C. sciiMiDTi. (Matsch
Dos finement tiqueté de noir et d'orange.
(Jent.)
Tète, nuque et dos sombre tiqueté de jaune, chaque poil montrant des anneaux jaunes.
Dessus onde de noir el de jaune roux brun, chaque poil ayant son tiers basai gris ardoisé ' pâle, le reste orné de trois petits anneaux jaune roux-brun.
Goi'ge, dessous du corps et face inlenie des membres blanchâtres.
(Gr.)
Gorge blanche légèrement bleuâtre. Poitrine, ventre et face interne des cuisses gris.
Dessous du corps et face interne des avant-bras et des cuisses blanc pur.
Face interne des bras gris sombre.
Face interne du bras et de la jambe gris d'ardoise sombre!
Les membres sont gris sombre extérieurement, passant insensiblement au noir sur les pieds et les mains.
(Jent.)
Face externe des membres noire.
Une grande tache cordiforme, blanche sur le nez. (Gr.)
Une tache nasale cordiforme blanche , la pointe tournée en bas.
Une tache nasale cordiforme blanche.
Un bandeau noir sur les sourcils passant en arrière au-dessus des oreilles. (Jent.)
Un bandeau frontal noir.
Un petit bandeau noir part du bord antérosupérieur de l'oreille et traverse le front en s'élargissant au-dessus des yeux.
La région entre l'œil et l'oreille blanchâtre.
(Jent.)
La partie postérieure des favoris est jaune pâle, puis de là jusqu'aux oreilles blanc jaune bleuâtre.
Favoris larges, triangulaires s'étendant entre l'œil, le coin de labouche et l'oreille, blancs légèrement teintés de jaunâtre.
Bas des joues noir.
(Jent.)
Favoris noirs.
Une petite bande noir e part du coin de la bouche et limite en bas le plus grand côté des favoris.
Queue roux sombre.
Jent.
Queue rouge brun dessus et dessous, exceplé à la face inférieure de sa base où elle a la même couleur que le ventre.
Queue rouge; extrémité noirâtre ; racine, au-dessus de la couleur du dos, au-dessous blanche.
190 E. DE POUfS.lU&UES.
Après une comparaison altenlive de ces trois espèces entre elles et avec le C. mcanias (Aucl.),les seules dilîérences appréciables que Ton puisse relever dans les descriptions sont les suivantes :
Le pelage des parlios inférieures du corps est indiqué tantôt comme étant d'un gris Ibncé, C. «^^«/^^^(Audebert), tantôt comme étant dun blanc pur, C. Sclimidti (Matscliie), ou enfin de teintes intermédiaires entre ces deux extrêmes. D'autre part, il faut signaler des écarts sensibles dans la largeur et rétendue des favoris blancs, occupant toute la joue entre Foreille, l'œil, la commissure des lèvres et la bande noire limite inférieure chez le C . Schmidù (Matscbie), ou réduils àunesimple tache temporale par suite de l'envahissement de la teinte noire, d'où, élargissement considérable de la bande noire inférieure, C. meicmogent/s [Grdiy) ^ remontant le long des joues jusqu'à l'œil, « b/ark ivhiskers ». C. ji'ictaratiis (M. Sanlos) et C. ascanias [knàeheYi) . Ces divers aspects que présentent les favoris ont été très heureusement rendus par les diagnoses courtes mais précises de M. Sclater «genis laie » ou « ang us te nigrh » (1). Mais ces différences ont-elles une valeur spécifiqueréelle? Pour en juger, je me permettrai une comparaison avec une espèce bien déterminée, dont le pelage présente des analogies frappantes avec les espèces en litige ; je veux parler du C. cephiis.
Le Muséum de Paris possède une magnifique série de cette espèce comprenant quatorze spécimens de tout âge et de sexes différents. En comparant tous ces exemplaires, on constate que le pelage des parties inférieures présente des différences très-appréciables selon les individus, et varie du blanc presque pur au gris bleuâtre foncé, suivant que manque ou prédomine la teinte bleue que mentionne M. Mat. Santos chez le C pkturatus; (ui bliie colour.., which appears through in the ivh'ite and greyhh régions ».
(1) Dans le travail de M. Sclater s'est glissée une erreur involontaire due à une interversion des diagnoses. L'épithète « late nigris » doit se rapporter à mon avis au C. melanogcnys et non pas au C. Schmidti.
Chez ces Moustacs, les caractères des favoris ne sont pas moins variables. Sur certains exemplaires, la tache temporale jaune est excessivement réduite, et largement bordée de noir; chez d'autres, la teinte jaune montre plus d'amplitude et ne présente à sa limite inférieure qu'un étroit liséré noir parfois faiblement estompé; chez d'autres enfin, les poils noirs ne se remarquent que sur les lèvres, et cette teinte s'arrête à leur commissure. Ces différences ont été observées et reconnues sur d'autres spécimens par bon nombre de naturalistes, car il est peu de figures du Moustac qui se ressemblent sous ce rapport ; je n'en puis citer un exemple plus concluant que les trois dessins do cette espèce que Ton trouve dans le travail de Reichenbach (fig. 251, 252, 253). Aucun auteur, pourtant, n'a songé, et avec raison, à attribuer à ces dissemblances une valeur spécifique; et l'espèce C. cephiis ne compte même aucune variété. On est en droit, dès lors, de se demander pourquoi il n'en serait pas de même pour le C. ascanias] et comment des variations absolument identiques, ont été jugées individuelles et de nulle valeur pour une espèce, au contraire d'une extraordinaire importance pour une autre, au point d'amener les zoologistes à substituer trois nouvelles espèces à l'espèce type méconnue.
M. Matschie invoque encore, pour la distinction spécifique du C. Schinïdti^ le pelage blanc des. oreilles. Bien qu'Audebert admette chez l'Ascagne des oreilles couleur de chair mais nues^ sur le vélin de Maréchal, elles sont manifestement bordées de poils d'un jaune rougeâtre, ainsi que je l'ai signalé plus haut, ce qui concorde suffisamment avec les épithètes « ru fous » de Gray et « Ught brown » de M. Mat. Santos.
Toutefois, une certaine variation dans la teinte de ces poils ne présente rien d'inadmissiJjle; la tache nasale elle-même, toujours décrite comme étant d'un blanc pur (sauf chez le C. ev ijthroth ^) n'en est pas exempte, ainsi que j'ai pu le constater sur plusieurs exemplaires oi!i la base supérieure
192 E. DE POUSARGUEfS.
du triangle nasal était teintée de jaune sur une largeur assez grande. Enfin M. Sclater se base, pour différencier le C. Schmidli du C. melanogenys, sur ce que celte dernière espèce présente un pelage moins tiqueté, et la queue d'un rouge beaucoup moins éclatant. Ces différences, certainement très sensibles entre le C. melanogenys ^i le C. Schtnidti adulte, disparaissent si on compare, comme il faut le faire ici, le C. melanogenys ^\x C. Sc/imidtl ieune, tel que nous le connaissons par la description de M. Matschie. Le spécimen type du C. melanogenys nVst en effet qu'un (ont jeune individu, puisque, comme nous l'apprend IM. Jenlink, ses dents de lait sont encore en place, et que la première molaire est la seule dent permanente qui soit sortie de son alvéole.
La fusion de toutes ces espèces en une seule me paraît donc utile autant que nécessaire. Déjà en 1889, M. Barboza du Bocage (1) avait identifié le C. picturatus et le C. Sclnnidti, par conséquent à une époque antérieure à la publication de celte dernière espèce qui, circonstance peu commune, se trouve ainsi avoir été condamnée même avant que de voir le jour (2). « M. Sclater, écrit le zoologiste portugais, appela l'attention de la Société zoologique de Londres dans la séance du 23 juin 1887 sur un CenopïtherAis du Tanganika (depuis C. Schniidtï)^ facile à distinguer du C. petaurista par sa queue rouge dans les derniers deux tiers, lequel, d'après ces indications, nous sommes disposé à croire identique à notre individu C. picturatus. » Poussé par la logique même des faits, M. Barboza du Bocage va plus loin et pose nettement la question suivante: <( Ces Cercopithèques (C. picturatus e\. C. Schmidtï) sont-ils l'un et l'autre réellement distincts du C. ascanias? C'est seulement en
(1) Barboza du Bocage, loc. cit.
(2) L'espèce C. Schmidti est en effet de création plus récente que le travail de M. Barboza du Bocage, elle était donc inconnue de ce naturaliste. Mais en introduisant, par une sorte d'anticipation et d'anachronisme, ce nom nouveau et en quelque sorte posthume dans le texte de M. Barboza, je ne crois pas dénaturer en quoi que ce soit l'idée de l'auteur, puisque le Cercopithèque innommé dont il parle a été assimilé depuis au C. Schmidti par MM. Matschie et Sclater eux-mêmes.
comparani ces individus h un exemplaire authentique de C. ascania.s qui manque à nos collections qu'il serait possible d'arriver à un résultat définitif. » Le seul obstacle qui paraît avoir arrêté M. Barboza du Bocage dans l'assimilation du C. picturatiis au C. ascanias est que, dans la figure du C. asranias publiée par Audeberl, la queue est indiquée comme étant couverte de poils de même couleur que ceux du dos.
Inutile de répéter ici ce que nous avons dit à propos de la queue dans la description du C. ascanias.
Les zoologistes se sont fait une fausse idée de cette espèce pour n'avoir consulté ou pu consulter que la planche du travail d'Audebert. Le vélin de Maréchal n'est jamais cité, et ne paraît connu d'aucun d'eux. L'original du C. ascanias ayant disparu, ce dessin doit, au même tiire que celui d'Audebert, être considéré comme le type de l'espèce. L'antériorité, de plus, lui est acquise, puisqu'il se trouve déjà cité, et même avec éloge, par Audebert lui-même, et on peut le regarder comme le seul document véritablement authentique que réclame M. Barboza du Bocage pour baser une comparaison irréprochable. S'il faut avoir une confiance égale dans les deux dessins coloriés du C, ascanias type (et rien n'autorise une préférence quelconque), il en ressort ce fait indiscutable que le même animal a été vu, d'abord par Maréchal avec la queue rouge, puis, quelque temps après par Audebert avec la queue de couleur olivâtre comme le dos(l).
Dès lors, sans parler des variations individuelles dont les zoologistes n'ont pas tenu assez grand compte, ne doit-on pas admeltre des influences d'habitat ou de saisons, et l'existence de plusieurs livrées comme chez certaines espèces de Sciuridés africains, dont on a, de ce fait, passablement réduit le nombre?
Par suite de la fusion des espèces C . histrio (Reich.), C. me-
(1) Pour ces difîérences dans la coloration de la queue, voir plus loin l'article sur les Moustacs (p. 211).
ANN. se. NAT. ZOOL. III, 13
194 E. nV. POl'SAR^UEli».
lanogenys (Gr.), C.picluralus (Sant.)etC Schmidti (Matsch.) en une seule, le C. ascanim (Aud.), on peut se rendre un compte exact de l'immense étendue de son aire de répartition qui traverse l'Afrique tropicale depuis la rive Nord du Vicloria-Nyanza (Murchison-bay) et la rive occidentale du Tanganika (Manyema), C. Schmidti^ jusqu'aux possessions portugaises de la côte d'Angola (Quimpampala près d'Ambriz), C. pictural us. MM. ThoUon et Brusseaux en ont aussi rapporté des exemplaires de la rive gauche du Congo, en face des points de confluence de ce grand fleuve avec les rivières Alima et Oubangui.
Toutes ces provenances absolument certaines, permettent donc d'afïirmer que, suivant la latitude, l'Ascagne doit se rencontrer depuis le versani Nord de la ligne de partage des eaux des deux bassins Zambèze-Congo, jusqu'au fond de l'immense boucle formée par ce dernier cours d'eau qui l'arrèteiait au Nord.
2° Cercopithecus erythrotis. (Wath.)
Cercopithecus erythrolis. Waterhouse. P. Z. S., p. 59, 1838, et p. 71, 1841.
— — Fraser. Zool. typ., pi. IV, 1848.
— — Schlegel. Mus. Pays-Bas. Singes, p. 70, 1876.
— — Sclaler. P. Z. S., p. 176, 1884, et p. 246, 1893.
Le fond du pelage chez le C. erythrotis présente une grande ressemblance avec celui de l'Ascagne. Sur les parties supérieures du corps, les poils d'un noir brunâtre sont annelés de jaune clair sur la tête et les flancs, tirant au roux orange sur le dos. Les membres antérieurs sont noir grisâtre sur leur face externe, tes postérieurs plus pâles et d'un gris vaguement tiqueté de jaune. Le menton et la gorge sont blancs, mais cette teinte passe au gris ardoisé bleuâtre sur la poitrine, le ventre et la face interne des membres.
Un bandeau noir, interrompu en avant sur la ligne médiane, couvre le front et les tempes. Les joues et les côtés de la tête sont garnis de favoris d'un blanc légèrementjaunâtre, barrés intérieurement et séparés du pelage du menton par
une large bande noire point.illée de jaune qui semble la continuation des longs poils noirs relativement abondants qui couvrent le bord de la lèvre supérieure. La tache nasale diffère, pour la forme et la couleur, de celle de l'Ascagne. Chez le C erythrotis^ le champ, couvert de poils ras d'un rouge de rouille, n'est plus à proprement parler exclusivement nasal; il remonte le long de la ligne du nez jusqu'au niveau des paupières inférieures, mais en même temps s'étale et déborde sur les joues en s'atténuant graduellement, et l'extrémité aiguë de ces prolongements latéraux arrive presque en contact avec les poils noirs qui forment un étroit liséré en avant des favoris. La tache nasale présente donc la forme d'un losange surbaissé dont la grande diagonale horizontale, coupe perpendiculairement la ligne du nez un peu iau-dessus du niveau des narines. In autre caractère permet encore de distinguer facilement le C. erythrotis du C. ascanias. Chez ce dernier, la teinte rouge rutilante ne se remarque que sur les deux tiers terminaux de la queue, tandis que chez le C. erythrotis^ cette même teinle colore la queue dès sa base, et, inférieurement, s'étale sur la région anale et l'aine. Enfin les oreilles, plus développées que chez l'Ascagne, sont couvertes sur leur face interne de poils assez longs et assez denses, d'une teinte rouge de rouille analogue à celle de la tache nasale ; delàle nom spécifique choisi par Waterhouse. On ne cite comme patrie du C. erythrotis que l'île de Fernando-Po (Waterh.) et le Cameron (Matschie).
Par suite des nombreuses synonymies que nous avons admises, la classification des Ascagnes se trouve donc considérablement simplifiée, et la question ramenée au point oii l'avait laissée Schlegel en 1876. Ainsi que l'avait reconnu le savant hollandais, le nombre des espèces de cette série se réduit à deux, le C. ascanias et le C. erythrotis. Ces deux types, nettement définis, et reconnaissables entre tous les Blancs-nez par la teinte rouge de leur queue, nous ont également montré que le blanc n'est pas la couleur exclusive de
196 I':. »!> i*oi'MAR«>iUi:!ii.
la lâche nasale. A ce point (]o vue, ropithète de ridnosticti choisie par Sclater répond mieux aux besoins de la classification et doit être préférée, car elle ne préjuge en rien de particularilés de coloration, considérées comme fixes, au contraire sujettes à des variations, dont on ne connaît peutêtre pas encore toute l'étendue. L'épitliète de « Blancs-nez», vraie pour les Pétauristes et les llocheurs, ne saurait être appliquée logiquement aux Ascagnes ; elle devrait donc être rejetée si un long usage ne l'avait pour ainsi dire consacrée, à tel point qu'en l'employant, l'intention est de signaler seulement la présence d'une tache nasale, complète abstraction faite de toute indication de couleur.
Pour terminer ce qui a Irait à la série des Ascagnes, il me reste à signaler une espèce qui présente avec eux des aflhiilés incontestables, le C. cephus (L.) ou Mousiac.
Parle mode de coloration de la queue, le Mousiac se rapproche duC. ascanias; pour le reste du pelage, il ressemble d'une manière frappante au C. erythrolh^ comme l'avait reconnu Waterhouse lorsqu'il décrivit celle dernière espèce. Mais il se dislingue de ces deux types, par la singulière coloration de la face dont le fond bleu est marqué, immédiatement au-dessous des narines et au-dessus des poils noirs qui bordent la lèvre supérieure, d'une bande en chevron blanche et nue, simulant comme une moustache relevée. Dans la grande généralité des cas, la ligne nasale est presque complètement glabre et teintée de blanc bleuâtre ; on n'y observe donc pas à proprement parler de champ nasal, dans le sens que nous avons attribué à cette expression, c'esl-àdire un espace bien circonscrit, couvert de poils ras et serrés, dont la teinte, quelle qu'elle soit, se détache vivement sur le fond sombre du reste de la face. On ne peut pas, en effet, considérer comme tache nasale les quelques poils blancs clairsemés que l'on rencontre sur le chanfrein de quelques individus de l'espèce C. ceplms. Suivant Pucheran, il est vrai, la tache nasale pileuse ne manquerait pas à tous les âges et s'observerait parfois chez les jeunes. « Une jeune guenon,
écrivait ce naturaliste, appaiteiiant au type C. cephus, nous est arrivt^e du Gabon (Aubry-Lecomte). Cet individu porte dans le milieu de sa région nasale, une lâche triangulaire à base inférieure entièrement composée de poils blancs..., il est probable que, par les progrès de l'âge, la tache blanche médio-nasale s'évanouit. C'est un fait que des observations ultérieures sont seules aptes à confirmer ou à infirmer (1). >> Je n'ai pas pu, malheureusement, contrôler le fait sur le spécimen signalé par Pucheran, mais j'ai constaté la même particularité chez un C. rephus adulte faisant partie des collections rapportées du Congo par M. de Brazza. Cet individu présente des poils blancs assez abondants sur le nez, depuis les narines jusqu'entre les yeux, plus clairsemés sur les joues; mais dont le groupement dessine visiblement une tache nasale assez bien circonscrile supérieurement, limitée en bas, en dehors des narines, par la tache blanche en chevron complètement nue de la lèvre, et qui par sa forme losangique à grande diagonale horizontale, rappelle le champ nasal rouge du C. eri/thi^otis. Joints aux autres ressemblances de pelage, ces deux faits sont très suggestifs ; mais ils sont trop exceptionnels pour autoriser l'admission du Moustac parmi les Blancs-nez proprement dits, et ne peuvent que contribuer à établir plus solidement les alïinitôs que nous avons signalées entre le C. rephus et le C. erythrotis. Il en est du Moustac comme du C. leucamfjyx (Fisch); à ces deux espèces manque la tache nasale pour être admises, la première parmi les Ascagnes, la seconde parmi les Hocheurs qu'il nous reste à passer en revue.
TROISIÈME SÉRIE. — Hocheurs.
Les Cercopithèques appartenant à celte série se distinguent au premier abord, par la forme de la tache blanche nasale, de tous les Blancs-nez que nous avons examinés jus-
(1) Pucheran, ^ev. et Mag. de ZooL, p. 195, 1837.
(Hi'iri liinl Poliuii'ish^s (ju'Asc;)i;n(*s. Cluv (-(Mix-ci. (juello (jiio sciil I;» lonui' lri;iiii;ul;iiiv, cordci* ou los;iiii;i<|ii(* de Va Iju'Ih» nasMl(\ son (linnu'lrc li'nnsvcrsal ou lu>ri/onl;ïl l'ciu- |»oi"l(> ItMijtHii's, c\ [Kirlois (1(> 1)(MUC(>U|) sui" son (liainMrc loui;ilMilinal ou vrrlical. ('.Ikv les MocliiMirs, la roiiiit» du ('liaïup nasal ('sl loul auli'c. Sclil(\i;(d Ijnail dcliuic^ hiau^ulairc à bas(» iulV'i'i('ur(\ mais, counno l(» l'ail rtMuai(|U(M' aven' raison M. Jciiliulv. ("'(«si plulôl un cant' cl. pour préciser davaula|;(' (MU'or(\ uu losange, mais (|ui ne iapp(>llt> ou riou la lacho nasah^ du (\ rrt/throtis. LcM'liauip nasal d(*s liochtMU's, louit)Ui's d'un l>Ian«' parrail. s'éliMul (M1 olVtM an^nlairomonl «Ml bas tMilrt> l(^s narines, presqu(> anlaiU ipi il riMiunile lt> l(Mi^ k\\\ ehaulrein iu<(|u"au ui\(MU des paupières inierieui'es. ('."esl, si l'on veut, la laehe uasal(> d(*s l'elaurisles tM de TAseai;n(\ aui;m«Miléi' d'un seeonil Iriauiile placé au-dessus du pr(Mni(M* symelri«|uemenl par rapporl à leur basi» l'ommuut'. rartaul, le diamcln^ loni;i(udinal ou vt'rlical du cliamp nasal s'tMi acci'oîl daulanl, cl il esl plulôl supérieur qu'éiial à son diamèirt» bori/.onlal iM lransv(M"sal. Ouali'e espèces de lUancs-ue/ apparliiMinenl iuconleslablemeid à la st'M'ii^ dt^s lb>i'li(Mirs. Ce son! \o C. niriUnns y\,.) (\p(^ (\c la série, le C. Marf/ni [\\i\\ov\\.), \o (\ Itid'io [(\\\) «d K* C. Stainpflii (.lenl.).
('' r.KuroriruKr.fs NurnrANs. (1,.)
SimUx uktitixm. \\\\\\(\ Sysl. ^al.. |-2"' éilit., t. l, p. 10, iV 'IW, ITGO. (Virc/t/Z/icrus uictitous. Krxlobon. Sysl. lloi;n. Ai\im. Maiiuu., p. 3.), iC \\\,
La Gncnon îi net lliitic piWniiiuiit. lUilVoii. Ilisl. uat. ^Snppl^.^, t. \ 11. p. 7'2,
pi. \vm, iTS'.).
Le Hochcur. Avuleborl. llist. nat. Siiii^os ot Makis. Katu. IN , s(\i. 1, lii,'. '2,
CeixopUhecus nictUdUii. Vv. (aivior. Maïuni. ^lexlo ol plaïuhol, ISi.'i.
— — Soliloiîol. Mus. Pays-lîas. Sinijes, p. S'.». 1S70.
— — Solatèr. I\ /. S., "p. -Jlti. ISW.
C.he/ le Ib^iduMU", \o uo'w esl la leinle dominante du pclag(\ Sur les (empes. la nuque, les épaules, cl les membres aidérieurs lanl à leur l'ace interne qu'à leur face ex-
ÉTUDK sr;n lks mammifèrks du co.ngo français. 100
torrio, k'S poils soril, d'un noir jirofon'J <-À pur do louf rriôlan^'o, ainsi quo sur lu (nirlio flistaio do^ rnr-inhro.s postorioiirs of do la quono. A ToKOopliori du rnorilon et de la ^or^o qui ifiorilro'nl uno loiriLo ^^ris f^nfurné, les autres ré^MOUS du oorfjs pr<''s<-rdont une couleur noir tiqueté de l)l;inc plus ou moins jaunâtre suivant les individus, et rappelafjt la rohe du C. /cary/jn/n/:/: ^Kisch;. Cet asfject est du à la présence de trois anneaux blancs assez étroits qui coupent la teinte noire sur la moitié apicale des poils. Sur la face supérieure du corps, ces anneaux blancs sont tri;s nets, et se détacbenl (roncliement sur le fond noir; sur la poifrine, le ventre et le liant de la face interne des membres postérieurs, les anneaux blancs n'ont au contraire que des limites vBf^ues et se fondent insensiblement dans la teinte noire, ce qui fait paraîtn; ces parties d'une couleur noir cendré à [)eu |)r(;s uniforme.
Lapaii-iede ce lilanc-nez paraît limitée à cetle [jîi.rlie df l'Ouest de l'Afrique comprise entre l'emboucliure du t>jngo et le C;ifuerori. On n'en cite aucun spécimen provenant des régions situées à l'Ouest du .Niger.
2" CEHCOfMTHECCS Martini. (Wath.)
CercojnthecuH Martmi. Waterhousf; nec Sclater. P. Z. S., p. "tH, 1838, et p. ~i,
— ludio. (Jr.iy riec Schlf^f/el. J'. /. S., p. 8, pi. IX, 1849.
— MaHinii. ^ch\f;(>fA. Mus. Pays-Has. Siiif.'f;s, p. 80, 1870.
— melan(j(jeïnjfi.^cAA(i'j,i-A uccCvay. .Mus. Pays-Bas. Sinî/es, p. 00,
— Slo.mpflii. hiidïnk. VoL f. \.'ù<l. Mus., p. 10, 1888.
A côlé du Iloclieur propr-f-ment dit ou C. nirtilam, viennent se ranger trois antres esp(;ces, qui s'en distinguent par leur teinte moins sombre, surtout sur les parties inférieures du corps et le haut de la face interne des membres, où le blanc domine. Ces trois types doivent, à n'en pas douter, être séparés spécifiquement du C. niflifans, mais je doute qu'il existe des dilVérences fjssez Irancliées, pour autoriser entre eux la moindre distinction.
200 E. |>E POLî«AUCiUF.!l».
Le plus anciennement connu, le C. Martini, fut décrit en 1838 par ^^^alerllouse, qui compléta son étude en 1841 d'après des spécimens plus nombreux, mieux conservés, mais également mutilés de la face et des extrémités des membres. De là l'absence de toute indication détache nasale dans les écrits du savant zoologiste anglais.
Quelques années plus tard, en 1819, Gray créa l'espèce C. ludio, pour un spécimen dont il publia la figure sur la même planche que le C. melanogenys. Je crois avoir suffisamment démontré plus haut, comment la plupart des auteurs avaient été dévoyés dans l'interprétation qu'ils ont donnée de cette planche, et je me contenterai de rappeler ici que pour nous le C. ludio, est le Blanc-nez figuré par Gray avec le pelage noir verdâtre.
Enfin la troisième espèce, le C. Stampfîii, a été décrite récemment par M. Jentink d'après un spécimen adulte rapporté de Libéria par M, Stampfli, et un jeune mâle ayant vécu en captivité, et classé antérieurement par Schlegelsous le nom de C melanofjenys.
Pour l'étude comparative des caractères de ces trois espèces, j'emploierai la méthode dont je me suis servi déjà pour l'examen des Ascagnes, en rassemblant parallèlement en un tableau les principales particularités de pelage observées par les auteurs.