COMMENT ON PEUT RELEVER LE TAUX DES SALAIRES
Les fruits de la production se partagent entre le capital et le travail.
Le capital entreprend la production et la dirige.
S’il s’agit d’une exploitation agricole, le capitaliste possède — ou loue — le fonds de terre nécessaire h son entreprise, se procure des semences, construit des bâtiments, achète des animaux, des véhicules et des instruments aratoires. Il en prend lui-méme la direction ou engage un fermier.
S’il s'agit d’une mine, il acquiert la propriété du sol, du sous-sol et fait les frais des travaux préparatoires pour atteindre la houille ou le minerai, Ces frais peuvent s’élever très haut dans les gisements exploitables parfois à nn millier de mètres de profondeur et davantage (1).
(i) Seulement pour des sondages qui ne donnent rien par eux-mêmes et sont simplement la poursuite .J 'une richesse, que l'Etat se réserve de laisser ou non exploiter par aes « inven-
ULTIMA VEftliA
S*il s’agit d’une exploitation industrielle, de la fabrication de tissus ou de quelque autre article de consommation, il se procure les instruments et l'outillage nécessaires.
Jîn outre, la direction de l’entreprise entre, en cesdi-
teurs », on dépense quelquefois Jusqu’à 4 millions : c'est ce qui , est arrivé en Meurtheet-Moselle il y a fort peu de temps. Avant de retirer une benne de charbon de terre, il faudra creuser doux puits jumeaux qui coûteront 3 h 4 millions, sou- * vent 8, 10, 12 millions. Dans le nouveau bassin de Meurthe-et- Moselle, on estime à 20 millions le coût de celte partie absolument nécessaire de l’exploitation, sans parler des autres frais d’établissement : depuis les installations d'épuisement des eaux, de ventilation des galeries, jusqu'à celles qui servent au triage et au nettoyage du charbon. Tout cela le capitaliste le risque — avec espoir de bénéfices, naturellement, — de môme que ces salaires qu'il avance aux ouvriers, sur le prix de vente de charbons qu'il ne pourra peut-être jamais réaliser parce que l’exploitation n’aura rien rapporté. On en a un exemple dans les champs d’or de l'Afrique du Sud où sur près de 3.000 compagnies qui se fondèrent, i.160 disparurent en un court espace de temps ; assurément toutes n'ont pas été menées ni lancées honnêtement; mais même parmi les plus sérieuses, l’amortissement une fois fait, il n'est pas resté grand’ chose pour la rémunération équitable et indispensable du capital engagé. Par ailleurs, ne cite-t-on pas un do ces chemins de fer métropolitains de Londres qui, depuis 40 ans, n'a pas distribué de dividende à ses actionnaires, quoique, pendant ce laps de temps, il ait rendu uu véritable service social en transportant à très bon marohé des oentaines de millions d’individus, DxNtBL Bbulbt, Une nd/brme menaçants de la législation minière, Cote de la Bourse et de la Banque, du 13 août 1009.
Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque
le de France
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vers cas, en partage des produits, concurremment aveo le capital et le travail. Souvent, l’employeur dirigeant lui-même l’exploitation, sa part s’ajoute à celles qui reviennent au capital et au travail. Mais parfois la direction est confiée à un spécialiste par des capitalistes engagés dans l’affaire, quelquefois ce spécialiste est très T largement rémunéré : on peut citer comme exemple la; rétribution accordée & un directeur américain qui s'élevait à un demi-million.
Enfin le travail est attribué aux individus — plus oumoins nombreux — nécessaires pour mettre le capital en œuvre. Mais ces ouvriers ne possèdent pas les avances qui leur permettent d'attendre que le produit soit achevé et vendu ; ils ne peuvent pas non plus courir les risques de l'entreprise, que ces risques soient plus ou moins variés el intenses, Dans une exploitation agricole, par exempte, il faut plusieurs mois avant que le blé, on toute autre culture, arrive é maturité et puisse être vendu. Il arrive aussi qu’un orage détruise la moisson ou que le produit subisse une baisse supérieure' aux frais de ta production. Il faut que les travailleurs soient exonérés de l'avance des fonds et des risques de la production. Les ouvriers ne participent point à ces aléas t ils perçoivent des salaires nu taux qui a été convenu sans subir les frais de l'avance et les risques de perle qui retombent sur le capital.
Mais on peut concevoir que ces avances el ces risques