusieurs siècles à Alexandrie ou en d'autres villes d’Orient, comme naguère on en avait vu dans Rome même, le jour où le pape Libère ayant fait sa soumission aux autorités ariennes et obtenu sa réintégration au siège romain, ses partisans en avaient pris occasion de massacrer les tenants de l’autre pape Félix. Mais l’esprit de persécution et de haine pour cause de la religion est organisé dans tous les membres de l’Etat : premièrement dans les évêques, devenus les maîtres d’imposer à chacun le culte dont ils ne réclamaient jadis que la captieuse liberté; secondement dans les princes, étant reçu que les bons doivent être les bras séculiers des évéques; et Iroisièmeiftent dans le menu peuple des fidèles, cette milice de volontaires conduits par la milice épiscopale des moines, et des saints excès de laquelle, comme autrefois des soulèvements des prétoriens, il faudra que les princes approuvent les effets. C’est de celte manière qucThéo-