‹ Uchronie l'utopie dans l'histoireChapitre 54 sur 80 · DEUXIEME PARTIE DE L'APPENDICE. :UT · texte numérisé non relu

DEUXIEME PARTIE DE L'APPENDICE. :UT

qui sont de tous ces barbares les plus brutaux, mais catholiques, sont stimules par leurs guides spirituels à conquérir les terres des princes bourguignons et visigolhs, infiniment plus policés, mais ariens. Ainsi se fonda le royaume des Français, nous disent les historiens ; mais ce royaume fut de tous le plus perdu de crimes et d'anarchie pendant plusieurs siècles, et jusqu’au moment où ils tombèrent tous en la même décomposition finale, à laquelle ne put mettre empêchement Charlemagne avec ses conquêtes et le grand nombre de ses ordonnances. Celui des Visigolhs se trouva contraint, sous le roiRécarède, à la conversion catholique, par le pouvoir des intrigues qui avaient soulevé le fils catholique et la bru de naissance franque, contre le roi leur père, durant le règne précédent, et ensanglanté la cour. De ce temps à celui de l’invasion des musulmans en Espagne, on peut dire que les prêtres gouvernèrent ce pays, destiné à redevenir encore plus Lard leur principale citadelle. En l'an f>12, ils y montrèrent l’étendue de leur pouvoir par la proscription des juifs, dont ils baptisèrent quatre-vingt-dix mille de force, soumettant les autres à la torture et confisquant leurs biens avec défense de s'exiler. Ils en vinrent toutefois ensuite au bannissement, et ne cessèrent de les persécuter, comme ils firent aussi les Maures, sitôt que les siècles écoulés leur en apportèrent les moyens, et avec le ferme propos de ne rien laisser subsister en celle contrée de ce qui pouvait en élever les habitants dans la vie civile et franche culture des lettres.

En ce même siècle, nous rencontrons, passant du midi au nord, un précieux exemple de la façon dont se comprenait alors, et dont n'a cessé au fond de se comprendre la conscience chrétienne chez les maîtres de la terre, prêtres ou princes qu’ils fussent : je veux parler d’un certain roi de Sussex qui, vaincu par un roi de Mercie, en la Grande-Bretagne, en accepte pour condition de paix l’obligation de recevoir le baptême; et ses sujets avec lui, qui sont réputés avoir leurs âmes en sa dépendance. Certes un tel exemple en vaut mille, mais si vous le trouviez trop singulier, vous devez songer que ce qu’un prince impose de la sorte à un autre prince est cela précisément que tout particulier aussi

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