SciURUs pot:iNsis. (A, Sm
Sciurus poensis. A. Smith. Soutij. Afiic. Quart. Jourii., XI, p. 6i, 1830.
— miisculinus. Teiiiminck. Esq. zool. Gôt. Gainée, p. 142, 18a3.
— subviridescens. Lecomte. Proc. Acad. Philadelphie, p. M, l8o7.
— oUvacem. A. M. -Edwards. Rev. et Ma|^'. de zool., p. 228, 1867.
— poensis. Jeiitink. Not. f. Leydeii Museuni, vol. IV, p. 28, 1882.
a. Ç semi-adulte. M. J. Dybowski, 29 mai 1891. FonH de Mayombé.
b. çf adulte. — o mars 1892. Poste de la Mission sur la
Kemo.
Celte espèce, de taille moyenne, se distingue nellement de tous les Ecureuils africains, par sa livrée modeste, d'un gris noirâtre finement tiqueté de jaune roussâtre ou de jaune verdâtre olive. La queue, à peine plus courte que la tête et le corps sans compter les poils terminaux, mais les
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dépassant de trois à quatre centimètres avec sa touffe apicale, est identique à la face supérieure du corps comme coloration. Au-dessous, elle présente une teinte jaune ocliracée assez vive, due à la prédominance des anneaux: clairs des poils. Sur le dessous du corps, les poils sont gris ardoisé à la base, jaune roussâtre clair au sommet.
Celle espèce paraît êlre assez rare au Gabon et dans le Congo français, très commune au contraire tout le long des côtes de la Guinée supérieure. Son aire de dispersion est donc assez restreinte ; elle devient au contraire considérable, si l'on admet, selon l'hypotlièse de M. 0. Thomas (1), que lalivrée du Se. jjoeris/s ne ro[)réscnte que le dernier stade d'une série de modifications subies par une seule et même espèce ; modifications dont l'autre terme e.vlrême serait la forme à bandes dorsales brillantes décrite par M. Reiclienow sous le nom de Sciiiru.s Boehmi (2) (Afrique centrale); et les termes moyens, d'abord le Sc'mnis cong'icus (3) (Kuhl) = Se. flavivittis (4) (Pet.) (Afrique orientale, Mozambique et Angola.), puis d'autres représentants à bandes de plus en plus indistinctes, signalés sans dénomination spécifique par M. 0. Thomas, mais paraissant se rapporter à deux types très probablement synonymes décrits, l'un sous le nom de Sciurus ochraceus (5) par M. J. Iluet (Zanzibar), l'autre sous le nom de Seïurus Bai/onii (0) par M. Barboza du Bocage (Angola). Cette hypothèse me paraît malheureusement prêter à de sérieuses objections. Pour expliquer en effet cette fusion d'espèces proposée par M. 0. Thomas, il faut supposer a priori que l'intensité de coloration des bandes dorsales est éminemment variable, et que cette dégradation des teintes peut aller jusqu'à disparition et évanouissement
(1) 0. Thomas, Proc. Zoo/. Soc. ofLondon, p. 9, 1888.
(2) Sciw'us Boehmi (Reiclienow), Zoolog. Anzeig., p. 315, 1886.
(3) Sciunis congicus (Kuhl), Beitrage zur Zoologie, p. 66, 1820.
(4) Sciurus flavivittis (Peters), Moiiatsb. Akud. d. Wi$sensch. Berlin, p. 274, 1852, et Beise n. Mossambique, p. 128, pi. XXIX, et pi. XXXII, fig. 4.
(o) Huet, Nouv. Archiv. du Muséum Paris, p. 154, pi. VII, iig. 2, 1880. (G) Barboza du Bocage, Jorn. Se. malli. phijs. nat. Lisbou, 2" série, n" 5, p. 3, 1890.
complets de tout ornement. Il y a lieu, je crois, d'attribuer au caractère spécitîque tiré de la présence et de l'absence des bandes dorsales, plus d'importance que ne le fait M. 0. Thomas. Chez le Sciunis pyrrhopus^ comme nous le verrons, la bande latérale claire beaucoup moins large et moins nettement circonscrite, persiste néanmoins au milieu des nombreuses modifications de pelage auxquelles cette espèce est sujette; c'est la marque qui présente le plus de fixité et le seul critérium qui permette de rattacher la race Se. pyrrhopus anerythrus à la forme pyrrhopus typique. L'hypothèse émise par JM. 0. Thomas oblige encore à admettre, ce qui paraît plus improbable, que ces mêmes bandes peuvent se déplacer. Chez le Sciurus Boelimi^ comme l'a fait observer avec raison M. Reichenow, et comme on peut s'en convaincre sur la figure donnée par M. Lèche sous le nom de Se. lemniscatus (1), les bandes sont franchement dorsales, et, sans tenir compte des deux lignes noires internes si nettement dessinées, on ne mesure que 15 millimètres d'intervalle entre les deux bandes jaune clair. Chez le Seiurus eongieus (Kuhl), non seulement les bandes sombres internes ne sont que peu ou point marquées, mais les bandes claires, plus larges que chez le Seiurus Boekmi., sont plutôt latérales et distantes l'une de l'autre de près de 3 centimètres. Les mêmes différences se retrouvent, du reste, dans la position des lignes des côtés de la face. Chez le Sciurus BoeJimi, une bande noire, bordée dessus et dessous de jaune brunâtre clair, s'étend du nez à l'oreille en passant par l'œil, et se termine à la base du bord supérieur du pavillon. Chez XeSe. eongieus (Kuhl), on retrouve entre l'œil et l'oreille une bande analogue à peine distincte; mais, à un niveau plus inférieur, une autre bande sombre beaucoup plus apparente et partant du nez, s'étend le long des joues jusqu'à la base de la conque auditive, bien audessous de l'œil dont elle est séparée par une large zone
(Il W. Lèche, Zoolog. Jahrhiicher {Systematil;.), p. 117, voL III, -1888.
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d'un blanc jaunâtre. Étant données ces dissemblances bien tranchées, il me paraît hasardé d'admeltre une identité possihle entre ces deux espèces, de taille bien différente d'ailleurs.
Par leurs proportions, la teinte fondamentale ochracée de leur pelage et leur mode de répartition géographique, les espèce? Se. ochraceus (Huet) et Se. Bayonii (Boc.) se rattachent d'une manière assez naturelle au Sr. conçfKm (Kuhl), et ne sont peut-être, comme le pense M. Jenlink, que des représentants de cette espèce, en livrée imparfaite. Le Se. Boehmi offre, au contraire, des affinités plus prochaines avec le Se. poensis qu'avec les trois espèces précédentes. Le fond du pelage, chez ces deux types, est gris brunâtre olive tiqueté de jaune verdâlre; si le Se. Boehmi est de taille un peu inférieure, ses proportions du moins sont rigoureusement semblables à celles du Se. poemis, et, chez ces deux espèces, la queue est sensiblement plus longue que la tête et le corps, ce qui n'est pas le cas pour le Se. eongieus et ses formes dérivées. Enfin, la proximité de leur aire d'habitat (Oubangui, Afrique centrale) est une preuve de plus à ajouter en faveur de leurs affinités. Mais, les stades intermédiaires manquent entre la livrée uniforme du Se. poensis et la robe à bandes dorsales si brillantes du Se. Boehmi. C'est là une large et profonde lacune qu'il importe de combler avant que l'on puisse se prononcer catégoriquement sur l'identité spécifique de ces deux types, qui, dans l'état actuel de nos connaissances, conservent l'un vis-à-vis de l'autre une indépendance aussi entière que celle que l'on constate pour les mêmes raisons, et que l'on n'a jamais songé à nier, entre le Xerus erythropus (Geoff.) et le Xerus rutilus (Crelzsch.).
'67. SciuRus LEMNiscATUs. (Lec.)
Sciurus lemniscaius. Lecomle. Proc. Acad. Philadelphia, p. 11, 18.57.
— Isahella. Gray. Proc. Zool. Soc. London, p. 180, pi. XXIV, 1862.
— Shurpei. Gray. Ann. and Mag. Nat. hist., XII, p. 265, 1873.
— Isahella. Huet. Nouv. Archiv. Muséum Paris, 2" série, t. III, p. 154,
— lemniscaïui. .lenlink. Not. fr. l,eyden Muséum, vol. IV, p. 36, 1883.
a. çf adulte. M. Marche, avril 1877. Doumé-Ogôoiié. ^•9 — M. de Brazza, 1883. Congo français.
c. ç^ — (en alcool). M. de Brazza, 1885. tougo français.
d. 9 — M. Guiral, 1885, San Benito.
f-cf - - -
?/• cf — — — —
h. çf — (en alcool). xM. Tbollon, 1889. Franceville.
i. 9 — M. ThoUon, 1800. Bacounié, forêt de Mayombé.
j. çf — M. Brusseaux, 1890. Safo, riv, Moungi. Forêt de Mayombé.
k. ^ — M. Dybowski, dO mai 1891. Forêt de Mayombé.
L çj( — — 2 novembre 1801. Bangui.
m.çf — . — 26 novembre 1801. —
n. ç^ — — o décembre 1801. —
Cette magnitiqiie série, comprenant quatorze spécimens adultes des deux sexes dont deux conservés dans l'alcool, m'a permis de constater le peu de variations que subit cette espèce. Les quaire bandes noires dorsales présentent leur maximum de largeur et de netteté sur l'exemplaire (j), leur minimum chez l'individu (/>), bien qu'elles y soient encore 1res apparentes. Quant à la teinte fondamentale du pelage, on trouve tous les intermédiaires entre le brun roux plus ou moins ochracé, et le brun fortement lavé de gris ardoisé. Il est à remarquer que cette diversité de nuances ne dépend ni du sexe, ni des saisons; mais paraît plutôt résulter de la nature du sol. C'est ainsi que les spécimens (z,/, k)^ provenant de la forêt de Mayombé, ont tous trois une livrée brillante, fortement colorée de roux ochracé, principalement sur la tête et la face externe des membres. Cette teinte intéresse même le dessous du corps et la face interne des membres, dont les poils sont jaunes et passent même au roux sur la poitrine, le devant des épaules et les côtés du cou. Pour les individus provenant du Gabon et du bassin de rOgôoué (rt-Aj, les couleurs du dessus de la tête et du corps sont celles des exemplaires précédents, quoique moins vives, mais toute la face inférieure du corps est d'un blanc pur, ou d'un gris cendré bleuâtre. Cette dernière teinte, qui se remarque même sur la face externe des membres postérieurs des sujets a et h, devient plus envahissante chez les trois derniers exemplaires (/, /?«, n) provenant de la région de
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rOubangui, el donl la livrée est entièrement d'un gris bleu d'ardoise faiblement tiqueté sur le dessus du corps de jaune olive pâle. Les poils de la queue seuls ont conservé leurs anneaux noirs et jaune d'ocre intense.
Le Scii/ru.s lemniscatus paraît être cantonné, mais très abondant, dans cette portion de l'Afrique comprise entre l'embouchure du Niger el celle du Congo; aucun explorateur ne l'a, jusqu'à présent, signalé sur la rive droite du premier de ces deux fleuves, et un seul individu de cette espèce, suivant Peters, aurait été capturé au Sud du Congo par von Mechow sur les bords du Coango (1). C'est dire que la présence du Sciurm lc///nlsca(its dans l'Angola reste tout aussi problématique que celle du Sciia'us pimctatus ; et il y a lieu, je crois, d'étendre cette restriction à l'espèce qu'il nous reste à examiner, le Sciuru.^ pyrrhopus (F. Cuv.) signalé également par M. von Mechow sur le Coango. Le Sciwus lemjiiscaius est un des rares Mammifères que les explorateurs (capitaine Burton) aient rencontrés à une assez grande altitude, el jusqu'à 7000 pieds au-dessus du niveau de la mer dans les montagnes du Caineron. Dans l'intérieur, il s'avance jusque dans la région de l'Oubangui, comme le prouvent les spécimens recueillis par M. Dybowsivi ; plus à l'Est, dans l'Afrique centrale, cet Écureuil est remplacé par une espèce similaire mais bien distincte, plus petite, présenlant également quatre bandes dorsales noires et à pelage jaune verdâtre, le Sciurus Boehmi (Rich. 13ôhm, Emin-Pacha) que M. Léché avait même confondu avec lui, ainsi que nous l'avons vu précédemment.