‹ Ulrich Zwingli, le réformateur suisseChapitre 2 sur 7 · BANDE · texte numérisé non relu

BANDE

Appelé à deux reprises, précédemment, à accompagner la bannière glaronaise en Italie, Zwingli avait été témoin des maux qu'engendraient les guerres mercenaires et avait pris en horreur le régime des capitulations. Le service militaire étranger continuait à être une déplorable source de démoralisation pour la Suisse. Depuis que les confédérés, dans leur lutte avec Charles le Téméraire, avaient donné des preuves si éclatantes de leur bravoure, les puissances d'Europe cherchaient

à l’envi à les attirer sous leurs étendards. Même le pape leur confiait la garde de sa personne. La noblesse helvétique recevait de fortes pensions pour présider à ce recrutement. Insensiblement le peuple suisse se dégoûtait des paisibles travaux de l’agriculture. Les régiments capitulés rapportaient et inoculaient dans le pays les vices qu'ils avaient contractés dans les garnisons étrangères, vendaient au plus offrant un sang qu’ils n’auraient dû verser que pour la patrie, et, pour comble d’ignominie, on les voyait dans des camps opposés combattre les uns contre les autres. Zwingli se prononça à Zurich, comme autrefois à Glaris, contre les dangers de ces expatriations guerrières. Ils’éleva énergiquement contre l’immixtion des confédérés dans la rivalité entre Charles-Quint et François Ier, qui convoitaient l’un et l’autre la couronne impériale (1519), et il réussit, en 152, à obtenir le vote populaire de la cité zuricoise contre l’alliance française. Le magistrat, lié envers Léon X, permit

AI bien à une petite armée de passer les Alpes; le décès du pape rompit les engagements, et dès lors les pensions et le service mercenaire furent interdits à Zurich sous peine de mort. Zwingli aussi renonça définitivement à la modeste pension qu'il recevait de la cour romaine.

Quelles que fussent les difficultés qu’il eût rencontrées de ce côté, ses idées réformatrices dans le domaine religieux lui créèrent plus d’embarras encore.

Dès le début presque. il fut accusé de s’arrêter à mi-chemin et son œuvre faillit tout à coup être compromise par de turbulents novateurs iconoclastes et surtout par les anabaptistes. Ces sectaires, après leur déroute en Allemagne, s'étaient rejetés sur différents cantons de la Suisse, et principalement à Zurich. Ils y trouvèrent Conrad Grebel, Mantz et d’autres qu’ils parvinrent à fanatiser, et qui, par leurs principes subversifs de l'Etat et de l'Eglise, de la famille et de la société, par leurs doctrines communistes, par les soulèvements qu’ils excitèrent parmi les paysans, effrayèrent la bourgeoisie au point de lui rendre suspecte la cause de la réforme. Zwingli se tint vaillamment sur la brèche. Il écrivait des réfutations contre les rebelles et les anabaptistes, discutait avec eux dans des colloques publics (1525), modérait l’irritation et l’esprit de vengeance des magistrats et indiquait ce qu’il y avait de vrai ou de faux dans les revendications populaires. En diverses occasions, il réfuta

Page 1