‹ ude sur les mammifs du Congo fransChapitre 101 sur 153 · Mus HYPOXANTHUS. (Puch · texte numérisé non relu

Mus HYPOXANTHUS. (Puch

Mus hypoxanthiis. Pucheran. Rev. Mag. Zool., p. 206, I800.

— — Pucheran. Arch. Mus. Hist. nat., t. X, 1858-1861.

— — Peters. Monatsb. Akad. Berlin, p. 478, 1876.

— — Tycho-TuUberg. Muriden ans Kamerun, p. 26. Stock-

holm, 1893.

— rufinus. Matschie. Siiugeth. deutsch. OstAfrika, p. 32, 1895.

a. 9 adulle. M. J. Dybowski, 2 novembre 1891. Bangui.

b. Ç adulte. — 9 avril 1892. Poste de la Mission sur la Kemo.

Ces deux spécimens ressemblent en tous points à l'exemplaire mâle type de Pucheran avec lequel j'ai pu les mettre en parallèle, et je n'ai constaté qu'une légère différence dans les proportions relatives de la queue dont la longueur est égale ou à peine supérieure à celle de la tète et du corps. Je dois ajouter toutefois que ces mesures prises sur ces peaux desséchées peuvent ne [pas être d'une exactitude rigoureuse, par suite du retrait des tissus. Sur le spécimen

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type, la queue mesure 10 millimètres de plus que la tête et le corps, et sur un autre individu femelle conservé dans l'alcool de môme provenance que celui décrit par Pucheran (Anbry-Lecomte, Gabon, 1856), la tête et le corps mesurent 170 millimètres, la queue 180 millimètres. D'autres auteurs ont constaté des différences encore plus accentuées ; Peters a signalé 20 millimètres d'excès pour la queue, et suivant M. Tycho-Tullberg, cet appendice peut mesurer 50 millimètres de plus que la tête et le corps. De toutes ces mesures prises sur des spécimens de provenance diverse, il résulte que, pour l'espèce qui nous occupe, la longueur de la queue présente des différences appréciables suivant les individus, qu'elle peut parfois mais rarement n'être qu'égale aux dimensions de la tête et du corps, mais que jamais elle ne leur est inférieure.

Si j'insiste sur ce point, c'est que, comme nous le verrons, il présente une véritable importance pour la distinction du M. hypo.ranthus d'avec le M. manoigenùs (Noack). D'autre part, il faut admettre que la taille peut dépasser le maximum de 145 millimètres fixé par M. Tycho-Tullbeig et atteindre 170 millimètres.

Sur les deux femelles {a et b), de même que sur celle provenant du voyage d'Aubry-Lecomte, les mamelles présentent rigoureusement le nombre et la disposition indiqués et figurés par M. Tycho-Tullberg, c'est-à-dire trois paires, une inguinale et deux pectorales dont l'une sus et l'autre sousaxillaire. Il y a donc lieu, je crois, de considérer comme une anomalie le cas, signalé par Peters, d'un spécimen femelle provenant de Mungo (Cameron), en tout semblable au M. hypoxanthus comme teintes et comme dimensions, mais présentant quatre paires de mamelles, deux pectorales et deux inguinales.

. Quelques auteurs ont parfois assimilé le M. hypoxanthus au M. rufinus (Tem.) (1), quoi qu'en ait dit à ce pro-

(1) Temminck, Esq. zool. Côtes de Guinée, p. 161, 18.")3.

pos Pucherau lui-même qui s'exprime ainsi qu'il suit : « Celte espèce (M. liypoxanthus) a beaucoup de rapports avec celle que M. Temminck a récemment décrite sous le nom de Mus riifinus. M. Temminck signale en effet dans son type, la teinte rousse rougeâtre de la croupe, de la base de la queue et de la partie postérieure des cuisses. Mais les ditîérences se manifestent déjà parle mode de coloration du ventre et delà gorge indiqués comme gris dans le M. rufimis. En outre, les proportions de longueur du corps et de la queue sont dissemblables dans les deux types; dans le nôtre elle est plus longue que le corps, dans celui de M. Temminck elle n'a que cinq pouces d'étendue sur une longueur totale de onze pouces, ce qui indique qu'elle est plus courte que le corps. Le fail contraire constituant un des caractères du M. hypoxanthus, nous pensons que, jusqu'à plus ample informé, la distinction que nous établissons est bien réelle. » On ne peut en effet refuser à ces différences une véritable valeur spécifique; de plus, comme le remarque avec raison M. Tycho-Tullijerg, la couleur rouge rutilante de l'extrémité du nez si caractéristique du M. hypoxanthm, n'existe pas chez le M. rufinus ; du moins Temminck n'en fait aucune mention, et on ne saurait admettre que cet auteur ait omis de signaler une particularité aussi frappante. Ces teintes rouge de rouille si vives de l'extrémité du museau existent déjà chez les jeunes individus, comme j'ai pu le reconnaître sur un spécimen envoyé récemment du Congo au Muséum par M. Pobéguin. Cet exemplaire jeune mâle est à peine parvenu à la moitié de sa taille, et bien plus petit que les spécimens types du M. rufinus^ qui, malgré leur état semi-adulte, présentent néanmoins des dimensions respectables. Enfin j'ajouterai que cbez le M. ?'ufinus,\e pelage du ventre et de la gorge est peu abondant, tandis qu'au contraire, il est peu de représentants de la famille des Muridés chez lesquels le pelage des parties inférieures du corps soit aussi serré et aussi fourni que chez le 31. hypoxanthiis. Par le nombre et la disposition des tubercules, les mo-

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laires chez le M. hypoxanthus présentent une extrême analogie avec celles du sous-genre Pelomys = Golimda. Mais par ses incisives étroites et lisses, par les proportions relatives des doigts tant aux pattes antérieures qu'aux pattes postérieures, et par le nombre et la forme des bourrelets qui garnissent leurs plantes, le M. hypoxanthus se rapproche au contraire du M. raltus.

Le M. hypoxanthus paraît confiné dans celte porlion de rOuest-Africain comprise entre l'embouchure du Niger et celle du Congo. Toutefois il semble assez rare dans le voisinage immédiat des rives de ce dernier fleuve, et la plupart des spécimens connus proviennent du Gabon et du Cameron. La rivière Kemo est le point extrême où la présence de celte espèce ait été signalée vers l'Est (1).

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