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propres aptitudes do soutenir la. concurrence étrangère, elle dovra être perpétuellement protégée, ses frais de production, no seront pas diminués, la consommation ne pourra réaliser de ce chef aucune économie et les autres industries ne pourront recevoir aucun accroissement de débouohés et do profits, Si l’industrie que le besoin de sécurité avait fait protéger contre l’importation d’un produit nécessaire est, au contraire, capable de soutenir la concurrence étrangère, In prolongation de la protection, après qu’elle aura perdu sa raison d'èire, lui sera d'abord nuisible, ensuite inutile. Elle lui sera nuisible aussi longtemps que la concurrence intérieure no suffira point pour déterminer ses progrès et que ceux-ci seront retardés par l’obstacle que le tarit opposera k la concurrence extérieure en protégeant son vieil ouliilage contre le nouveau ; elle deviendra inutile lorsque la concurrence intérieure se sera assez développée et sera devenue assez forlo pour l’obliger à perfectionner son outillage et à abaisser ainsi ses prix au niveau do ceux du produit élrangcr. Notons qu’en ce cas, elle aura toujours l’avantage naturel d’une grande économie de temps ei do frais de transport, Mais la concurrence, qu'elle sait nationale ou étrangère, n’en est pas moins redoutéo dos producteurs, car elle est & la fois un propulseur des progrès et un régulateur des profils. Elle oblige les producteurs routiniers à faire les oITorts d'intelligence et tes frais nécessaires pour ré-
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duire les prix de leurs produits au niveau de ceux de leurs concurrents lés plus capables; elle les oblige de même à les abaisser au (aux nécessaire pour reconstituer les agents de la production avec un profit simplement rémunérateur. C’est pourquoi ils s’efforcent incessamment do rétablir le monopole dont ils jouissaient avant son apparition, et ilsy sont d'autant plus ardents qu’il est devenu plus produclif. C’est pourquoi encore nous voyons partout se créer des monopoles sous forme de trusls, de cartels ou do syndicats, dans le but d'élever les profits ou les salaires aux dépens d’autrui et de ressusciter ainsi la part du vol dons l'échange.
En supposant que le propriétaire d'une entreprise de production ou les propriétaires de plusieurs entreprises réussissent à supprimer la concurrence et à fixer le prix du produit à un taux de monopole, la différence constituera un impôt prélevé sur le consommateur, S'il s’agit d'un monopole établi par un gouvernement, tel en France que celui du tabac ou des allumettes, cet impôt servira à rétribuer des services plus ou moins utiles : services de sécurité ou autres. Mais il en est autrement d’un trust ou d’un syndicat particulier ; l’impôt, dans ce cas, ne rétribue aucun service ; c’est un simple vol.
Mais il y a encore d’autres différences entre ces deux sortes de monopoles. Si la prohibition du labac est pleinement efficace, le prix pourra en dire élevé d’une I
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le de France
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manière illimitée, ou du moins n'aura d'autre limite que l’intérêt du monopoleur, ft l’élévation excessive du prix diminue la consommation du tabac, le monopole pourra mémo devenir moins productif qu’une industrie de concurrence, L'intérét du monopoleur sera alors de l'abaisser jusqu'au taux qualifié de iiscal. Sous l'ancien régime, des financiers plus ingénieux qu’humains, avaient découvert le moyen d’empêoher la diminution de la consommation du sel ; o’était de la rendre obligatoire et de contraindre le consommateur à en acheter sous peine des galères. Mais celte obligation n’en diminuait pas moins, h la longue* la consommation en éclaircissant les rangs des consommateurs, A cette limitation naturelle s’ajoute, pour les trusts et les cartels une limitation artificielle : celle du tarif des douanes. Du moment où le prix s’élève au-dessus du montant du droit protecteur, la concurrence étrangère oblige à l'abaisser à ce niveau. Or, cette limite artificielle excitant le monopoleur à diminuer ses frais de production par l’agrandissement de son exploitation, il se trouve alors dans la nécessité, ou d'abaisser le prix de la totalité dos produits, ou d’expédier le surplus dans les marchés de concurrence. C'est la pratique du « dumping»,
A l’imitation des trusts et des cartels des industriels les syndicats ouvriers s’efforcent aujourd’hui de fixer à leur gré les prix du travail en imposant de ce chef aux
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industriels consommateurs de travail un impôt égal à la diiTérence du salaire syndical et du toux de la concurrence, Mais s’ils sont, comme aux Etat-Unis, protégés contre le travail jaune, ils ont aflaire à la concurrence intérieure et extérieure du travail blanc. Comment s’y prennent-ils pour la supprimer? En obtenant de la législation, l'interdiction de t’importation des immigrés par contrat ; en établissant d’une part une douane prohibitive b l’entrée des ateliers contre les non-syndiqués et en exerçant eux-mémes les fonctions de douaniers, d'autre part en mettant en interdit les produits fabriqués par les non-syndiqués. A ce monopole, les industriels Opposent un autre monopole en se syndiquant à leur tour. Si le syndicat ouvrlor est le plus fort, il pourra élever le salaire au-dessus du taux de la concurrence ; si le syndicat des employeurs l'emporte, il pourra rabaisser au-dessous, Mais dans l’un et l’attire cas, l’écart ne sera que temporaire. Toute hausse et toute baisse des salaires ayant pour effet de diminuer ou d’augmenter les profits d’une industrie quelconque, les capitaux s’y portent ou s’ett retirent, ta demande de travail augmente ou diminue jusqu'à ce que le taux particulier des salaires et des profits de cette industrie se mette en équilibre aveo le taux général des salaires et des profits de toutes les industries.
Toutefois, s’il existait entre les employeurs, consommateurs de travail, et les ouvriers, producteurs de
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de France
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travail, «no. enlonto générale pour augmenter les profits aux dépens des salaires, ou vtce-versa, cet état de choses pourrait se prolonger jusqu’à la ruino du capital ou la destruction du travail. On peut supposer encore que l’industrie d’un pays forme sous la protection d’un tarif des douanes un trust qui élève les prix de la généralité dos produits au-dessus du taux do la concurrence, mais, dans ce cas, l’élévation artificielle des prix retombera sur les consommatenrset constituera un impôt égal nu montant de la protection douanière. Cot impôt sera compensé par les bénéfices du monopole pour los participants aux trusts et aux syndicats, mais il ne fournira aucuno compensation aux autres consommateurs. Ce sera un simple vol.
Coxctusiox. — A moins donc que le progrès moral ne s’élève au niveau du progrès matériel, on peut craindre que le voi sous ses formes multiples ne continue à détruire plus de richesses que n’en créent la production et l’échange.
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