Sciurus pyrrhopus. (F. Cuv
Sciurus injrroims. Frédéric Cuvier. Mammifères, vol. IV (texte el planche),
— — Jentink. Not. from Leyden Mus., vol. IV, p. 31, 1882.
— pyrrhopus anerythrus. 0. Thomas. Proc. Zool. Soc. London, p. 447,
(1) Barboza du Bocage, Jorn. Se. math, phijs . natiir. Lisboa, 2^ série, n° 5, p. 2, 1890.
ÉTUDE SUR LES MAMMIFÈRES DU CONGO l-^RANÇAIS. 361
a. Ç adulte. M. J. Dybowski, 20 oclobre 1891 . Rangiii (var. Se. py/r/iopus
typicus).
b. çf adulte. M. J. Dybowski, 29 octobre 1891. Rangui (var. Se. i^yrrhopiis
anerythriis).
c. ç^ adulle. J. Dybowski, 20 novembre 1891. Bangui (var. Se. pyrrhopiis
typicus).
rf. (2f adulte. J. Dybowski, 2 décembre 1891. Makorou-Mpoko (var. Se. pyrrhopiifi anerythriis).
e. çf adulte. J. Dybowski, 8 décembre 1891. Grande Brousse entre Mpoko
et Yabanda (var. Se. pyrrhopiis anerytiirus).
f. 9 adulte. J. Dybowski, 18 décembre 1891. Zouli, pays des Dakoas (var.
Se. pyrrhopus anerythrus).
Q- cf adulte. M. J. Dybowski, 6 mars 1892. Poste de la Mission sur la Kémo (var. Se. pyrrhopus anerythriis).
Les nombreux spécimens de cette espèce recueillis pendant ces derniers temps par différents explorateurs ont permis d'étudier toutes les modifications de pelage qu'elle présente, et grâce aux recherches de plusieurs auteurs, entre autres MM. Huet, Jenlink (1) et Oldfield Thomas, le Sciurus pyrrhopus [F. Cuv.) est actuellement le type le mieux défini peutêtre de tous les Sciuridés africains. Tous les zoologistes, en efîet, sont d'accord pour ne reconnaître que comme simples variétés, soit individuelles soit locales, du Se. pyrrhopus., plusieurs espèces, d'abord considérées comme distinctes, mais qui ne diffèrent que par la diffusion plus ou moins grande des teintes rousses qui, dans la forme pyrrhopus typique, ne se remarquent que sur la tête et la face externe des quatre membres. C'est ainsi que chez le Se. leucostigma (Tem.) (2). la teinte rousse plus sombre envahit les flancs si bien que, chez les individus de cette espèce, toute la région latérale du corps (têle, flancs et face externe des membres) présente cette coloration. Chez le Se. erylhrogenys (3) (Waterh.), au contraire, la tête seule est rousse et les flancs ainsi que la face externe des membres sont de la couleur du dos. Enfin la couleur rousse peut disparaître complètement, et on a alors une quatrième forme décrite récemment par M. 0.
(1) Pour la synonymie complète de la présente espèce, je renverrai au travail indiqué de M. Jentink.
(2) Temminck, Esq. zoolog. Côt. de Guinée, p. 133, 1833.
(3) Waterhouse, Proc. Zool. Soc. London, p. 129, 1842.
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Thomas sous le nom de Sciurf/f; pf/rrltopus- ane.njUinis. Des sept exemplaires ei-dessiis énumérés, deux (r/, r), mâle et femelle, olTrent la disiribution typique des teintes du Se. pi/yr/iopK.s' (st. s.) telles qu'elles ont cHé décrites et figuri'es par Fr, Cuvier. Le dessus et les côt<''s de la tôle ainsi que la face externe des quatre membres sont colorc^^sderoux ardent. Sur les flancs, comme sur le dos el le cou, le iielage est brun noiiàlre tiqueté de jaune olive. La bande lalérale blanche, légèrement lavée de jaune rougerdre, est nettement dessinée, bien que les poils qui la bordent extérieurement ne soient pas plus foncés que ceux du dos. Toute la face inférieure du corps, depuis le menton jusqu'à l'anus, est d'un blanc pur. Sur l'exemplaire (r) cette teinte blanche est assez fortement nuancée de roux à la face interne des membres jiostérieurs.
Les cinq autres spécimens (/;, d , c, /', //) répondent exactement à la forme «Sr. pyrrhopif>< a/ic/-j/f/tn(s, d(^cvi{G et figurée par M. 0. Thomas. Les couleurs roux rutilant ont disjinru de la tête et des membres, et à peine peut-on en reconnaître quelques vestiges bien atténués dans les teintesjaune olivâtre des cotés du museau et de l'extrémité des membres. Le reste du dessus du corps est couvert de poils d'un l)run cendré tiqueté de jaune olive pâle. Sur les flancs, la bande claire encore distincte est très vaguement dessinée, sans aucune bordure plus sombre. Enfin le dessous du corps et la face interne des membres sont garnis de poils gris cendré à la base et blanc au sommet, avec une légère nuance orangée sur la région ventrale.
Pour tous ces exemplaires, tant Se. pi/rrhopus tijjiinis que Sr. pj/n'Jw])i(s anen/thrus, la queue plus courte que la tête et le corps, varie à peine dans ses teintes. Sur le dessus, les poils sont noirs, annelés et terminés de blanc; dessous, ils ont un large anneau basilaire roux, puis une zone noire et l'extrémité blanc jaunâtre. Plusieurs opinions ont été émises pour expliquer ces variations de pelage, mais il est certain que toute hypothèse de dichroïsme, dépendant du sexe ou de
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la saison doit être écartée. L'examen de la liste précédente permet en effet do constater qu'il y a tantôt similitude, tantôt dissemblance pour les deux sexes, quelle que soit d'ailleurs la saison. Les deux exemplaires («, c) par exemple, de sexe différent, ont même livrée [pyrrhopus tijpicu.s)^ on peut en dire autant des individus (<?, /} {pyrrhopus aneryt/iru.s); au contraire les spécimens {ô^ c) de même sexe dilîérent de robe. Les quatre exemplaires {/),r, f/, e), tous mâles mais de teintes différentes, ont été capturés dans la même saison, entre le 29 octobre et le 8 décembre 1891 et plus particulièrement les deux mTdes (r, d) tués à douze jours seulement d'intervalle. Enfin, l'individu [g) pris en mars 1892 ne diffère en rien de l'exemplaire (/>) de même sexe, tué plus de cinq mois auparavant. Les diverses provenances des spécimens recueillis parM. J. Dybowski, et cellesYl'autres exemplaires faisant partie de la collection du Muséum paraissent, au contraire, corroborer l'opinion do M. O.Thomasqui regarde les quatre sous-espèces du Se. pyrrhopus^ non comme des variétés individuelles, mais comme des races géograpbiques, ayant chacune une aire d'habitat bien délimitée. La variété Se. pjyrrhopus erythrogenys (Waterh.) serait localisée dans l'île de Fernando-Po; \e. Se. pyrrhopus leucostigma (Tem.) ne se rencontrerait qu'à l'Ouest et au Nord du golfe Biafra ; le Se. pyrrhopus fypirus (F . Cu\.) signalé d'abord sur les côtes du Congo et du Gabon, se répandrait dans toute l'Afrique centrale jusqu'au district de Monbuttu, enfin le Sciuriis pyrrhopus anerythrus (Thos.) constituerait la variété la plus orientale de l'espèce, et serait cantonnée dans la région des Lacs. Le Muséum ne possède aucun spécimen correspondant comme pelage à la race erythrogenys ; je ne puis donc rien avancer en faveur de l'exactitude de l'habitat fixé pour cette forme, sinon qu'aucun des nombreux exemplaires suivants ne provient de Fernando-Po; preuve toute négative, mais qui a néanmoins sa valeur. En ce qui concerne la variété leucostigma/]<è ne puis que confirmer l'opinion du savant mammalogiste anglais : des quatre spécimens qui figurent. dans les
K. I>F> POri^ARGUF.^.
galeries de Zoologie du Muséum, trois ont été capturés par M. Laurein en 1854 et 1859 sur les côtes de Guinée, entre le cap des Palmes et le Calabar; le quatrième à teintes plus claires, dû h M. Verreaux (1867), provient des rives dudeuve
Casamance dans la Gambie. De la race pyrrhopus li/picus nous avons, outre les deux exemplaires (a, c) recueillis à Bangui par M. Dybowski, quatre autres individus montés, dont un très jeune en tous points semblable aux adultes, collectionnés au Gabon par Aubry-Lecomte en 1853 et 1857 et par M. Laglaize en 1879. Seul le spécimen type de F. Cu-
vier fait exception et est indiqué comme provenant de Fernando-Po. Mais devant ce fait absolument isolé, on est en droit de considéi^er comme très acceptable l'hypothèse émise par M. 0. Thomas : à savoir que ce spécimen ne serait
AFRIOIE NOI'.D
SCIUROMORPHES. (Partim.
AFIUQL'E OUEST
Ouest -kl Ni.fjer.
Entre Coiiso et Niger.
A.|S. Àuhinni.
(Gr.)
S. lenmiscatiis. (L.) S.minutus.
(Du Chail).
P. 'S. punctatus. (Tem.) F. S. 2')oensis. (A. Smit.) L. S. pyrrhopus. (Guv.) E. S. ehii. (Tem.) S. iS. Stangeri. (Water."
AFRIQUE EST
U.lS. mutabi- \ Us. (Pet.)
AFRIQUE SUD
S. palliatus. (Pet.) S. cepapi. (A. Smith.
S. congicus. (Kulil.)
N.i S. Biihmi. (Reich.
R.lS. rufobrachiatus. (Waterh.) D.\S. annidatus. (Desm.)
pas originaire de Fernando-Po, mais aurait été importé vivant dans cette île de la côte opposée.
La présence du Se. pi/rrJiopus anerytlirus à Bangui, dans la vallée de la Kémo et jusque dans le bassin supérieur du Chari, oblige à modifier les limites fixées par M. 0. Thomas pour l'aire de dispersion de cette dernière variété. Si le Se,
366 r. I>E l*OUS»AK€iUF.§».
jJl/rr/H)piis ii/pkus s' avance vers l'Est jiisqu'audistricl deMon- IjuUu, il faiil admellre d'aulre part que la race anerythrus se propage vers l'Ouesl jusqu'au coude de l'Oubangui, qu'elle paraît niêmeabondamment represeutée daus cetlerégion, et que les aires d'habitat de ces deux variétés, l'une orientale, l'autre occidentale, chevauchent l'une sur l'autre et se confondent dans leurs porlions extrêmes, l'Afrique centrale proprement dite leur étant commune.
Pour terminer ce qui a trait au Sauras pi/rrhopus /]q dois signaler l'extrême similitude qui exisie pour la coloration du corps, entre le *SV. pyrrhnjius anrri/thrm, et un autre type de l'Afrique orientale décrit en 188()par AI. lluet(l ) sous le nom de Sciurus ochrareiis. Mais, outre que cette espèce présente des dilîérences notables dans le mode de coloration de la (}ueue, sa taille est plus exiguë, et la forme et les dimensions bien inférieures de son crâne en font un proche parent du Sciurus congicus (Kuhl.), auquel il a même été assimilé par M. Jentink (2).
TRIBU DES MYOMORPHES I^VMILLE DES MYOXIDÉS
GEXRE MYOXUS