TRACFS-UNIONS, TRUSTS, LAISSER FAIRE
6 En vain, dit-il les faits lui ont apporté, de toutes parts, les démentis et .les déboires accumulés. Gardonsnous de conclure que c'est la doctrine qui pèche par la base ! Apprenez que ce sont les faits qui ont tort. La pleine et parfaite application du système ne saurait manquer de remettre les choses en leur équilibre normal, pour le plus grand bien et pour te plus grand profit des intéressés, c’est-à-dire du plus grand nombre... Et les affirmations de ces. bons apôtres se produisaient et se perpétuaient d’autant plus à l'aise, que l'organisation du vieux monde n’avait point encore permis l’expérimentation pleine et parfaite de leurs axiomes. -Mais cette expérimentation, dans toutes tes conditions requises, elle est justement en train de se faire au nouveau monde. »
N’en déplaise à ce bon apôtre du protectionnisme, ce n’est pas de la religion économique de la liberté que se sont inspirés les auteurs des ententes criminelles de Chicago, c’est du fétichisme du monopole qui a été aux lîtals-llnis la religion économique des industriels avant d’ètre celle des ouvriers. Ce sont les apôtres de cette religion malfaisante qui ont transformé les trusts en instruments d’exploitation et les trade-unions en machines de guerre. Et, comme nous allons lo démontrer encore une fois, au risque de nous répéter, c’est la liberté, le laisser faire de l’école vénérée do Manchester, Molinari 1 1
L'LTIMA YERBA
qui pourra seule remédier aux maux causés par les monopoleurs des Trusts et des Unions, mettre lin h l'exploitation' des consommateurs et rétablir la paix entre le capital et le travail.
En associant ou en fusionnant plusieurs entreprises, les fondateurs des trusts ont réduit, dans quelque mesure. tes frais do production de leur induslrie, et, sous un régime de complète liberté des échanges, cette réduction des frais devait, naturellement, profiter aux consommateurs. Tel a été le cas en Angleterre, où les trusts sont obligés de lutter sans protection aucune contre la concurrence étrangère. Mais, il en a élé autrement aux Etats-Unis, où le tarif Mac Kinley perfectionné par M. Dingley a fermé autant que possible les frontières aux produits étrangers. Là, c’est bien moins pour abaisser leurs prix de revient que pour élever leurs prix de vente de tout le montant de la protection du tarif que les trusts ont été fondés. L’expérience a montré, en olîet, que la concurrence intérieure, en abaissant les prix, diminue parfois très sensiblement les avantages de la protection. C’est ainsi que nous voyons en France le prix du blé protégé no dépasser fréquemment quo de 3 ou 4 au lieu de T francs, le prix
Source gallica.bnf.fr / Bib I iothèqi
le de France