‹ ude sur les mammifs du Congo fransChapitre 134 sur 153 · PROSIMIENS · texte numérisé non relu

PROSIMIENS

Des divers genres ou sous-genres de l'ordre des Prosimieus que l'on rencontre en Afrique, deux sont communs et exclusivement propres aux deux Guinées inférieure et supérieure ; ce sont, le genre Perodicticus avec l'espèce P. potto (Geoff.) et le sous-genre Hem'ifjafarjo avec l'espèce Galago (FJemigalago) iJeinido/fi (Fiscli.) qu'on ne trouve que dans l'Ouest africain, au Nord du Congo, mais aussi bien à l'Ouest qu'à l'Est du Niger.

Une autre particularité distingue également la faune prosimienne de ces deux régions, c'est l'absence complète des grands Galagos du sous-genre Otolemur, dont la plupart des représentants sont échelonnés le long des côtes de l'océan Indien ; une seule espèce de ce sous-genre le Galago {Otolemur) Monteiri (Bartl.) habile l'Ouest, mais au Sud du Congo, dans l'Angola et les régions qui bordent le littoral Sud-Ouest de l'Afrique.

Par ces deux caractères, l'un positif, l'autre négatif, toute cette portion du versant de l'Atlantique correspondant à la

(1) Pour les représentants de cet ordre, voir la carte (5) vol. III, p. 246.

zone liltorale qui s'étend au Nord du Congo depuis l'embouchure de ce fleuve jusqu'au Sénégal, en un mol l'Ouest africain se sépare neltemcnt de l'Afrique orientale et auslrale au point de vue de la faune prosimienne. — Le mode de dispersion des espèces de Galagos du sous-genre Otolknus nous fournit des caractères qui permettent de subdiviser à son tour l'Ouest africain en deux provinces analogues à celles que nous avonsadmisespour les Singes, Sur les trois espèces qui composent le sous-genre Otolicnus^ deux sont propres à la Guinée inférieure et à nos possessions congolaises, et ne traversent ni le Congo ni le Niger; ce sont Galago [Oto- Ikmis) elegantuhis (Lee.) et Galago (OtoUcnus) Allenï (Walerb.)(l). Considérés d'abord comme sédentaires et littoraux, ces deux types,' nous l'avons vu, s'étendent jusqu'aux extrêmes limites Nord-Est du bassin du Congo, mais ne passent pas sur l'autre versant. Quant à la troisième espèce Galago (Otoliriius) senegalensis (E. Geoff.), elle n'a jamais été observée enlre Congo et Niger. Son aire de dispersion forme même, par l'immensité de son étendue, un contraste frappant avec l'exiguïté i-elative de la zone d'habitat reconnue de ses deux congénères, qu'elle encercle de toutes parts. Le G. (Otolicniis) senegalensis semble en eflet éviter et contourner le versant Nord du bassin du Congo; on l'a observé et décrit sous difTérenIs noms dans l'Angola et l'Afrique australe (G. Moholï) (Smith), dans la Cafrerie et le Natal [G. ronspicillatiis) (I. Geoff.), le long des côles de Mozambique et de Zanzibar (G. mossambïciis) (Pet.), G. zanzibarlcus (Matschie), dans l'Abyssinie, le Choa, le Sennaar et le Kordofan, G. teng (Sund.)^ G. sen?iaanensis [Koizs.), et enfin

(1) L'existence du Galago {OtoUcnus) AlUni à l'Ouest du Niger, le long des côtes de la Guinée supérieure, est assez discutable. On n'en peut citer comme preuve que le spécimen du Musée des Pays-Bas, signalé successivement dans leurs Catalogues par Teniminck, Schlegel et M. Jentink, mais avec une certaine réserve quant à l'autlienticité de sa provenance. Ni Pel, ni plus récemment Ruttikofer, Slampfli et Sala n'ont observé ce Galago au cours de leurs explorations le long du littoral de la Côte d'Or et de Libéria. Tous les exemplaires du Muséum de Paris, au nombre de six, proviennent des voyages d'Aubry-Leconite et de Laglaize au Gabon.

lOG E. DE POUSAR6UES.

dans la Sénégambie où il avait été découvert tout d'abord par Adanson.

Bien que l'AngwanliiDO du vieux Calabar ait été signalé par Jolinston dans le bas-Congo, aucun de nos explorateurs n'a eu la bonne fortune de rencontrer ce second représentant encore si rare de la famille des Pérodicliques pour lequel on a formé le genre et l'espèce Arctocebus calabavenm (Smith). Quant à la nouvelle espèced'i/e;^?/\/rt/«^o découverte par M. J, Dybowski dans la région de TOubangui^ G. (Hemigalago) anomurus, il est encore impossible de se prononcer sur l'étendue de son aire d'habitat.

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