‹ Ultima verba mon dernier ouvrageChapitre 34 sur 70 · I.'AUTOMOUM.E EST- ELLE ONE MCIIESSE · texte numérisé non relu

I.'AUTOMOUM.E EST- ELLE ONE MCIIESSE

Ces t uno conséquence indirecte, non moins favorable 5 l'accroissement de la production parlant de la richesse. I.cs inventions qui ont transformé l'industrie des transports, par la création des chemins de fer et de la navigation à vapeur, ont eu des effets directs et indirects plus féconds encore. En accélérant la vitesse et en abaissant le prix du transport des hommes et des marchandises, ces véhicules perfectionnés ont, non seulement procuré à leur clientèle une économie considérable de temps et. d'argent, mais ils ont eu, en outre, une influence particulière qui lient à leur nature et qui a singulièrement accru leur valeur productive, en étendant la sphère de l’échange.

A l'immense majorité des industries dont la lenteur et la cherté des transports limitaient étroitement les débouchés, ils ont ouvert le vaste marché du monde. L'extension de la sphère de l'échange a permis de diviser davantage le travail et d'employer une machinerie déplus en plus puissante; elle a rendu accessibles à l'émigration, à l’agriculture et à l’industrie des peuples civilisés, de vastes régions dont les ressources attendaient la main de l'homme pour être utilisées. Enfin, à l’actif des inventions qui ajoutent à la force limitée de l’homme les forces illimitées des agents naturels, la vapeur, l'électricité, les affinités chimiques, il faut mentionner la diminution des frais de l'emploi de ces puissants auxiliaires, provenant de l’augmentation de

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celte partie de la richesse qni constitue lo capital On ne produit que par la coopération du travail et du capital. Toute production exige l’avance de la somme nécessaire à la subsistance du personnel, à la création ou & l'entretien du matériel de l’entreprise, jusqu’il ce que le produit soit réalisé. Celte avance, qui constitue le capital, se crée par l’épargne et, n’en déplaise, aux socialistes, ne peut se créer autrement. Mais l'épargno implique la nécessité, pour l’épargneur, de soustraire à la satisfaction de ses besoins actuels une partie des résultats de la production à laquelle il coopère, partant une privation. Cette privation est d’autant plus pénible que la production est moins abondante. Or, toutes les inventions qui ont accru ta productivité de l’industrie ont diminué l'acuité de cette privation, et en rendant t’épargne plus facile, ont augmenté l’abondance decapilaux. La quantité en a au moins décuplé depuis un siècle, et malgré l’aectoissement de la demande, le prix de leur emploi ou de leur location, le taux de l'intérét a baissé, en apportant ainsi une facilité de plus au développement de ta production et à la multiplication de la riohesse.

Revenons maintenant à l’automobilisme et voyons si comme toutes les autres inventions qui ont si prodigieusement accru la productivité de l'industrie humaine, il produit plus de richesse qu’il n’en détruit, en d'auires termes, si son actif dépasse son passif. Si, au point de

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vue psychologique, on peut contester la valeur de la sensation de plaisir du 80 ou du 100 h l'heure, s'il faut en déduire la sensation de peine que causent aux bénéficiaires de ce plaisir les frais et les remords do l'écrasement des piétons innocents, en revanche, on ue peut nier l'utilité de l’épargnode temps due à l’accélération de la vitesse. Un médecin peut, dans sa journée, faire, en automobile, deux fois plus de visites qu’en fiacre, augmenter son gain de moitié et employer cet accroissement de gain & satisfaire plus amplement ses besoins matériels et moraux, partant, à développer la clientèle et les profils des industries qui y pourvoient. Le même résultat sera acquis au profit de ses malades si, à défaut de syndical, la concurrence t'oblige à diminuer le prix de ses visites.

Un autre résultat, non moins considérable, "de cetle apparition d’un nouveau véhicule rapide, a été de stimuler le progrès de ceux auxquels il est venu faire concurrence ; l’automobilisme n’a certainement pas élé sans influence sur l’accroissement récent de la vitesse des chemins de fer, l’épargne de temps et les bénéfices que procure celle épargne, et peut-être contribue-t-il plus elficaçement que les courses et le pari mutuel à l’amélioration des races de chevaux, sans oublier le confort des fiacres et la politesse des cochers.

Cette même concurrence que les producteurs d’articles de luxe dénoncent aujourd’hui comme ruineuse, pourra

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bien aussi réserver des bénéfices inattendus et largement compensateurs do leurs pertes, aux plus intelligents et aux plus avisés d’entre eux. Elle excitera les bijoutiers et les orfèvres à renouveler et à varier davantage leurs modèles, les antiquaires à perfectionner la fabrication des momies, les marchands de tableaux à découvrir de vieux chefs-d'œuvre ot à encourager les jeunes artistes à en produire do nouveaux, les couturiers et les modistes à attirer la clientèle par un surcroît d’élégance de leurs créations ou mioux encore par une diminution de prix qui étende leur marché et multiplie leurs profits.

On voit donc qu'en sus des bénéfices particuliers que l'initiative de 3es inventeurs et de ses fabricants a valu à la Franco, en la dotant d’une nouvelle et fructueuse branche - d’industrie, l'automobilisme a contribué à l'augmentation générale de la richesse (I).

(I) On peut d’autant plus l'affirmer que les perfectionnements apportés successivement aux moteurs ont permis à l'aviation de prendre, en ces derniers temps- un essor surprenant. Au mitieu de 1910, on comptait déjà, paratt-it, 185 aviateurs ayant monté 300 monoplans ou biplans. Mais le nombre va sans doute promptement augmenter, puisque les chantiers ont construit un xiiiiiic- ''appareils et que 300 autres environ ont été fabriqués à If- . juger. Les premiers constructeurs sont en train de faire fortune : un monoplan Blériot revient à 3.000 francs, on Je vend, dit-on, 26.000 francs. L'année passée ‘on se procurait un de ces appareils pour 10.000 francs; mais

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le pet* a augmenté avec les demandes qu’on ne peut satisfaire, .il faut se faire inscrire (t l'avance.

Mais si l’on remontait à l'enchaînement de ces deu* industries, on constaterait que si o'est l’automobile quia lait rendre plus pratique l'aviation, c’est de la bicyclette que sortit l'automobile et que sans la pédale qu’inventa Michau», trop oublié, rien de tout cela ne serait.

Molinari

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