Myoxus (Eliomys) murinus. (I)esni
Mijoxus murijius. Desmarcst. Mammalogie (Suppl.), p. 542, 1822. Cap de
Bonne-Espérance.
— Coupci. F. Cuvier. Mamm., III, p. 2bl (jeune), 1822. Sénégal.
— Lalandianvs. Schinz. Cuv. Thierr., IV, p. 393. Cap.
— erijthrolronchus. A. Smitii. Zool. Journ., IV, p. 438, 1829. Afrique
australe.
7nurinui^. Smuts. Enumer. Mamm. cap., p. 34, 1832. Colonie du Cap
Est.
— cineraccus. Riippell. Mus. Senkeiiberg., Bd. III, lift. 2, p. 130, 1842.
Port-Natal.
— murinus. Peters. Reis. n. Mossamb. (Saugeth.), p. 136, 1852. Rives
du Zambèze.
(1) Huet, Nouv. Arch. du Muséum, p. 154, pi. 7, fig. 2, 1880.
(2) Jentink, Notes fr. Leyden Muséum, vol. IV, p. 34, 1882.
Myoxus Cûupti. Temniinck. Esq. zool. Guinée, p. loi, 18o3. Sénégambie
et Guinée.
Graphiiinis miirinus. Alston. Proc. Zool. Soc. Lon'lon, p. 317, 1875. Afrique
Ouest.
a. O M. Guiral, 188o. San Bénite.
b. çf semi-aduUe. M. J. Dybowski, 28 janvier 1892. Pays des Ouaddas,
Haut. Oubangui.
c. çf semi-adulte. M. J. Dybowski, 10 mai 1892. Poste de la Mission sur la
Kemo.
Les deux spécimens (Z», c) ont le pelage d'un gris cendré légèrement lavé de roux, à peine plus pfde sur le dessous du corps sauf vers le menton et la gorge où il est d'un gris blanchâtre clair. Chez l'un (è), la queue présente la même coloralion que le dos, et cet individu répond exactement à la (igure donnée par Fréd. Cuvier sous le nom de Lérot du Sénégal, Myoxus Coupei. Chez l'exemplaire (c), les poils de la queue sont uniformément d'un jaune roussàlre pâle, et rappellent la coloration signalée par Peters pour les spécimens du Mozambique. Du reste, comme l'a reconnu Alston, l'intensité de la nuance rousse du pelage dans cette espèce présente de très grandes variations; certains individus sont entièrement d'un gris de souris sans aucune trace de roux, tandis que chez d'autres cetle dernière teinte devient prédominante et envahit la face inférieure du corps, comme c'était le cas pour l'animal examiné par Alston. Entre ces deux extrêmes on trouve tous les intermédiaires^, et ces livrées si diverses expliquent les nombreuses coupes spécifiques que j'ai signalées plus haut dans la synonymie, et que Smuls, Peters et Alston ont successivement et très justement invalidées.
Les quatre sections subgénériques Loir [Giis], Lérot [Eliomys], Graphiure [Graphiurus)^^ln'èCdiVàm [Muscardinus)^ introduites dans le genre Myoxus, ne reposent, à vrai dire, que sur des différences assez subtiles observées dans la dentition; et à tout bien considérer, le Muscardin seul, par la structure et les proportions toutes spéciales de ses molaires, mérite réellement cette distinction.
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Les diiïérences de denlition constatées entre les autres sous-genres n'ont assurément qu'une médiocre importance, et si des zoologistes éminents, tels que Fréd. Cuvier (1), Wagner(2), Peters (3)..., sont partisans de ce morcellement subgénérique, d'autres auteurs non moins célèbres, Ogilby (4), Temminck (5)..., rejettent toute subdivision comme un démembrement arbilraire du genre 3Ii/oxus. Quoi qu'il en soit, aucun des auleurs qui admettent ces distinctions n'a considéré l'espèce qui nous occupe comme un Graphiurus.
F. Cuvier créateur de ce sous-genre regarde le Mijoxus munnus comme un I^érot [Lérot du Sénégal)] pour Smuls le Graphiurus capjensis (F. Cuv.) et le Myoxus murinus ne sont pas congénériques, et Wagner dans sa classification range le Mi/o.rus uiur'uius parmi ses espèces incerlœ sedis. Par sa dentition et Tensemble de ses caractères crâniens, le Myoxus murinus me paraît se rapprocber davantage du type Lérot (Eliomys) que du sous-genre Graphiurus dans lequel on l'a rangé récemment.
La série des molaires, quoique d'assez faible longueur, n'olTre pas l'extrême réduction indiquée par F. Cuvier chez le
G. capensis^ et le célèbre naturaliste comprend le M. Murinus = M. Coupei parmi les Myoxiens « dont la grandeur des quatre machelières est dans les proportions de la grandeur du corps ». Sur deux exemplaires adultes en alcool que j'ai pu examiner, l'un de G. capensis que le Muséum doit à la générosité de M. le D"" Holub, l'autre de M. murinus rapporté du Gabon en 18y4 par Aubry-Lecomte, les séries des molaires ont exactement les mêmes dimensions (4 millimètres), bien que ces animaux soient de tailles bien différentes; G. capensis mesurant 120 millimètres de longueur pour la tête et le corps, M. murinus 90. De plus, la prémo-
(1) F. Cuvier, Des caractères propre?, au genre Graphiure {Nouv. Ann. du Muséum, t. I, p. 441, pi. 16 et 17, 1832).
(2) J. A. Wagner, Schreb. Saugeth. (Siippl.), t. TU, p. 2G;i, 1843.
(3) Peters, loc. cit.
(4) Ogilby. Proc. Zool. Soc. Londuu, p. ."i, 1838.
(5) Temminck, loc. cil.
laire tant inférieure que supérieure, réduite à un « rudiment linéaire » chez le G. capensis, présente cliez le M. mur'mus un volume très appréciable; elle est, relativement aux vraies molaires, dans les mêmes proportions que celles signalées et figurées par Wagner (1) pour le type du sous-genre Eliomys (E. melanurus). Enfin, comme dans cette dernière espèce, les prémolaires et les molaires du M. mur'mus ont leurs couronnes concaves marquées de quelques replis peu saillants.
Les particularités crâniennes, indiquées par F. Cuvier comme caractéristiques du genre Graphiuriis^ ne se retrouvent pas davantage chez le M. mur'mus. Les os nasaux s'étendent peu en arrière; les frontaux, beaucoup plus longs que larges, ne se terminent pas en arrière par une ligne droite transversale [G. capensis)., mais par une ligne brisée sous un angle assez aigu. Les temporaux se soudent en avant aux frontaux suivant une ligne oblique, dont la partie supérieure est plus avancée, à l'inverse de ce qui se voit chez le G. capensis. Par suite de cette forme différente des frontaux et des temporaux, les pariétaux, Q\\ez\Q M . mur'mus , sont loin de former un ])arallélogramme presque régulier comme chez le G. capens'is^ mais vont en se rétrécissant en avant comme deux coins, entre les lignes de suture pariéto-frontale et pariéto-temporale. Lnfin, l'arcade zygomatique ne descend pas au niveau de la partie dentaire du maxillaire, comme c'est le cas chez le G. capensis., mais reste plus relevée que cette ligne sur toute son étendue. On peut se faire une idée très exacte de ces diverses particularités, d'après les excellentes figures que Peters (2) a données du crâne et de la dentition du M. ?nurinus, et se convaincre que ce mode de structure donne, en tous points, les traits caractéristiques du sousgenre Eliomys (3) tels qu'ils ont été relevés par Wagner.
(1) Wagner, Ahhandl. d. Kôn. bayer. Akad. d. Wisscnch. Munchen., Bd. 111, p. 176, pi. H, lig. 1 à 4, 1843.
(2) Peters, loc. cit., pi. XXXV, fig. 1.
(3) C'est d'ailleurs l'opinion émise récemment par M. le I)'' Heuvens, Not.f. Leyd. Muséum, vol. Xill, p. 67, 1891.
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370 E. OE POITSARGOES.
Le 3[f/oj'us [Eliomys) inurinus (Desm.) se rencontre dans toute l'Afrique occidentale el australe depuis le Sénégal jusqu'au Cap ainsi que dans le Natal et le Mozambique ; les spécimens recueillis par M. J. Dybowski montrent que cette espèce s'avance assez loin dans l'Afrique centrale. M Matscliie la signale également dans de nombreuses localités de l'Est africain. Dans le Sennaar et la région des Lacs, le Lérol murin est remplacé par deux autres espèces, M. Eliomi/.'i orobimis (Wagn.) (1) et M. EJiomi/s microtis (Noack) (2), qui offrent avec lui de grandes similitudes, mais s'en distinguent toutes deux par la présence d'une raie dorsale sombre. Cette particularité n'est pas d'ailleurs le seul trait commun à ces deux Myoxiens de l'Afrique orientale, et leur distinction spécifique me paraît assez douteuse et peu fondée.
FAMILLI^ DES MURIU1':S
GENRE GERBILLUS