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de lutter 4 l’étranger contre des concurrents favorisés par le tarif différentiel du trust. Celte pratique véreuse, 4 laquelle s’ajoutaient d’autres abus, a provoqué une violente réaction contre les trusts. Comme d’habitude, on a demandé au gouvernement le remède à ces abus. Dans 33 Etats, des lois plus sévères les unes que les autres ont été faites pour réfréner le monopole des trusts, et, comme d'habitude aussi, elles n’ont rien réfréné du tout. Quoique les protectionnistes s’accordent à affirmer que la question du tarif n’a aucun rapport avec celle des trusts, l’opinion publiquo commence à comprendre que le seul moyen efficace d’avoir raison de ce monopole, c’est de supprimer la muraille douanière derrière laqucllo il s’abrite, autrement dit, c’est d'ouvrir le marché aux produits étr r ,gers et de laisser faire la concurrence.
Los trade-unions ressemblent aux trusts par un point essentiel; le penchant au monopole, et ce penchant vicieux appelle le même remède, la concurrence. Seulement, les trusts ont sur les unions l'avantage d’ùtro protégés par la loi : tandis qu’en associant ou en fusionnant des entreprises isolées, ils suppriment la concurrence, intérieure, et s’emparent ainsi du monopole du marché, le tarif des douanes garantit co monopole contre la concurrence étrangère. Les trade-unions, en associant les ouvriers isolés, ont, do môme, mis fin à la concurrence qu'ils se faisaient entre eux ; mais celto
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que leur font les ouvriers non unionistes, •- demeurés encore plus nombreux que les unionistes, — a continué de subsister. Car aucune douane ne protège les unions contre celte concurrence étrangère. Elles sont réduites & se protéger elles-mêmes et elles le font à leur manière. Témoin cette réponse que rapporte SI. Claude Anet, du secrétaire 'u Syndicat des charretiers à un journaliste qui lui demandait s’il restait des charretiers non syndiqués è Chicago :
« Je n’en connais pas, répondit le secrétaire, è moins qu'ils ne soient à l’hôpital. »
Ce mode de protection a bien, à la vérité, le défaut d’élre illégal, tandis que la protection douanière est, au contraire, établie par la loi et sanctionnée par la force publique, mais, comme si le gouvernement avait compris l’injustice de cette inégalité de traitement à l’égard de deux monopoles de même nature, il laisse volontiers les syndiqués enseigner la fraternité aux non-syndiqués. Dans celte situation, le tauxet les conditions del’écbange du travail contre un salaire se débattent d’habitudeentre deux monopoles i celui de l’Union des ouvriers qui accapare le travail, et celui de la coalition des industriels qui accapare le salairo. Après une lutte plus ou moins prolongée, le plus fort de ces deux monopoles l’emporte, jusqu’à ce que le vaincu se croie de nouveau asset fort pour prendre sa revanche. Avons-nous besoin d’ajouter que c’est l’industrie qui paie les frais de la guerre?
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De même que l'unique remède eu monopole des trusts réside dans la suppression de la douane qui le prolige, c'est l’abandon des pratiques douanières des ouvriers syndiqués qui pourra seul mettre (in aux conflits engendrés par le monopole des syndicats.
Il faut remarquer que ce régime do monopole a été, pendant des siècles, celui de la généralité des industries et que la concurrence n'est devenue que graduellement la loi régulatrice du prix des choses. Les marchés ont été limités par des obstacles de toutes sortes, et nulle part encore la liberté du travail n’a été complétée par une entière liberté de l’échange. Partout les marchés des produits sont limités par des barrières douanières ; aux Etats-Unis et même ailleurs, les marchés du travail ne le sont pas moins par l’esprit de monopole des ouvriers syndiqués. Or, c’est seulement dans un milieu libre et suffisamment étendu que la concurrence peut rempli son office de régulateur. Elle le remplit au moyen d’une série d’intermédiaires, indépendants des producteurs et des consommateurs et d'un vaste système de publicité qui éclaire le marché et dirige les mouvements de l’offre et de la demande. C'est ainsi que les prix des produits qui possèdent un marché générai, tels que le coton, la laine, le blé, se fixent d’une manière automatique, sans débat, sans marchandage et sans qu’aucune manœuvre d’accaparement puisse les porter & un taux supérieur à celui où l'établit la concurrence. Voilà où
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nous acheminent les progrès qui élargissent le marché des échanges, en dépit des obstacles que l'esprit de monopole des industriels protectionnistes et des ouvriers syndicalistes, s'évertue à dresser pour le restreindre. Mais, en attendant, a le laisser faire et le laisser passer » qui n’existe pas, peut-il être rendu responsable des désordres et des maux causés par le monopole qui existe, lui, et qui est même mieux portant que jamais?
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