‹ ude sur les mammifs du Congo fransChapitre 137 sur 153 · CARNIVORES · texte numérisé non relu

CARNIVORES

Les Carnivores sont caractérisés pour la plupart, par leur grande dissémination ; aussi l'étude des spécimens recueillis par nos voyageurs dans les Colonies françaises du Congo, ne peut-elle nous fournir qu'un très petit nombre d'éléments pour l'établissement d'une faune spéciale à ces régions.

Les diverses familles de Carnassiers qui renferment des types africains, ont des représentants dans le Congo français ; une seule fait exception, c'est celle des Hi/œmdés[\). En effet, le Proteles Lalandiiil. Geoff.) et la Hyœna hninnea (Thunb.) sont propres à l'Afrique orientale et australe ; à l'Ouest, ces deux espèces ne remontent même pas jusqu'à la rive gauche du Congo, et s'arrêtent dans le Mossamedes et le Benguela

La Hyœna striata (Zimm), en même temps asiatique et africaine, est inconnue dans l'Ouest; l'extrême point Sud (2) de son aire de dispersion paraît être l'Abyssinie. Quant à la Hyœna crocuta (Erxl.), elle passe du Sénégal et de la Guinée supérieure par le Soudan et le Kordofan dans

(1) Carte n. 20, page suivante.

(2) Suivant Schinz on rencontrerait la Hy. striata dans les mêmes parages que la. Hy. crocuta, au désert de Kalahari dans le Sud-Ouest de l'Afrique. [Zool. Jahïluch., vol. IV, p. 164, 1889). Il y a tout lieu de supposer que Schinz a confondu la Hyène rayée avec le Protèle. D'après M. Matschie, Emin-Pacha aurait commis la même méprise en signalant la Hyène rayée à Tabora dans l'Est africain. {Sdugeth. deutsch Ost-Afr., p. 61 et 62.)

E. »E POUSARCiUES.

l'Est et le Sud africains, et contourne sans y pénétrer lé versant Nord du bassin du Congo (1).

A ce caractère négatif qu'aucune indication, quejc sache, n'est venue jusqu'ici infirmer, il faut ajouter, pour notre faune congolaise, une extrême pénurie en fait de représentants de

la famille des Mustélidés^ assez rares du reste sur le continent africain. Aucune des deux espèces de Loutres (2),

(i) « Am unteren Congo, fehlt H. crocuta, nach Hesse ». (Noack, Zool. Jahrbuch., vol. IV, p. 164, 1889.)

(2) Voir la carte n. 7, vol. III, p. 276.

L'.maculïcollïs (Licht.)et L. (Aoni/x) imuigids (F. Cuv.), que quelques auleurs ont signalées dans TOuest africain, n'a élé rencontrée par nos explorateurs.

Le Mellivora ratel (Sparrm.), est beaucoup plus fréquent dans l'Afrique orientale et australe que dans l'Ouest.

HYJEmDÈS

REGIONS

PROTELES

HY/ENA 1

Sud-Ouest.

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Sud-Est.

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AFRIQUE EST

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f Entre Congo

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Niger.

AFRIQUE NORD

S. 1 Hyœna s

riata. (Zim.)

Sa présence au Congo n'a donc rien de caractéristique, et l'on sait que certains auteurs, Blanford entre autres, inclinent à identifier cette espèce avecleJ/^//zyom indicus{Sh3.w.) de l'Inde, du Népaul et de la Transcaspie; de telle sorte que le Ratel du Cap, ne constituerait même pas un type

112 F. I>i: l*OLl«*»AltC.irE!S.

spéciliqiio e\i'liisi\oin(Mil africain. Les aiilres MiisItMidés alVicains ne IVéquoiiloiil pas nos possessions congolaises. Le rare Pœc'iloiidle alhinurha i^Gr.) n'a encore éU'' siiïnal('' (jne dans l'Aniiola, le Nalal et la rt''gion des Lacs; les /orilles habitenl. l'un I. /i/tt/ca (IL el Khr.) le Nord et le Nord-Est tle rAlViqne, l'anlre /. zoii//a (Vlninh.) le Sud ci l'I-'s! d'oii il gagne la Sénégambie en longeant la lisière saharienne du Sondan.

Les Canidh ne nous ont olVerl à considérer au l'ongo que l'espt'ce Coiiis adusftts (^Snnd.) à l'exclusion coniplèle de ses congénères C. nwsotuc/d.s- (Schrcb.), (\ siincn^'is ^{{(ipp.) et C. varie(/(f/i/s (lîiipp.), ainsi que des autres types généiiques Fennertts, Li/caon el Otort/on. Mais ce même (\ Ki/itstus^ se retrouNc dans rKsI, le Sud el le Sud-Ouesl de rAIVicjue.

Aucune dépouille ne nous est parvenue de Fclis leo (L.) (1). F. panhts [LA, Fe/i.s' scrva/ ^Schreb.\ Felis caracal iriuld), Ci/nai/ttri/s JuùaNts [^chvQh.\ d'où l'on peut conclure, sinon à l'absence complète, du moins à l'exlréme rareté de ces animaux dans nos piovinces congolaises où ne pénètre jamais le Fe/is f/uiu'i iladd', espèce plulùl asiali(iue, dont (luelques représentants remontent la vallée du Ml, mais restent absolument cantonnés sur le versant Nord-Est de l'Afrique.

(l) Dans la relation qu'il a publiée do son vovai^o, M. J. Uyliowski, s'oxprinie ainsi au sujet de l'existence du Lion dans nos possessions françaises de rOuhan;j;iii : « Je n'ai pas eu la bonne chance d'en rencontrer; et d'ailleurs, ce fauve semble rare dans la contrée i^Makorou, bassin du Chari), car on n'en voit pas de dépouilles chez les chefs qui ne manqueraient pas de les conserver comme ils le font pour la peau des autres félins, qu'ils arrivent à tuer " Puis plus loin : « Les Lions, quoique lares, se rencontrent néanmoins, même dans des régions qui semblent leur être moins favorables, telles (jue celles de la forêt équatoriale; et des chefs lîatékés des environs de Hrazzaville possèdent des peaux de lions tués par eux. » (J. Hybowski, La route du Tchad, p. -284.)

Il est Cl remarquer que la station Makorou, au voisinage de laquelle M. Pybowski signale la présence du Lion, se trouve sur la rive >'ord du Chari, en plein bassin du Tchad, dans une contrée que l'explorateur dépeint comme u une steppe herbeuse s'étendant à l'infini », et où, suivant son récit, paraissent abonder déjà des Antilopes de haut port tels que Cobus defassa ^Riipp.).

L'un des Félins que nous avons eu ù examiner, Fe lis railgala (Tem.), n'est qu'une des formes muKiples que revêl le type F. caffra (Desm.) répandu depuis l'Algérie jusqu'au Cap. Seul \q, Fel'is chrj/sothrix (Tem.), plus élroilemenl localisé, peul èlre considéré comme réellemenl spécial à l'Ouest africain. Notons toutefois que son principal foyer ne se trouve pas au Congo, mais à l'Ouest du Niger, le long des cotes de la Guinée supérieure.

Les caractères fauniques qui nous sont fournis par la famille des Viverridés sont un peu plus nombreux et plus imporlants. La Viverra Pooiim/mni (Puch.), localisée dans le Congo et le Gabon, se montre sinon comme une espèce distincte, du moins comme une variété assez netle de la Civette ordinaire. Sont 'également spéciales à ces légions, et franchement différentes des types propres à l'Afrique septenlrionah;, orientale et ausirale, les Genetla poensis (Wat.) et Genetta sercaiina [Vuch.]. Une troisième espèce du même genre, Genetla geiietloide.s (Temm.), s'étend davantage et remonte jusque dans la Guinée supérieure, mais doit compter néanmoins comme propre à l'Ouest africain (Ij.

Un observateur éminent, ïemminck, me paraît avoir formulé en termes bien précis la véritable note caraclérislique qui permet de reconnaître infailliblement ces trois Genettes cantonnées sur le versant Ouest de l'Afrique équatoriale. Ce caractère réside dans la nature du pelage et s'applique aussi bien à la G. poensis et à la G. scrvalïna^ qu'à la G. genetloides au sujet de laquelle ïemminck s'exprime comme il suit : « Les Genetles des contrées méridionales de l'Europe et de l'Afrique ont une livrée composée de poils laineux et de poils soyeux ; par la nature de ces derniers, elle est longue et bien fournie de feutre. La robe de la Genettoïde manque de poils laineux, et les poils soyeux n'ont de feuire qu'à leur base seulement ; ces poils soyeux sont à peu près de moitié moins longs que ceux de la Genette, ce qui rend sa fourrure plus

(1) Voir carte n" 8,, vol. III, p. 20i.

ANi\. se. NAT. ZOOL. IV, 8

1 1 i E. DE POUSIRCUES.

courte et donne plus de lustre à son pelage; ces livrées sont essentiellement disparates de leur nature. » [Esqu'iss. zoolog. côtes Guinée, p. 91 .)

Répandue sur toute la zone équaloriale, depuis les côtes de la (iuinôe supérieure jusqu'à l'Ouest immédiat des Grands Lacs, la Poia7ia Richàrdsoni (Th.) appartient en propre à la faune de l'Ouest africain. La rareté de ce gracieux animal est extrême, et on le rencontre beaucoup moins communément dans nos possessions que la Nandinïa hinotata (Gr.), dont l'aire de répartition est à peu près identique si l'on admet, avec WS\. 0. Thomas et Matschie l'indépendance spécifique de la Nandinia Gerrardl (Thos.) propre à l'Afrique orientale.

l*our la sous-famille des Herpestinés (1), en donnant à ce groupe naturel l'extension adoptée par M. 0. Thomas dans son travail « On ihe african Mungooses », nous avons vu que les genres JRIiinogale, Helogale, Cynictis et Suricata manquent totalement dans le Congo; par contre, le genre Bdeogale, considéré jusqu'ici comme propre aux régions orientales, se trouve repi'ésenlé à l'Ouest par une espèce de grande taille, Bd. nigripes (Puch.), le seul Herpestidé tétradactyle que l'on ait rencontré au Gabon, et dès lors, nettement caractéristique de la faune de cette région. Le genre Crossarchus nous a fourni une nouvelle espèce de petite taille, Cr. Dybowskii, inconnue près du littoral et propre à l'hinterland de nos possessions congolaises, et nous avons pu, pour ce même genre, constater la dissémination de l'espèce abyssinienne Cr. zd)m (Rûpp.) vers l'Ouest jusque sur la rive droite du Bas-Congo.

Dans le genre Herpestes proprement dit, nous pouvons dire, avec M. 0. Thomas, que la variété melanurus (Mart.) de \H. gracilis caractérise l'Ouest africain. Les autres types, à large dissémination, ne peuvent fournir que des caractères de faible importance; tels sont Ichneumia albicauda

(1) Voir cartes n°^ 9 et 10, vol. III, pp. 304 et 316.

(G. Cuv.) el Herpestes galera (Erxl.); toutefois, je rappellerai la probabilité de l'existence, pour cette dernière espèce, d'une variété remarquable par la brièveté de sa queue et localisée dans l'Afrique centrale.

La faune des Carnassiers de nos possessions congolaises est donc relalivement pauvre en types absolument spéciaux, elle emprunte ou plutôt écbange bon nombre de ses représentants du côté de la Guinée supérieure et de l'Afrique orientale, très peu vers l'Afrique australe nettement isolée par le Congo ; bien des types largement répandus sur le reste du continent africain en sont radicalement exclus.

C'est le cas de répéter ici ce que Temminck écrivait au sujet des Carnassiers de la Guinée supérieure. Le nombre des espèces que nous avons eu à examiner « est encore remarquable, dans une contrée presque partout couverte de forets et de broussailles, oià les grands Carnassiers ne sauraient trouver à satisfaire à leurs besoins... Tous les habitants de ces vastes forêts sont une proie dédaignée par les grands Carnassiers et recherchée seulement par les petites

espèces de cet ordre Il est conséquemment fort naturel

que les parties des côtes occidentales dont nous nous occupons se trouvent à l'abri des rapines qu'exercent ailleurs les grands Carnassiers ainsi que ceux de moindre taille dont l'instinct les porte à se réunir plusieurs pour satisfaire en eommun aux besoins sans cesse renaissants de leur appétit sanguinaire. » (Temminck, Esquisses zoologiques, p. 85.)

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