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veut obtenir d’un autre particulier, et obtenir par contrainte s’il ne le peut autrement, selon la mesure de ce qu’il a de pouvoir : je veux dire de le faire croire en ce que lui-même croit, ou du moins agir comme s’il y croyait. C’est le propre principe de l’intolérance. Voyez la grande querelle des iconoclastes, qui se prolonge durant trois siècles au moins, depuis le vi* jusqu’au ix% et qui ne se termine que pour se reprendre au temps des albigeois, puis à celui des protestants, pour être toujours la cause de tant d’actes sanglants et de tant d’autres de destruction violente, jusques à couvrir la terre de ruines. Écartez de cette querelle ce qui appartient aux moyens que les contendants y peuvent trouver, les uns pour asseoir la domination sacerdotale sur les superstitions, et les autres pour s’en affranchir violemment; n’y considérez rien que les passions populaires soulevées pour ou contre les images, contre les personnes de leurs sectateurs ou de leurs contempteurs, et vous reconnaîtrez alors que l’unique fond qu’il y ait à tout cela, c’est qu'un homme qui s’adresse aux objets de son culte par l’entremise de certaines effigies n’admet point qu’il lui soit possible de vivre en paix et justice avec celui qui rejette ce moyen d'édification; et réciproquement l’autre est en guerre avec lui sur ce fait. Tels que ces rois de Mercie et de Susscx, ces deux hommes se proposent en condition de paix la soumission des sentiments de chacun à la volonté d’autrui. C’est donc la servitude spirituelle ou d’un côté ou de l'autre, laquelle sera transmise par le plus faible à ses descendants, jusqu’à ce que l’habitude la leur ait rendue naturelle. Et ainsi il serait vrai que la religion est venue apporter le glaive et non la paix sur la terre, en attendant le jour où il pourra être donné an glaive de soumettre toutes les âmes à un même et inébranlable esclavage.
Les plus grands princes sont naturellement ceux à qui il appartient d'opérer sur les plus vastes proportions, en distribuant aux peuples la foi ou la mort. L’empereur Charlemagne, le fondateur de la papauté politique, fut l’un des plus grands. Son père Pépin avait forcé les Saxons à recevoir des missionnaires chargés de leur administrer d'une main le baptême en leur montrant, de l’autre, à l’Occident, les francs qui avaient résolu qu’ils le rece-