‹ Ultima verba mon dernier ouvrageChapitre 10 sur 70 · I.B VOt, KT I.'ÉCUAJiOli · texte numérisé non relu

I.B VOt, KT I.'ÉCUAJiOli

S’agit-il de l’enseiguement par exemple? C’esi «me industrie qui ne couvre pas ses frais et dont les déficits permanents sont comblés par là généralité des contribuables. L’Etat s’est attribué l’enseignement supérieur et moyen, à la fois comme possédant au plus haut degré les capacités intellectuelles ou morales nécessaires pour l’exercor, et comme un moyen de venir en aide aux familles qui destinent leurs enfants aux fonctions les plus élevées et généralement les plus lucratives de la société. Mais l’expérience a suffisamment démontré que l’enseignement de l'Etat n’est aucunement supérieur à l'enseignement libre et que les familles qui destinent leurs enfants aux emplois supérieurs sont, sauf de rares exceptions, assez aisées pour subvenir aux frais de leur instruction. Ce qui le prouve, c’est qu’un bon nombre d'entre elles s’adressent à l'enseignement libre, quoiqu’il soit renchéri par la part qu’il supporlo do l’impôt destiné il couvrir le déficit de l'enseignement de l’Etat. L’enseignement primaire a do même un double objet! inciter les parents ii remplir leur devoir envers lés enfants et inculquer à ceux-ci les sentiments do patriotisme et de respect de la propriété. Mais depuis quo les parents les plus pauvres ont été reconnus capables do participer nu gouvernement do l'Etat, n’estce pas leur faire injure que de I03 croire incapables do remplir leurs devoirs envers leurs enfants? Quant au patriotisme et au respect de In propriété, tes instituteurs

22 ULT1.MA VEH8A

de l'Etat se font-ils toujours un devoir scrupuleux de les enseigner?

S'agit-il des monopoles tels que ceux du tabac, des allumettes, des chemins de fer, etc., qui établissent un impàt particulier et parfois oxhorbitant sur les consommateurs, en leur fournissant des produits ou des services inférieurs b ceux des industries de concurrence? La différence ne doit elle pas être portée au compto du vol? N'en est-il pas de mémo des impéts progressifs sur les revenus, sur les successions, etc., quoique les frais de l’assurance de la vie et de la propriété des riches s'élèvent simplement en proportion de leur valeur? Si le surcroît est employé à des couvres philanthropiques : b pourvoir, par exemple, aux frais de la vieillesse des ouvriers, n’en résulte-t-il pas encoro un dommage moral et matériel? dommage moral infligé au vieil ouvrier réduit ii vivre aux dépens d’autrui, dommage matériel infligé b la Boeiélé tout entière par l’encouragement b l'imprévoyance, dans tous les cas, perle de puissance et de richesse.

Mais, c'est surtout en protégeant l’industrie par le tarit des douanes, que l’Etat cause b la nation et b l'humanité tout entière un dommage irréparable.

Le système qualifié de protecteur a eu toutefois, dans le passé sa raison d'ètre et il est le témoignage flagrant de l’évolution qui o rendu immorales et nuisibles des institutions et des pratiques justes et utiles dans un état

LE VOL ET l’ÉCHANOE 23

antérieur de l’existence des sociétés. — A l’époque où io mode d'acquisition par la vol était général entre les sociétés propriétaires d’Etats, où la guerre était considérée comme l’industrie la plus légitime et la plus avantageuse, où, en même temps, les différentes catégories de produits n’avaient pour débouché que le marché national, la sécurité de l’Etat et de la ilotion exigeait, d’une part, que les articles nécessaires à l’existence et ù la défense de la population — tels que les subsistances et le matériel de guerre — fussent produits par elle-même, et, d’une autre part, qu'elle fût assurée de la conservation permanente de son marché. L’importalion temporaire d'une marchandise étrangère causait alors un abaissement des prix, dommageable pour, les producteurs auxquels succédait, lorsque la guerre interrompait la commerce exlérieur, un relèvement non moins dommageable aux consommateurs; Mais la situation a changé lorsque les guerres, moins productives, sonl devenues moins fréquentes. En fait, la. guerre est, aujourd'hui, interdite aux petits Etats européens, et elle n’édale plus qu’après des périodes de paix de plus en plus longues entre les grands. L’état de paix esl devenu, malgré les excitations des intérêts belliqueux, l'état normal du monda civilisé. Les relations commerciales se sonl multipliées entre les nalions dans ees intervalles de paix de plus en plus longs, et, lorsqu’une guerre a éclaté entre deux nations, elle a cessé d’interrompre le

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque

le de France

UÎ.TIMA VERUA

commerça des neutres avec elles. Déjà nu xvm' siècle, une ligue des neutres s'était constituée pour restreindre dans cet intérêt, les droits de In guorro, Aujourd'hui, l’adoption de In maxime que le pavillon couvre la marchandise assure, contre la guerre, le commerce international de la généralité des marchandises, è ia seule exception de la contrebande de guerre. Aucune raison de sécurité ne peut donc plus être invoquée pour protéger les produits nationaux contre la concurrence des produits étrangers, Tous les consommateurs peuvent, en tout temps, être approvisionnés des articles qui leur sont nécessaires sans subir, même en lemps do guerre, une hausse extraordinaire des prix, Et les producteurs, de leur côté, n’onl plus à redouter la fermeture da leurs débouchés étrangers, sauf A subir l’amoindrissement des relations commerciales causé par la guerre. Une nouvelle assietle de la production s’est ainsi peu A peu substituée K l’ancienne. Tandis qu’il fallait produire ia presque totalité des articles nécessaires A la satisfaction des besoins de ta population dans i’enceinto limitée do i’Ktal, quelles que fussent les difficultés et la cherté de la production, il est devenu possible d'obtenir en tout temps, sur toute la surface du globe, ceux dont la production est la plus facile et la moins coAteuse. Mais lo bénéfice do cet élargissement de la sphère do l’échango no s’est pas arrêté IA, Lorsqu’une industrie ne possédait que lo marché local ou même national, elle ne comptait

fgyi s 'v

ut vol et l'ëciianoe 23

qu’un petil nombro de producteurs qui s'entendaient pour fixer les prix do leurs produits. Ils constituaient un monopole, à la vérité limité par la loi, mais qui leur attribuait au delà do la part des bénéfices nécessaires do t’échange. En revanche, la limitation de leur clientèle locale ou nationale les empêchait d'augmenter leurs profita en développant et on perfectionnant leur industrie par la division du travail ; l’extension de la sphère de l'échange leur a permis de les multiplier et de compenser ainsi leur abaissement : producteurs et consommateurs y ont gagné.

Cet élargissement do la sphère de la production et de l'échange devait avoir un effet analogue à celui de l’invention d'une machine nouvelle qui, en diminuant les frais Je production cl le prix d'un produit ou d’un service, les met à la portée d'un plus grand nombre de consommateurs.

On sait d'où provient cette diminution du prix qui permet nu consommateur do réduire la quantité de produits ou de monnaie qu’il donne en échange de l'article fabriqué à l’aide d’une machine ? Elle provient do eo que l'invention a mis au service de la production une force naturelle qui n’élait pas utilisée auparavant : vapeur, électricité, etc. Cette force est gratuite, sauf la rétribution de l'inventeur, le coût et l'alimentation do la machine qui la met en couvre. Sa puissance est tellement supérieure à colle qu’elle remplace qu’un métier à iiottnnrl 2

UCT1MA VEtlBA

Hier, par exemple, fabrique dons le même espace de temps, Un millier de (ils de plus qu’un métier & ia main. Quels que soient donc la rétribution de l’inventeur et le coût de la machine, la diminution des frais est énorme et la concurrence abaisse le prix dons la môme proportion. D’où il résulte que le consommateur peut employer l'économie qu'il réalise de ce olief à acheter d'autres produits qui augmentent à la fois son bien-être et ouvrent un nouveau débouché au travail et au capital employés à les créer. D’où, en dernière analyse, augmentation de la richesse et accroissement de la population. Si l'élargissement de la sphère do la production et do l’échange vient ù mettre ù la disposition des consommateurs d’une nation des produits créés à moins de frais ù l’étranger que les produits indigènes, par le fait d’une supériorité de la fécondité du sol ou de la capacité des producteurs, ils économisent de mémo là différence et peuvent l’appliquer ù la satisfaction do leurs autres besoins au profit des autres industries. Ce gain qui enrichit d'une manière permanente, la nation sera toutefois acheté par une perte temporaire, si une branche quelconque de l’industrie indigèno ne se met point au niveau de ses rivales et succombe. Mais si cette industrie possède une iniluence politique suffisante, elle en usera pour faire établir un droit protecteur qui empêchera l’entrée du produit étranger. Alors, si elle est vraiment incapable du fait do la naturo ou de ses

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque

le de France

Page 1