‹ ude sur les mammifs du Congo fransChapitre 90 sur 153 · Dendromys Pecilei. (A. M.-Edw.) (iiov. sp · texte numérisé non relu

Dendromys Pecilei. (A. M.-Edw.) (iiov. sp

Dendromys Pecilei. A. Milne-Edwards. Rev. scient., 3" série, t. XII, p. 16,

juillet 1886.

a.çf adulte. M. de Brazza. Congo français, 1884. b.ç^ - - -

Ces deux spécimens, types de l'espèce, présentent nettement tous les caractères propres au ^eme Bendromijs (Smith).

ANN. se. NAT. ZOOL. 111, 25

386 E- nv: poli«au«ue«.

La lèle osseuse mesure 21 millimètres de longueur totale; toute sa partie postérieure encéphalique est large, renflée et globuleuse ; au contraire, sa portion antérieure nasale est étroite et allongée. 11 n'existe aucune trace de liséré apophysaire le long du bord supérieur de l'orbite. Les trous sousorbitaires ne présentent qu'un rétrécissement à peine sensible dans leur portion inférieure, et, vus de face, ils ont une forme ovalaire à grand axe vertical. L'arcade zygomatique est légèrement déprimée de dehors en dedans dans sa porlion médiane. Les bulles auditives sont assez faibles et l'orifice du méat est dirigé en arrière. Les trous incisifs longs et larges catteignent en arrière le niveau du milieu des premières molaires. Les incisives supérieures fortement arquées sont creusées d'un profond sillon qui marque le tiers externe de leur face antérieure teintée de jaune d'ocre. Les deux séries des molaires supérieures sont manifestement convergentes en arrière ; elles mesurent chacune i millimètres de longueur, dont 2 1/2, c'est-à-dire plus de la moitié, pour la première molaire seule. La couronne de celle-ci ne présente que sept tubercules dont les six principaux, disposés par paires, affectent une disposition longitudinale bisériée ; le septième peu développé renforce intérieurement les tubercules principaux de la deuxième paire. La seconde molaire supérieure n'a que deux paires de tubercules principaux et un tubercule secondaire antérointerne très faible. La troisième molaire très exiguë ne possède que deux tubercules dont l'externe à peine dessiné.

A la mâchoire inférieure l'apophyse coronoïde çst faible, mais l'angle de la mandibule arrondi et robuste est fortement projeté en bas et en arrière, et ne rappelle nullement la figure que donne A. Smith de la mâchoire du Dendromys typhus (1).

(i) A. Sniilli, lllustr. S(juth Afrika, pi. XXI, lig. 2 6 et 2e. Il est à supposer que sur Ja mandibule que représentent ces figures, l'angle postérieur était brisé.

Les incisives lisses sont longues^ grêles et teintées de jaune paille sur leur face antérieure. Les molaires présentent les mêmes proportions relatives qu'à la mâchoire supérieure et convergent également en arrière. La première compte six tubercules, la seconde quatre et la troisième deux, disposés par paires. A l'inverse de ce que l'on remarque à la mâchoire supérieure, ce sont les tubercules de la série externe qui sont les plus développés.

Le pelage du D. PccUe'i est excessivement doux et moelleux. Sur la tête, le dessus du corps et la face externe des membres jusqu'aux talons et aux poignets, les poils sont d'un gris ardoisé bleuâtre sur les deux tiers de leur longueur à partir de la base, puis d'un brun jaunâtre pâle jusqu'à l'extrémité;, ce qui donne à la robe un ton général jaunâtre cendré. Sur la ligne médiane du dos, la teinte brun jaunâtre de l'extrémité des poils s'assombrit, passe au brun noirâtre et dessine assez vaguement une bande longitudinale qui naît vers les épaules, s'élargit sur le milieu du dos et la région lombaire, puis s'atténue et vient se perdre près de la racine de la queue. Au milieu de ce pelage on trouve aussi, en petit nombre et clairsemés, d'autres poils plus longs, plus forts et plus élastiques, dont la pointe d'un brun sombre émerge au-dessus des premiers. Sur le dessous du corps et la face interne des membres, le pelage est gris d'ardoise à la base et blanc au sommet. Sur le dessus des pieds et des mains, les poils deviennent rares, courts et blancs sur toute leur longueur. La tête est longue, le museau très proéminent. Les moustaches sont longues et fines, d'un brun sombre à la base, passant graduellement au blanc jaunâtre vers l'extrémité. Les oreilles, arrondies au sommet, sont bien développées en hauteur comme en largeur, mais n'atteignent pas les dimensions de celles du D. melanotk. Elles sont couvertes, sur la moitié distale de leurs deux faces, d'un revêtement de poils d'un l)rim sombre, courts et serrés. La conque auditive présente une disposition singulière qui paraît d'ailleurs commune à toutes les espèces de ce petit

388 E. OE l*Or«.tRf,iUE!i.

genre el que Smuts (1) a signalée chez le Dendromys mesomelas (Branls). Un large repli charnu, semi-lunaire et tout à lait glabre, naît du milieu de la base de la face interne de la conque, et vient se terminer à l'angle inférieur du pavillon. Ce lobe peut s'appliquer comme un opercule sur l'orilice du conduit auditif et le fermer hermétiquement. Un autre repli homologue, mais beaucoup moins développé et membraneux, naît du même point que le précédent, mais se dirige en sens opposé formant une frange étroite qui vient aboutir à l'angle supérieur du pavillon.

La queue, à peine plus longue que la tète et le corps, est couverte d'écaillés très petites, disposées en anneaux serrés, étroits et très réguliers, des interstices desquels émanent des poils peu nombreux, fins, à peine plus longs que les écailles et d'un blanc grisâtre.

Les extrémités des membres otfrcnt une structure tout h fait bien adaptée aux habitudes arboricoles de ces petits Rongeurs. Aux pattes antérieures, on ne voit du pouce que l'ongle plat qui le termine. Le doigt externe est également très court, mais plus dégagé cependant que le pouce et muni comme lui d'un ongle plat. Les trois doigts médians présentent les proportions relatives ordinaires, l'index est le plus court, le médius le plus long; les griffes d'un blanc sale qui les terminent, sont assez longues, fortes et très recourbées. La paume présente trois bourrelets sous-articuculaires des quatre doigts externes, de grosseur médiocre, mais le poignet est renforcé de deux tubercules contigus, fortement développés surtout l'interne, et dont les masses coalescentes forment une saillie considérable et comme une sorte de talon, qui me paraît devoir servir de point d'appui et de résistance pour les griffes dans le mouvement ascensionnel le long des écorces. Aux pattes postérieures, les trois doigts médians seuls sont pourvus de griffes fortes et acérées; le

(1) Auriculœ oblongse, nudiusculrR, et intiis, juxta craniiim duahns valvulis transversis jnembraneis, qiiarum inferior meatui auditorio externo superjacet. (J. Smuls, Enianeratio Mivninalinm capendum, p. 40, 1832.)

premier et le cinquième doigt ne portent que des ongles plats : il y a donc sous ce rapport similitude complète avec les membres antérieurs. Le pouce est court et faible, quoique plus dégagé qu'aux pattes de devant; les trois doigts médians sont, au contraire, longs et forts, le médius ne dépassant que de très peu le second et le quatrième. Quant au cinquième doigt, il est presque aussi développé que les précédents; mais au lieu de suivre la même direction qu'eux et de venir se ranger le long de la face externe du quatrième doigt, il s'en écarte et ses dernières phalanges viennent se replier en dedans vers la face plantaire : comme ledit M. Barbozadu Bocage (1), a il est opposable aux autres doigts, » et nul doute que ce mode d'articulation tout spécial ne lui permette, en effet, de jouer le rôle de pouce externe^ si l'on veut bien me permettre d'accoler l'un à l'autre ces deux mots contradictoires et s'excluant mutuellement. La région tarsienne présente une élongation notable ; la plante est renforcée de six bourrelets arrondis, dont les deux postérieurs sous-tarsiens sont notablement moins développés que les quatre sous-articulaires des orteils. Parmi les espèces connues du genre, c'est du D. melanotis (A. Smith) que le D. PecUei se rapproche le plus sous le rapport de la coloration du pelage, et l'on ne peut guère signaler comme différence que l'absence de tache noire en avant de l'œil chez le D. Pecilei. Les dimensions de la tête et du corps sont à peu près égales chez ces deux espèces, mais, par contre, comme on peut le voir par les mesures comparatives réunies dans le tableau suivant, la longueur de la queue est bien inférieure chez le D. melanotis. Enfin, comme dernier caractère distinctif, je rappellerai que les oreilles présentent une brièveté relative chez le D. Pecilei. Sur l'exemplaire type (b) conservé dans l'alcool, la longueur de l'oreille est de 11 millimètres tandis que, sur un exemplaire desséché de D. melanotis de la collection du Muséum, cette même mesure est de 15 millimètres. Une autre espèce

(1) Barboza du Bocage, Jorn. Se. math. phys. e natur. Lisboa, 2^ série, n^ 5, p. 8, 1890.

E. DE POIî«.4R«UE!«».

abyssinienne, le D. pdllklus^ paraît égalemenl voisine du I). Perilei, autant du moins qu'on en peut juger par la courle dcscriplion d'ileuglin (1); mais il y a entre ces deux types un écart inverse et plus accentué qu'entre le D. melanoiis et le D. Pecilei dans les proportions relatives de la queue qui est beaucoup plus longue que le corps chez le D. paUidu.s.

Memrca en milUmi'trcs.

1). PllCIt.FI

I). MFI,\NOTIS

D. PAi.i.iniis

Longueur de la tète et du corps

— de la, queue

81 (incompli'lc)

— du pied (du calcanéum à l'extrémité de la griffe du médius

Le genre Dendromys ne compte que peu d'espèces, dont quelques-unes assez douteuses, et n'est encore représenté dans les collections que par de rares spécimens ; il serait donc prématuré de fixer dès à présent Timportance /{u'il faut attribuer à ces différences de proportions. Ainsi, Smuls (2) rapporte au même type D. mesomelas (Bts.) deux spécimens dont l'un a la queue plus longue, l'autre plus courte que la têle et le corps. On est tout aussi indécis en ce qui concerne les dissemblances dans le pelage, et c'est encore un problème non résolu (3) que celui de l'identité ou de la distinction spécifique du D. piimUio (Wagn.) et du I). mesomelas (Brants.), cette dernière espèce caractérisée par la présence d'une bande noire dorsale, l'autre n'en présentant aucune trace. Les explorations ultérieures pourront seules fournir les documents nécessaires pour établir s'il faut réellement distinguer le D. Perilei du D. melanods et du B. pallidus, ou fusionner ces espèces en une seule dont l'aire de répartition

(1) Heuglin, Reisc Nordost Afrika, 2" partie, p. 74, 1877. • (2) Smuts, Enumcratio Mamm. capens., p. 40, 1832. (3) 0. Thomas, Proc. Zool. Soc. London, p. :in3, 1893.

ÉTUDE SUR LES MAMMIFÈRES DU COiNGO FRANÇAIS. 391

serait dès lors considérable et s'étendrait sur toute l'Afrique centrale et australe, depuis le Congo et l'Abyssinie jusqu'au Cap.

Les mœurs des Dendromijs sont, au contraire, bien connues. Leurs habitudes arboricoles, signalées par A. Smith, ont été attestées depuis par beaucoup d'explorateurs, et Heuglin (1) affirme avoir trouvé de ces Rongeurs dans des nids de Tisserins. La conformation des pattes, sur laquelle j'ai insisté plus haut, ne fait que confirmer l'exactitude de ces observations.

D'autre part, d'Anchieta (2) rapporte que ces petits Rats vivent dans des terriers à plusieurs enirées où, suivant Smith, ils cherchent un refuge lorsqu'ils sont menacés. Cette autre particularité de mœurs ne fournit-elle pas une explication très plausible de la singulière structure operculée de l'oreille, sur laquelle j'ai également attiré l'attention? Le régime des Bcndromys n'est pas exclusivement végétal, et, au besoin, ils ne dédaignent pas les araignées, les insectes et les tout jeunes serpents, même venimeux (3).

GENRE STEATOMYS

Page 1