LOPHUROUYS siKApusi. (Tem
Mus sikapusi. Temminck. Esq. zool. Guinée, p. 160, 1853.
Lasiomys afer. Peters. Monatsb. Akad. Berlin, p. 109, pL, iig. 5-8, 1866.
Lophuromys afer, Peters. — p. 234, 1874.
— sikapusi. 0. Thomas. Proc. Zool. Soc. Lond., p. 13, 1888.
— — Jentink. Nol. f. Leyden Mus., vol. X, p. 42, 1888.
— afer. Tycho-ïullberg. Muriden aus Kamerun, p. 38, 1893.
Tab. I, Iig. 47 à 56. Taf. III, fig. 10, 29 à 34. Taf. IV, flg. 13, 14, 21.
a. (^ semi-adulte. M. de Brazza. Congo français, 1883.
l>.^ adulte. M. J. Dybowski. Poste de la Mission, haute Kemo, février
Dans son récent travail sur les Muridés du Cameron, M. Tyclio-Tullberg a soulevé une question qui ne manque pas d'intérèl, c'est celle de savoir si le Mus sikapusi de Temminck est identique au Lophuromys afer de Peters. Déjà, en 1888, M. Jenlink avait résolu cette question par Taffirmative. Pour le savant directeur du Musée de Leyde, les deux espèces n'en font qu'une à laquelle il conserve la déno-
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minalion griK^rique de Lophuromjjs proposée par Pclers; mais qui, suivant la loi de priorité, doit prendre le nom spécifique de sikapusi créé par Temminck. Malheureusement, comme M. Tycho-Tu!li3erg; le fait observer avec juste raison, M. Jentink ne donne aucun argument pour étayer son assertion. D'autre part, suivant M. Tycho- TuUberg, il serait tout à fait impossible d'identifier les deuxespèces pour les raisons suivantes : « D'abord, écrit le savant suédois, le 31ifs sikapiisi est notablement plus fort ; sa longueur totale est de 7 pouces, soit environ 190 millimètres, landis que mes plus grands spécimens dépassent à peine 150 millimètres, la queue comprise. De plus, Temminck indique la couleur du dessus corps chez le M. sikcqmsi comme tout à fait semblable à celle de la Souris d'Europe, c'est-à-dii-e gris sombre mêlé de roussàtre, tandis que les teintes, chez les spécimens de L. <ifer que j'ai examinés, ne peuvent nullement être indiquées comme mêlées de roussâtre. Enfin, Temminck ne donne aucun détail sur la dentition et le mode de conformation des pieds, organes qu'il est si important de connaître pour fidentification de l'espèce. Au contraire, la description de Peters est parfaitement détaillée, et elle s'adapte si bien à tous mes spécimens que, ])Our l'exactitude, je m'en suis tenu à la dénomination spécilique afer créée par cet auteur. »
Je ne veux pas insister ici sur les inconvénienls qui résulteraient de l'application d'une méthode aussi rigoureuse. S'il fallait réformer tous les noms spécifiques basés sur des descriptions incomplètes (1) et, souvent même, moins satisfaisantes encore que celle de Temminck, ce serait un véritable bouleversement dans la nomenclature zoologique actuellement admise. On ne peut nier que la description du Mus
(1) Pour ne citer qu'un exemple d'un cas tout à fait analogue à celui qui nous occupe, et sur lequel j'ai déjà attiré l'attention : la plupart des auteurs sont d'accord pour n'admettre \'Otolicmii> Peli (Tem.) que comme synonyme du Gai. Heinii/alago Deiiiidoffi (Fisch.), bien que la description de Temminck soit autrement complète que la diagnose superficielle donnée "ijar Fischer.
ÉTUDE SUR LES MAMMIFÈRES DU CONGO l'RAiNÇAIS. 399
sikapusi ne soit des plus sommaires, mais je ne la crois pas tellement insuffisante qu'elle ne permette de reconnaître sans trop de difficulté l'animal qu'elle désigne, et qu'il faille rejeter la dénomination spécifique choisie par ïemminck. Du reste, les différences dans la coloration du pelage entre le Mus sikapusi et le Lophuromys afer ne sont pas aussi tranchées que M. Ïycho-Tullberg paraît le supposer. « Les nuances plus ou moins foncées de gris noirâtre mêlé de roussdtre )' (Tem.) doivent par leur fusion intime donner une teinte uniforme (Tem.) très analogue au brun sombre lavé de brun olive, « einfarbig dunkelbraun mit einem Anslrich von olivenhraun » (Tycli.-Tullb,), ou au brun, de rouille sombre, '> dunkelrostbraun » (Peters). A part cette divergence, due à l'erreur^ d'interprétation que je viens de signaler, il y a concordance complète dans les descriptions des trois auteurs précités. Chez le Bîus sikapusi comme chez le Lophuromys afer^ la portion basale des poils du dessus du corps est plus claire et d'un roux jaunâtre semblable à la teinte du pelage des parties inférieures. Le dessus des pattes est de même couleur que le dos ; les ongles sont blancs et les oreilles courtes, arrondies et à peine velues extérieurement. Si, d'autre part, on constate un léger écart, 3 centimètres, entre les dimensions du M. sikapusi et celles du L. afer (1), par contre, il existe dans les proportions relatives des diverses parties une similitude incontestable qui autorise à supposer qu'aucun des exemplaires examinés par Peters et Tycho-Tullberg n'était parvenu à son état de complet développement. En effet, en comparant entre elles les mesures qui ont été données du M. sikapusi Qi du L. afer, on trouve que la queue est toujours sensiblement plus courte que la tête et le corps, et que sa longueur oscille, pour l'un et l'autre type, entre les 2/7 et les 3/7 de la longueur totale, ce qui ne constitue qu'une différence
(1) Mus sikapusi. Longueur de la tète et du corps o pouces, soit à peu près 13o millimètres (Temminck). — Lophuromys afer. Longueur de la tète et du corps lOo millimètres (Peters).
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négligeable. Knfiii on doit, h mon avis, prendre en sérieuse considération le témoignage de M. Jenlink. Le savant directeur du Musée de Leyde avait sous la main les cotypes (1) du 3Ius sikapusi ; et il est impossible de supposer qu'un observateur aussi consciencieux ait négligé de les comparer avec la description de Peters avant de se prononcer d'une façon aussi catégorique. Toutes ces preuves me paraissent sulFisantes pour justifier la réunion spécifique du L. a fer au M. sikapusi^ et sur ce point je ne puis que me ranger à l'avis de M. Jentink.
La nomenclature des Muridés africains n'est déjà que trop surchargée; il serait réellement regrettable de ne pas profiter de toutes les occasions qui se présentent de la simplifier. Les éliminalions de noms spécifiques à double emploi, lorsqu'elles s'appuient sur des arguments sérieux, ne peuvent que tourner au profil de la science; et nous verrons plus loin, à propos du Mus inaKvus (Gr.), que M. Tycho-Tullberg a su parfaitement mettre en pratique ce précepte d'Ogilby (2), à savoir que l'identitication d'une ancienne espèce, d'abord imparfaitement décrite, est plus utile que la découverte de vingt types nouveaux.
Grâce aux mémoires de Peters et de M. Tyclio-Tullberg, le Lophuromys sikapusi se trouve donc parfaitement déterminé et, sur les deux exemplaires ci-dessus indiqués, j'ai pu constater l'exactitude des observations de ces deux zoologistes.
(1) Lophuromys sihapmi. (Temminck.)
o) Femelle adulte montée, un des types de l'espèce (crâne ^ du Cat. Ostéol.)
c) Individu monté jeune de la femelle («), un des types de l'espèce.
d) Très jeune individu monté, un des types de l'espèce.
Jentink, Mus. Pays-Bas. Cat. syslém. Mamm., vol. XII, p. 52. Leyde, 1888.
(2) « M. Ogilby observed that tlie re-discovery of an old species was at ail times more gratifying to him, and he considered more bénéficiai lo the science of zoology than the original description oftwenty that were new, because, whilst it equally added an authentic species to the substanlive amount of our knowledge, it had the further merit of dispelling the many doubts and surmises which unavoidably obscured the subject. « Proc. Zool. Soc. Loudon, p. 102, 1836.
Chez le L. sika/iusi, la tête est longue et le museau pointu. Sur le crâne, on ne trouve presque aucun indice du liséré sus-orbitaire, et les trous sous-orbitaires sont élargis dans leur portion inférieure. Les incisives supérieures sont lisses. Les deux séries des molaires supérieures, disposées presque parallèlement, présentent encore la forme propre aux: Muridés proprement dits, mais on y observe une certaine tendance à la disposition bisériée des tuber- /cules par suite de la réduction, comme nombre et comme volume, des tubercules latéraux internes. Aux pattes antérieures, le pouce est atrophié et muni d'un ongle plat, le doigt exLerne est bien développé et garni d'une grille ; le deuxième et le quatrième sont à peu près égaux, mais de longueur moindre que Ic/ médius, et tous trois présentent à leur extrémité une gritîe très allongée et presque droite. Aux pattes postérieures, les griffes qui garnissent tous les doigts sont plus courtes et plus recourbées qu'aux membres antérieurs ; le doigt externe est à peine plus long mais plus robuste que l'interne; le deuxième et le quatrième sont égaux et un peu plus courts que le médius. La plante ne présenLe que cinq bourrelets arrondis, dont quatre sous-arliculaires des orteils et le cinquième plus fort près du bord interne du métatarse.
Suivant 3L Tycho-Tullberg, les femelles chez cette espèce n'ont que six mamelles, deux paires pectorales et une inguinale.
Le L. iikapusi n'avait d'abord été rencontré que le long des côtes de la Guinée et du Gabon, mais l'examen des importantes collections mammalogiques rassemblées dans ces dernières années par Emin-Paclia(t) dans l'Afrique équatoriale a permis de reporter la limite orientale de l'aire de répartition de cette espèce jusque dans le Nord-Est du bassin du Congo, à Gadda, district de Monbuttu. L'exemplaire recueilli par M. J. Dybowski sur les bords de la Kemo présente un
(1) 0. Thomas, Prac. ZooL Soc. London, p. 13, 1888.
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réel intérêt, en raison de la situation intermédiaire de cette localité enlre les deux stations extrêmes que je viens de signaler. Le L. sikapiisi n'a jamais été vu au Sud du Congo. On ne connaît, jusqu'à présent, que deux espèces de Lophuromys, le L. sikapusi ei\Q L. flavopunclatus (Thos.) (1) du Choa, et les affinités de ce genre sont encore mal définies. Alston (2) le rangeait dans sa sous-famille des Dendromyinœ, à côté du genre Steatomys (Pet.). M. 0. Thomas (3) le place, avec plus de raison je crois, proche des genres Sarcostomus (Pet.) et Cricetomys {\\'^i\\.).
GENRE CRICETOMYS