‹ ude sur les mammifs du Congo fransChapitre 95 sur 153 · Mus (ISOMYS) PULCIIELLUS. (Gf · texte numérisé non relu

Mus (ISOMYS) PULCIIELLUS. (Gf

Mus barbants. Temniinck. Esq. zool. Guinée, p. lo7, 18o3. Gohmda indchcUa. Gray. Proc. Zool. Soc. Lond., p. 57, 1864.

— — Sclater. Proc. Zool. Soc. Lond., p. 100, pi. XIII, 1864.

Mus [Isomijs) barbarus. Peters. Monatsber. Akad. Berlin, p. 480, 1876. Mus {Lemniscoiiujs) barbants, var. massaicus. Pagenstecher. J. B. Mus. Ham-

burg., p. 4o, 1883.

Mus barbarus. Lèche. Zoolog. Jahrb., p. 119, II, 1887. Golunda pulchclta. Noack. ZooL Jahrl»., p. Si'.), II, 1887. Mus {Isonii/s) barbarus. 0. Thomas. Proc. Zool. Soc. Lond., p. 11, 1888. Mus barbarus. Baiboza du iiocage. Jorn. Se. maLh. phys. nalur. Lisboa,

2e série, n" 5. Extrait, p. lo. 1890.

Mits (Isomijs) barbarus. Tvcho-TuIIberg. Muriden aus Kamerun, p. 24. Tab. II, lig. 1 1 à 20. Tab! III, ng. 3, 37, 38. Tab. IV, lig. 7, i893.

n.ç^ adulte. M. de Brazza. Congo français, 188o.

b. çf semi-adulte. — —

c,d,e,f, très jeunes exemplaires. M. Thollon. Franceville, Gabon, 1886.

g. (j' adulte. M. J. Dybowski. Poste de la Mission sur la Kemo, février 1892,

La plupart des auteurs ont considéré Fespèce décrite par Gray sous le nom de Golunda pukJiella comme une simple variété du Rat barbaresqueil/^^5 barbarus (L.). Sans prétendre

ANN. se. NAT. ZOOL. IV, 1

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en aucune façon contester la valeur des arguments émis en faveur de cette manière de voir, je me permettrai d'en exposer d'autres qui me paraissent lui être absolument contraires. Chez ces deux espèces, les proportions sont équivalentes, les pattes sont conformées sur le vrai type Isomys, et les femelles possèdent liuit mamelles, dont une paire pectorale, une axillaire, une ventrale et une inguinale. L'examen des bourrelets plantaires, sans être aussi favorable à Thypo- Ihèse de l'unité spécifique, ne l'infirme cependant pas complètement. Suivant M. Lataste (1), le nombre des bourrelets aux pattes postérieures serait réduit aux deux paires sousarticulaires des orteils, et il n'en existerait pas sous le tarse chez le M. (Isomijs) darbarus (L.) au Nord de l'Afrique. J'ai pu examiner cinq spécimens de cette espèce, conservés dans l'alcool et provenant tous d'Algérie ou de Tunisie ; deux d'entre eux, de sexe différent, ne présentaient que quatre bourrelets sous-articulaires et donnaient raison à M. Lataste ; les trois autres, au contraire, possédaient un cinquième bourrelet bien formé près du bord latéro-interne du tarse. Le nombre 4 n'offre donc pas une fixilé absolue; peut-être môme ne constitue-t-il qu'une exception et doit-on considérer le nombre 5 comme normal et caractéristique? C'est ce queje ne saurais affirmer catégoriquementd'après l'examen d'un nombre si restreint d'individus, mais je constate le fait de la présence fréquente de cinq bourrelets plantaires chez le M. Isomys barbarus ih.). D'autre part, M. Barboza du Bocage admet l'existence de six bourrelets plantaires chez un spécimen que sa provenance congolaise m'autorise à considérer comme se rapportant hV es\)hce pulchelius de Gray, tandis que M. Tycho-TuUberg n'en a reconnu et figuré que cinq pour deux exemplaires de la côte d'Or. De tous les individus énumérés en tête de cet article, le spécimen (a) seul possède six bourrelets plantaires; les sept autres ne présentent aucune trace du sixième bourrelet postéro-externe. La normale

(1) F. Lataste, Notes sur les Souris (V Algérie {Actes Soc. Linn. Bordeaux, p. 32, vol. XXXVII, 4^ série, t. VII, 1883.

pour le 31. Isomys pulchellus (Gr.) est donc bien le nombre 5 comme pour le M. Isomys barbarus (L.), mais avec celte restriction que, chez ce dernier, ce nombre représente un maximum et chez le M. Isomys pulchellus (Gr.) un minimum. Enfin, le dernier argument invoqué en faveur de la réunion des deux espèces est l'extrême ressemblance de la livrée. Sous ce rapport il y a en effet similitude, mais non identité; et l'on connaît le caractère distinctif qui permet infailliblement de discerner les deux espèces. Chez le M. Isomys barbarus (L.), les bandes blanches longitudinales sont bien dessinées, continues et d'une largeur uniforme sur toute leur longueur. Chez le M. Isomys pulchellus (Gr.), non seulement ces bandes blanches sont plus étroites, mais elles sont comme interrompues à des intervalles assez réguliers par des étranglements ou même des solutions complètes de continuité ; ce sont, en un mot, des bandes en chapelet. Gray revient par deux fois sur ce caractère, « six rows of small oblong spots almost continuons... » «... the streaks of nearly continuons spots... », mais, bien avant lui, Temminck l'avait signalé en termes tout aussi précis quand il écrivait : « Ces six bandes sont formées par une série de petites taches jaunâtres, faisant l'effet d'une robe couverte de maculatures . »

La planche qui accompagne le travail de M. Sclater sur les Mammifères recueillis par le capitaine Speke dans l'Est de l'Afrique ne peut que donner une idée fausse de cette particularité de la robe du M. Isomys pulchellus ; les lignes dorsales blanches y sont trop continues, elles représentent la livrée rayée du M. Isomys barbarus (L.) du Nord de l'Afrique et non les mouchetures caractéristiques du 31. Isomys pulchellus. Ce dessin défectueux ne rend ni la pensée ni le texte de Gray et de Temminck et n'a peut-être pas peu contribué à engendrer la confusion entre les deux espèces. Au point de vue absolu, ces particularités distinctives ne présentent, je l'avoue, qu'une médiocre valeur; mais elles acquièrent une importance singulière et réellement spéci-

4 E. DE POLIit.tRCSUES.

fîqiie en raison de la différence d'habilat bien tranch(''e des animaux qui les présentent. Les individus à robe rayée^ Mus Isomys barbarus (L.), sont absolument spéciaux à la zone méditerranéenne de l'Afrique ; ils sont abondants au Maroc, en Algérie et en Tunisie, mais s'arrêtent au Sud devant les déserts du Sahara, à l'Est devant ceux de la Tripolitaine. Leur patrie exclusive est donc la Barbarie, et jamais nom spécifique ne fut mieux approprié. Quant à l'espèce représentative sud-saharienne à robe tachetée^ Mus Isomys pulchellus (Gr.), son aire de dispersion est bien plus étendue. Les différentes stations où sa présence a été signalée sont, en allant de l'Ouest à l'Est : les côtes de Guinée (ïemminclv), la côte d'Or (Peters, Tycho-Tullberg), le Gabon (ïhollon), le Congo (de Brazza, Barboza du Bocage), la région de l'Oubangui et de la Kemo (J. Dybowski), le Niam-Niam, les districts de Monbuttu et de Ouadelaï (0. Thomas), les provinces d'Unyamuesi et d'Ugalla (Sclater, Noack) et enfin le territoire de Massai (Pagenstecher). En reliant entre eux ces nombreux jalons, on obtient une aire immense qui, bornée à l'Ouest par l'Atlantique, depuis la côte d'Or jusqu'à l'embouchure du Congo, s'étend vers l'Est à travers l'Afrique centrale, passe dans le bassin du Nil et se propage dans la région des grands lacs jusque près de la côte de Zanzibar. Suivant AL Barboza du Bocage, le Mus Isomys pukhellus ne se rencontre pas au Sud du Congo.

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