‹ ude sur les mammifs du Congo fransChapitre 114 sur 153 · ÂDENOTA ANNUI IPES. (Gr · texte numérisé non relu

ÂDENOTA ANNUI IPES. (Gr

Antilope adcnota. — H. Smith. Grifî. Anim. kingd. Vol. IV. Mamm., 4,

p. 223, Pis. 1827.

1 — koh. Ogilby. Proc. Zool. Soc. London, p. 102, 1836.

— — Fraser. Zool. typica. (Texte et planche coloriée.) 1841-42.

— aniniUpes. Gray. Ann. and Mag. nat. hist., X, p. 26", 1843. Adenota kob. Gray. Knowsley Ménagerie, p. 14, pK XIV et XV, 18o0.

— — Gray. Proc. Zool. Soc. London, p. 129, 1850.

? Antilope kob. Temminck. Esq. zool. Côtes Guinée, p. 199, 18o3.

— kob. Wagner. Schreb. Sâugethiere. Suppl. 5, p. 432, pi. XXIX,

18oo.

(1) Dans le travail de Peters [Beise n. Mossambique), on peut voir figurées pour les molaires inférieures du Cephalophus ocularis = altifrons (pi. XXXVIIl, fig. 2, jeune, et pi. XLI, fig. 1, adulte) des particularités analogues à celles que je viens de signaler pour le C. Maxwelli et le C. monti- ■cola. Chaque sillon vertical externe est garni d'un petit tubercule spiniforme qui s'élève jusqu'à mi-hauteur de la dent. J'ai pu également constater le même mode de conformation aux deux mâchoires d'un C. dorsalis (Gr.); les molaires du C. niger (Gr.) sont au contraire dépourvues de ces tubercules. Si la présence ou l'absence de cette particularité des molaires offrait quelque constance suivant les espèces, cela constituerait un caractère d'un utile secours pour la différenciation de types parfois diffî- ■ciles à distinguer extérieurement dans la tribu des Céphalophes.

54 E. DE POU^iABCUES.

«. Cf semi-adulte. M. J. Djbowski, 1891. N'Djoué, environs de Brazzaville.

b. 9 Adulte. — 15 février 1892. Rivière Kemo.

c. ç^ Adulte, crâne et peau de la tète et du cou, M. J. Dybowslvi, 31 mars

1892. Rivière Kemo.

d.ç^ Adulte. Massacre. Rivière Kemo.

La couleur jçénérale des parties supérieures du corps est d'un jaune fauve plus foncé à mesure qu'on se rapproche de la ligne médiane le long de la face, de la nuque et du dos, plus pâle au contraire dès qu'on s'en éloigne sur les joues, les côtés et la face inférieure du cou, les flancs elles membres. Le tour des yeux, les lèvres, le menton, la gorge et la face interne des membres antérieurs sont d'un blanc légèrement lavé de jaune passant d'une manière insensible aux teintes fauves environnantes. Sur la poitrine, le ventre et la face interne des membres postérieurs jusqu'aux talons, le pelage est au contraire d'un blanc pur. Sur le devant des membres antérieurs, une raie noire longitudinale naît un peu au-dessus du genou, s'étale transversalement sur celuici, puis redevient linéaire le long du canon, pour s'étaler de nouveau sur le paturon qu'elle embrasse presque complètement jusqu'à une petite distance des sabots et des ergots dont elle est séparée par un étroit anneau de poils blancs. On observe les mêmes particularités aux pattes postérieures, avec cette restriction que la raie noire s'élève moins haut, s'atténue rapidement et disparaît un peu au-dessus du paturon. L'oreille est grande, de couleur fauve sur la face externe sauf l'extrême pointe qui est noire. Intérieurement elle est garnie de longs poils blancs, implantés sur ses bords et sur plusieurs lignes courant sur sa face interne, parallèlement à sa longueur et séparées par des intervalles complètement nus. La queue est fauve en dessus, blanche en dessous et sur les côtés avec quelques poils noirs formant une petite touffe à son extrémité.

La direction des poils présente quelques particularités qu'il est intéressant de noter. Sur la ligne médiane supérieure existent deux points autour desquels les poils tour-

billonnent d'une façon bien marquée, avant de prendre leur direction rayonnante définitive. L'un de ces centres de dispersion ou d'irradiation se trouve à l'occiput, l'autre sur la croupe. Le premier de ces centres donne naissance à deux courants principaux. L'un antérieur remonte le long du crâne, et entre la base des cornes vient se buter en formant toupet contre les poils du front venant en sens inverse ; l'autre postérieur redescend au contraire le long de la nuque et du dessus du cou.

Du second centre situé sur la croupe, les poils vont en s'irradiant régulièrement sur les parties environnantes. Il en émane un courant dirigé d'arrière en avant tout le long de l'écbine et servant lui-même d'axe de dispersion pour les poils des flancs. Sur le garrot, il rencontre le courant descendant de la nuque ; et les poils, entremêlant leurs pointes, se relèvent en une sorte de petite barre. Signalons encore, de chaque côté du chanfrein, l'existence de brosses, un peu en avant de l'angle interne de l'œil et perpendiculaires à son grand axe. Tels sont les principaux caractères de coloration et d'orientation des poils que présente le jeune mCde (rt).On retrouve chez la femelle (ô) les mêmes particularités, mais les raies noires du devant des pattes montent beaucoup moins haut et sont moins accusées, les poils noirs elles poils fauves s'y trouvant en nombre à peu près égal.

Dans les coUeclions de M. Dybowski se trouvaient également un massacre de mâle complètement adulte (d) et le crâne d'un autre mâle (e) également adulte avec la peau de la tête et du cou. Par une coïncidence particulièrement heureuse, j'ai pu dernièrement observer de près à la Ménagerie du Muséum un individu mâle de cette même espèce d'Antilope, d'un âge intermédiaire à ceux des spécimens précédents. Cette circonstance m'a permis de suivre pour ainsi dire pas à pas les modificalions subies par les cornes depuis le jeune âge jusqu'à la maturité.

Chez le jeune mâle (a) rapporté par M. J. Dybowski, les cornes sont complètement lisses sur toute leur longueur qui

50 E. i>E i>ou«AnftiUi<:s.

est de 0,13 centimètres, et leur courbure est à peine accusée. Au sortir du Iront, elles se dirigent assez obliquement en arrière et légèrement en deliors. Leur maximum d'ècartcment se trouve vers les deux tiers de leur longueur à parlir de la base, après quoi elles se rapprochent un peu par leur pointe dirigée faiblement en dedans et en avant. Cette disposition ne permet de préjuger en rien de la forme et de la direction des cornes de l'adulte.

Chez celui-ci (c) les cornes s'élèvent d'abord en faisant avec la ligne du chanfrein un anghi qui mesure au maximum MO à Uo degrés, et se dirigent en oljliquant légèrement mais régulièrement en haut, en arrière et en dehors, pendant le premier tiers de leur parcours. A partir de ce point, l'obliquité de dedans en dehors s'atténue graduellement jusqu'à disparaître, tandis que l'inclinaison d'avant en arrière s'affirme de plus en plus, et bientôt les deux cornes se dirigent franchement en arrière suivant un plan sensiblement parallèle à la ligne du chanfrein. Enfin dans le dernier tiers supérieur, elles obliquent un peu de dehors en dedans et convergent failîlement; en même temps elles se relèvent et leurs extrémités sont dirigées en haut et légèrement en avant. Pour résumer cetle description je dirai que, sur le crâne vu soit de face, soit de profd, la ligne de direction des cornes présente une double courbure.

Supposons le crâne reposant d'une part sur l'exl rémité des prémaxillaires, de l'autre sur les apophyses mastoïdes. Sur le crâne vu de face (tig. 1), la ligne extérieure de direction des cornes à partir du sommet décrit une courbe à convexité externe continuée par un commencement de courbure à concavité externe. Sur le crâne vu de profil (fîg. 2), la ligne supérieure de direction des cornes, décrit à partir du sommet une courbe à concavité antéro-supérieure suivie d'une courbe à convexité supéro-antérieure. Ces lignes de courbure présentent une invariabilité presque absolue. H n'en est pas de même du degré de divergence des cornes qui peut osciller dans des limites assez étendues.

~ Les cornes sont d'un noir brunâtre, striées longitudinaleïnent et relevées, sur les deux tiers inférieurs de leur longueur chez les adultes, d'épaississements annulaires fortement accusés à partir du milieu de leur face externe et sur leur face aniérieure, s'atténuant graduellement sur leur face interne, pour devenir à peine sensibles en arrière et sur la moitié postérieure de leur face externe. Quelques-uns de ces épaississements annulaires sont réguliers et à peu près com-

Fig. I. Fig. 2.

plels à la base descornes,et leur orientation est presque perpendiculaire à l'axe de la corne. A mesure que l'on remonte, les anneaux deviennent de plus en plus obliques par rapport à l'axe de la corne, et leur niveau antérieur est bien moins élevé que leur niveau postérieur. A vrai dire cependant, l'orientation des anneaux demeure à peu près constante, leur obliquité n'est qu'apparente et due aux variations de courbure de la corne. Quelques anneaux basilaires présentent souvent du côté interne des bifurcalions qui ne paraissent d'ailleurs offrir rien de constant ni de régulier. Ces épaississements annulaires, sur lesquels les stries longitudinales de la corne ont disparu par l'usure, sont séparés par des vallonnements qui sonl, par contre, fortement striés, et dont l'amplitude augmente assez régulièrement de la base au sommet. Le tiers (1) dislal des cornes est tout à fait lisse, complètement exempt de stries

(1) Il s'agit ici, bien entendu, de cornes d'adulte. Nous reviendrons plus loin sur le rapport, variable suivant les âges, de la portion lisse à la portion annelée des cornes.

58 B. DE i>ou<!>aii€;ue:«s.

longiludinales et d'anneaux Iransverses. A peine peuton constater comme derniers vestiges de ceux-ci, une ou deux bosselures sur leur face antérieure.

Abstraction faite des épaississements annulaires, la section de la corne est presque partout circulaire ; à la base, du côté externe, on remarque un léger aplatissement sur une longueur de 8 à 9 centimètres.

Sur l'individu semi-adulte qui a vécu à la Ménagerie, les cornes mesurent environ 27 centimètres et sont marquées de dix anneaux; elles présentent déjà presque tous les caractères de l'adulte, sauf que les courbures y sont moins accentuées, particulièrement la courbure à convexité antérieure de la base.

J'ai cru devoir insister sur les caractères du pelage, et spécialement sur les particularités que présentent les cornes chez ces différents spécimens, pour bien établir leur identité avec r Antilope décrite par les zoologistes cités dans la synonymie, et inscrite dans la plupart des Catalogues méthodiques sous les noms de Adenota{\) Iwh.W suffira, en effet, de comparer cette description avec celles des

(1) Le clioix du mot Adeiiota, adopté par U. Smith comme dénomination spécifique, et par Gray comme nom générique, n'est pas des plus heureux. Pour justifier l'emploi de cette expression, H. Smith admet, chez son A.adenota, l'existence d'un tubercule ou d'une glande au milieu du tourbillon de poils de la croupe (aôr,v, petite glande; vwtoc, dos). Qu'il y ait ou non eu ce point une glande, je ne saurai le dire; en tous cas, les apparences sont absolument identiques chez beaucoup d'autres représentants du groupe des Antilopes. Le Cobus leucotis {Pel. et Licht.) présente exactement les mêmes tourbillons et les mêmes courants de poils que l'A. adenoia. Chez certaines espèces du genre Eleotragus, c'est une disposition presque identique, sauf que le tourbillon de la croupe est reporté plus en avant sur le milieu du dos. Chez le Cobus ellipf^iprymnus (Og.) il existe sur la croupe un tourbillon d'oiî s'échappe un courant de poils ascendant qui remonte le long du dos et delà nuque jusqu'à l'occiput. Cette dernière disposition se retrouve exactement chez \ Anoa depressicorins et chez la plupart desOryx. Enfin chez certains Bubales et chez VAddax nasomaculalus [lilainy .) on observe également un tourbillon plus ou moins rapproché du gariot. H. Smith connaissait pourtant presque toutes ces espèces, et dans la figure qu'il donne de l'A. suturosa (Otto.) ce retour des po:ls en avant est parfaitement indifjué dès le milieu du dos. En 1850, Gray adopta le nom Adenota pour distinguer génériquement deux espèces dont l'une Adenoia lechè se fait remarquer précisément par l'absence de tourbillon sur la cioupe. Le

auteurs indiqués, de la contrôler au moyen des figures qu'ils ont publiées de cet animal à diiïérenls âges, pour qu'il ne subsiste aucun doute à cet égard. Mais celte espèce doit-elle, ainsi qu'on l'a toujours(l) admis jusqu'à présent, être assimilée au Kob de Buffon (2) ; en d'autres termes, le Kob des auteurs doit-il être considéré comme synonyme du Kob de Buffon? C'est là une question qui mérite un sérieux examen, et ne peut, à mon avis, être résolue que par la négative.

L'espèce kob repose sur la description donnée par ButTou et Daubenton d'une tête osseuse d'Antilope, rapportée du Sénégal par Adanson et désignée par ce dernier sous le nom de « petïle vache brune ». Suivant Buffon, « les cornes du Kob n'ont que liuit ou neuf anneaux et ne sont longues que d'environ un pied ». Daubenton, de son côté, nous donne d'autres détails plus précis. « Au sortir du front, écrit ce naturaliste, les cornes s'étendent obliquement en arrière et en debors, ensuite elles se courbent en dedans et se recourbent en liant par leur partie supérieure ». Les mesures données par ce dernier naturaliste sont rigoureusement exactes, ainsi que j'ai pu le constater sur le crâne type ; je les ai réunies dans le tableau suivant en y ajoutant quelques autres dimensions et en mettant en regard les mêmes mesures prises sur le crâne (c) de la collection de M. J. Dybowski. Les cornes de ce spécimen présentent, à très peu près, même longueur et même diamètre à la base que celles du Kob de Buffon. Cette quasi égalité, sous ce rapport, autorise donc la comparaison sur les autres points.

choix du mot Eleotragut; proposé par H. N. Turiier (P. Z. S., p. 170, 18o0) tout en obviant aux inconvénients de l'emploi d'une expression contradictoire, ne respecterait- il pas en même temps les affinités réelles que les espèces du genre Adenota présentent avec les divers représentants du groupe des Éléotragues ?

(1) H. Saiith, toutefois, n'assimile qu'avec doute son A. adenota au Kob de Buffon.

(2) Le Kob. Buffon, Hist. natur., t. XII, p. 210 et 267, pi. XXXII, fig. 1,

K. DE POU^ARGUEfi».

KUB DE

Page 1