‹ ude sur les mammifs du Congo fransChapitre 16 sur 153 · C. STAMl'FLn. (Jeiit · texte numérisé non relu

C. STAMl'FLn. (Jeiit

Chaque poil gris à sa base a sa portion apicale noire marquée généralement de trois anneaux d'un jaune blanchâtre. 1838.

Noirâtre, finement tiqueté de jaune.

Poils du devant de la tète, du dos et des lianes d'une teinte grise plus ou moins rousse ; chaque poil élantannelé de noir et de jaune roux.

Sommet de la tète et membres antérieurs noirs. 1838.

Face supérieure de la tète, région occipitale, épaules et membres antérieurs noirs. 1841.

Face, tempes, sommet de la tète, épaules et membres antérieurs noirs.

Sommet de la tète, nuque et membres noirs.

Membres postérieurs noirâtres, les poils n'étant que vaguement annelés.

Face externe des membres postérieurs noirâtre.

La queue est d'un noir uniforme excepté à la base et près de la base où les poils sont vaguement annelés de gris. 1841.

Portion terminale de la queue noirâtre.

Moitié basais de la queue d'une teinte giise plus ou moins rousse, moitié terminale noire.

Sousiabase delaqueue se trouvent quelques poils d'un brun rougeàtre sombre.

Croupion et face inférieure de la base de la queue d'un brun rougeâtre sombre.

Gorge d'un blanc sale.

Poils de la face inférieure du corps d'une couleur de suie grisâtre, vaguement annelés de blanchâtre.

Chez les jeunes individus, le dessous du corps est plus clair.

(jorge, partie supéiieure de la face interne des bras, et face inférieure du corps, blanchâtres.

Menton, poitrine, portion antérieure du ventre et partie supérieure de la face interne des bras, blancs.

Très proche parent du C. nictitam, toutefois la teinte générale est légèrement grisâtre.

Teinte générale du pelage noire.

Une large tache blanche oblongue sur le nez. — Grande dimension et forme oblongue droite de la tache blanche nasale.

Base du triangle formé par le champ nasal tournée vers le bas, son angle opposé se prolongeant vers le haut en pointe jusque sur l'entre-deux du bord inférieur des orbites.

202 E. DE POUfS.lRCiUEfi.

En parcourant ce tableau, on peut se convaincre qu'il est difficile de trouver deux descriplions qui se ressemblent plus que celles du C. Martini ai du C. hidio; c'est à un point tel, que l'une semble le décalque de l'auti'e. Les mêmes parlicularilés y sont signalées dans les mêmes termes et sous les mêmes épitbètes. Cette identité absolue des diagnoses, entraîne de toute évidence celle des deux espèces et me dispense de m'arrêter j)lus longuement sur ce point.

On trouve chez le C. Stampfîii des teintes semblables réparties de la même façon que cliez les deux espèces précédentes, et il n'y a à noter comme différences que la teinle plus ou moins rousse des anneaux jaunes des poils, et l'nbsence de poils brun rougeâlre sous la base de la queue. Du moins, cette teinte particulière n'est pas signalée par M. Jentink, qui indique la moitié basale de la queue comme étant de même couleur que le dos. Celte légère différence enlraînel-elle la distinction spécifique du C. Slamfid? Il est permis d'avoir quelques doutes à ce sujet, car la constance et la régularité de la tache rousse anale me paraissent soumises à des fluctuations dont on ne saurait encore fixer les limites. D'après Waterhouse, cette marque n'intéresse que le dessous de la base de la queue chez le C . Marùnï; suivant Gray, elle remonte sur le croupion cliez le C. Iiidio; enfin, j'en ai rencontré des vestiges de cbaque côté de la base de la queue chez quelques C. nictitans. Je crois donc qu'il n'y a pas là matière à séparer spécifiquement le C. Slaiitpflii du C. ludio, étant donnée l'exacte concordance de tous les autres caractères. Sur ce point je suis donc en complet accord avec Schlegel, qui avait catalogué comme C. melanogenys l'un des spécimens sur lesquels M. Jentink a basé l'espèce C. Stampfîii. Ceci peut paraître paradoxal et quelque peu incompréhensible, mais, qu'on se rappelle le regrettable quiproquo occasionné par la discordance entre les numéros du texte et de la planche de Gray. Le C. melanogenys de Schlegel n'est autre que le C. ludio de Gray et vice

versa (1). Le savant hollandais, il est vrai, n'admetlait pas la synonymie cUi C. Martini et de son C. inelanogcnys [C. luaio de Gray); mais il me semble difficile de ne pas reconnaître le parallélisme rigoureux des descriptions de ces deux espèces, ce qui est une preuve péremptoire de leur identité et dispense de tout commentaire. Je proposerai donc de fusionner les trois espèces en une seule qui, suivant la loi de priorité, porterait le nom de C. Martini (Waterli.). Les caractères de cette espèce dûment établis, il me reste à donner les explications, retardées jusqu'ici, sur la synonymie que j'ai admise entre le C . signatas (Jent.) et le C. Martini [^c\dX. nec Walerli.j. Le Cercopithèque figuré dans les Proceedings de 1884, pi. XIV, ne me paraît pas, en effet, répondre aux diagnoses du C. Martini données par ^^'aterhouse. Ce dernier type appartient à la série des Hocheurs, et, comme l'affirme Waterhouse lui-même, est très proche parent du C. nictitans , « most nearly allied to C. 7iictitans ». Les caractères du Cercopithèque figuré par M. Sclater, montrent au contraire des affinités très prochaines avec le C. petaurista. Cette relation n'avait d'ailleurs pas échappé au savant secrétaire de la Société zoologique de Londres, car il reconnaît lui-même ce Blancnez a close ally of C. petaurista.

C'est donc dans la série que j'ai nommée celle des Pétauristes, que ce spécimen doit prendre place; et si l'on examine à laquelle des espèces de cette série l'on doit le rapporter, le C. signatus me paraît tout désigné pour ce rôle. On peut, en effet, suivre de point en point la description que M. Jentink a donnée de cette espèce, sur la figure du C. Martini (Sclat.). Voici d'ailleurs cette description :

(1) Cette conclusion, qui découle nécessairement de riiUerprétation vraie de la planche de Gray, est celle à laquelle était arrivé de son côté M. Matschie qui, de ce fait, établit la synonymie entre le C. ludio (Gr.) et le C. Stampfln (Jent.),

« Dieser C. Stampflii ist aber nicht atideres als C. ludio (Gr.) ».

Mais M. Matschie conserve à cette dernière espèce son autonomie et la dislingue du C. Martini (Wat.), dont il laisse d'ailleurs l'habitat indéterminé.

204 r. i>r P4»i]<«%itf;LTE!^.

« Lesparlies supérieures du corps et de la queue, les parlies inforieuros du corps el la face interne dos membres présentent les mêmes teintes que le C. petaurista. Membres postérieurs de même couleur que les antérieurs, mais plus sombres que chez le C.petaurista elle C. ascanias. Face inférieure de la queue blanc sale. Poils des côtés delà tête grisâtres (chacun d'eux élanl annelé de blanc, de jaunâtre et de noir), et netlemont séparés delà toinle plus rougeàtro du dessus delà tôle par un bandeau noir qui court d'une oreille à l'autre en passant au-dessus des orbiles. Ce bandeau ressemble exactement à celui que l'on Irouve chez le C.petaurista^ mais ne se continue pas en une bande noire circulaire traversant le vertex comme dans cette espèce. Les côtés du museau, et quelques poils sur le devant de la lèvre inférieure, sont noirs. La Icte paraît plus élevée, la face et les mâchoires sont plus proéminentes que chez le C. petaurista (1). »

Si l'on veut bien suivre cette description, empruntée lexhiellemenl de.M. Jenlink, en ayantenregard la planche du C . Ma//in'i^ on seraobli^^é de reconnaître rexaclitude de mes suppositions. Ces deux espèces n'en foni qu'une, le C. sicjnatus. D'après ses exemplaires mutilés, Waterhouse n'a pas pu décrire la forme de la tache nasale ; toute comparaison sur ce point serait donc hypothétique et sans fondement ; toutefois on peut remarquer que, sur la planche du C. Martini (Sel.), la forme du champ nasal n'est pas celle qui caractérise les Hocheurs, C. nictilans et C. ludio; elle reproduit au contraire très exactement celle que M. Jentink reconnaît au C. signatas, soit « base du triangle nasal tournée vers le haut ».

La méprise me paraît donc évidente, et le C. Martini figuré dans les Proceedinga^ serait, à mon avis, plus correctement désigné sous le nom de C. signalas (Jent.).

Comme patrie du C. Martini (Walerh.) on peut indiquer

(1) Jentink, Not. fr. Leyden Muséum, VIII, p. Bo, 1886.

la côle Nord du golfe de Guinée, depuis le Libéria [C. Stampflii) jusqu'au delta du Niger (C. ludio) d'après M. Sclater. L'île de Fernando-Po ne peut être admise qu'avec doute, à cause des nombreuses importations d'animaux vivants, provenant des côtes voisines (Schlegel).

Pour résumer cette revision un peu longue des Cercopithèques rhinoxticâ, j'ai réuni toutes les espèces examinées dans le tableau synoptique suivant. Le caractère choisi comme base de ce groupement, ditTère de celui qu'a utilisé M. Sclater. A l'exemple de Schlegel, j'ai attribué plus d'importance à la forme qu'à la couleur de la tache nasale; ce qui, à mon avis, permet de respecter scrupuleusement les affinités des espèces entre elles. Quant aux caractères de valeur décroissante, plusieurs ont été empruntés du système de M. Sclater, qui, malgré l'inconvénient qu'il présente d'éloigner les uns des autres des types étroitement alliés, n'en reste pas moins une clef d'un facile usage pour la détermination des espèces.

La synonymie entre les différentes espèces douteuses de C. rh'uiostïcti étant ainsi établie, nous pouvons reprendre l'examen des diverses sujets recueillis par nos voyageurs au cours de leurs explorations dans nos possessions françaises du Congo.

K. UE POUMAUCiLJESi.

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