‹ Ultima verbaChapitre 15 sur 32 · I.A COM TKSSK DR 1>I10VP:NGK · texte numérisé non relu

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Est-ce l'oflet de celte fâcheuse habitude? Estce la conséquence d'une rnahidie nnentahî causée \mr le chag^rin? Le séjourque lait la comtesse de Provence à la cour de Turin, pendant son exil, ne laisse pas dans sa famille une impression favorable, quoiqu'elle eut été accueillie avec les égards les plus affectueux.

D'abord l'insatiable Mme de Gourbillon qu'elle traîne après elle fatigue le roi de Sardaigne de ses exigences et de ses perpétuelles demandes d'argent. Puis la princesse elle-même étonne les siens par les bizarreries de son humeur et par l'incohérence de ses propos. Les deux jeunes princes, qui notent chaque jour ce qu'ils voient, et ce qu'ils entendent, signalent fréquemment de sa part des incartades désobligeantes pour tout le monde. En Allemagne, oiî elle se réfugie lorsque les armées françaises envahissent la Savoie, (juelques bouteilles de tokay ou d'alicante continuent à égayer sa tristesse.

Dans l'intervalle, après la mort de Louis XVI, le comte de Provence a pris le titre de roi et donné à sa femme le titre de reine. C'est en cette qualité qu'elle rejoint son époux et qu'elle sins-

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talle avec lui à Mittau, à Varsovie, en Angleterre. Ce couple royal sans royaume passe alors par les épreuves les plus douloureuses et les plus humiliantes. Oblig^é de mendier auprès des souverains d'Europe un asile et des subsides, il ne peut se fixer nulle part avec sécurité. Tantôt on le chasse de la résidence qu'on avait commencé par lui offrir, tantôt on lui fait attendre pendant des mois l'arg^ent dont il a besoin pour les dépenses les plus nécessaires. Cette communauté dans la gêne et dans la souffrance a rapproché le ménage. Toutes les anciennes causes de dissentiments ont disparu. L'âge est venu, et avec làge l'amortissement de la jalousie et des passions. Si la santé de la reine reste précaire et son humeur incertaine, elle voit quelquefois le roi aux prises avec des difficultés si cruelles qu'elle fait effort sur elle-même pour ne pas aggraver les ennuis dont il porte le poids. D'autre part, il ne faut pas moins que l'autorité bienveillante de Louis XVIII pour écarter du chemin de la reine une grosse pierre d'achoppement. Madame Royale, délivrée de sa prison, s'est réfugiée en Autriche, d'où elle doit rejoindre son oncle et recevoir de sa main le duc d'Angoulême comme fiancé. Malheureusement, la^ fille de Louis XYI et de Marie-Antoinette

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