‹ ude sur les mammifs du Congo fransChapitre 20 sur 153 · Cercopitiif.cus Brazz-k. (A. M.-Kdw · texte numérisé non relu

Cercopitiif.cus Brazz-k. (A. M.-Kdw

CercopithccusBrazzw. A. Milne-Edwards. Hevue scipiilifiqiip, 'i*^ sér., t. XII,

p. i;;, juillet 1880.

— — Sclater. P. Z. S., p. 2;;.;, 1803.

— p. Z. S., p. 443, pi. XXXIII, 1893.

a. ç^ vieux. M. de lîrazza. Congo français, 188;). h. (f très adulte. — —

c. 3^ adulte. — —

d. 9 semi-adulte. M. .1. Dybnwski. Poste des Ouaddas, Haut Oubangui.

Lat. N. 5°. Long. E. 16° 47' .30".

Cette espèce, sans contredit l'une des plus grandes et des plus belles du genre, a été dédiée par M. A. Milne-

(1) Fraser, Cat. Knowsl. Coll., p. 8, 1830.

(2) (iray, Proc. lool. Soc. L^md., p. 182, 1868. uC.Grayii. Ilauiiches with a white spot.))

(3) Sclater, Proc. lool. Soc. Lond., p. 2;jG, 1893. « C. Grayi. There are no white spots on the crupper. »

(4) Sclater, Proc. V.ool. Soc Lond., p. 484, 1894.

Edwards à M. de Brazza à qui l'on estredevable de sa découverte. Le courageux explorateur a doté le Muséum de trois mngnitiques exemplaires de ce Cercopithèque, etrécemment M. J. Dybowski nous a rapporté la dépouille d'une femelle semi-adulte de cette espèce qu'il est facile de reconnaître aux caractères suivants :

Le dessus et les cotés de la tête et du cou, le dos, les flancs, la croupe, le haut de la face externe des cuisses et des bras et la base de la queue sont gris pale tiqueté de noir. Les poils très serrés qui couvrent ces parties sont do deux sortes. Les uns constituant le sous-poil, sont courts, minces, duveteux et d'un blanc grisâtre vaguement annelé de noir; les autres, beaucoup plus longs et atteignant jusqu'à 75 et 80 millimètres sur le dos, recouvrent et cachent complètement le sous-poil; ils sont d'un blanc grisâtre à partir de leur base sur les deux cinquièmes de leur longueur, et marqués ensuite de quatre larges anneaux noirs, celui de l'extrémité du poil compris, séparés par trois anneaux plus étroits, d'un blanc un peu jaunâtre.

Ces anneaux blancs des poils diminuent de nombre et d'étendue à mesure que l'on descend sur la face antérointerne des bras, et que l'on se rapproche de la ligne médiane inférieure ; il en résulte sur toute la poitrine et sur le ventre une teinte d'un noir grisâtre, les poils ne présentant plus qu'une légère teinte pâle près de leurs racines. Une étroite bande noire, bordée en avant d'un mince liséré blanc jaunâtre, naît vers l'articulation scapulo-humérale, descend en ondulant le long de la face antéro-externe des bras, et vers le pli du coude, se perd dans le pelage d'un noir profond qui couvre la portion inférieure des bras, toute la face externe et postérieure des avant-bras et une grande partie de leur face interne et se continue sur les mains et les doigts.

La face interne des cuisses et l'aine jusqu'au bord postérieur de l'anus et des callosités sont garnies de poils d'un blanc pur. Une bande étroite de poils de cette même couleur part de l'angle inféro-externe de chacune des callosités,

218 K. «F- POUSAR«UES.

traverse la face exlérieuro de la cuisse de haut en bas et d'arrière on avant, et vicnl se })ordre sur la face exicrne de la jambe un peu au-dessous du genou, après avoir décrit un arc à convexité antérieure qui iranche vivement sur la teinte grise environnante. Une tache noire oblongue se remarque vers le genou. Sur la face postérieure des cuisses, et sur les jambes, la leinte du pelage est d'un gris obscurément iiquelé qui. en arrière, va s'assombrissanl de ])lus eu phjs, à mesure qu'on se rapproche du talon. Le dessus des ])ieds et toute la surface de la queue à partir de 7 à 8 centimètres de sa base sont recouverts de poils complètement noirs. Le pelage de la région céphalique chez le C. Brazzœ présente des particularités remarquables, et éminemment caractéristiques. Sur le devant du front, on observe un magnifique diadème de poils roux, denses, assez longs, égaux, disposés en éventail, dressés et formant brosse. Ce diadème a exactement la forme d'un segment de cercle, dont la ligne sourcilière, marquée par un mince liséré de poils noirs, serait la corde. Le long de son bord postérieur fortement convexe en an-ière, on distingue une teinte plus pi\le, due à l'extrémité blanc jaunâtre des poils roux qui garnissent son pourtour. Cliez le vieux spécimen («), le diadème mesure 4 centimètres sur la ligne médiane frontale, dans le sens nntéro-postérieur. Ce diadème est séparé du pelage gris tiqueté du dessus de la tête par un large bandeau de poils noirs, couchés d'avant en arrière. Ce bandeau traverse la région post-frontale, s'arrête de chaque côté au niveau supérieur de la région temporale, et de là, se prolonge en arrière sous forme d'ailerons (1) symétriques qui viennent masquer l'orifice de l'oreille. A l'inverse du diadème, c'est donc sur la ligne médiane frontale que ce bandeau noir présente, dans le sens antéro-postérieur, son développement minimum, qui est de 15 millimètres.

(1) Cette disposition du bandeau a été représentée très exactement dans les figures jointes au travail de M. Sclater sur les Cercopithèques. (/^. Z. S., figure dans le texte, p.2oo, et pi. XXXIII, p. 443, 1893.)

Sauf un étroit anneau circumoculaire, la face est complètement velue. Les joues et les tempes sont garnies de poils gris tiqueté de noir analogues à ceux des parties supérieures du corps, mais plus courts. Des poils noirs et ras, en continuité avec ceux de la bande sourcilière, couvrent le nez depuis sa racine jusqu'au niveau de l'angle supérieur des narines. A partir de ce point, le reste du museau est revêtu de poils d'un blanc pur; cette teinte effleure obliquement la commissure des lèvres, et se propage sous le menton et la gorge pour aller se terminer en coin en avant de la poitrine. Sur la lèvre supérieure et l'extrémité du nez, ces poils blancs sonl courts et assez peu fournis; mais sur la lèvre inférieure ils s'allongent et se multiplient considérablement à mesure qu'on se rapproclie do la ligne médiane, et forment, sous le menton et la gorge, une longue barbe qui diffère de celle que l'on remarque chez la Diane, en ce qu'elle se prolonge en arrière jusqu'à la base inférieure du cou.

Les oreilles sont nues, noires, petites, émergeant à peine au-dessus du pelage des parties environnantes; derrière elles on trouve un faible espace cunéiforme dépourvu de poils.

M. Sclater (1) a donné récemment une courte description où se Irouvent consignés les caractères les plus saillants du pelage du Cercopithecus Drazzse. La teinte fauve pâle signalée par ]M, Sclater pour les parties supérieures du corps est à peine visible et pour ainsi dire nulle chez les spécimens types du Muséum de Paris, dont les parties supérieures sont gris pâle tiqueté de noir. La planche qui accompagne la description du savant naturaliste anglais, indique une teinte trop blanche sur la poitrine, qui en réalité est noir grisâtre; cette figure ne donne également qu'une idée peu précise de la forme et de l'orientation de la raie fémorale blanche. De plus, la ligne noire scapulo-humérale ne se trouve indiquée ni dans le texte, ni dans le dessin. Celte ligne présente

(1) Sclater, loc. cit.

K. i>F. roi^%KCiiir.K.

cependant nne conslance el une nelielc^ remarqual)les. Elle descend de rarticulalion de l'épaule en déerivanl le long- di* la face aiiléro-exlerne du bras une courl)e onduleuse d'aliord convexe, puis concave en arrière, borde en avant le pelage noir de la porlion inférieure de la face externe du bras, el, comme je l'ai dil plus haut, se perd vei's le pli du coude dans la leiuLc noire du pelage de Tavant-bras. Celle raie noire humérale est, on peut le dire, l'iiomologue de la ligne fémorale blanche, et mérilait d'autant plus d'élre signalée qu'il n'en existe aucuu vestige chez les autres espèces de Cerropithèques connus. J'ai donc cru ulile de reprendre avec délail la descriplion du Coropil/iecus Brazziv, tant pour corriger ces légères inexact! Indes, que pour faii-e connaître d'une façon complète les spécimens types dont les dimensions, vu leur état de complet développement, excèden! sensiblement celles données par iM. Sclaler.

Dimensions, du corps en centimétreii.

vieux.

trr>s adulte.

.-l.lllltp.

scnii- ailiilt(

Loiij^iioiii' do l;i liHe cl du corps.. — de la qiieup

GO

GO

— de la main (du poignet à

rextréniilé du médius).

— du piod (du talon à l'ex-

trémité du médius) . . .

Il y a bien quelques rapports lointains de parenté entre le C. Brazzic el le C. leucampyx (Fischer, non Gray), mais ])ar suite de la présence d'une barbe menlonuière et d'une ligne blanche fémorale, c'est avec le C. dJana (L.) que le C. Drazzœ présente les affinités le? plus étroites, et, avec juste raison, M. Sclater a réuni ces deux dernières espèces dans une même section sous le nom de Cercopitheri barbati.

Entre autres affinités probables, et même certaines, il faut encore signaler celle qui rapprocherait le C. Brazzœ du C. negJrctifs (Schlegel) ou C. leiicampyx (Gray, non

Fischer). M. Sclaler incline même fortement à la réunion de ces deux espèces. Après le sérieux examen comparatif que le savant anglais a fait des peaux du C. Brazzie et du C. neglectus, il n'y a nullement à douter de leurs analogies. Mais, vu l'absence, chez l'unique dépouille mutilée du C. negleciiis^ de toute la portion faciale (parties si éminemment caractéi-isliques et si particulières chez le C. Brazzœ), il y a lieu, je crois, d'hésiter avant de se prononcer pour la similitude complète et l'identification des deux espèces. Gray décrit le pelage de son C. leurampyx comme gris brun hnement tiqueté de gris, « fur grey-hrotrn mïnutely (ireij-grizzleih^ , et M. Sclater admet également une coloration générale beaucoup plus brunâtre et une teinte jaunâtre pour la raie fémorale de ce même spécimen. Chez le C. Brazzœla raie fémorale esl franchement blanche, cl j'ai insisté plus haut sur la couleur gi'ise et non fauve des parties supérieures du corps. INi Gray, ni M. Sclater ne signalejit chez le C. 7ieglectus la ligne humérale noire si lemarquable chez le C. Brazzse. Devant ces divergences, et l'insuffisance de documents, pour la région faciale du C. neglectm^ toute assimilation serait problématique. L'étroite parenté des deux espèces esl incontestable, par suite tant du mode de distribution des teintes, que de la présence d'une ligne fémorale, mais il est impossible d'invoquer antre chose que des hypothèses et des présomptions, en faveur de leur identité spécifique.

Le crâne dans cette espèce, n'offre aucune particularité remarquable, il présente nettement tous les caractères du type Cercopithèque et je me bornerai à en indiquer quelques dimensions piises sur les trois spécimens adultes types provenant du voyage de M. de Brazza :

ui: i*ou.%»AU€iui<:!î>.

Mesures du crâne en milliinëtres.

çS \icu\.

O'U-, rulultr.

o' adulte.

1 Longueur maximum du crâne en ligne droite de la crête occiiiitale à l'extrémilé des TU'émaxillaires

:ii

Si

St

F-ongueur curviligne du bord postérieur du trou occipital à la suture naso-iVontalo. .

Longueur en ligne droite de la suture nasofronlaleà l'exlrérnité des prémaxillaires.

Longue-ur des os nasaux

Longueur du museau (du bord antérieur de

l"orbite à l'extrémité des prémaxillaires).

Uiamètrc orbilaire vertical

— — transversa!

Largeur maximum du crâne aux arcades /yoniatiques

Largeur du crâne aux arcades orbitaires.. . .

Longueur de la lace inférieure du crâne (du condyle occipital à Texlrémité des prémaxillaires)

Longueur totale de la voûte palatine

Largeur du palais ^à l'extérieur des dernières molaires)

Largeur du palais (à l'extérieur des deuxièmes molairesl

Largeur du palais devant les canines

Longueur recliligne de la mandibule (de la ■^Ymphyse au coudyle). ■

Longueur de la symphyse à l'angle de la niandiliule

Hauteur de la brandie horizontale de la mandibule derrière la dernière molaire.

Hauteur de l'apophyse coronoïde au-dessus du bord inférieur de la mandibule

Largeur maximum de la branche montante

, Hauteur totale de la tète osseuse au-dessus de l'angle de la mâchoire

Les variations individuelles sont, comme on le voit, à peine sensibles, et sous ce rapport, on ne peut signaler qu'une légère prédominance de la portion encéphalique du crâne chez le plus jeune de ces trois individus, et la brièveté relative du museau et de la mandibule.

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