TRACES-UNIONS, TRUSTS, LAISSER PAIRE
fallu compter avec elles. Et dans bon no'mbre d’établissements, non seulement les chefs d’industrie ont cessé d’expulser de leurs ateliers les ouvriers unionistes, mais ils ont substitué aux engagements individuels de travail, des contrats collectifs avec les unions.
Mais, — et telle est la nature protectionniste de l’homme, — après avoir subi la loi des induslriels, les ouvriers ont voulu la leur faire. Lorsque les induslriels se Croyaient les plus forts, ils refusaient d’employer des ouvriers unionistes; lorsque les ouvriers, à leur tour, se sont crus les plus forts, ils ont prétendu empêcher les industriels d’employer des non unionistes. De là des luttes violentes, des grèves et des locU-outs, qui causaient à l’industrie d’irréparables dommages. Toutefois, en Angleterre, cette expérience a porté ses fruits, et comme se plaisait à le constater un membre
tries manufacturières et mécaniques. Or, dans ces industries, on comptait 4.712.622 personnes employées en 1800 ; le nombre des ouvriers faisant partie des associations ouvrières du pays formait donc 29,71 0/0 du total de la population ouvrière de ces industries. Ces chiffres ne doivent pas être considérés comme tout à fait exacts, car il existe beaucoup de sociétés d’ouvriers et d’ouvrières qui ne sont pas de véritables tradeunions, sociétés dont l’objet principal est de procurer des secours matériels à leurs membres, ou organisées dans un but purement économique ou d’éducation, sans prendre aucune part au mouvement ouvrier général.
ÜLTIMA VE RB A
du bureau du Iravail de Washington, M. Maurice Low, les unions se sont assagies, la période de lutte b outrance a pris fin :
« C’était, disait-il, uno période d’agitations et de troubles continuels. Les meneurs étaient des hommes qui s'efforcaient d’envenimer les rapports de leurs unions avec les employeurs, lis croyaient, et un bon nombre d'entre eux presque honnêtement, que le seul moyen d'améliorer la condition des membres de la grande armée du travail consistait & semer la désunion et à entretenir l’esprit de mécontentement. Celle période est passée. Le meneur belliqueux a été remplacé en Angleterre par un meneur qui n'est pas moins courageux, mais qui est certainement plus intelligent. Le nouveau meneur a employé ses loisirs et son intelligence à étudier les questions industrielles, et il comprend que si l’ouvrier veut améliorer sa. condition, gagner de bons salaires et avoir un emploi assuré, il doit conserver des rapports amicaux avec son employeur, se mettre en grève aussi rarement que possible, et ne rien faire pour entraver la marche des affaires, augmenter les frais de production et venir, par cette conduite déraisonnable, en aide à la concurrence étrangère. Malheureusement, ajoutait M. Maurice Low, il n’en est pas ainsi aux Etats-Unis, les relations entre le capital et le travail n’y sont pas aussi cordiales qu’en Angleterre, c’est pourquoi les grèves y sont plus fré-
Source gallica.bnf.fr / Bib I iothèqi
de France