Steatomys opimus. (nov. sp
Steatomys opimus. De Pousargues. Bull. Soc. Zool. de France, p. 131, t. XIX,
a. (j' adulte. M. J. Dybowski, 13 décembre 1801. Ralao, pays des Dakoas.
b. Q vieille. — — —
Le genre Steatomys, créé par Peters en 1846, ne compte encore que trois espèces peu nettement différenciées les unes des autres: la première 5/. pfate?î.H.s [^t^) = ediilis [^) (Pet.),
(1) Heuglin, loc. cit.
(2) Barboza du Bocage, loc. cit.
(3) Fix, Anecdote of a Morne (D. melanotis) and a Ringhals Snake (Sepedon hemachales). {Proc. Zool. Soc. London, p. 341, 1887.)
(4) W. Peters, Bcricht dcr kônig. p^euss. Akad. der Wiss. Berlin, p. 2;>8,
(5) W. Peters, Reise nach Mossambigue. Zool. Saugcthiere, p. 163, 1852.
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type du genre, provenant du Mozambique ; la seconde St. Krebsi (1) (Pet.), de l'intérieur de la Cafrerie, qui, suivant 0. Thomas, ne différerait pas spécifiquement de la première (2) ; la troisième St. Borajiei (Thos.), de l'Angola, considérée d'abord par M. Barboza du Bocage (3) comme une simple variété géographique du St. pratensis, dont M. 0. Thomas (4) l'a ensuite distinguée à cause de ses dimensions plus grandes et du nombre différent de ses mamelles. Ces trois espèces présentent entre elles de très grandes analogies de pelage ; sous ce rapport, les spécimens de rOubangui ne font pas exception et, comme leurs représentants sud-africains, possèdent ce que l'on pourrait appeler la livrée de famille. Mais^ chez eux, la taille est beaucoup plus forte ; la queue, au contraire, relativement plus courte et le nombre des mamelles notablement plus élevé. La valeur de ces caractères m'a paru suffisante pour distinguer spécifiquement cette forme nouvelle sous le nom de Steatomy.s opimus.
Des deux individus capturés par M. J. Dybowski, l'un [a] est nn mille encore jeune, bien qu'adulte, comme on le verra plus loin d'après l'étude de la dentition; l'autre [b)^ une femelle très vieille, dont les dimensions données ci-après peuvent être considérés comme représentant la taille maximum qu'atteint l'espèce.
Ces deux peaux, en très mauvais état de conservation, mais complètes, justifiaient pleinement le choix du nom de Steatomys (5) (Fettmaus), fait par Peters, car il fallut leur faire subir une préparation toute spéciale pour les débarrasser de l'énorme quantité de graisse dont elles étaient imprégnées.
Le pelage, très doux au toucher, présente sur le dessus du
(1) W. Peters, ibicL, p. 165, 1852.
(2) 0. Thomas, Ann. Mag. natur. history, 6^ série, vol. X, p. 264, 1892.
(3) Barboza du Bocage, Jorn. Se. matlt. phys. natur. Lisboa, 2^ série, n° 5, p. 17, 1890.
(4) 0. Thomas, loc. cit.
(5) Steatomys, aicap, suif, lard ; au;, rat.
corps une leinle d'un brun chocolat sombre, qui s'éclaircit un peu sur les flancs et passe au roux de rouille sur le dessus et les côtés de la tête et du museau. Les poils, d'un gris ardoisé bleuâtre sur la moitié de leur longueur à partir de la racine, sont ensuite marquésd'un large anneau brun roux plus ou moins foncé suivant les parties du corps, et ont, pour la plupart, leur pointe brun noirâtre, sauf sur le dessus de la tête où l'anneau roux occupe toute la moitié distale des poils. L'extrémité du nez, le bord de la lèvre supérieure, tout le dessous du corps, depuis le menton jusqu'à l'anus, et la face interne des membres sont revêtus de poils plus rares, plus courts et d'un blanc pur jusqu'à leur base. Les moustaches, médiocrement longues, sont formées de soies nombreuses et fines, les inférieures blanches, les supérieures brunes. Les oreilles, de longueur moyenne et arrondies au sommet, offrent un revêtement de poils d'un brun sombre, courts et clairsemés, sauf le long des bords inféro-interne et supéro-externe, où ils sont plus développés et plus fournis et forment une zone marginale assez large et bien velue. Les pattes antérieures et postérieures sont faibles et courtes, couvertes de poils d'un blanc jaunâtre légèrement lavé de brun sur la région tarsienne. La queue, dont la longueur égale à peine le tiers de celle de la tête et du corps, est conique, finement et régulièrement annelée, et garnie de poils courts mais serrés, brun noirâtre au dessus, plus clairs et grisâtres en dessous Aux pattes antérieures, le pouce est complètement atrophié et ne laisse apercevoir qu'un petit ongle plat sessile. Les autres doigts sont bien développés, le médius le plus long, le deuxième et le quatrième un peu plus courts et presque égaux, le cinquième présentant les mêmes proportions que dans le genre Mus type. Ces quatre doigts sont terminés par des griffes longues, à peine recourbées et fortement comprimées latéralement en lames au-dessous de leur arête supérieure formant bourrelet. Aleurface inférieure, elles sont tranchantes et à peine évidées en cuiller à leur extrémité. Aux pattes posté-
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rieiires, los doigts sont conformés suivant le type Mufi proprement dit, cl lesgrifles qui les terminent tous, sont moins longues et plus courbes qu'aux pattes antérieures. Il m'a été impossible, sur ces exemplaires dessécbés, de bien déterminer la disposition des bourrelets plantaires ; le sous-tarsien interne m'a paru de forme oblongue et moins rapproché de l'exlerne que chez le Si. pralensis. Il est à remarquer que la région calcanéenne est assez bien velue. Sur les crânes, dont malheureusement toute la portion postérieure manque, je n'ai remarqué aucune trace de liséré sus-orbitaire. Les Irons sous-orbitaires, très ouverts dans leur portion moyenne, sont aussi larges en bas qu'en haul ; quant aux trous incisifs, ils sont larges, à bords externes fortement arqués, et se prolongent en arrière jusqu'au niveau du milieu de la première molaire. La dentition répond rigoureusement à la descrij)tion si précise de Peters, et dénote une étroite parenté entre les genres Sleafomi/s, Dendromy:^ et Deomys., si différents pourtant par leurs formes extérieures. Chez la femelle (/>), la couronne des molaires, fortement usée, ne laisse plus apercevoir que des traces informes de leur structure primitive. Au contraire, sur le mâle [a] qui nous servira de type pour la description qui va suivre, les tubercules des molaires, parfaitement intacts et à crêtes tranchantes, indiquent les débuts de l'âge aduKe. Les incisives supérieures d'un jaune orange sont très recourbées et creusées sur leur face antérieure, le long du tiers externe, d'un sillon étroit mais profond et nettement délimité. La première molaire, plus longue à elle seule que les deux dernières ensemble, présente six tubercules principaux, disposés suivant la longueur en trois paires consécutives, dont la deuxième est renforcée intérieurement d'un tubercule secondaire moins développé mais très visible. La deuxième molaire supérieure compte deux paires de tubercules principaux, faisant suite à ceux de la première molaire, le tubercule externe de la paire postérieure est peu développé; quant à la paire antérieure, elle présente un tubercule secondaire à son flanc interne
ÉTUDE SUR LES MAMMIFÈRES DU COiNGO FRANÇAIS. 395
el un faible talon antéro-externe. La troisième molaire supérieure n'est qu'indistinctement bituberculée et trèsréduite. A la mâcboire inférieure, les incisives sont longues, étroites et sans sillon, leur teinte jaune antérieure est à peine plus pale que celle des incisives supérieures. Les molaires sont un peu moins longues, mais ont entre elles les mêmes proportions relatives que les supérieures et, comme elles, divergent fortement en avant. La première est formée de trois replis transversaux, le premier unicuspide, les deux aulres bicuspides. La deuxième molaire ne compte que deux replis transversaux bicuspides et la troisième est simplement bilubcrculée. En arrière de chacune des deux premières molaires inférieures se trouve un petit tubercule médian, ou plutôt un talon formant pont entre deux dents consécutives. Ce mode de dentition est exactement calqué sur celui des Dendromijs et des Deomys ; les seules différences appréciables consistent dans la forme nettement bicuspide du premier repli transversal de la première molaire inférieure chez les Deomys et dans une indépendance bien marquée des tubercules chez les Dendromys et les Deomys. Chez les Steatomys^ les tubercules sont visiblement contluents, de telle sorte que les molaires paraissent plutôt formées de replis transversaux bilobés.
Le nomjjre des mamelles chez le Steatomys opimus est considérable, et, sur la femelle [b), je n'en ai pas compté moins de seize réparties, depuis la poitrine jusqu'à l'aine, en huit paires régulièrement espacées, dont deux pectorales, quatre ventrales et deux inguinales. La formule mammaire chez la nouvelle espèce (2 --]- 4 + 2), diffère donc notablement de celle du St. pratensis qui n'a que dix mamelles (1 -f- 2 -}- 2), et plus encore de celle du St. Bocagei qui n'en a que huit (1 -|- 1 -]- 2). D'autre part, comme on pourra en juger d'après les mesures comparatives réunies dans le tableau suivant, la taille du St. opimus l'emporte de 53 millimètres sur celle du St. Doragei et de 60 sur celle du *S7. pratensis. Par contre, ainsi que je l'ai déjà signalé plus
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liant, la queue se fail remarquer par son extrême brièveté; d'où résulte une diiïérence très sensible dans les proportions. Ainsi, le rapport de la longueur de la queue à celle de la tète et du corps est d'environ 1/2 chez le St. prateiisis et pluschezle St. Docagel; il tombe à 1/3 chez le St. opimm.
Tels sont les caractères différentiels dont la valeur indiscutable me paraît militer en faveur de la distinction spécifique du Steatomt/s oplmus , malgré la grande similitude de coloration que le pelage présente avec celui des espèces d'Angola et de Mozambique. Ce cas de mimétisme n'est, du reste, pas isolé chez les INIuridés africains. Tout récemment, M, Tycbo-Tullberg (1) a signalé une complète ressemblance, pour la coloration du pelage, entre le Mus hypoxanlhus (Puch.)et le Mu8 Anchietœ (Boc); celte dernièie espèce ne différant de la première que par sa taille plus grande et ses mamelles moins nombreuses et autrement placées. On peut en dire autant des Mus maiinis (Gr.) et Mus angolensis (Boc.) ; parfois aussi, des espèces appartenant à des genres ou sous-genres différents revêtent presque la même livrée et présentent la même conformation des membres, comme c'est le cas pour Golunda f'aUax (Pet.) et Mus (Isomys) dorsalis (A. Smith).
Le Steatomys opimus îi été rencontré par M. J. Dybowski près de Balao, au Nord du coude de l'Oubangui, dans le pays des Dakoas, par o%2G' de latitude Nord et environ 17%iO' de longitude Est.
(1) Tycho-Tullberg, Miiriden aus Kameritn. Slockholm p. 31, 4893.
Meswes en millimètres.
Longueur de la tète et du corps
— de la queue
Rapport entre ces deux dimensions
Longueur du pied (griffes comprises)
Hauteur de l'oreille
Lonmieiir des os nasaux
— — frontaux
— — pariétaux
— (les trous incisifs
— de la série des molaires supé-
rieures
Diastema
Longueur de la mandibule du condyle à la symphyse
Longueur de la série des molaires inférieures j
Diastema
3T. OPIMCS
Çi
GENRE LOPHUROMYS.