MOMIE
si victorieusement l’anabaptisme que la secte se dissipa peu à peu, ne laissant que des membres absolument inoffensifs. Après de vaines discussions et des emprisonnements inutiles, les chefs les plus exaltés et les plus dangereux furent frappés de peines très sévères : les uns furent bannis, les autres noyés.
Quand le gouvernement, en janvier 1527, crut devoir recourir à ces dernières rigueurs, contre lesquelles ne cessa de protester Zwingli, la réformation était établie à Zurich et aux environs. En 1520 déjà, le sénat, sur l'avis du conseil des Deux- Cents, avait publié un décret par lequel il était ordonné à tous les ecclésiastiques du canton d’expliquer au peuple le Nouveau Testament et de ne rien enseigner qui n'y fût conforme. Ainsi, de concert avec Zwingli qui s'était vainement adressé à l'évêché de Constance pour le redressement des abus, ainsi l’autorité civile se chargeait de la direction du mouvement rénovateur dont Zwingli avait pris l'initiative. Cependant ce n’est qu’en 1522 que cette tendance rénovatrice s’accentua décidément, à la suite d’un sermon de carême dans lequel le prédicateur de la cathédrale avait taxé le jeûne d’invention humaine. Plusieurs citoyens, entre autres l’imprimeur Froschauer, n’en demandaient pas davantage pour se dispenser de faire maigre. L’évêque, informé de cette contra-. vention inouïe, députa à Zurich son grand vicaire Jean Faber, qui, en présence du chapitre et des
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délégués des conseils, prétendit que l'abolition du carême menait droit au désordre et à l’anarchie. Zwingli n’eut pas de peine à prouver que jamais les bonnes mœurs et l’ordre n’avaient autant régné à Zurich que depuis qu’on y prêchait le pur Evangile. Néanmoins les violateurs du jeûne furent punis par le magistrat. Alors Zwingli lança sa première brochure en langue allemande: Du libre choix des mets, où sont revendiqués les droits de la liberté chrétienne. À partir de ce moment, la lutte contre le papisme a commencé et va se poursuivre.
Dans un second ouvrage, l’Archétélès (commencement et fin), le réformateur défendit hardiment sa cause contre la hiérarchie papale. Puis, cette même année, le 2 juillet 1522, pour montrer qu'il restait sur le terrain de l'Eglise apostolique, il adressa à l’évêque de Constance et à la diète helvé.tique une pétition, signée de dix autres ecclésiastiques du canton, demandant la libre prédication de l'Evangile et l’abolition du célibat des prêtres. Les premiers qui se marièrent durent tenir quelque temps leur mariage secret. C’est ce que fit Zwingli. Dès 15922 il s'était engagé à la veuve de Meyer de Knonau, Anna Reinhart, femme distinguée par le caractère et la piété, qu’il n’épousa publiquement qu’en avril 1524.
Repoussés par les autorités suprêmes de l'Eglise, Zwingli et ses collègues en appelèrent aux suffrages du peuple chrétien. Ils obtinrent du conseil de Zurich, pour le 29 janvier 1523, la convocation