‹ Ultima verba mon dernier ouvrageChapitre 13 sur 70 · UI.TI.MA VCRBA · texte numérisé non relu

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insignifiante, h moins, chose |>eu ordinaire, que lu population sujette no fut attachée au gouvernement de ses maîtres. Mais c'était une rare exception : le fabuliste, en disant « notre ennemi, c’est notre maître » exprimait d’habitude l’opinion populaire. Les conquérants ne se croyant point h l’origine, intéressés h obliger la population conquise à renoncer à ses coutumes pour en adopter de nouvelles et à parler leur langue, elle n’avait à souffrir que du dommage passager de la guerre, et il arrivait parfois que te nouveau gouvernement abusait moins de son monopole que l’ancien et se contentait d’un impôt plus léger. Même la conquête ne dépouillait plus complètement la société dépossédée. Les conquérants trouvant avantage à se rallier quelques-uns do ses. membres les plus influents, h leur conserver leurs biens et même parfois leur situation et leurdignilé.

Cependant les progrès qui augmentaient la sécurité do la population serve ou sujette et ceux qui l'avaient rendue capable de pourvoir, elle-même à sa subsistanceetà son entretien, n’avaient point pour effet de diminuer l’impôt. Car les services d’assurance et do gouvernement que lui rendait la société propriétaire de l'Etat, seule elle possédait !e droit de les lui rendre. Elle en avait le monopole. Elle pouvait à son gré en fixer le prix, autrement dit la quantité de produits et de service qu’il lui plaisait d’exiger d’eux, et qui remplaçait la corvée discrétionnaire de l’esclave. Toutefois, dans l’un et l’autre

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QU’kST-CB QUE l.’lMI’ÔÎ ?

cas, il y avail une limilo naturelle aux exigences du maître. C’était celle des facultés contributives de l’esclave, du serf ou du sujet. J.orsquo cette limilo était dépassée, les forces de l'imposé s’épuisaient, et avec elles diminuaient le montant de l'impôt au détriment du mallre, du seigneur, ou do l'Etat. Telle était la garantie que la nature offrait à la population assujettie, pour la conservation de sa vie et do ses moyens d'existence qu’elle avait été originairement incapable de sauvegarder elle-même. Mais, dans cette limite, l'impôt pouvait lui enlever une grosse part du produit de son travail, en no lui laissant môme qu’un minimum de subsistance.

Devenus libres de consommer eux-mêmes le surcroît du produit de leur travail, les esclaves passés & l’élat de serfs ou de sujets furent intéressés à perfectionner leur industrie, et, par conséquent, à en augmenter la productivité, Les maîtres intelligents avaient déjà, sous 1s régime de l'esclavage, mis à profit cet intérêt en accordant un pécule aux esclaves laborieux. Et cette tendance ou progrès devint plus générale, en dépit de l’avidité de la majorité des maîtres à augmenter l’impôt à mesure que le travail de l’imposé devenait plus productif.

UlTIMA VEJIBA

A l'origine, l'impôt était unique : il consistait dans la quantité de travail, limitée seulement par la nature, imposée à l’esclave, puis dans la quantité limitée de la corvée imposée au serf. Mais lorsque la redevance en travail fut remplacée par ion équivalent en produit) ensuite en monnaie, l'impôt se diversifia, d'abord suivant la naturo du produit. Lé cultivateur fournissait à son seigneur une part des denrées alimentaires qu’il produisait, l'artisan une part des produits de l’industrie ou du métier qu'il exerçait. L’impôt n’atteignait point, sauf exception, les instruments do travail, la terre frappée d'un loyer, l’élal>li du charpentier, le métier du tisserand. Car l’impôt sur ce capital so serait répercuté, dans une proportion plus forte, sur celui des produits. Mais lorsqu’à l’impôt en travail, puis en produits, succéda l'impôt en monnaie, il se proportionna à l'importance de la production attestée par l’élendue el la valeur du capital -terre, du capital-machines et outils. C'était l'impôt direct. Sous peine de décourager la production et de diminuer l’impôt lui-môme, il ne devait atteindre ni la personne du producteur (capital-personne), ni son capital matériel, mais être seulement équivalent d’une proportion de produits, calculé de manière à laisser au producteur non seulement un minimum de subsistance, mais un surplus qu’il pût employer à développer sa production et à augmenter ainsi te montant de l'impôt. C’était toute une science qui

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qc’est-cb que l'impôt?

avait ses techniciens, nommés financiers, mais dont les gouvernements pressés par leur besoin d’argent, n’observaient pas toujours les préceptes. Ils y ajoutèrent successivement les produits du monopole dont iis s’emparaient, le sel et le tabac, par exemple, et ils surtaxèrent les produits de grande consommation, les boissons spiritueuses, celles-oi sous le prétexte d'en restreindre l’usage immoral ou nuisible, le sucre, le café, et autres articles de confort et de bien-être, mais iion indispensables à la conservation de la vie et & ta multiplication de leurs imposés. Ce fut l'impAt indirect.

Mais que l’impèt fût direct ou indirect, ii rétribuait en bloc les services contre lesquels il s'échangeait, quelle que fût leur nature, sécurilé extérieure ou intérieure, conquêtes colonialeset autres, encouragements à la littérature, & la musique, et à ia danse, cto. C’est seulement lorsque des budgets réguliers des recettes et des dépenses «o l’Etat ont été dressés, que l’imposé a pu être édifié à cet égard, et savoir quelle était la proportion des services qui lui étaient rendus et leur utilité. Encore moins pouvait-il savoir si le prix fixé par le gouvernement investi du monopole de la fourniture de ses services ne dépassait pas abusivement celui qu’aurait établi la concurrence. Enfin, les budgets les mieux dressés n’ont jamais pu donner aucun renseignement sur l'incidence de l'impôt. C'est un mystère impénétrable. On établit un impôt progressif ou non sur un

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ULTBIA VERSA'

propriétaire ou un intermédiaire, d’après l'estimation de sa richesse et de ses profits. Mais cet impùt, que le législateur estime juste èt raisonnable, et dont il prescrit le recouvrement intégral, à grand renfort d'amende et de confiscations, l'imposé, sans égard pour la volonté souveraine du législateur, peut ie faire passer, sans qu’il soit possible de l’en empêcher, tantôt en partie, tantôt en totalité, et même avec un profit sur les consommateurs de ses produits ou de ses services. Et il est impossible do savoir quelle part supporte celui que l'impôt atteint, car cette part est mobile et varie d’un moment k l’autre, — et quelle part il réussit à rejeter sur autrui.

On peut cependant oonnatlro sinon l’incidence particulière do chaque espèce de taxe, mais l’incidence générale et permanente de la totalité de l’impôt. Dans la discussion sur l’impôt sur le revenu, un orateur radical, M, Paul Coulant, disait : e Quant iv l’incidence de l’impôt, il y a quelque chose que je sais fort bion, o’est que l’impôt retombe toujours sur les ouvriers. » S'il avait dit a sur le travail », ce mauvais propos eût été plus conforme aux lois économiques, non moins positives et inéluctables que les lois physiques.

Nous savons que tous les produits et services sont dus è l'association du capital et du travail. Or, le capital est le fruit d'une faculté morale, la faculté de prévoir, et d’une volonté assez forte pour résister à ta tentation de consommer immédiatement le résultat de la production,

qu’est-ce que l'impôt?

et ajourner ainsi la jouissance de la consommation. Cet ajournement est molivé, d’un côté par les risques d'accidents et de maladies qui inlerrompent la production des choses nécessaires ô l’entretien de la vie et causent une peine future supérieure ù la jouissance immédiate, d’un autre côté, par la prévision de la vieillesse qui diminue, et parfois supprime, la faculté de produire. Mais en engageant celte épargne dans une branche quelconque de la production, on en perd la jouissance aussi longtemps que cet engagement subsiste, et on court le risque d’on perdre le fruit. C'est ce que signifiait l’expresBi'on des vieux théologiens : Lucntm cessant, damnum émergent, qui donnait la raison et démontrait la nécessité d’une compensation, autrement dit d’un intérêt supérieur ou tout au moins êquivalenlô la peine do l’indisponibilité du |capital et au danger du risque.

Or, que fait l’impôt ? Il enlève soit au producteur, soit au consommateur, une portion plus ou moins considérable du produit destiné, partie h la consommation immédiate, partie é l'épargne, pour l'employer é des fins moins productives ou destructives, et ptu3 rarement è l'épargne. Quel est le résultat de cette opération? C'est do diminuer la production du capital, parlant la quantité disponible pour la production, et d’en faire hausser le prix. La classe des capitalistes recouvre olnsi d’uno menièro générale, et peut-être avec quelque surcroît, la compensation des dommages particuliers que

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ULTIÎiÙ VERBA

l’impôt a infligés h ses membres. Si l'impôt devient par trop excessif, il dêlermine le retrait d’une partie du capital engagé dans la production. On peut noter alors la préférence croissante des capitalistes pour les emprunts d'Etat, destinés pour la plus grande part, à des œuvres destructives. Le résultat final de ces aggravations de l’impôt, c’est le renchérissement progressif des nécessités de la vie, pour lequel l’impôt ne fournit au travail aucune compensation.

Dès l'origino, la progrès a consisté à remplacer L’échange imposé dont le maître fixait souverainement les conditions à scs esclaves, par l'échange libre dont la loi naturelle de la concurrence établit le taux au niveau nécessaire pour déterminer la production de toutes ohoses. Le socialisme se propose, au contraire, de faire rentrer tous les produits et services dans te domaine de l’Etat, et de ramener ainsi la généralité des industries de l'échange libre è l’échange imposé. C’est comme on le disait déjà du socialisme embryonnaire d’avant 1848, un retour à l'esclavage .

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Nuisances de l'Etatisme et du syndicalisme.

Nous connaissons l’opération de la concurrence. Elle agit h la fois comme un propulseur et comme un régulaleur. D’uno part, elle oblige incessamment les producteurs é réduire leurs prix au strict nécessaire pour couvrir les moindres frais do la production, y compris le moindre profit. Les concurrents qui ne se soumettent point à cette condition en obéissant Ma loi do l’économie des forces, sont exclus du marché. C’est lit, Bans doute, une dure pénalité, Elle contraint les producteurs à réduire leurs frais et, leur profit, sous peine de mort industrielle. Mais elle est indispensable pour obliger les producteurs à faire les efforts et il s'imposer les sacrifices que nécessite tout progrès. Ces effets de la concurrence sont recueillis par les consommateurs, sous ta forme . d'une diminution do la somme d’efforts et de peines qu’occasionne l'abaissement du prix du produit,

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Celte économie, ils peuvent l’appliquer à la satisfaction d’autres besoins, et, it nous parait inutile de rappeler que c’est par ce procédé que l’espèce humaine s’est élevée et continue à s'élever au-dessus des espèces auxquelles elle disputait & l’origine sa subsistance. .

D’une autre part, la concurrence n’est pas seulement le véhicule nécessaire do tous les progrès qui ont fait sortir l’espèce humaine de l'animalité, elle est encore le moteur de la répartition des produits. Elle agit par une impulsion irrésistible pour attribuer è tous te3 coopérateurs de la production, la part qui leur revient dans ses résultats. Cette part est un point fixe vers lequel gravite le prix de toutes ohoses sous la pression de la concurrence. Lorsque les quantités produites et ofTertes Ma consommation dépassent les quantités demandées d'un article quelconque, ' malêriet ou immatériel, le prix baisse, lorsque la demande dépasse l'offre, le prix hausse. Et la baisse ou la hausse s’opère dans uno proportion BUpérioure, progressivement, à celle de l’excès ou de l’insuffisance des quantités, Si la concurrence est libre, si aucun obstacle naturel ou artificiel ne s'oppose è son action régulatrice, le producteur obtient, par l’échange de son produit, la somme exactement nécessaire pour couvrir ses frais et réaliser un profil, o’esl-è-dire pour le déterminer à produire.

C’est à cette organisation naturelle do la production et de la distribution de toutes les choses qui constituent

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la richesse, que le socialisme, dans l'ensemble de ses systèmes et de ses écoles, communistes ou collectivistes, se propose de substituer une organisation artificielle.

Si l’individu produisait lui-mèmc isolément toutes les choses nécessaires h la satisfaction do ses besoins, s'il était h la fois leur producteur et leur consommateur, le problème de l'orgam'salion naturelle ou ortifloietrc de la production ne se poserait point; mais, sous l’influence des lois naturelles de l’économie des forces et de la concurrence, le travail s’est divisé, les industries se sont séparées; et c'est grâce à ce procédé que l’homme a pu multiplier la richesse et s'élever h la civilisation. Quoique la division du travail et l’échange soient dus h l’opération des lois naturelles de l’économie des forces et de la concurrence, nous ne croyons pas que les socialistes veulent y renoncer en dépit de son origine.

Voyons comment la production, après B'étre organisée et développée par une lente et laborieuse série do progrès, se présente aujourd'hui. L'industrie humaine se partage actuellement en une multitude sans cesse croissante de branches, et chacune de ses branches comprend un nombre [il us ou moins considérable d’entreprises, Chaque entreprise, petite ou grande et quelle qu’en soit la valeur, se compose d’un matériel désigné sous le nom de capital el d’un personnel qualifié de travail, Le capital comprenant ('ensemble de matières nécessaires à ia recherche ou h la confection du produit

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