‹ ude sur les mammifs du Congo fransChapitre 100 sur 153 · Mus. sp · texte numérisé non relu

Mus. sp

? Mus coucha. Smith. A pp. Rep. Exp., p. 43, d83G.

? — natalensis. Smith. lUust. zool. S. Africa, pi. XLVII, fig. 2 (mâle),

? — silaceus. Wagner. Arch. f. Naturgesch., p. H, 1842, et Schreb. Sâu-

geth. (Suppl.), t. in, p. 431, pi. CLXXXI, fig. 2, 1843. Mus microdon. Peters. Ueise n. Mossambique. (Sangeth.), p. 149, pi. XXXVI,

fig. 1, et pi. XXXV, fig. 5 et 6, 18ri2. ? — coucha. Jentink. Notes f. Leyden Mus., p. 174, 1887.

— sp. 0. Thomas. Proc. Zool. Soc. London, p. 13, 1888.

— sp. Barboza du Hocage. Jorn. Se. math. phys. natur. Lisboa. Extrait,

— natalensis. 0. Thomas. Proc. Zool. Soc. London. p. ooO, 1892.

— — Matscbie. Silugelh., deutscli. Ost Ai'rik., p. ol, 1895.

<i.çf adulte. MM. Schwebisch et ThoUon, 1884. Gabon.

l)-h. 7 spécimens de tout âge et de tout sexe. M. Thollon, 188G. Franceville, Gabon.

i-r. 10 spécimens de tout âge et de tout sexe. M. de Brazza, 1886. Congo.

s-v. 4 spécimens dont 2 (^^ et 2 O . M. J. Uybowski, 16 et 2lt octobre 1891, Bangui.

Les Rats qui font le sujet de ce présent article jouent, en Afrique, le même rôle de dévastation que le Rat noir et le Rat desman dans nos contrées; suivant d'Anchieta, ils infestent les demeures des indigènes et ravagent leurs greniers. Le nombre considérable d'exemplaires recueillis par nos voyageurs français, dénote combien ils sont communs dans toutes les régions du Gabon, du Congo et de l'Oubangui ; ils pullulent également au Sud du Congo dans les posses-

sions portugaises de l'Angola, et se propagent vers l'Est jusque dans les districts de Moubuttu et de Ouadelaï où Emin-Pacha en a fait une ample collection. Malgré la grande quantité de spécimens, rassemblés dans la plupart des Musées d'Europe, l'identification de cette espèce est un problème encore non résolu, mais dont les données trop multiples et quelque peu contradictoires ont été, sinon complètement, du moins considérablement simplifiées et débrouillées par les récents travaux de MM. 0. Thomas et Barboza du Bocage.

Ces deux savants auteurs ont démontré qu'il faut admettre chez cette espèce une extrême variabilité dans la taille, dans la longueur et la coloration du pelage, et dans les dimensions des oreilles ; mais qu'il existe en revanche, pour les individus les plus disparates^ un ensemble do caractères communs d'une fixité suffisante, tels que la similitude des proportions générales, la coloration invariablement blanche de l'extrémité du museau, du menton et des pattes antérieures et postérieures, enfin, le nombre considérable des mamelles qui, chez certaines femelles, peut s'élever jusqu'à 24, mais ne descend jamais au-dessous de 16.

Tel est l'état actuel de la question ; il reste donc à déterminer à quels types antérieurement décrits l'on doit rapporter cette espèce ainsi entendue. Les diagnoses ne manquent pas, malheureusement plus vagues les unes que les autres, qui peuvent lui être appliquées; mais dont l'insuffisance laisse des doutes sur telles particularités qu'il serait indispensable de connaître. Des différentes espèces que j'ai indiquées plus haut et que la plupart des auteurs s'accordent à reconnaître comme synonymes probables, il n'en est qu'une, Mus microdon, parfaitement décrite par Peters, dont il soit permis d'affirmer l'identité certaine avec la forme qui nous occupe. Quant aux autres, M. coucha^ M. natalensis^ M. silaceus^ vu l'insuffisance des descriptions, il serait à souhaiter que l'on puisse comparer directement

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les spécimens (ypes pour établir leur synonymie d'une façon sûre et définitive.

M. Barboza du Bocage, interprétant d'une manière très logique les déterminal ions faites autrefois par Peters au Musée de Lisbonne, incline à regarder le M. natalensis et le M. microdon comme deux variétés d'un seul et même type : le premier (var. fusca) de petite taille et à teintes sombres; le second plus développé et à teintes rousses (var. m fa) (1). M . 0. Thomas semble partager cette opinion (2), et en réunissant les M. coucha, M. silaceus et M. microdo?i(3), le savant mammalogiste anglais admet implicitement l'existence d'un grand nombre de mamelles (i) chez les femelles de toutes ces espèces; conclusion très plausible, étant donnée la concordance indiscutable de tous les autres caractères signalés par les auteurs pour chacune de ces espèces.

Chez les spécimens du Congo, le pelage est doux au toucher, mais moins velouté toutefois que chez le M. nmurus (Gr.) et le 31. (Malacomys) iongipes (A. M.-Edw.). Pour la taille et la coloration, ils répondent rigoureusement aux variétés reconnues par M. B. du Bocage chez les représentants de celte même espèce dans l'Angola. En effet, les dimensions de la tête et du corps oscillent entre 115 et 1G5 millimètres, ce qui donne un maximum plus élevé que pour les différents spécimens signalés jusqu'ici. Chez les individus de petite taille, le dessus de la tête et du corps et la face externe des membres jusqu'aux poignets et aux talons sont d'un ton cendré noirâtre faiblement lavé de jaune grisâtre sale. Les poils ont la base de couleur ardoisée, puis un large anneau jaunâtre et l'extrémité brun noirâtre : quelques-uns, en plus petit nombre, plus longs, plus forts et plus élastiques, ne présentent pas d'anneaux jaunes, et toute leur moitié dislale est d'un noir

(1) Barboza du Bocage, loc. cit.

(2) 0. Thomas, P. Z. S., p. ooO, 1892.

(3) 0. Thomas, P. Z. S., p. 13, 1888.

(4) Tycho-Tullberg, Muridcn ans Kamerun, p. 11, 1893.

brunâlre. Sur toul: le dessous du corps, depuis la gorge jusqu'à l'anus, et sur la face interne des membres, les poils sont ardoisés à la base et d'un blanc grisâtre très faiblemenl nuancé de jaune à leur extrémité. Sur le bord de la lèvre supérieure, le menton et le dessus des pattes, les poils deviennent courts, clairsemés, et sont blancs jusqu'à la racine. Chez les individus de forte taille, la teinte générale du dessus du corps est fortement lavée de roux; cette seule différence est due h la coloration, plus franche et plus intense que chez les jeunes sujets, des anneaux jaunes subterminaux des poils. Les oreilles, recouverles de poils rares d'un gris de fer, mesurent de 17 à 19 millimètres de longueur suivant la taille des individus ; cette différence à peine sensible est hors de proportion avec celle que nous avons signalée pour les dimensions du corps; ce qui fait paraître les oreilles relativement plus grandes chez les petits spécimens. La queue est invariablement plus courte que la tête et le corps, et ces deux dimensions sont entre elles dans le rapport assez constant de 3/4; une seule femelle faisait exception, sa queue mesurait 120 millimètres sur 130 pour la tête et le corps. L'appendice caudal est très épais à la base, mais il va en s'atténuant rapidement et régulièrement pour se terminer par une pointe excessivement grêle; aussi sa forme est-elle franchement conique. Son revêtement est formé d'écaillés rectangulaires, disposées en anneaux bien réguliers dont la longueur diminue graduellement de la base à l'extrémité. Chaque écaille, d'un blanc légèrement jaunâtre sur les bords, est marquée dans sa partie centrale d'une large tache noirâtre. Les poils courts, raides et clairsemés qui s'échappent des interstices des anneaux sont bruns à la face supérieure de la queue, et d'une teinte grisâtre à la face inférieure. Les pattes sont courtes, mais larges et fortes, et les doigts présentent les proportions typiques du ^enve 3Ins proprement dit. La face plantaire des pattes postérieures offre une particularité que je n'ai vu signalée par aucun auteur. Des six bourrelets qui

ANN. se. NAT. ZOOL. IV, 2

E. |>E POUS»AU€iUEii.

la garnissent, ceux de la paire médiane, sous-articulaires du premier et du cinquième orteil, sont renforcés à l'extérieur de leur base d'un jjourrelel secondaire ou advenlif, assez déprimé, analogue à ceux que M. Tycho-Tuliberg a fait connaître chez le Mus maurus; mais avec cette difTérence que, chez cette dernière espèce, le bourrelet adventif plus saillant conflue avec le bourrelet principal, tous deux n'ayant qu'une base commune; tandis que, chez l'espèce qui nous occupe, le bourrelet principal est nettement séparé et indépendant de son bourrelet adventif ou plutôt satellite. Cette parlicularité présente une constance remarquable ; je l'ai observée sur plus de 20 individus de tout âge conservés dans l'acool, et si peu important que soit ce caractère, il ne laisse pas d'être un utile auxiliaire principalement pour la détermination des mâles.

Pour les femelles en efTet, le nombre considérable des mamelles, malgré ses variations, est un indice qui ne peut tromper. Ainsi que je l'ai indiqué plus haut, le minimum est de 16, et le maximum observé par M. 0. Thomas est de 24. L'asymétrie mammaire, qui paraît être la règle chez celte espèce, n'est qu'une conséquence de cette extrême variabilité dans le nombre. Sur quatre spécimens, pris au hasard, j'ai relevé les chiffres suivants :

NOMBRE DES MAMELLKS

Côté droit.

Côté gauche.

Total.

l^e femeile

Une seule femelle présentait donc le même nombre de mamelles (M) de chaque côté; mais même dans ce cas il

y avait manque de symétrie, et les mamelles du côté droit étaient tout autrement distribuées que du côté gauche. Enfin j'ai pu observer un autre cas oii deux tétines étaient si rapprochées qu'elles se touchaient presque et devaient certainement desservir la même glande. Ces faits démontrent quelle doit êlre la fécondité de ces Rongeurs; d'autre part, leur maturité sexuelle paraît être très précoce, car certaines femelles, capturées pendant la période d'allaitement, n'étaient pas encore parvenues aux 3/4 de leur entière croissance. Ainsi s'explique l'extrême dissémination de ces Rats que les explorateurs ont rencontrés foisonnant dans toutes les régions comprises entre le Cap, l'Abyssinie et le Gabon. Aussi est-il probable, comme le présume M. 0. Thomas, que bon nombre d'espèces de création récente et considérées comme distinctes à cause de la diversité de leur provenance viendront, après une revision sérieuse, grossir le nombre des types anciens signalés plus haut dans une seule et même synonymie.

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