Mus (Malacouys) longipes. (A. M.-Edw
Malacomys longipes. A. Milne-Edwards. Bull. Soc. Pbil., p. 9, févr. 1876. — — 0. Thomas. Proc. Zool. Soc. London, p. Il, 1888.
Mus longip'^s. Tyclio-Tiillberg. Murid. ans Kamenin, p. 14, Tab. I, fig. 19 ci 20; tab. III, fig. 7, 23, 24; tab. IV, fig. 4, n, 19, 1893.
a. çf adulte. MM. de Gompiègne et Marche. Bords de l'Ogôoué, 1873.
Ce spécimen est le type de l'espèce et du genre décrit par M. A. Milne-Edwards dans les termes suivants : « Ce Rongeur est remarquable par la longueur de ses pattes et de sa queue. Le corps et la lête sont couverts en dessus d'un poil roux lavé de noir extrêmement doux, les parties inférieures du corps sont grises. Le museau est pointu, l'œil bien développé, les oreilles grandes et nues. Les pattes antérieures, revêtues de poiîs très courts, sont très longues dans toute la portion antibrachiale, le pied étant très petit. Les pattes postérieures sont presque nues et lerminées par un pied étroit et plus long que chez la plupart des Gerbilles. La queue est très grêle, glabre et couverte de petites écailles formant des anneaux très rapprochés. »
« Longueur du corps, du museau à la base de la queue : 17 centimètres.
« Longueur de la queue : 19 centimètres. »
J'ajouterai que le pied, chez ce spécimen, mesure 4 centimètres depuis le calcaneum jusqu'à l'extrémité de l'ongle du médius. D'après M, Tycho-Tullberg, la plante ne présente que cinq bourrelets, et les femelles n'ont que trois paires de mamelles, une paire pectorale sous-axillaire, une ventrale et une inguinale.
Le crâne du type de cette intéressante espèce avait malheureusement été si endommagé qu'il avait été impossible d'en donner une description ; mais cette lacune a pu êlre comblée depuis par M. 0. Thomas d'abord, puis par M. Tycho- Tullberg. Ces deux auteurs sont d'accord pour reconnaître que le crâne et la dentilion, chez le Malacomys longipes, sont conformés suivant le type Mus proprement dit. Le crâne est
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allongé, le museau poinlu, le bord sus-orbilaire lisse. Les deux rangées des molaires sont parallèles, mais les dents soni relativement petites et étroites, et les trous incisifs se t'ont remarquer par leur extrême brièveté. Quelques chiffres donnés par M. 0. Thomas rendent d'ailleurs ces disproporlions plus palpables. La longueur du crâne étant de 33 millimètres et demi et celle du palais de 22, on n'en compte que 6 pour la série des molaires et pas davantage pour les trous incisifs. De son côlé, M. Tycho-Tullberg fait remarquer (jue, bien que le crâne du Malacomys longipes soit sensiblement plus long que celui du Mus mourus (Gr.), les trous incisifs présentent la même longueur chez ces deux espèces. Nonobstant ces particularités d'ordre secondaire, l'ensemble des caractères crâniens et dentaires indique des affinités étroites et indiscutables avec le genre il///.<f proprement dit. S'appuynnt sur ces données et sur la ressemblance que présente le Mnlaromi/s loncjipcs avec le Mus nmurus (Gr.) et le Mus Alleni (U'aterh.) sous le rapport de la nature et de la coloration du pelage, des proportions et de la nudité de la queue, et d'autres traits d'organisation interne. M, ïycho- Tullberg a cru devoir considérer le Malacomys longipes comme une espèce du genre Mus (stricto sensu), dont les alliés les plus proches seraient les deux formes précitées et le Mus albipes (Hiipp.). L'extrême ditîérence que l'on constate chez le Malacomys longines, dans les proportions relatives des membres, ne constiluerait donc, pour le savant suédois, qu'un caractère purement spécifique. Cependant l'élongation si accentuée de la portion antibrachiale aux membres antérieurs, du tarse et de la jambe aux membres postérieurs chez le Malacomys longipes^ est une particularité qui, sans exagération, ne le cède pas en importance à celle qui a servi de base à la distinction subgénérique des Isomys, lesquels ont même été élevés tout récemment au rang de genre par M. 0. Thomas (t). Sans aller aussi loin que le
(1) 0. Tliomas, Proc. Zool. Soc. London, p. 551, 1892. D'après les recherches de M. T. S. Palmer, le terme Isomys (Sund.) 1843 devrait, suivant la
ÉTUDE SUR LES MAMMIFÈRES DU COiNGO FRANÇAIS. 9
savant naturaliste anglais, je conserverai donc à l'espèce qui nous occupe sa place dans le genre Mus^ mais en établissant pour elle une coupe subgénérique du nom de Malacomys.
Le Malacomys longipes fut découvert en 1873 par MM. de Compiègne et .Marche au Gabon, dans le voisinage de rOgôoué, et les nombreux exemplaires étudiés par M. Tycho- Tullberg provenaient du Cameron, oii ils avaient été capturés par les explorateurs Sjôstedt et Dûsen, dans la région de Mangroven. Mais celte espèce n'est pas localisée le long des côtes du fond du golfe de Guinée; et l'on sait, depuis les travaux de M. 0. Thomas, que la limite orientale de son aire de dispersion doit être reculée jusqu'au district de Monbuttu. En elfet, au cours de ses explorations vers la fin de 1883, Emin-Pacha a recueilli plusieurs spécimens de Malacomys longipes près des cours d'eau et dans les forêts proches de Tingasi et Nesanda.