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■ sa divise en deux catégories, fixe ou circulant, selon qu’il est partiellement usé ou complètement transformé dans la production. Le personnel comprend de même le travail de direction, impliquant principalement ta mise en œuvre des facultés intellectuelles et morales, et le travail d’exécution dans lequel elles se joignent dans une moindre mesure aux forces physiques. Le capital et le travail sont réunis pour créer un produit et, te plus souvent, la fraction d’un produit matériel ou immatériel, mais le mobile déterminant de la fondation de l’entreprise n’est autre que le prolit, Ce profit se réalise lorsque l’entreprise en sus des frais delà création du. produit, obtient un surplus ou produit net. Les frais de la production avec adjonction du profit sont remboursés et couverts par les consommateurs du produit, et o’ost à cette condition seulement, quo l’entreprise peut subsister,
Mais, d'uno part, la recherche ou la confection d'un ' produit exige un espace de temps plus ou moins long, la recherche peut dire infructueuse, la confection vicieuse ou trop imparfaite pour que le produit soit livré à la consommation j d’uno autre part, la consommation du produit u’esl pas toujours immédiate, elle s'opère graduellement suivant la demande du besoin, et elle a divers aléas : la concurrence de produits <\ meilleur marché ou qui conviennent mieux au consommateur, olo, Ces risques retombent sur la production, Or,
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les capitalistes et les travailleurs, dont la coopération, est nécessaire à l’entreprise, ne veulent pas tous ou ne peuvent pas attendre que le produit soit réalisé et supporter les risques de sa réalisation, Comment se résout cette difficulté qui rendrait impossible les entreprises, sauf celles, devenues de plus en plus rares, dans lesquelles l’entrepreneur fournit & la fois la lolatilé du capital et du travail? Par un procédé ingénieux auquel recourent les fondateurs d’une entreprise dans laquelle ils ne veulent ou ne peuvent y engager qu’une partie du capital et du travail nécessaires. Ils joignent à leur qualité de producteurs de l'article, qui est l’objet de l’entreprise, les fonctions de banquier et d’assureur. Ils avancent et ils assurent au capital complémentaire el au travail dont ils ont besoin, leur part du produit de l’entreprise avant qu’elle soit réalisée, el iis l’assurent contre les risques auxquels elle est sujette. Aux bénéfices de leur industrie ils ajoutent ainsi ceux de l’escompte el de l’assurance. Ceux-ci sont déduits do la part du capital complémentaire el du travail dans le produit net de l’entreprise quand il y a produit net et profit, mais on cas de perte, tout en continuant à jouir de l’avance, ils ont été exonérés des risques, tandis que le capital d’entreprise a supporté les frais do l’avance et se trouve diminué de la perte. C’est grâce à ce procédé que les fondateurs de l’entreprise peuvent se procurer le capital complémentaire et lo travail qui leur est nécessaire, el
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à défaut desquels elle serait presque toujours impossible. Capital complémentaire et travail ne participent pas moins aux profila ou bénéfices des entreprises, sous déduction du coût do l'escompte et du montant de la prime d'assurance. Ceci, contrairement & l’opinion généralement répandue que les bénéfices de la production vont tout entiers au capital et que le travail n'en reçoit aucuncpart.Etcettaerreura induit, par parenthèse, l'école philanthropique des parlioipationnistes, ii vouloir lui en accorder une/mèmesanstenircompledes frais de l’avance et de l’assurance rejetés sur le capital d’entreprise.
Il reste & savoir comment, sous le régime capitaliste, se couvrent les frais et se réalisent les profits de la production, et comment se partagent les produits ou leur équivalent en monnaie, entre les coopéraleurs, capital d’entreprise et capital complémentaire, travail de direction el travail d'exécution, qui ont contribué à les créer. C’est encore la loi naturelle de la concurrence qui remplit cette fonotion régulatrice avec l’auxiliaire d’une autre loi naturelle, celle de la voleur. Bous ce régime que la division du travail et la séparation des industries ont généralisé, les produits se réalisent par l’échange. Ils sent offerts par le producteur et demandés par le consommateur. Selon que la quantité offerte dépasse la demande ou que celle-ei dépasse l’offre, la valeur des produits baisse ou hausse, el l'effet ultérieur de l’un ou do l’autre mouvement esl de provoquer la diminution
ou l’augmentation de In production et de la ramener au niveau utile. Mais au Moment de l’échange, s’il s'opéra au-dessus de ce niveau ou au-dessous, it détermine un excédent ou un amoindrissement du profit. Le propriétaire individuel ou collectif du capital d’entreprise, qui gouverne l'affaire, et en est responsable, fait l'échange et en reçoit le produit ou son équivalent; mais.de même qu’il n’a pas été le maître d’en fixer le montant, il ne l’est pas davantage de le partager à sa guise entre les coopêrateurs de la production, capitol d’entreprise, capital complémentaire (l’un divisé en actions dans les sociétés, l’autre en obligations), travail de direction, travail d’exécution, C’est la concurrence qui règle le partage et qui le règle de la manière la plus utile, à la condition d’ètro libre. Toutes lés entreprises existantes ont besoin de ces diverses catégories des éléments ou des fadeurs de la production, et les demandent. El c’est le proportion de la quantité demandée et de la quantité offerte qui détermine dans la généralité la part de chacune. Mais celle proportion dépend en dernière analyse des résultats do l’échange du produit. Si la consommation est forte et s’accroît, la production se développe, l’industrio prospère, la part do chacune des catégories du capital et du travail dans les entreprises s’augmente ; dans le cas contraire, elle diminue, mais toujours la production, dans l’ensemble de ses branches, tend à se mettre en équilibre avec la consommation.
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Tel est le régime qu s’est constitué sous l’impulsion des lois naturelles et que les socialistes ont qualifié de capitaliste. Examinons maintenant les principaux traits du régime par lequel leurs écoles veulent le remplacer. Ce sont : la suppression de la rétribution du capital , l’égalité de celle du travail, l'attribution aux travailleurs du gouvernement des entreprises, et démontrons-en les impossibilités.
I. La suppression de la rétribution du capital. — Nous savons en quoi consista le capital et comment il se formé. Il se compose de produits épargnés. Pourquoi l'homme s’abstient de consommer immédiatement les produits qu’il crée ou qu’il obtient par l’échange i pourquoi il épargne? Cela lient, en premier lieu, à ce qu’il a des besoins actuels et des besoins futurs, ceux-ci résultant de sa nature et de celle du milieu oh il vif, vieillesse, maladies, accidents de toute sorte ; en second lion, du désir d’augmenter la productivité de son travail en obtenant en échange do la même somme d’elTorls, une pins grande quantité de produits. C’est pourquoi on a pu dire que le capital n’est que du travail accumulé : travail matériel de production, travail moral de résistance aux appétit» actuels, tpi que le définissait Courcelle-Seneuil, Les produit» épargnée, l'homme les consomme dans la mesure do ses besoins futurs, le» emploie lui-même dons son industrie ou les prête. Dans
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les deux derniers cas, il s'on prive pendant la durée de l’emploi ou du prêt, et il court des risques. C'est ce qu’exprimait cette formule dos vieux théologiens en cas de prêt, lucre cessant, dommage naissant, L’épargneur ne se prive dono de la disponibilité de son capital en l’employant à son industrie ou en le prêtant, qu'à la condition de recevoir une compensation pour la privation et pour les risques : tel est le fondement de l’intérêt. Si l’industrie soeialisêo ne fournit pas celle compensation, si elle n’accorde atioune part ou qu’une part insuffisante au capital, l'épargneur se gardera d’en perdre là disponibilité en l'employant ou en le prêtant. De là, l’impossibilité de supprimer la part du capital dans la production pour la laisser tout entière au travail.
11. L'égalité de la rétribution du travail, — Dans un certain nombre d’industries, dans ta profession médicale, par exemple, la direction et l'exécution des opérations do la production ne sont pas séparées, mais il en est autrement du plus grand nombre. Dans une manufacture ou un commerce quelconque, le directeur et les employés constituant lo travail de direction sont peu nombreux relativement aux ouvriers chargés dü travail d’exécution i quelle que soit d’ailleurs la nature do l’in • duslrie, la première catégorie exerce non seulement des aptitudes particulières de volonlé 'et d’ofdre, mais encore
des connaissances techniques ou professionnelles. Celles ci ne s’acquièrènt dans certaines professions ou industries, que par des années d’études, des ellorts persévérants et pénibles, et leur acquisition coûte une somme plus ou moins considérable 1 d'avances do capital. Ces avances se remboursent par une augmentation de la rétribution de celte sorte do travail. Dans une Société socialisée, sous le régime de l’égalité des rétributions où sous le mode anarchiste et communiste de la libre et intégrale satisfaction des besoins, elles seraient à la charge de la Société qui devrait pourvoir par l'impôt, aux frais d’instruction et d’entretien do cette catégorie do travailleurs. Mois quand mémo la société ’ooîalisée se chargerait des frais de l'instruction et de l'entretien des directeurs et techniciens de l'industrie ou des professionnels, leur donnerait-elle une compensation pour les efforts et la peine que leur a coûté l'acquisition de leurs connaissances ? Suffirait-il d'un salaire moral pour lea déterminer A les acquérir? Il suffirait peut-être û une faible élite, mais l’appét d’une rétribution m Sérielle supérieure k la rétribution égale pour tous les travailleurs ne serait-elle pas un oxcilant indispensable à la presque généralité ? Même aux ouvriers auxquels ni l’apprentissage, ni des aptitudes spéciales ne sont nécessaires ; aux ouvrière UMkilled, quel aérait l'effet de l’égalité des salaires ? N'en déplaise aiix socialistes, les hommes comme les animaux eux-mèmes obéissent à la
Ul POSSIBILITÉS DU SOCIALISME
loi naturelle do l'économie des forces. L'égalité du salaire agirait comme une prime d’encouragcnient B ia paresse. Et ia production des matériaux du bien-être, partant la consommation do la société socialisée, en tombant progressivement au-dessous de celle de la société capitaliste aboutirait à la misère universelle.
III. L'attribution au travail du gouvernement des entreprises de production. — Nous no pouvons nous dissimuler que le gouvernement des entreprises par le travail possède un précédent j te suffrage universel, qui est généralement considéré comme le plus désirable des progrès, et qui régit actuellement les nations les plus civilisées. A la vérité, le suffrage universel est d’une pari, vicié par te capitalisme des électeurs les moins nombreux mais les plus influonls ! d’une autre part, il est incomplet, et le restera jusqu’à ce que le suffrage féminin se soit annexé au masculin. Te) quel, il fonctionne à la pleine satisfaction des délégués à la gestion des affaires de l’Etat, élus par le souverain incapable de les- gérer lui-même. Seulement, à mesure que la souveraineté s'étend & une nouvello couche sociale, fûtelle même la moins entachée de capitalisme et que ses délégués deviennent plus nombreux, on constate, contre toute attente, que le gouvernement coûte plus cher au souverain, Sans nous attarder à chercher la raison de ce phénomène nous sommes obligé de reconnaître que
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l'élite dés nations est iléjîi ou sera bientôt gouvernée par les délégués d'une majorité de travailleurs. Mais il convient de remarquer que l'Etat possède une clientèle obligatoire, qu'il a beau élever le prix de ses services ou en abaisser la qualité, la nation, sa cliente, ne peut les refuser. Si ruineux que soit l'impôt, l’Etat est amplement pourvu des pouvoirs nécessaires pour la contraindre à le payer.
Il n’en est pas ainsi d’une entreprise privée, individuelle ou collective. Elle peut ne pas répondre suffisamment à un besoin, elle est sujette à la concurrence et l’on a pu dire que si elle était gouvernée comme l’Etal, elle serait infailliblement destinée à la faillite.
Et notons que, chaque année, un bon nombre d’entreprises n’échappent pas à cet accident. En ce cas, le propriétaire individuel ou collectif du capital d’entreprise èst responsable, obligé de supporter la perte et de payer les dettes jusqu’à épuisement de son capital. Or, si le travail est propriétaire de l’entreprise, c’est è lui qu’incombera cotte obligation. C'est è lui que s'en prendront les créanciers de t’entreprise. Sous peine do ruiner le crédit et de tuer l’industrie, l'Etat devra rétablir la prison pour dettes et y enfermer les travailleurs jusqu’à f ce qu’ils se résignent à fournir aux créanciers,, leuj'' quote-part de la dette de l’onlrcprise. Ce sera, en fait de progrès, la résurrection de l’esclavage.
Cependant, sans tenir aucun compte des impoesibi-
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IMPOSSIDII.UKS DU SOCIALISME
fil
lilés auxquelles il se lieurle, le socialisme fait aujourd’hui rapidement son chemin dans le monde, profitant de l’ignorance des conditions naturelles d’existence des sociétés, secondé par des appétits impatients, il est en voie do persuader aux masses ouvrières, que Tunique et infaillible moyen d’améliorer leur sort et do guérir d’emblée tous leurs maux, consiste à renverser le régime capitaliste pour mettre à sa place une société socialisée. Les socialistes les ptus ardents demandent ce progrès à une révolution, les plus modérés, et par làmémo suspects, h une évolution paciflque.-II est inutile de dire que ta révolution est considérée comme le procédé le plus expéditif et le plus sûr, A la vérité, on n’est pas d’accord sur le système social qu’il s’agira d’adopter, mais on se fie à la vertu féconde de ta révolution pour l’engendrer. Sans doute, il faudra triompher de la résistance de la classe capitaliste, demeurée maîtresse de la puissance matérielle de l’Etat même sous le régime du suffrage universel. Et Ton ne peut ignorer que des progrès do toutes sortes ont augmenté dans d’énormes proportions la puicjanee de l’Etat, et lui ont permis d’opposer à Ja révolution la mobilité presque instantanée de l’instrument de la répression. C’est pourquoi les socialistes déguisés en pacifistes s’efforcent de désarmer l’Etat en faisant pénétrer le socialisme dans l’armée. La société capitaliste désarmée, on confisquera ses biens et ses entreprises, Go sera te Grand Soir ou le Mardi-Gras Mollnarl . i
LLÎIMA VERRA
de Proudhon, Mais après que les subsistances accumulées par le capitalisme auront été dévorées, ou, & l’exemple des grands ancêtres qui ont débarrassé les autres peuples de leurs tyrans, lorsque la révolution les aura débarrassés au mémo prix de la tyrannie du capital, il faudra bien, en présence des impossibilités du socialisme, revenir au capitalisme. Alors le Mardi-Gras sera suivi d'un long carême.
A côté des sooialistes pressés qui ont foi dans la vertu inventive et éducatrice do la révolution pour créer et faire fonctionner un nouveau système social, et dans la puissance des bombes è la dynamite pour réduire en poussière la société capitaliste, des socialistes et même des anarchistes plus réfléchis croient è la nécessité d’une évolution pour préparer la révolution. Voici, notamment, ce qu'écrit Jean Grave, on anarchiste bien connu, dans tes Temps nouveaux :
et Un coup de force, ta main-mise sur certains rouages gouvernementaux, peut bien faire réussir une révolution politique qui n'aura que des changements superficiels & opérer, mais une révolution qui doit changer les rapports économiques dos hommes entre eux, changer les bases de la propriété, abattre toute autorité, et lui -enlever les chances de se reconstituer, il n’y a pas de pouvoir assez puissant pour accomplir ce travail de Titan, Pour le réaliser dans les faits, il faut l'opérer dans les cerveaux, »
Mais, tout « en reconnaissant que la révolution ne peut accomplir des miracles et réaliser ce qui n'a pas été mûri par l’évolution », l’écrivain anarchiste est d’avis que si la révolution doit être retardée, elle n’en sera pas moins nécessaire, lorsque l’évolution aura achevé son œuvre par des transformations de l’économie de la société capitaliste. Ges transformations, les socialistes les demandent h l’extension de l’Etat, les anarchistes à sa suppression. Une nouvelle écolo de réformateurs, dans laquelle fraternisent des socialistes et des anarchistes, travaille en attendant à augmenter à coups de grèves, la part du travail aux dépens de celle du capital.
Comme toutes les autres entreprises, l’Etat s’efforce d’augmenter sa puissance avec ses revenus et d’étendre sa sphère d’action et d’inlluence. Quoique les progrès récents des agents destructifs ayant fait disparaître le danger des invasions des peuples barbares, tous les peuples civilisés développent à l’envi leur armement. Us envahissent è leur tour et se partagent les régions du globe occupées par les barbares ou qualifiés tels cl en même temps qu’ils étendent leur domaine au' dehors, ils lui font une plus grande place au-dedans. Tout, en proclamant comme un droit intangible et sacré la liberté de l’industrie, ils s'ingénient à rétrécir la sphère dsns laquelle elle s’exerce. Tantôt ils rétablissent les monopoles et les impôts que leurs mandataires avaient
abolis dans un accès de fièvre révolutionnaire, tantôt ils font main-basse sur les œuvres de l’initiative privée chemins de fer, télégraphe, téléphones, et ne résistent qu’avec mollesse aux tentatives que leur suggèrent les socialistes, d’y joindre tes mines, Us raffineries de sucre, les grandes industries métallurgiques en attendant le reste. En compensation des charges croissantes que les impôts et les monopoles font supporter aux contribuables et aux consommateurs et qui pèsent d'un poids de plus en plus lourd sur lu classe ouvrière, certains Etals ont recouds à la philanthropie pour désarmer le socialisme, lis ont commencé è établir une série de lois dites ouvrières, loi du repos hebdomadaire, loi qui reporte sur l'Etat et les patrons, la responsabilité des accidents du travail, loi des pensions de la vieillesse, dont le capital est appelé à supporter les frais au bénéfice du travail. Mais il reste à savoir si ces transformations, dans l’état de la société, auront pour effet de multiplier tes éléments du bien-être et d'en rendre moins inégale la répartition entre io capital et le travail.
S'il s’agit de l’attribution à l'Etal des industries privées, l’expérience a déjà prononcé. Même dans les Etats les mieux ordonnés, les produits et les services de l’Etat coûtent plus cher que ceux de l'industrie privée et sont inférieurs en qualité, A quoi tient celte infériorité industrielle de t'Elat?
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La cause principale en est* sans parler de beaucoup d’aulres, dans l'absence d’une responsabilité effective. Sous l'ancien régime, le chef et propriétaire de l'Etat, te roi, se disait et se croyait responsable envers Dieu. Cette responsabilité qui nous parait aujourd’hui illusoire, était aux époques de foi efficacement sanctionnée par des peines éternelles. Le roi devenu constitutionnel a été déclaré irresponsable, et la direction de l’Etat a passé à ses ministres. Ils sont responsables devant le Parlement, mais quels quo soient leurs fautes et les dommages que leur ignorance ou leur incapacité peut infliger & la nation, la pénalité la plus forte à laquelle ils soient exposés consiste dans leur démission. Encore est etlo purement temporaire, avec espoir de retour. Les propriétaires et les directeurs d’une entreprise privée, individuelle, ou collective, ont à subir en cas de faillite, une perte matérielle sans parler d’une déconsidération morale. Voilà pourquoi ils s’appliquent à diminuer leurs frais de production et à améliorer leurs produits, sans négliger de témoigner au publie consommateur, do la politesse et des égards ignorés des fonctionnaires de l’Etal.
La philanthropie do l’Etal compati se-t-clle son infériorité induslrielto? L’obligation du repos hebdomadaire qui était considérée comme une atteinte injustifiable à la liberté individuelle, lorsqu’elle était sanctionnée par la religion, d’accord avec ta nature, a-t-elle cessé d’ètre
nuisible depuis que -l'Etat l'a imposée par une loi laïque?. Celte Ipi a-t-elle amélioré la condition de la classe ouvrière dans la proportion des dommages et des gènes qu’elle a infligés A l'industrie et au commerce? N’a-t-elle pas privé les travailleurs d’un supplément de bénéfices qui leur était parfois plus nécessaire que le repos?
En revanche, la loi sur les accidents du travail en reportant sur, les patrons et sur l’Etat les frais des accidents dont les ouvriers sont victimes ne leur a-t-elle pas l’ait on cadeau absolument gratuit? On pourrait remarquer peut-être que l'Etat en se chargeant pour sa part des frais des accidents est obligé d'en demander le remboursement aux contribuables, travailleurs aussi bien que capitalistes. On pourrait remarquer encore que les dsngers particuliers aux industries qualifiées de dangereuses et insalubres, ont pour effet d'élever le teux des salaires en proportion de l'intensité et de la durée des souffrances et des dommages quo causent tes accidents ou les maladies, et qu’une loi philanthropique en diminuant ees 'dommages doit avoir finalement pour effet d’abaisser les salaires dd montant de la diminution. Mais voie!, de ’ptus, une conséquence inattendue que l’expérience est en train de révéler, o’est quo le loi multiplie les accidents et en retarde là guérison, en agissant comme une cause de démoralisation de la classe ouvrière. Lorsque les ouvriers engagés dans une indus-
L'tTIMA VEilOA
gnité ne serait pas mieux sauvegardée, en se constituent une pension après en avoir épargné et accumulé lui? même le capital, au lieu de la devoir, en totalité ou en partie è la charité d'autrui ? D'ailleurs, depuis qu'on l’a reconnu capablo de participer au gouvernement de l’Etat, peut-on prétendre qu'il est incapable de se gouverner utilement lui-même on dérobant à sé3 appétits dans ta maturité do ses forces, la somme nécessaire à leur déclin. D'un autre côté, n’établirait-elle pas, sous un régime légal d’égalité politique, une inégalité naturelle entre le bourgeois pensionnant et l’oüvrier pensionné? Enfin, est-il bien avéré que les pensions ouvrières soient un don gratuit fait par le capital au travail 1 La portion du capital absorbé pour la pension qui sera fourni sous forme do subside par les patrons et par l’Etat sous forme d'impôt (et encore celle-ci ne proviendra-t-ello pas en partie du travail?), n'en diminuera-t-elle pas la quantité disponible pour la production, tandis que celle du travail demeurera la même? D’où une hausse de l’intérêt et des profits, et une baisse des salaires, qui fera récupérer au capital aux dépens du travail le montant des pensions et peut-être nu delà. Ce n'est pas tout. L'ouvrier auquel la loi assure en apparence une pension gratuite ou quasi gratuite, pour ies mauvais jours de la vieillesse, évitera volontiers dans son ége mur, les elTorls et la peine que l’épargne lui impose, il laissera une carrière plus libre à ses appê-
tils, el, parfois, succombera, avec moins de résistance aux tentations de l’ivrognerie et des autres excès qui affaiblissent ses forces productives et diminuent sa capacité d’épargne. A son tour, il produira moins de capital el augmentera, par conséquent, encore aux dépens du travail, la part du capitaliste dans ia production. On' ne peut dono compter les lois sur les pensions ouvrières au nombre des transformations évolutionnistes, nécessaires pour préparer la révolution.
La propagande par le fait que pratiquent certains anarchistes, réputés les plus férus, est-elle plus propre à hâter la suppression de l’Etat ?
I.a fonction essentielle de l’Etat consiste à garantir la sécurité individuelle. Est-ce par la pratique du vol el de l'assassinat qu’on réussira à démontrer l’inutilité de celle fonction ? Certes, la justice de l’Etat laisse fort è désirer el sa police plus encore, mais la justice et lé police individuelles valent elles mieux? Quand les intérêts .ou lés passions d’un individu se trouvent en conflit avec ceux d’autrui, sa justice est-elle plus efficace que celle de l’Etat, et le plus faible est-il ' mieux assuré de faire prévaloir son droit sur te plus fort? Enfin, si obère et imparfaite que soit la sécurité que lui procure l’Etat, celle qu’il serait obligé do produire iui-mèmo serait-elle plus parfaite et è meilleur marché? Jusqu’è ce qu’une évolution morale supprime le vol et le meurtre, il sera doue nécessaire de relarder la rêvolulion anarchique?
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UlTIMA VKIIBA
Sans bo désintéresser des théories socialistes ol anarchistes qui préparent le hou heur h venir, to syndicalisme s'occupe d’un progrès acluol et pratiquo ; savoir, do l'augmentation des salaires, iït commo il est bien avéré qno la pr.tl du travail no pont s'accroître qu'au dépens du capital et vice versa, lo capital et lo travail sont naturellement ennemis, la guerre entre eux est (ataluet éternollo; ol, commo dans la guerre politique, dont elle est une branche, la victoire no peut être acquise quo par la supériorité des forces, Cost cil organisant les coalitions cl les syndicats et en mettant en œuvre les grèves, alimenlfos par tm trésor do guerre, que l'ouvrier peut récupérer, on attendant l'avènement du collectivisme, une partie do ia rétribution qui lui est duo, celle-ci ajoutée à la rétribution du capital par ie surtravail imposé à l’ouvrier. Cclto conception des rapports du capital et du travail sous lo régime capitaliste ost ancienne, mais loin de so pacifier depuis l’avènement do la liberté do l’industrie et do l'affranchissement légal des travailleurs, ollo n’a point cessé de s'aggraver. On en trouvera l'explication dans les effets immédiats do In loi d'émancipation sur la condition des classes ouvrières. Auparavant, l'ouvrier agricole, mime déjà affranchi du servage était resté attaché au domaine seigneurial ; l'ouvrier industriel, à l’établissement ou à la corporation qui lui fournissait la subsistance. l,’un et l'aulro étaient immobilisés, ot beaucoup plus par des
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IMi'OKSmiUTKS DU B0CIAI.I8MF.
obstacles naturels quo la loi n’avail pu lover que par l'obstacle artificiel qu'elle avait supprimé. Ils possédaient au moins dans quoique mesure, une sécurité provenant do cctlo immobilisation mémo. I.o maître les connaissait individuellement et il était porté A les assister. L'avêncnicnl do la libellé du travail a mis lin & ces rapports dans lesquels l'assistance adoucissait la sujétion, l.a loi devançant la naturo dos choses a rendu les ouvriers indépendants, mais il n'élait pas en son pouvoir d’assurer leur indépendance. Désormais, les ouvriers ouronl le droit d’abandonner lo domaine agricole ou l'établissement industriel auquel ils étaient attachés ; ils purent so vouer é l'industrie qui répondait le mieux à leur goût ol ii tours aptitudes, et aller chercher au dehors un emploi moins pénible ou un salaire plus élevé ; ils étaient libres en droit de disposer de leur travail, mais l’élniont-ils en fait? Ils ne connaissaient quo le métier qu’ils avaient exercé de génération on génération, et, faille d'avances, ils no pouvaient en apprendre un autre; d'nitleurs, îî leur fallait pourvoir eux-mêmes, au jour lo jour, h leur entretien et à celui dos êtres dont la nature et ta loi les rendaient responsables, mais ils étaient retenus au sol natal par des habitudes et des liens physiques et moraux ; enfin, les communications riaient difficiles et les renseignements faisaient défaut ; 1rs marchés du travail n'étaient pas éclairés comme veux du capital, ils ne te sont pas encore. Les ouvriers
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se trouvaient en présence de la liberté du travail comme d’une machine nouvelle dont le plus grand nombre d’entre eux n’avaient ni l'esprit d’initiative ni les ressources nécessaires pour 4M faire usago. Do leur côté, les agriculteurs et les industriels se méfiaient de celle macltine nouvelle, que leur vantaient les théoriciens, mais dont ils n’apercevaient pas le merveilleux avenir. Dès le début de t’échange ils s’étaient protégés contre la liberté de l’industrie et du commorce. Les privilèges des corporations et les droits de douane leur permettaient d'élever les prix do leurs produits au-dessus du niveau auquel les aurait abaissé la concurrence. Us s’efforcent, do même, de se protéger contre la liberté du travail. Au monopole dont la loi entreprenait de ies dépouiller, ils substituent une entente corporative (1 ), et ils réclament desmesurosdestinées à empêcher la hausse des prix de la main-d'œuvre, dans l’intérêt de l’industrie nationale. Lois sur les coalitions, mise en surveillante
(i) On n’entend guère parler, dit-on, de coalitions entre ies maîtres et tous les jours on parle de celles des ouvriers. Mais il faudrait ne connaître ni le monde, ni la matière dont il s’agit, pour s’imaginer que les maîtres se liguent rarement entre eux. Les maîtres sont en tout temps et partout dans une sorte de ligue tacite, mais constante et uniforme, pour ne pas élever le salaire au-dessus du niveau actuel. Violer cette règle est partout une action de faire trêve et un sujet de reproche pour un maître parmi ses voisins et ses pareils.
Adam Smitii, Richesse des nations , t. 1er, p. gj.
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des bureaux de placement, défense de faire passer les ouvriers à l'étranger, elc.
Cependant, l’industrie s’était développée sous l'influence de l'accroissement général de la sécurité et de l'extension des débouchés ; des établissements s'étaient fondés en dehors du domaine des corporations, des inventeurs repoussés jadis comme des agents de perturbation pour les industries incorporées, avaient trouvé une clientèle parmi les industries de concurrence et avaient mis les produits à la portée d’un nombre croissant de consommateurs; d'autres inventions, la navigation à vapeur, les chemins de fer, les télégraphes, aplanirent les obstacles qui entravaient la miso en communication des marchés des capitaux et de3 produits, et finalement, celle des marchés du travail. La demande du travail Vaugmenla, les salaires haussèrent, la classe ouvrière acquit une influence politique qui lui valut son accession au droit de suffrage ; les lois sur les coalitions furent abolies. Alors, les ouvriers imbus, comme les chefs d'industrie et les capitalistes leurs commanditaires de l'esprit de monopole, s’efforcèrent d'employer le nouveau droit d’association qui leur avait été jusqu’alors refusé et dont ils s’exagéraient volontiers la puissance, à élever aux dépens du capital, le taux des salaires au-dessus du niveau où le portait la concurrence. Ils multipliaient les grèves, et la lutte entre employeurs et employés devint plus ardente. Mais les Molinari 5
ulti.ua verra
frais et dommages de celte lutte ont pour effet inévitable de détourner le capital do l'industrie, par conséquent la demande de travail, et de ralentir ou d'empéober la hausse de salaire. On pourrait ajouter mémo qu'en raréfiant le capital industriel, ello contribue à augmenter sa puissance et ses profits.
On voit donc que ni l’étatisme ni le syndicalisme ne préparent l’évolution préalablement nécessaire à la la révolution. Ils ne sont autre chose que des puissances aboutissant aux impossiblités du socialisme et de l'anarchisme.
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