‹ ude sur les mammifs du Congo fransChapitre 113 sur 153 · C.lC. melanorheus. (Gr · texte numérisé non relu

C.lC. melanorheus. (Gr

AFRIQUE EST

T.IC spadix.

(True.) H. C. Hai'veyi.

I (Thos.)

AFRIQUE SUD

N.IC natalensis.

I (A. Sm.)

B. I C. montkola. (Th.)

C* I C. œquatorialis. (Mtsch.)

S-lS. coronata.

(Gr.)

SMS. abyssinica.

(Thos.)

S. I S. Grimmi. (L.

(1) Thunberg, toutefois, affirme n'avoir constaté aucune difTérence entre le C. monticola type du Sud de l'Afrique, et un spécimen de Céphalophe du Musée de Stockholm rapporté par Afzélius de Sierra-Leone. Depuis cette époque aucun cas analogue n'a été signalé pour la faune mammalogique des Côtes de Guinée; il est donc permis de supposer que le spécimen dont parle Thunberg, ne provenait pas directement de Sierra-Leone, et qu'il y avait été importé.

48 E. DE POUSARCiUES».

mens qui nous occupent. Ces deux stations, comme on le sait, sont situées sur la rive droite immédiate du Congo ; et pendant le séjour assez prolongé que MM. de Brazza et Dybowski ont fait dans chacune d'elles, ils se sont trouvés parfois dans la nécessilé de traverser le fleuve. Ne serait-ce pas pendant une de ces excursions qu'ils auraient capturé ces Céphalophes? J'ai déjà eu, au début de ce travail, à faire semblable restriction pour différents Singes, entre autres Colobus angoleiisis, Colobia^ ThoUoni^ Cercopithecus cynosurus et Cercopithecus ascwiias \ ]Q n'ai malheureusement pas pu obtenir pour ces Céphalophes des renseignements aussi précis. 11 est permis toutefois de déduire avec certitude de ces faits que le C. mo?iticola ne reste pas confiné dans l'extrême Sud de l'Afrique, et qu'il remonte du Zoulouland tout le long de la côte Sud-Ouest, à travers les possessions portugaises d'Angola (B. du Bocage), jusque sur la berge Sud du Congo.

On ne peut nier l'étroite parenté qui unit le C. melanorhevs (Gr.), le C. monticola (Thunb.) et le C. Maxwelli (H. Smith). Dès 1825 Fr. Cuvier(l) l'avait signalée entre ces deux dernières espèces. « Il existe, dit-il, une extrême ressemblance entre ce (iuevei [AiUilope pf/mxa = C. Maxwelli) elle Guevei du Cap rapporté par Delalande. Ces derniers ont une robe d'un gris plus sombre ou plus brun, et leurs membres sont fauves au lieu d'être blanchâtres. » Plus tard, en 1850, Gray (2) trouve également des caractères communs aux trois espèces. Enfin tout récemment, M. 0. Thomas émet cette hypothèse que le C. melanorheus ei\<à C. monticola t^ouvraient bien n'être que des races géographiques d'une même espèce, auxquelles il faudrait joindre comme troisième variété le C. Maxwelli^ s'il se trouvait des femelles de ce dernier type pourvues de cornes. Nous avons vu plus haut que de telles femelles existent. Suivant Buffon (3), il est vrai, le Guevei

(1) F. Cuvier, Mamm., vol, 3.

(2). Gray, Knowsley Menaqerie, pi. XI, p. 12, 1850.

(3) Buffon, Hist. nat., t. XII, Quadr. 9, p. 3J5, 1764.

ÉTUDE SUR LES MAMMIFÈRES DU COiNGO FRANÇAIS. 49

mâle seul porte des cornes; H. Smilh {!), dans la description de la femelle type, ne signale également aucun appendice frontal; enfin l'exemplaire examiné par M. 0. Thomas en est aussi dépourvu. Mais d'autre part, Fr, Cuvier donne des cornes à son Guevei femelle, Gray (2) figure des Cephalophus MaxweUl mâle el femelle qui tous deux en possèdent; et, suivant Temminck (3), la femelle de cette espèce « ne diffère du mâle que par de très pelites cornes souvent obtuses, et comme perdues et cachées dans les touffes d'où elles prennent naissance ». Ces opinions contradictoires sont également vraies, et comme l'avait pressenti M. 0. Thomas (i), il en est du C. 31ai'welli comme du C. Grïinmii (L.) : l'absence ou la présence de cornes chez les femelles ne présente rien de constant (5). Sur quatre exemplaires femelles bien adultes de C. Maxwelli conservés au Muséum de Paris, deux manquent totalement de cornes ; les autres, dont V Antilope Frederki type de Laurillard, en possèdent. Malgré ce fait acquis, je doute que l'on puisse accepter les C. Maxwelli, C. melaiiorheus et C. montkola comme variétés d'une seule et même espèce. On peut invoquer déjà, contre cette hypothèse, la présence constante de cornes chez les femelles des deux dernières espèces. D'autre part, les différences que l'on observe dans la taille et la coloration du pelage peuvent-elles être attribuées à des influences locales pour des formes dont deux, C. Maxwelli etC. melanorheus, vivent côte à côte dans les mômes régions (Cameron-Gabon) et dont la troisième, C. nwnticola, oiXve dans son aire de distribution géographique des points de contact avec celle du C. nielanor/ieus. Les caractères différentiels tirés de la coloration du pelage, doivent être appréciés, je crois, comme ayant une importance spécifique réelle. Pour ce qui est de la force et du dé-

(1) H. Smith, Griff. An. Kingd., IV, p. 267, 1827.

(2) Gray, Knoirslcy Ménagerie, pi. XI.

(3) Temminck, Esq. zool. Guinée, p. 231, 1833.

(4) 0. Thomas, P. Z. S., p. 429, 1892.

(o) M. Matschie signale également ce fait pour les femelles du C. œqualonatis [Saugeth. deutsch. Ost. Afrik., p. iiQ). ,

ANN. se. NAT. ZOOL. IV, 4

E. I>K l*OU!l»AnC:lJE§(.

veloppement que prend chacune des trois espèces, quelques mesures prises sur les lêles osseuses indiqueront clairement que le C. Maxwelliei le C. montlcola parviennent à un degré de puissance dont n'approchent pas les plus vieux spécimens de C. melanorlieus .

Mesures en milUmétns.

Long, de la base du crâne de l'un des condyles occipitaux à l'extrémité des prémaxillaires

Largeur maximum du oràue aux arcades zygomatiques

Distance du bord orbitaire antérieur a l'extrémité dos prémaxiliaires

Longueur des os nasaux

Long, du museau du bord antérieur des molaires à lextrém. des prémaxillaires.

Long, de la série des molaires supérieures.

Long, du palais de l'encoche postérieure médiane à l'extrémité des prémaxillaires.

Larg. du palais au niveau de l'avant-dernière molaire

Largeur maximum du front

Diamètre orbitaire vertical

Long, de la mandibule, du talon à l'extrémité de la symphyse

Haut, de la mandibule jusqu'au sommet de l'apophyse coronoïde

Haut, totale de la tète, du bord inler. de la mandibule au point le plus élevé de la suture frontale

Long, de la série des molaires inférieures.

Distance du bord antérieur des molaires à l'extrémité de la symphyse

Haut, du museau du bord alvéolaire de la mâchoire supérieure au point de suture naso-frontale

Écart minimum entre les bulles auditives.

c. MEF.ANOhHEUS

La dernière mesure indique une différence très marquée dans le volume des bulles auditives. Chez le C. melanorlieus^ elles sont relativement peu développées, comprimées et comme pincées latéralement; chez le C. montkola et le

C. Maxwellï ces mêmes bulles sont au contraire fortement renflées et parlant moins distantes.

Outre ces différences dans les dimensions de la tête osseuse cliez les trois espèces, il en est d'autres qui intéressent la dentition. Les caractères de celte sorte présentent d'ordinaire une constance et une fixité remarquables, il est donc utile de les signaler ici. Toutefois, n'ayant eu à ma disposition qu'un petit nombre de têles osseuses, je ne puis me permettre aucune généralisation, et je laisse à d'autres naturalistes le soin de contrôler les observations suivantes.

Chez le C. monticola et le C. Maxwelli, les trois prémolaires supérieures ont à très-peu près la même forme. Sur leur face externe, deux sillons verticaux peu profonds les divisent vaguement en trois lobes dont le médian est le plus large et le plus élevé. Sur leur face interne, au contraire, ces dents sont simples et indivises, on n'y trouve aucune trace de sillon vertical, et chacune d'elles sort de l'alvéole en uii fût unique. On retrouve cette similitude de forme entre les trois prémolaires inférieures, avec cette différence que pour celles-ci, on remarque à la face interne deux sillons verticaux comme sur la face externe. Aux deux mâchoires la troisième prémolaire ne se distingue donc des deux premières que par ses dimensions un peu plus forles, mais ne ressemble nullement aux molaires.

Chez le C. melanorheiis^ la troisième prémolaire supérieure présente sur sa face interne un sillon vertical profond qui divise le corps de la dent en deux lobes égaux et lui donne une apparence tout à fait identique à celle de la première molaire. Celte môme particularité se retrouve à la mâchoire inférieure où la troisième prémolaire par sa couronne large et nettement trilobée, ne rappelle en rien les deux prémolaires antérieures, et participe plus de la forme des vraies molaires. Ce développement de la troisième prémolaire chez le C. melanorheus, explique le peu de différence que l'on observe dans les longueurs respectives de la série des molaires chez les trois espèces.

52 E. »E POUSARCJUES.

Un autre caraclère différentiel nous est fourni par les molaires.

Chez le C. montkola et le C. Maxwelli, on remarque à la face interne des molaires supérieures, et à la face extern© des molaires inférieures, de petits tubercules adventifs spiniformes, très-visibles dans les sillons qui séparent les deux lobes de chaque molaire, et s'élevant jusqu'à mi-hauteur de la dent. A la dernière molaire inférieure, on ne trouve ce petit tubercule en poinçon que dans le premier sillon qui sépare les deux lobes antérieurs. A la mâchoire inférieure, ces petits tubercules semblent émaner du lobe antérieur de chaque molaire, tandis qu'au contraire, à la mâchoire supérieure, ils paraissent dépendre du lobe postérieur. Chez le C\ melanorhem , on ne trouve aucune trace de ces tubercules.

Il ressort de ce rapide aperçu, que le C. melanorheus se sépare nettement de ses deux congénères, et que cette distmction spécifique se base sur des caractères d'une réelle importance.

Les affinités sont certainement plus étroites entre le C. montkola et le C. Maxwelli, et ces deux espèces possèdent bon nombre de caractères communs. Toutefois, si l'on se reporte au tableau de mesures que j'ai donné plus haut, on trouvera entre certaines dimensions homologues, des écarts qui rompent complètement la similitude et frappent d'autant plus que les autres mesures sont mieux concordantes. Telles sont les différences que l'on observe dans la longueur des os nasaux, dans la hauteur de la tête, du museau et de la mâchoire inférieure à l'apophyse coronoïde.

Il en résulte chez le C. Maxwelli des mandibules beaucoup plus fortes, une tête plus massive, un museau plu& élevé, un chanfrein plus arqué. Ajoutez à cela que la fosse sous-orbitaire est beaucoup plus profonde chez le C. monticola où la surface concave ne s'arrête pas un peu au-dessus de la ligne dentaire comme chez le C. Maxwelli q\. le C. melanorheus, mais se continue jusqu'au bord alvéo-

laire du maxillaire. Enfin, chez le C. Maxwelli, les cornes ont la même direction que chez le C. melanorheus et la queue se développe beaucoup plus que dans les deux autres espèces.

Tels sont les principaux caractères différentiels que fournit Texamen des crânes, et qui, joints à ceux du pelage, peuvent être présentés sous la forme diagnostique suivante :

Face postérieure des cuisses et des jarrets blanc grisâtre. Troisième prémolaire lobée. Molaires sans tubercules latéraux C. melanorheus. (Gr.)

r ... j . .1 Pattes rousses.

race postérieure des cuisses et l r> . r. ^- i /ti u ^

, j > , , \ Oueue courte. C. monticola. Ihunb.)

jarrets de même couleur que le i r» .. , . ^ '

^ T . - 1 ■ ' Pattes de même

corps. Les trois prémolaires sem- \ , ,

ui i I Af I • - i i j couleur que le

biables. Molaires présentant des i ^

, , 1 I f' /i\ / corps. Queue

■tubercules latéraux (I). F i rr „ w /ît o -lu \

^ ' assez longue.. C. Maa;wem.(H.Smith.)

GENRE ADENOTA.

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