‹ ude sur les mammifs du Congo fransChapitre 19 sur 153 · Cercoi'ithkcus por.oNiAs. (Benn · texte numérisé non relu

Cercoi'ithkcus por.oNiAs. (Benn

Ccrcoiillhecus poQonias. Bennclt Proc. Zool. Soc. Lond., p. 07, 1833.

— f;r.c/e6eni. I)ahll)0in et Pucheian. Rev. Mag. Zool., p. 96, 18.Ï6.

— — Dahiboni. StuJia Zoologica, p. 100, tal). V.

— 7ii(jripcs. Du Chaillu. Proc Boston .\. II. Soc, p. 300, 1800.

— — t'iay. Proc. Zool. Soc. London, 1861, p.

— pogonias. Schlegel. Singes. Mus. Pays-Bas, p. 82, 1870.

— Grayi. Fraser. (sin. descr.)

a.çj' semi-adulte. M. de Brazza, 188o. Haut Ogôoué.

h. 9 adulte. M. Brusseaux, 1890. Safo, forêt de Mayumbé.

c. Q — M. Dybowski, 9 octobre 1891, près Bangui.

d.çj' - — lo octobre 1891 —

c.(^ — — 2 janvier 1892. Ûuadda, Haut Oubangui.

f. ç^ — — janvier 1894. Cette-Cama, près du rivage

de l'océan Atlantique.

<j. Q -- — Même provenance que le précédeni, rap-

porté vivant par le voyageur et ayant vécu à la Ménagerie du Muséum jusqu'au 2o janvier 1895 (1).

Le Muséum ne possédait encore de cette espèce, que la jeune femelle type du C. Erxlebeni (Puch. et Dabi.) et un magnifique exemplaire adulte provenant du voyage de

(1) Voir à propos de ce spécimen, l'article publié par M. J. Dybowski, dans La ISature, n^ MOI, p. 132, 7 j'ulleti894

M. de Compiègno an Gabon. Ces deux spécimens, joinlsanx sept ci-dessus énumérés, forment une magnifique série d'individus variés, dont l'examen comparatif m'a permis de reconnaître que les trois espèces C. pogonlas, C. Erxlebeni et C. rï?'^n/;e^ successivement décrites par les auteurs, ne sont, ainsi que l'avait très exactement observé Schlegel, que des variations individuelles ou locales d'un seul et même type. Dans sa Revision des Cercopithèques, M. Sclater admet également la possibilité de ces variations, mais maintient néanmoins la distinction entre ces Irois espèces ou sous-espèces, dont il forme sa section des Cerropitheci aurindnti. Si l'on se range à cette manière de voir, il me paraît impossible toutefois d'adopter la sous-espèce C. Erxlebeni dans l'acception proposée par M. Sclater; et les différences qui existent entre le C. pogonias et le C. Erxlebeni types, ne me paraissent pas être telles que le savant naturaliste anglais les a établies. La seule distinction que l'on puisse reconnaître entre ces deux formes, réside dans la couleur du fond du pelage des parties supérieures du corps. Chez le C. pogonias^ à part la face externe des membres postérieurs lavée de jaune a/lavidis », la teinte fondamentale du dessus du corps est d'un noir tiqueté de blanc, « nigrescens^ alho punctulatus », « hair^ hlark ringed ivitluf^hitlsli , prodiicing a grizzled appearance ». Chez le C. Erxlebeni ces mêmes parties sont d'un brun olive tiqueté de jaune rougeâtre ferrugineux, « olivaceo, fulro, ferriigineo, griseo nigroque varïegatus ». Quant aux taches noires caractéristiques du C. pogonias^ « dorso mcdio, prymna, cauda siiperne et ad api rem ^ fasciaque temporali nigris », on les retrouve bien marquées chez le C. Erxlebeni et décrites à pou près dans les mêmes termes par Pucheran : « Villis cajutis tribus, regioîie lunibo-sarrali, caudie parle sapera et toto apice nigris. » Tout comme chez le C. pogonias, la bande noir-e sacro-lombaire existe chez le C. Erxlebeni^ et la rubrique (( dorso concolore » ne saurait être plus logiquement appliquée à l'un qu'à l'autre. Les individus à dos uniformément coloré constituent une autre forme innomée, à laquelle mène insen-

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siblement le C. nigripes à bande noire dorsale mal définie laléralemenl.

Mais on ne saiirail atlribiier une imporlancc spécifique à toutes ces variations qui ne présentent ni fixité ni délimitation précises; mieux vaut donner plus de lalitude à la description de Bennett, et à l'exemple de Sclilegel fusionner toutes ces variétés en une seule espèce dont la diagnose serait la suivante :

C. poijonias. Teinte fondamentale du dessus du corps variant du noir tiqueté de blanc au brun olive onde de roux ferrugineux plus ou moins vif. Face externe des meml)res postérieurs toujours moins sombre que celle des antérieurs, qui peut être parfaitement noire depuis l'épaule jusqu'à l'extrémité des doigts. Une large bande longitudinale noire sur la partie postérieure du dos et les lombes, lanlôt parfaitement dessinée, tanlot indécise, tantôt absente. Dessous dn corps, face interne des membres et pinceaux auriculaires d'un jaune rougeâtre plus ou moins vif. Sur la tête trois bandes longitudinales noires, dont deux temporales larges et une sagittale plus étroite formant crête, séparées par deux plages claires, d'un blanc plus ou moins jaunâtre légèrement tiqueté de noir comme les favoris. Queue noire sauf à la face inférieure de sa moitié basaleoîil'on retrouve la teinte fauve du dessous du corps parfois variée de noir. Bennett donne comme dimensions du C. pogonias type un peu plus de 43 centimètres pour la tête et le corps, et Gi centimètres pour la queue; mais cliez les individus parvenus à leur complète maturité, ces dimensions sont sensiblement plus grandes. Ainsi le mâle adulte (/) compte 144 centimètres de longueur totale, dont 57 pour la tête et le corps et 87 pour la queue.

Il est à noter toutefois que les proportions demeurent rigoureusement constantes, et que pour ces deux exemples, les dimensions de la tête et du corps sont à celles de la queue,

exactement dans le rapport -. L'aire de dispersion de cette

espèce paraît assez limitée; elle s'étend le long des côtes de l'Atlantique, de l'embouchure du Congo jusque dans le Cameron (Alatscliie). Vers l'intérieur, le point extrême où M. J. Dybowski ait signalé sa présence est Ouadda snrlarive droite de l'Oubangui, par 5° lat. N. et 16% 47' 30" de longit. à l'Est du méridien de Paris.

Aucun des spécimens [a,c,d,e) provenant de l'intérieur ne présente de tache dorsale, le dessus du corps est brun olive tiqueté de jaune rougeâtre pâle, et le dessous d'un blanc jaunâtre. Le spécimen (/>) provenant d'un pointplus rapproché de la côte et plus Sud, revêt les teintes d'un roux doré vif du C. Erxleheni typique et la bande noire sacro-lombaire apparaît, quoique d'une manière assez vague. Quant à la livrée C . pofjonias {\ large bande dorsale noire franchement limitée, elle paraît plus spéciale aux individus cantonnés le long des côtes, tels que les spécimens (f\(j) qui ne présentent même aucune trace de jaune sur la face externe des membres postérieurs, tandis que le pelage des parties inférieures est d'un roux jaunâtre éclatant. L'hypothèse de l'existence de sousespèces locales, émise par M. Sclater, paraît donc très plausible et sera, sans nul doute, confirmée par les découvertes ultérieures.

Sur les spécimens [d, e), labande sagittale sombre du front est excessivement étroite et si atténuée en avant, que les deux plages claires supraoculaires semblent se confondre sur la ligne médiane pour ne plus former qu'un large bandeau fronlal échancré en son milieu, mais ininterrompu et tel qu'on le remarque parfois chez le C. mona (Schreb.) et le C. CampbelU (Waterli.) (1). Ces deux espèces présentent d'ailleurs d'autres analogies, et de réelles athnilés avec le C. pogonias^ et la teinte brun sombre de la croupe et de la face externe des cuisses qui caractérise le C. CampheUï^ semble comme une diffusion de la bande noire sacro-lombaire du C. pogonïm.

(1) « This species (C. CampbelU) appears lo be most closely allied to C. pogonias of M. Bennett. » (Waterhouse, Proc. Zool. Soc. Lond., p. 61, 1838.)

210 ^'- i>r. poi's»An«i'KS.

Une autre forme paraît ôlre intermédiaire et servir de Irait d'union entre ces trois espèces, c'est le (".crcopilherm Grayi (Fras.) (1). Chez ce type, de même que chez les diiïérentes variétés du C. poc/onias, trois bandes somi)res (deux temporales et une sagiltale) limitenl sur le front deux taches supraoculaires d'un blanc jaunâtre. Suivant Tiray, le C . Grayi présenterait comme la Moue une tache blanche sur les hanclies (2); M. Sclater (3) prétend au contraire (ju'il n'en existe pas trace. En présence de ces deux manières de voir absolument contradictoires,' il est impossible de se prononcer catégoriquement sans avoir vu le spécimen typedeFraser, que je soupçonne devoir être, suivant l'un ou l'autre cas^ une variété soit du C. mona, soit du C. pogonias.

Mais ce point litigieux vient d'être définitivement élucidé par M. Sclater, qui, ayant eu récemment (i) l'occasion d'examiner le type du C . Grayi de Fraser, a reconnu son identité avec le C. Erxlebeni. Le terme spécifique C. Grayi de date plus ancienne, doit cependant être abandonné, comme purement nominal, et ne correspondant à aucune description.

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