FUGACE
SïV?1
vapeurs traversent aujourd'hui les océans. L'électricité transmet les pensées du monde entier, La photographie est devenue l'auxiliaire des relations. Dans ménenfance on n’écrivait qu’avec des plumes d’oie, on no connaissait pas plus les plumes métal-' liques que les timbres-postes ou la bougie, le gaz venait à peine de naître. Des milliers d’inventions facilitent la vie. Mémo les fruits de l'intelligence étaient alors moins nombreux et commençaient seulement à se répandre dans lès masses. 'L'état mental actuel des esprits est à peine comparable à ce qu’il était à la veille du commencement du xix 0 siècle. Mais l’état mora* de l’humanité est inférieur h celui de son intelligence. De là, lagramte crise dans laquelle se débattent aujourd'hui les sociétés en voie do civilisation. On pourrait presque les comparer à ces gens auxquels les hasards de la loterie procurant soudainement un million ont modifié du jour au lendemain leur existence matérielle sans rien changer à' leur état intellectuel : la plupart de ces gagnants ne songent qu’à améliorer leur bien-être matériel, . quand ils ne se livrent pas aux pires jouissances, mais leur moralité reste la même, si même elle no s’abaisse pas. C’est pourquoi l’on peut presque dire que le progrès de la civilisation s’est plutôt ralenti que précipité, car il dépend à la fois de l’intelligence et de là moralité.
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Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France
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A peu près au même moment que cette efflorescence des inventions est apparu le socialisme.
C’est une tendance devenue universelle de renverser les gouvernements pour leur substituer un régime égalitaire. Le socialisme ne trouve, en somme, une absolue résistance que dans les classes dont il bouleverse les moyens d’existence. Jusqu’à présont il n’a pas découvert uh système propre à remplacer l’ancien régime sous lequel l’humanité à vécu, quelques diverses qu’en aient été les formes.
11 a suscité des révolutions et des guerres civiles et selon tout apparence il en suscitera encore d’autres.
Mais quel est le régime préconisé par le socialisme? Né de l’ensemble des souflrances que les peuplos ont éprouvées du fait de leurs dominateurs, ils en voient le remède dans ‘ la propriété d’euxmèmes. Ils travaillent, en conséquence, à expulser leurs dominateurs et à les remplacer par un gou- . vernement issu d’eux-mêmes : c'est ainsi qu’est né le gouvernement parlementaire ou constitutionnel. Et dans l’ignorance des lois naturelles par lesquelles la Providence gouverne les hommes on se bornant à en prescrire l’observation, ils ont institué des lois multiples, plus souvent nuisiblos
Source gallica.bnf.fr / Bib I iothèqi
X PRÉFACÉ
qu’utiles à ceux qu’ils voulaient protéger. C’est pourquoi lo socialisme, dans l'ensemble de ses systèmes, en admettant qu’il réussisse à les installer, aboutirait à la ruine des sociétés. Et les chefs d’Etats,* monarchistes ou républicains, quels que soient les mobiles auxquels ils obéissent, ont tort de leur céder, même s’ils sont poussés par les sentiments les plus purs et les plus élevés tels qèe ceux de la philanthropie.
Sans qu’il y paraisse, lo régime parlementaire et consiilutiornel aboutit au socialisme car de socialisme n'est autre chose que l’appropriation de tous les moyens do so procurer des richesses, y compris la direction de la société. Le régime constitutionnel et parlementaire est demeuré la propriété des classes supérieures qui se sont enrichies et possèdent la plus grarido partie des moyens de subsistance. C’est pourquoi elles sont dénommées classe capitaliste et sont plus quo jamais l’objet d’une envieuse considération. Mais le socialisme veut s’emparer de là ricliesso existante. La lutte entre le socialisme et lo capitalisme est donc élennclic. Cependant, il est avéré que dès que les socialistes deviennent capitalistes, ils changent d’opinion et deviennent fi leur tour les défenseurs du capital. Ils cèdent lo moins possible au socialisme et c'est ainsi qu’on a pu dire, en modifiant les ter-